‹ Les écoles d'architecture et d'art décoratif des XVIIme et XVIIIme siècles à Aix, capitale et siège du gouvernement de la ProvenceChapitre 29 sur 44 · I.H S ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET D’ART DÉCORATIF · texte numérisé non relu

I.H S ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET D’ART DÉCORATIF

dorées qui bien que je leur préfère celles des hôtels d’Arlatan, de Régusse et de Caumont, n’en offrent pas moins un intérêt décoratif de tout premier ordre. Cette anse à panier rappelle beaucoup celles des salons de l’Archevêché, de la Préfecture et de la Bourse de Bordeaux et celles exécutées par le prix de Rome Openhord, dans de nombreux salons de Versailles et Paris. On comprendra donc que je leur préfère celles que je considère comme l’œuvre d’artistes purement Aixois, et dont malheureusement on ignore encore les noms.

La décoration commencée en 1731 fut terminée au bout de dix-huit mois environ comme on peut s’en rendre compte dans une des lettres de Mme de Simiane qui dit textuellement à ce sujet : C'est l’Eternité que ma maison mais c’est un bijou que tous les étrangers admirent.

Ceci est tout à l’honneur de Lainé sur lequel l’abbé Requin (un érudit Aixois) donne les renseignements suivants : C’était un architecte originaire de Paris qui travailla à Avignon de 1716 à 1748 et testa en 1739.

M. Duhamel, archiviste du Vaucluse, a publié en 1909 une étude sur le théâtre à Avignon au XVIIe et XVIIIe siècles, où il est souvent question de Lainé comme architecte et décorateur du théâtre. Ce fut aussi l’auteur de la façade de la chapelle des Pénitents de la Miséricorde dont il dessina le plan.

J. J. Balechou, le maître graveur provençal dont nous dirons un mot au chapitre X et qui grava l’œuvre peinte de Joseph Vernet1, traduisit de son burin trente compositions de Lainé sous le titre de : « Livre de divers dessins d’ornement qui par la nouveauté, l’intelligence et le bon goût des compositions et leurs richesses n’est pas moins utile à ceux qui commencent à s’appliquer au dessin qu’à ceux que leur profession oblige journellement à en faire usage. Inventé par M. Lainé, architecte et sculpteur du Roy, gravé à Paris par J. J. Balechou, 1740, se vend à Aix chez Viale ». Cette suite à été rééditée mais sans le nom de Lainé à Paris chez la veuve Chérau et chez Nigeret et Dubois; c’est pourquoi on en a souvent attribué à tort l’invention à Balechou.

1 Le même artiste qui a exécuté les deux dessus taine de Vaucluse et les intérieurs des arènes d'Arles. de porte du salon de l’hôtel de de Simiane : Lafon

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Salon de la Pioline. — Ancienne demeure, résidence d’été des Présidents de Piolene, elle reçut sous Louis XVI de nouvelles décorations. A côté du boudoir orné de gypserie, du même genre que ceux des hôtels de Maliverny et Vermont, on exécuta un somptueux salon d’un style Louis XVI riche et particulier.

Quatre médaillons en gypserie sont au-dessus de la cheminée, en face d’elle, entre les deux fenêtres et en face de ces dernières. Ils sont entourés d'attributs et de feuillage en gypserie dorée à deux tons (vert et jaune) comme les boîtes servant de bonbonnières à cette époque, en bon état et possédant une agréable patine ; les glaces classiques en bois dorés se trouvent au-dessous des dits médaillons dont les sujets représentent les têtes : d’une diane, d’un satyre, d’une jeune femme, (un portrait sans doute) et d’un bacchus.

Chaque angle du salon est flanqué de colonnes à chapiteaux et feuillages du même ton d’or.

Les dessus de portes sont constitués au nombre de six par des feuillages, des fleurs, des colombes dans de gracieuses attitudes.

Les panneaux sont séparés par des pilastres du même style avec des chapiteaux ioniques modernes surmontés de trygliphes ; une frise rehaussée d’or et de moulures soutient le plafond.

Les encadrements de portes présentent tous les motifs décoratifs particuliers à la fin du règne de Louis XVI (perles, rubans, volutes et grecques). Ils achèvent ce bel ensemble dont les portes en bois sculptés sont ornées de moulures.

Enfin la rosace du plafond, très élégante de forme et de mouvement enroule ses feuilles d’acanthes à l’intérieur de moulures dorées.

Nous donnons de très bonnes reproductions des diverses parties de ce remarquable salon, un des plus beaux que nous ayons jamais admiré.

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