CHAPITRE V
Ferronnerie. — Rampes et départs d'escaliers. — Portails , grilles et dessus de portes , grilles de communion. — Balcons. — Impostes. — Supports d' enseignes et de lanternes. — Verrous, serrurerie d'art, etc.
Rattipes d'escalier. — Elles sont fort nombreuses du XVIIe et XVIIIe siècles; dans notre cité sous Louis XIV, le Régent, Louis XV et Louis XVI les ouvriers d’art travailleurs de la dure, ingrate, mais si belle matière qu’est le fer étaient nombreux ; ils furent aussi modestes qu’excellents artisans, car il nous a été impossible de retrouver un seul nom de ces maîtres de la ferronnerie, sauf celui de Mignet, un ancêtre dit-on du grand écrivain, qui a pu nous être donné comme étant l’auteur de la ferronnerie de l’Hôtel de Gaumont1. A défaut de leurs noms et de
1 Et ceux de Léon et Cachout, maîtres serruriers, auteurs de la grille de l’Hotel de ville.
Hôtel d’Estienne. — Escalier (fragment)
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Hôtel d'Espagnet. — Départ de la rampe de fer forgé
de
finesses.
vre et de la difficulté connaissant toutes les vres ont été vendues et ornent actuelled’escaliers d’hôtels à Paris, Londres ou ailleurs, de l’hôtel de Maliverny qui est installée maintenant Janzé. Souhaitons que les ferronneries qui nous jalousement conservées par leurs propriétaires ; nous trop le répéter : Un bel escalier, une belle rampe d’une demeure ; les remplacer par du moderne, pour en tirer un gros prix est un sacrilège et j’ajouterai même, c’est faire un mauvais placement. Car un hôtel ancien ainsi dégradé perd énormément de sa valeur artistique et se déclasse. D’une aristocratique demeure il devient une banale maison bourgeoise. Combien de gens hélas ne l’ont pas encore compris.
Nous allons étudier les belles grilles qui nous res tent par époque et par type ; car on en peut trouver
leur histoire, leurs œuvres nous sont parvenuesetbeaucoup d’entre elles sont si admirables que les artistes de notre temps ne sauraient trop longuement les étudier.
Quels beaux spécimens n’avons-nous pas encore à Aix d’un art qui malheureusement décline, à cause de la cherté de la main d’œuformer des ouvriers en Certaines de ces ceument les cages Telle la rampe à l’hôtel de restent soient ne saurions sont la gloire
Hôtel de Gaumont. — Départ de la rampe
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Hôtel de Barlet Départ de la rampe
plusieurs ayant de grandes affinités et ne différant que par la richesse et la forme de certains de leurs ornements. Le Ier type , le plus ancien d’Aix a été fait, au XVIe et continué au XVIIe siècle. A cheval sur'ces deux époques dont l’une nous intéresse particulièrement, il entre dans le cadre de notre étude; il est caractérisé par un travail de fers plats enroulés en volutes plus ou moins serrées, en forme de rinceaux et de contre rinceaux. Les fers sont décorés parfois de thyrses, grappes et queues de cochon en métal plein. Les beffrois de nos deux plus belles tours (clocher des Augustins) et (Tour d’angle de la Mairie), sont exécutés de cette façon.
Quoiqu’ils soient d’une exécution bien antérieure aux escaliers que nous allons visiter la manière de travailler était la même.
Le plus ancien des escaliers de ce type est dans la maison de Monsieur Bouteille, rue Mignet ; il est composé de logias à l’Italienne qui ont pour balcons la grille en question. Fort belle également, est la rampe qui conduit au premier étage de l’hôtel de Montigny avec son entrée double ; la ferronnerie en est très riche et très serrée. Citons ensuite celle de l’hôtel d’Estienne de St-Jean, (rue Gaston de Saporta). Cette rampe à la particularité d’être raccordée à ses divers paliers par des couleuvres de fer plein d’un fort curieux travail.
Nous signalerons, très particulièrement, l’original escalier du Pavillon de Lanfant. Il a été fait, comme celui du pavillon de Vendôme et celui de l’archevêché, à double mouvement, mais sa ferronnerie se rattache au type que nous étudions, tandis que celles des deux autres sont du deuxième type. Il est à remarquer que cette ferronnerie ressemble à celle du balcon que soutiennent les cariatides du Pavillon de Vendôme. Le balcon de l’entrée de la Mairie (sur la place) se rapproche aussi de ce type d’ornementation. Le même maître ferronnier a dû travailler dans ces trois édifices ; on peut le conclure avec certitude. On jugera par
la reproduction de
l’intérêt qu’ont ces ouvrages, puissants et légers à la fois.
Les dernières rampes de ce type, dont la simplicité s’accusedans l’ordre de leur énumération se trouvent. Dans l’hôtel de Boyer d’Eguilles, dans l’hôtel N° 25, rue Roux- Alphérand, dans la maison du dentiste Gros (coin du cours et de la rue de Nazareth) à l’hôtel
Hôtel de Panisse-Passis. — Rampe (fragment)
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d’Oraison (rue du Grand Séminaire), dans la propriété de M. de Lânder (à Violaine), chez M. Edouard Ducros (6, place des Marronniers); enfin, à l’hôtel de Jessé, rue Aude; une double grille, de ce type orne le perron de la petite entrée du Pavillon de Vendôme (rue de la Molle).
2mc Type. — Il fut exécuté à la fois au XVIIe siècle et au commencement du XVIIIe; c’est le genre que nous appelerons à supports accolés en forme de lyres. Ces motifs plus ou moins ornés affectent, à peu près, la forme d’une lyre; ils se répètent exactement et soutiennent une main-courante, plus ou moins, ornée d’oves et de rinceaux. Quelques-uns de ces escaliers ont leurs piliers rehaussés de feuillages en tôle de fer repoussée ou d’ornements en quenouilles de fer plein. Les plus intéressantes de ces rampes, sont celles de l’Archevêché et du Pavillon de Vendôme; ces deux escaliers ont a peu près la même ferronnerie, mais ils diffèrent essentiellement par leur forme et les mouvements de leurs retours. Ils offrent tous les deux un grand intérêt; mais celui du Pavillon de Vendôme avec ses pans coupés est un véritable chef-d’œuvre d’architecture et de ferronnerie. L’Architecte y a résolu la très grande difficulté de loger dans un espace relativement restreint, un monumental escalier. Je crois qu’il est difficile de trouver quelque chose
de plus beau, se tenant mieux et des proportions tion). Nous desferronneà l’hôtel
d’aspect plus grandiose dans moyennes (voir la reproductrou ve rons ries analogues d’Isoard Vau-
Hôtel de Ville. — Grille en fer forgé
Pl. Xil
Escalier du Pavillon de Vendôme Gypseries sculptées par J.-C. Rambot. Rampe en fer forgé (fin du XVIIe siècle)
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Pavillon de Vendôme. — Dessus du portail
venargues (cours Mirabeau) et à l’hôtel de Monclar, dont le rez-de-chaussée est habité par M. Amédée Bouteille. Une rampe droite de cinq à six mètres de long et du même travail, se trouve servant de balcon à la terrasse de l’hôtel, au rez-de-chaussée duquel est installé une partie du café des Deux Garçons (Cours, côté nord).
Un dernier escalier doit être rattaché à ce type, bien qu’il soit en réalité la transition du second au troisième; les motifs en lyre y étant encadrés de panneaux à décor de fer carré. Nous voulons parler de la magnifique rampe de l’hôtel d’Espagnet ; beaucoup plus riche de détails et moins puissante d’aspect que les rampes précédemment étudiées. Elle monte jusqu’au deuxième étage de cet hôtel, dont elle est une des beautés ; son pilier de départ carré et ajouré est superbe. Les différents panneaux et la main courante, sont rehaussés d’ornements et de feuillages repoussés d’un remarquable travail. Ils complètent ce magnifique ensemble ferronnier d’un des plus beaux escaliers d’Aix.
3 me Type. — Passons maintenant au troisième type qui est du XVIIIe siècle et qui comprend toutes les rampes des escaliers construits à Aix sous la Régence, Louis XV et Louis XVI ; on y trouve généralement une suite de panneaux en fers carrés ou ronds ouvragés plus ou moins richement et décorés de feuillages en tôle de fer repoussée à la main. Ces panneaux sont réunis entre eux, par d’autres fers carrés, formant piliers en reproduisant des panneaux plus étroits. Plusieurs ont de remarquables
Chapelle des pénitents gris. — Grille de communion (cette ferronnerie ressemble à celle de la rampe de l’hôtel de Barlet en plus fin)
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Hôtel de Punisse Passis. - Balcon du XVIIIe siècle
départs, d’heureux mouvements fort bien disposés, des retours charmants. Quelquesuns ont sur leurs piliers des boules de bronze ou des vases.
Dans cette troisième série, nous signalerons les escaliers des hôtels d’Albertas i]
(remarquable par son beau mouvement),
d’Estienne Dorves (Cours), de Villars, de Mougins, de l’hôtel habité par M. Cabassol ancien maire d’Aix (place des Marronniers), du Poet, d’Oppede, etc.; et, particulièrement à cause de leur grande beauté, ceux des hôtels du Baron Guillibert (rue Mazarine), de Caumont, de Barlet et de Panisse Passis. Nous donnons la reproduction d’une partie de ces œuvres de fer forgé et nous allons en indiquer les principaux caractères.
L’hôtel de la rue Mazarine possède une rampe d’un Louis XV très pur, simple de ligne mais très élégante; rehaussée de tôles découpées et repoussées, elle débute par un très joli départ a mouvement cintré. La rampe de l’hôtel de Caumont est constituée par de superbes panneaux en belle ferronnerie; elle accompagne l’escalier jusqu’au deuxième étage;
son départ à ressauts est d’un grand intérêt. L’escalier de l’hôtel de Barlet, encore plus remarquable que le précédent n’a qu’une rampe d’un étage, mais
Pavillon de Vendôme Détail de la ferronnerie du balcon
c’est un fier morceau de ferronnerie du milieu du XVIII' siècle. Ce qu’il a de plus particulier c’est son départ constitué par un pilier simple sur lequel se trouve
Chapelle des pénitents gris Porte de la grille de communion
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Hôtel d'Arbaud-Jouques
Balcon (XVIIIe siècle)
accroupi un dragon en bronze ciselé - ' d’aspect japonais1. Nous termine-
rons par l’étude de la rampe de l’hôtel '*& de Panisse Passis, le véritable chef-d'œuvre de la ferronnerie Aixoise. Les panneaux qui le constituent sont si richement ornés qu’ils donnent l’illusion d’une dentelle de fer tendue dans ce magnifique escalier. Les motifs de décoration sont d’une extrême variété, on y voit des caducées, des cornes d’abondances, les armes des anciens possesseurs, etc. Je ne crois pas qu’on puisse trouver beaucoup d’escaliers qui lui soient comparables; il n’a qu’un seul point faible à mon avis, c’est son pilier de départ, d’une sobriété par trop nue et qui jure avec la richesse de ses panneaux. Nous regrettons bien vivement qu’il ait été revêtu d’une couche de vernis d’aluminium. Combien gagnerait-il a être remis en fer naturel ou tout au moins peint en noir ferronnier ; il reprendrait alors toute son importance et se détacherait à sa juste valeur sur les murs. Souhaitons que son heureux propriétaire, notre ami et confrère M. Alphonse Tardif, le sympathique trésorier de notre société des Amis des Arts, lui fasse bientôt l’honneur de cette indispensable réparation.
Un type très particulier de la fin du XVIII' siècle se trouve, avec des variantes, dans les beaux hôtels de M. Vermont, Louis Jourdan rue Goirand et h l’hôtel d’Arlatan ; l’escalier de l’hôtel d’Arlatan a sa rampe qui l’accompagne jusqu’au deuxième étage ; elle a un dessin Louis XVI très caractérisé que l’on est peu habitué a voir servir pour la ferronnerie provençale, son motif de décoration dérivant de ce qu’en architecture et sculpture on
est habitué à nommer
1 C’est en réalité une chimère Japonaise, qui fut fixée, assez récemment au pilier de départ. Celui-ci d’ailleurs n’est pas en proportion avec l’animal qui le surmonte.
Hôtel de Forbin. — Balcon ("XVIIe siècle
Hôtel de Monsieur S. de Bresc. — Imposte
une grecque. On s'est servi quelquefois de ce dessin sous Louis XVI, particulièrement pour décorer les bois dorés (baguettes d’angles, d’encadrements, mobiliers de salons). Avec quelques variantes c’est de beaucoup le motif décoratif le plus rarement employé et actuellement le plus apprécié de cette époque, infiniment moins banal, que celui des perles, des traits et des rubans enroulés que l’on retrouve beaucoup plus souvent. Pour l’escalier dont nous parlons, on s’est inspiré de ce mouvement en le déformant un peu. Du même deuxième type, la rampe de l’hôtel de La-Goy, est encore plus élégante et ornée du chiffre d’un de ses fastueux propriétaires (Valbelle) ; son mouvement en volute, est plus caractérisé encore, que dans la rampe précédente ; elle possède aussi, un très beau pilier de départ avec vase. La rampe de l’hôtel Jourdan a beaucoup de rapport avec celle de l’hôtel d’Arlatan, son pilier de départ est canelé (ces deux dernières rampes ne vont qu’au premier étage).
Grilles , portails , portes , grilles de communion. — Nous avons de beaux ouvrages à signaler à nos lecteurs, dans chacun de ces genres. La plus remarquable grille du XVIII* siècle d’Aix, est certainement celle de la Chapelle du Corpus Domini, dans la cathédrale de St-Sauveur, .ce travail est d’une élégance et d’une finesse rare. On y trouve de merveilleuses guirlandes de feuillages en tôle de fer d’un dessin très souple, qui en enrichissent le sommet. Tout est à admirer :
légéreté, élégance et fini des moindres détails1. Un autre beau portail est celui de la grande entrée du Pavillon de Vendôme ; le dessus a un mouvement à la Bérain, avec des chimères et des têtes de coqs, des guirlandes de roses et des
1 Un portail; ayant beaucoup de rapport avec cette grille, mais plus simple ; était autrefois au Mont de Piété ; il orne actuellement l’entree du jardin de l’archevêché.
Petit balcon de maison bourgeoise (rue Esparia)
Ferronnerie de Balcon fin du XVII P siècle (rue Cardinale )
Pl. XIII.
H OTEL VERMONT (ANCIEN HOTEL DE LA Goy) Rampe du XVIIIe siècle. Pilier de départ en fer forgé
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flots en tôle de fer repoussée de la plus grande richesse : c’est un modèle très particulier.
Signalons, encore le monumental portail du château d’Albertas, sur la route d’Aix à Marseille, il est surtout remarquable par son dessus, aux écussons accolés et timbrés aux armes de ses anciens et actuels propriétaires. Une quatrième grille imposante est celle qui sépare, à Mairie, le vescour; le moucintré de son gracieux. C’est ment de fers du centre vers ils se trouvent plats enroulés, et d’une élégancette grille du la Maison de grand air1.
l’entrée de la t i b u 1 e de la vement demi dessus est fort un rayonnecarrés, partant la périphérie où enrichis de fers d’une sobriété ce parfaite ; XVIIe siècle de V i 1 1 e a fort Comme modè-
Mascarons , coquilles et imposte (rue Erneric David)
les de portes en fer forgé nous devons examiner celle de la petite entrée du pavillon de Vendôme, elle a dans sa partie inférieure de jolis panneaux ornés de fers carrés. Nous ne connaissons point d’autres portes de ce genre à Aix, à part celle qui se trouve à l’angle nord de la rue Gaston de Saporta et de la place de l’Archevêché, plus simple et en mauvais état.
Nous pénétrerons maintenant, dans les églises et les chapelles d’Aix, pour y voir et y étudier quelques belles grilles de communion. A l’église de la Madeleine et dans celle de St-Jean de Malte, se trouvent des grilles à enroulements, que nous signalerons à nos lecteurs bien qu’elles soient peut-être d’une époque plus ancienne que celles que nous devons étudier. Nous rencontrerons dans diverses églises et chapelles d’intéressantes ferronneries du XVIIe et surtout du XVIIIe siècle. Mais ce qu’Aix possède de plus beau, dans ce genre, c’est cer-
< Au sujet de cette grille Monsieur Aude a retrouvé le prix fait suivant :
« 5 juillet 1661, promesse à la communauté , de la « part des sieurs Léon et Cachout, maître serru- « riers, de fournir le fer nécessaire à la grille devant
« former le grand arc doubleau (sic) du vestibule et « entrée de la basse-cour (sic) de l'hôtel de Ville. Fer « carré , à raison de vingt livres le quintal. Les dits « reçoivent à compte 35 0 livres en écus blancs (sic) et « autres monnaies.
Dessus de porte et imposte (rue Cardinale)
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tainement la grille de communion de la chapelle des pénitents de la rue des Tanneurs.
Cette chapelle actuellement propriété privée des familles de Duranti La Calade et de Chenerilles possède deux chefs-d’œuvres : le premier est la célèbre Passion en bois sculpté, doré et peint qui se trouvait dans l’ancienne église de la Madeleine. Le second, est la très
belle grille de communion dont nous voulons parler. Nous la reproduirons pour que l’on puisse bien se rendre compte de la valeur de cet admirable travail de fer. Ses détails sont exquis : Feuilles, enroulements, queues de cochons, quenouilles, etc., enchantent les yeux capables d’apprécier le labeur considérable qui fut consacré à cet ouvrage. Une autre grille du même genre, moins belle, mais fort intéressante, se trouve dans la petite église
des Figons (environs d’Aix) ; signalons encore la grille de communion de l’église de St-Jean du Faubourg et passons à l’examen des balcons1.
Balcons. — Ils sont très nombreux et de modèles variés. Nous chercherons, comme pour les escaliers, à les classer par types et par époques ; le premier type (enroulement de fers plats et ornements de fers pleins) est représenté par les grands et larges balcons qui sont au-dessus des portes des hôtels de Forbin, d’Espagnet, de la Mairie, et enfin, du pavillon de Vendôme, ce dernier est le plus beau, le plus orné et le mieux conservé de cette série de balcons. Le balcon intérieur de la Mairie se rapproche de son type ; tandis que les trois autres balcons signalés (Forbin, d'Espagnet, porte de la Mairie) ont a peu près les mêmes fers. Du deuxième type en lyre, nous avons déjà indiqué sur le Cours le seul balcon que nous connaissions. Dans le troisième type nous retrouvons toute la variété des ferronneries signalées, pour les escaliers. Notons les balcons pouvant être attribués aux mêmes maîtres. Celui par exemple de la rue des Trois Ormeaux, qui ressemble au balcon de l’hôtel de Félix du Muy et à celui de l’immeuble voisin du relieur André ; les ferronneries régence du balcon de l’hôtel d’Oraison; de la maison bourgeoise de la rue des Cordeliers et des bains de la Monnaie
4 Nous pouvons rattacher à ce genre de grilles celles qui se trouvent dans le petit jardin du Pavillon Sec.
Imposte ( Cours Mirabeau)
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(caractérisés par des treillages en panneaux symétriques). Et enfin, la série de grilles à panneaux, constituant les balcons qui circulent autour du premier étage de la maison faisant l’angle de la rue Peiresc et des Prisons, de celle faisant l’angle de la place de l’Archevêché et de la rue Gaston de Saporta, de l’hôtel de Villars (Cours) et de l’hôtel attenant à St-Sauveur, des hôtels de la Eaculté, de la Caisse d’Epargne (Cours) et de Boisgelin (avant cour d’entrée), de la maison d’angle de la rue des Arts et Métiers, des hôtels de Gardanne (ancienne maison de Daret, rue du 4 Septembre) et du n° 32 de la rue Cardinale, etc., etc.
Occupons nous plus longuement des trois plus beaux balcons du XVIIIe siècle, que
nous connaissions à Aix : ceux des hôtels de Caumont,nisse-Passis. Le grand balcon du premier étage de sans conteste le plus remarquable d’Aix, sa ferronnerie est d’une beauté d’ornementation admirable ; au milieu de ses motifs variés de décoration se détache un cerf, en fer pl#in ciselé, qui symbolise les armes de la famille, qui fit édifier cet hôtel (La Tour d’Aigues). On retrouve le v même cerf, sur les deux côtés du sommet du grand portique à carosse de cet hôtel,
Bernard Toro. Ce sont de petits plein, véritables curiosités fer-
d’Arbaud Jouques et de Pal’hôtel de Caumont est
Hôtel d’Arlatan Fragment de la rampe et support de lanterne
décoré des mascarons de chefs-d’œuvre de ciselure de fer ronnières.
Les balcons des hôtels d’Arbaud-Jouques et de Panisse-Passis, ont des ferronneries fort belles quoique absolument différentes ; le premier à fers ronds, a dans le panneau central du balcon du premier étage, des lions en fer forgé soutenant les armes; le second est gracieux et plein de fantaisie comme tout l’ensemble de la décoration de l’hôtel de Panisse-Passis, son mouvement renflé est plus accusé C’est un très beau travail de l’époque Régence, comme on pourra s’en rendre compte sur notre reproduction. Deux autres balcons à mouvements renflés sont à signaler : le premier sur le Cours (à l’hôtel du Chevalier Hansy, ferronnerie assez ordinaire), le deuxième plus intéressant, à l’hôtel d’Ansouis ; il est à panneaux, court le long des fenêtres du premier étage et se renfle seulement en sa partie centrale ; ses retours d’angles, au coin de la rue du Bœuf sont très particuliers.
Comme balcons moyens il ne nous reste plus qu’à signaler ceux de l’hôtel d’Agut (à panneaux), de l’hôtel du Poet et toute la série des balcons en forme de tuyaux d’orgues1, qu’on retrouve, plus ou moins ornés, à l’hôtel de Caumont, à l’hôtel du Poet, rue Tournefort, à l’hôtel de Boyer d’Eguilles, au petit hôtel qui lui fait face, au pavillon de Vendôme, etc.
1 L’escalier de l’hôtel d’Estienne, rue Villeverte, est de ce type à tuyaux d’orgues.
Hôtel Vermont Entrées de serrures
Pavillon de Vendôme Entrées de serrures
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N’oublions pas aussi les balcons de l’hôtel de Peyronnetti, de la rue Chabrier, de la rue des Cordeliers, etc., etc1.
Petits balcons. — En terminant cette étude de nos balcons Aixois remarquons certains types de petits balcons, de maisons bourgeoises. Ce sont en particulier : ceux d’une maison, rue Esparia; ceux de la maison n° 29 de la rue Roux Alphérand, et enfin les petits balcons cintrés qu’on trouve rue Chabrier et rue de la Monnaie, à la fenêtre donnant sur le derrière d’un assez important immeuble et au deuxième étage de l’hôtel d’Ansouis.
Impostes. — Passons en revue maintenant, les impostes en fer forgé qui méritent d’être reproduites^ou signalées Hôtel d'Arlatan dans notre ouvrage. Aix en a possédé de toutes les formes et Serrure, verrous et clef 4e tous jes types connus. Plusieurs ont malheureusement disparu, car la mode est venue de les utiliser comme devant de feu dans les salons de style. Du premier type, nous trouvons un assez intéressant spécimen, dans la maison qui fait l’angle nord-est de la rue Papassaudi sur la petite place. Des impostes semblables se trouvent également rue Thiers, dans un ovale de pierre et particulièrement à l’hôtel d’Agut; la plus belle de ces impostes est chez M. de Bresc. Nous signalerons ensuite du type à mouvement à la Berain, l’imposte de la maison qui fait l’angle nord-ouest de la rue Emeric David et de la place de la Plateforme (la plus belle d’Aix) ; celle de la maison qui fait face (même rue), à l’hôtel de Panisse Passis ; celle d’une autre maison rue Papassaud. La rue Villeverte en possède également deux intéressants modèles.
Un troisième type d’impostes à fers carrés de la fin du XVIIIe siècle, nous donne de beaux spécimens de ferronnerie ; on les trouve particulièrement place de l’Archevêché (côté sud), au n° 32 de la rue Cardinal (très intéressante de mouvement), à la maison de Gardanne (Daret, rue du 4 Septembre) et sur le Cours, dans la maison qui est à l’ouest de l’hôtel de Raousset Boulbon ; cette dernière a la forme d’un rectangle à pans, son centre est occupé par un beau vase dessiné fort habillement, en ployant des fers carrés, très joli modèle assez peu commun2.
Examinons en détail les belles et malheureuses grilles de la Halle aux grains (façade sud) de forme demi sphériques et constituées par un rayonnement de fers carrés du centre à la périphérie, leur ensemble est des plus harmonieux. Il est pénible de voir
l’abandon ou on les laisse ainsi vail plus contourné, qui décosont rongées par la rouille, sière, il ne serait que temps si on et recouvrir de noir ferronnier.
Supports d' enseignes et de beaucoup dans les rues d’Aix, car tallés, à grand renfort de pièces emportés ont été vendus. Poursieurs qui ne manquent pas d’inville : Le plus curieux se trouve
Clef du Pavil-
' Du type à volutes, nous trouverons ion Vendôme deux spécimens rue Cardinale (dont un fort intéressant).
du reste que celle des autres façades d’un traient les autres façades du même édifice. Elles recouvertes de crasse et de pousveut les sauver de les faire gratter
lanternes. — Il n’en reste plus e gaz et l’électricité s’y sont insde fonte, et tous ceux pouvant être tant il nous en reste encore plutérêt, dans certains hôtels de notre à l’hôtel d’Arlatan, il a la forme
5 Une autre imposte de même genre se trouve rue Cardinale, 18.
Clef de l'hôtel d'Ailliaut (Brémont)
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d’une arbalète avec sa flèche, c’est un intéressant travail du XVIIIe siècle. Du XVIIe siècle, mentionnons le support de lanterne de l’hôtel d’Estienne de St-Jean, à fers enroulés, d’un vigoureux travail. Nous signalerons aussi le support de lanterne en fer carré et doré qui supporte à l’intérieur du Pavillon de Vendôme une lanterne de l’époque Régence.
Il existe un genre de travail du fer, assez commun dans le midi ; mais, chose curieuse, rare à Aix ; je veux parler des supports en fer forgé des consoles d’appartements ou de balcons. Monsieur de Savy dans son hôtel d’Arlatan possède deux consoles de ce modèle et une autre plus belle se trouve à Saint-Hyppolyte ; toutes les trois sont Louis XV. Nous n’avons pu trouver à Aix un seul balcon ayant des supports du type Louis XV et Louis XVI, si nombreux à Marseille, par exemple et si bien ouvragés.
Serrurerie. — Il ne nous reste plus à étudier, en ce chapitre, que les petits objets, intéressant particulièrement la serrurerie, il n’en reste plus beaucoup, car en bien des endroits, on a sacrifié au goût moderne et envoyé de fort beaux spécimens de verrous, clefs, etc., à la ferraille, pour les remplacer par de la quincaillerie, plus ou moins banale. Quelques demeures ont pu éviter ces profanations ; c’est ainsi que l’on trouve encore de beaux verrous à l’hôtel d’Arlatan, à l’hôtel d'Arbaud (rue des Orfèvres), au Pavillon de Vendôme, à l’hôtel de Gantelmi-Dille, à l’hôtel de Chenerilles. etc. Nous avons aussi à Aix une très intéressante collection particulière, réunie par un homme de haut goût, M. Ferrier, ou se trouvent de superbes modèles. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, on travaillait aussi le fer et la tôle de fer, pour en faire des appliques et des lustres à feuillages et à fleurs, que l’on dorait à la feuille ou peignait de tons se rapprochant de ceux des fleurs et des branches ; ce genre de travail est assez rare à retrouver; il fut employé avant la mode des célèbres appliques et lustres du XVIIIe siècle à fleurs de saxe. Je possède un lustre et plusieurs paires d’appliques de ce type au Pavillon de Vendôme. Je signalerai également les appliques qui se trouvent dans le salon de M. Louis Jourdan.
Comme serrures, entrées et clefs intéressantes, nous signalerons, en outre, de celles de la collection Ferrier.
i° Celles de l’Hôtel d’Ailhaud (Porte, rue Mignet).
20 Celles du Pavillon de Vendôme (grand portail).
3° Celles de la propriété Sextia à La Calade.
40 Celles de l’Hôtel Cuillibert.
Bibliothèque Méjannes. — Boiserie (fragment)