‹ Les écoles d'architecture et d'art décoratif des XVIIme et XVIIIme siècles à Aix, capitale et siège du gouvernement de la ProvenceChapitre 37 sur 44 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Bronzes.

(Orfèvrerie-argenterie). — Ciselures.

labres, Chandeliers). — • Pendules et Cartels — Eventails. — Bijoux.

Bronzes dores. — ( Appliques , Candé-

M art eaux de Portes.

Argenterie.

dus aurions voulu ce chapitre plus important qu’il ne sera en réalité et surtout composé de documents plus précis. Quand nous l’avons inscrit dans le spécimen de cet ouvrage, nous espérions pouvoir compter pour la difficile recherche des noms des anciens ouvriers d’art (orfèvres, ciseleurs, fondeurs, etc.), et pour celle non moins laborieuse de leurs signatures et de leurs poinçons, sur un érudit en ces matières, Ch. Ferrier. Malheureusement quand nous sommes allés frapper à sa porte, les circonstances se sont montrées contraires. Une personne de son entourage immédiat se trouvait gravement malade et il me fit comprendre (fort aimablement, du reste), que soucieux et attristé, il ne se sentait pas capable pour le moment de me donner les renseignements demandés. J’ai pu me rendre compte également qu’il avait l’intention de traiter lui-même tôt ou tard la question. Personne n’étant mieux qualifié pour le faire, je trouvais la chose toute naturelle et ne puis que regretter pour mes lecteurs son utile, voir indispensable collaboration à ce chapitre. Livré à mes seules forces, je ferai néanmoins de mon mieux. Je pourrais en tous cas donner par la reproduction un aperçu des beaux objets qui à ma connaissance ont existé et existent encore dans nos collections communales ou privées.

Nous ne pourrons guère que les énumérer et dire quelques mots sur les plus importants.

Musée d’Aix. — Le plus joli bronze décoratif du XVIIIe siècle qui soit à Aix se trouve au Musée. C’est un sphinx à tête de femme, d’une savoureuse exécution et d’une superbe patine dont on ignore malheureusement l’auteur. Il a de grandes analogies avec les sphinx de marbre actuellement au Louvre dans une des nouvelles salles du Musée mobilier, ils furent exécutés à la même époque.

Chez les particuliers nous ne connaissons guère comme pouvant être cités dans cet ouvrage que les petits bronzes Louis XIV en dépôt actuellement chez M. Vita et la reproduction d’une Diane de Houdon qui se trouve au Pavillon de Vendôme.

Meubles du XVIIe siècle ornés de bron\es. — De belles commodes ventrues à poignées et décorations d’angles, se trouvent encore chez MM. Montagne, d’Etienne, Bouteille et chez Mmc de Joursenvault, ce sont des meubles de chambre.

Bronzes dorés. — Candélabres , appliques, flambeaux, bougeoirs , pendules, etc. : Nous avons eu à Aix au XVIIe siècle une paire de grands flambeaux Louis XIV qui auraient mérité la célébrité, c'étaient ceux de la famille d’Albertas. Au moment de la Révolution, les trois mobiliers (possédant d’admirables pièces) appartenant aux branches de cette grande famille parlementaire furent transportés au château d’Albertas et y restèrent. Quand plus tard, il y a quelques cinquante ans, ce château fut vendu à un Syndicat

Sphinx, bronze du XVIlIe siecle ( Musée d'Aixl

LES ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET d’aRT DÉCORATIF

Hôtel d’Arlatan-Luhières. — Appliques (époque Louis XV)

d’Antiquaires dans des conditions assez particulières, ceux-ci en réalisant le mobilier seul se couvrirent plus que largement de leurs frais. Il y avait là des merveilles, qui sont hélas, perdues pour jamais. Ces fameux flambeaux doivent orner actuellement quelque salon princier à Paris, où... ailleurs. Je n’ai qu’un regret, c'est de n’avoir pu m’en procurer la reproduction, bien que je sois certain qu’ils aient été refaits plusieurs fois*. J'ai connu chez un antiquaire une de ces reproductions dont je conserve un souvenir d’admiration. Quel dommage de ne pouvoir soumettre aux yeux de nos lecteurs ce modèle si remarquable. Il nous reste heureusement à Aix une paire d’appliques presque aussi intéressantes. Ce sont celles de la famille d’Arlatan appartenant, ainsi que la pendule dont il sera parlé ultérieurement au commandant Marquis de Bonnecorse Lubieres, un de mes anciens camarades d’arme. On se rendra compte par la reproduction de ce que valent ces pièces rares.

Comme bronzes dorés de l’époque Louis XV, nous ne connaissons guère que les belles pièces de la collection Dobler, flambeaux, chandeliers, bougeoirs, commode à dessins chinois, etc. Cette collection possède également de fort importantes pièces Louis XVI dont deux flambeaux du dessin de Delafosse, bronzes de Riesner, un bougeoir double et deux petits bougeoirs à Dauphins, plusieurs paires d’appliques, chandeliers à cassolettes2, etc., etc. Comme appliques Louis XVI, nous signalerons également celles du baron Guillibert, de l’hôtel St-Marc-Vogué, du marquis de Saporta, de la marquise d’Espagnet, et tout particulièrement celles de M. Dauphin, ancien avoué et bibliophile réputé. Celles-ci sont : la première paire, à cor de chasse, modèle rare et très recherché3, la deuxième, à décoration de bouquets de roses d’une finesse exquise. Comme appliques â fleurs de Saxe à tiges et feuilles de bronze doré (modèle plus rare que celui à tiges et feuilles en tôle découpées). Nous ne connaissons guère encore à Aix que celles de Mme veuve de Montigny, celles de la marquise d’Espagnet, et les deux paires qui ornent le salon aux tapisseries du pavillon de Vendôme.

Pendules. — Deux pendules Louis XIV de tout premier ordre se trouvent encore en la possession de deux vieilles familles parlementaires aixoises. La pendule de la famille de Coye-Castellet est un Boule des plus rares. Quatre pendules du même type furent exécutées au XVIIe siècle. Elles devaient orner sur des gaines les quatre angles ovales d’une galerie, je crois bien que celles qui ne sont pas à Aix, appartiennent à un des membres de la famille

est difficile de troucette époque d’un La pendule de la corse-Lubières est dèle rare pour ne (voir la reproduc-

venargues et dans l’hôd’Isoard Vauvenargues belle suite de du XVIIe et pendules, can-

de Rothschild. Il ver une pièce de plus grand intérêt, famille de Bonneégalement d'un mopas dire unique

’ En moderne.

2 Au château de Vautel d’Aix, M. le Marquis possède une fort bronzes datés XVIIIe siècles, délabres, etc.

3 Ce modèle , se trouve au Pe-

4 Boule, artiste XVIIe siècle.

en plus grand, tit Trianon.

décorateur du

Coll, du Marquis de Bonnecorse

Collection Dobler Pendule et appliques de Delafosse bronzes de Riesner (fin du XVIIIe siècle)

tion). D’autres belles pièces à Aix. La pendule de M. M.

nées déjà, est celle reproduite Signalons aussi celles Fili, du baron de Mevronnet d’Agay, de M. de St-Marc, de roses), etc. Chez M. Montagne Louis XV, de grande di- Louis XV à supports, disons vertes et à bronzes ciselés râlement chinois. Elles boudoirs dont nous avons parlé ment élégantes. Je me rappelle nées de ces pendules renferse vendirent un très gros prix mémoire). Nous connaissons à supports consoun magnifique lement à ma mère modèle qui orne St-Roch à M. de Fonscolombe et

Ancienne pen-

existèrent ou existent encore (vendue il y a une dizaine d’andans notre spécimen), du Musée, de Madame de Saint-Marc, de M. de Giraud M. Dobler (Régence bois de se trouve un admirable cartel mension1. Comme pendules un mot de celles en corne présentant des sujets généétaient faites pour aller avec les et sont à mon goût extrêmede deux supports de chemimant des boîtes à musique, qui à la vente Lelong (de célèbre deux de ces pendules, mais les pour les placer au mur :

spécimen qui appartient actuelet un très élégant petit et fin la salle à manger de la villa Lombardon. Au château de au château de Vauvenargue se

dule Aixoise bronzes de Boule (époque Louis XIV)

trouvent des pendules en vernis Martin. Au château de la Barben, une petite pendule du XVIIIe siècle (éléphant supportant un cadran), fait l’admiration de tous les connaisseurs.

Cartels. — Un admirable cartel Louis XV d’alcôve existe dans la collection Dobler, très remarquable comme ciselure et ton de dorure; un autre fort élégant se trouve dans le studio du peintre L. Ducros, un troisième chez M. Teissier de Savy.

Quatre superbes cartels Louis XVI ayant de grands points de rapport se trouvent dans les Salons du Baron H. de Fonscolombe, chez le Marquis de Jessé à Château d’Arc, chez la marquise d’Espagnet, chez M. Dauphin.

Ce dernier signé Devergne , à Aix, nous donne le nom d’un de nos anciens orfèvres. Signalons encore le ravissant modèle de pen-

(Coll. du marquis de Bonnecorse)

dule à colonne de la même époque existant au Pavillon de Vendôme et chez M. de Garidel; chez la marquise de Chenerilles ; celles pleines d’intérêt également, appartenant à la Comtesse de Balmondière, à la Comtesse de Vogué et au Marquis de Saporta (du

1 A décoration de fleurs et d’amours, (pièce rare)

Pendule appartenant à la famille de Coye-Castelet

Remarquable Boule de l’époque Louis X

type marbre à médaillons de Wegwood avec frises et appliques en bronze doré ciselé). Une très jolie pendule à attributs militaires se trouve chez M. de Closmadeuc.

Chenets. — Il ne nous reste plus qu’à dire un mot des feux ou chenets, qui rentrent naturellement dans le cadre de cette étude.

Les plus beaux, à notre connaissance, appartiennent à M. Dauphin le bibliophile *, au Baron de Fonscolombe, à la Comtesse de Vogué, au Marquis de Lubières, au Marquis de Saporta, à la collection Dobler, à la famille de Castellane, à M. Montagne, etc.

Marteaux de Porte. — Finissons ce chapitre, malheureusement trop court, par la liste des marteaux de porte remarquables qui ornent encore les vieilles portes des hôtels.

Signalons, très particulièrement, celui de la collection Ferrier (rue des Arts et métiers), ceux de la grande porte de l’Archevêché, du n° io, rue Cardinale et toute la série des têtes

Appliques bronzes dorés provenant, de la chambre du roi, de l’âbbaye de Montmajour (Collection Dauphin)

de lions qui se trouvent à l’hôtel d’Espagnet, à l’hôtel de Mougins-Roquefort, à l’hôtel de Gantelmi Dille, à l’hôtel de Villars, (tous situés sur le Cours), au Musée, à l’hôtel Drugeon, de Monclar, rue Roux Alphérand, à l’hôtel de Ribes, rue Papassaudi, (Ramon), rue Littera. Un beau mascaron du même type existait sur la célèbre porte de la rue Espariat qui devint la proie des antiquaires, il y a une dizaine d’années (voir collection Heyries) et se retrouve sur la porte de la place des Trois Ormeaux. Deux marteaux simples, mais intéressants, se trouvent sur la porte de l’hôtel de Barlet 2.

Nous signalerons, en terminant ce paragraphe, la collection de lanternes de M. A. d’Etienne, elle est curieuse et comprend des pièces rares en cuivre ciselé.

Argenterie. — La vieille argenterie aixoise a naturellement disparu en très grande partie, dispersée par les ventes et surtout les partages successoraux. Il exista pourtant, au XVIIe et XVIIIe siècles des orfèvres dont les

1 Ils proviennent ainsi que les deux paires d’appliques que possède l’avisé collectionneur, de la chambre du roi de l’abbaye de Montmajour, chenets et appliques sont des pièces dignes des Trianons.

2 Et sur la porte de l’hôtel de Lestang Parade et de la rue de la Mule noire (côté sud).

poinçons sont plus ou moins connus1. C’est ici que nous aurions surtout besoin des lumières de M. Ferrier, de ses renseignements et de ses collections. A leur défaut, nous trouverons des pièces anciennes soit chez M. Vita orfèvre, soit chez les particuliers parmi lesquels nous citerons le Baron Guillibert, M. d’Estienne de St-Jean, Comte de Mougins, Marquise d’Espagnet, M. P. Arbaud, de Lânder et nous même.

Nous reproduirons quelques pièces d’argenterie intéressantes : réchauds à plats et à mains du XVIIIe siècle, sucriers, tasses à vin, cuillers, plats armoriés, huiliers, plats à barbe, salières, chocolatières, et enfin, différents objets, flambeaux, bougeoirs, dont plusieurs fort curieux existent encore ici.

Miniatures, éventails, bijoux et bibelots. — - Nous ne pouvons passer sous silence ces précieuses œuvres XVIIe et XVIIIe siècles, encore bien représentées à Aix. Eventails, miniatures, montres, boîtes, étuis en or à accessoires de toilette, pommes de cannes, couteaux et petits objets gainés de Galuchat ornent nombre de guéridons et de vitrines aixoises, ainsi que quelques colliers, broches et bracelets à montures du XVIIe et XVIIIe siècles. Ce sont surtout les éventails et les miniatures, dont plusieurs sont des plus remarquables, que l’on y trouve en majorité. Citons au hasard ceux et celles des collections Dobler, P. de Régusse,

P. Arbaud, de Boisseuilh, Saporta, d’Espagnet,

Joursenvault, de Lombardon, Montagne, Dauphin, etc. J’ai l’intention d’organiser tôt ou tard une importante exposition de ces intéressants objets.

C’est une des raisons qui me font être des plus bref sur le dernier paragraphe de ce chapitre. Parmi les miniatures d’un intérêt excep-

1 L’un deux s’appelait Clément, il fut avec Chastel professeur à l’école de dessin à Aix.

Appliques de la chambre du roi, de l’abbaye de Montmajour (Coll. Dauphin)

Vase repoussé et doré ( Coll. Dobler)

* Signalons également celle offrant un intérêt particulier au point de vue aixois, appartenant au baron Fernand de Fonscolombe ; elles furent exécutées peu d’années avant la Révolution par le frère du célèbre collec-

Argenterie et bronzes (Collection de Closmadeuc) tionneur Roger de Fonscolombe et sont

d’un remarquable travail.

2 Nous n’avons pas entrepris en ce volume Arbaud, Mouravit, Saporta, Dauphin, etc., et l’étude des reliures (importante branche de de la bibliothèque Méjannes. De plus compél’art décoratif). Un livre entier ne suffirait pas tents que moi sont qualifiés pour le pour étudier et décrire celles des collections faire.

tionnel se trouve celle du docteur Dastros, délicieux petit groupe en parfait état de conservation. 1 Au Musée, en vitrine, se peuvent voir : un joli petit bronze (le Baiser) monté sur colonne de marbre enrichie de bronzes (perles), et un vase de cristal cerclé de bronze doré très délicat. Un bronze de la même époque représentant Mirabeau avec une intéressante inscription se trouve chez Monsieur P. Arbaud 2.

Chenets de la chambre du roi, de l’abbaye de Montmajour Bronzes dorés, fin du XVIIIe siècle (Collection Dauphin)

Marteau de porte, époque de la Régence (Archevêché, grande entrée)

Argenterie ancienne du XVII® et XVI I [« siècles ( Collection Dobler)

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