‹ Les écoles d'architecture et d'art décoratif des XVIIme et XVIIIme siècles à Aix, capitale et siège du gouvernement de la ProvenceChapitre 38 sur 44 · I. Orfèvres : Devergne · texte numérisé non relu

I. Orfèvres : Devergne

Son nom existe sur diverses pendules et cartels connus de nous. Parmi ces derniers nous avons cité le remarquable cartel Louis XVI en bronze doré de la collection Dauphin.

IL Argentiers (graveurs de cachets de vaisselle plate) : Clément.

Voici ce que nous avons trouvé au sujet de cet artiste :

« Les almanachs des années 1776 et 1777 ont conservé les noms des collègues que dut rencontrer Chastel dans ses fonctions publiques. L’école d'Aix avait alors à sa tête Aune et Arnulphi qui sont qualifiés, le premier de « peintre d’histoire », le second de « peintre de portraits à l’huile »; Clément « graveurs de cachets et de vaisselle » et Pin « peintre en miniature ».

Cette note extraite d’un ouvrage d’Honoré Gibert nous donne les noms de Clément , graveur et de Pin, miniaturiste. Nous aurions voulu cette énumération plus longue mais nous n’avons pu encore trouver d’autres noms.

Argenterie ancienne (Collection Vita)

Décoration lapidaire des jardins et parcs d’Aix et des environs.

Je me suis toujours fait une fête de la perspective d’écrire le passionnant avant-dernier chapitre de cet ouvrage, car notre ville est une de celles de France qui fut le mieux partagée au point de vue de ce genre de décoration lapidaire. Probablement à cause de sa proximité de l’Italie, du séjour qu’y firent nombre de sculpteurs avant de s’y fixer et du passage régulier (par la voie ordinaire) des beaux antiques envoyés par l’école de Rome sous Louis XIV et Louis XV à Paris. On peut dire, que dès Louis XIII et jusqu’à la Révolution, une école décorative de sculpture travailla successivement à l’embellissement des jardins des hôtels de la capitale de la Provence, à ceux à la française de ses maisons de campagne, grandes ou petites, et contribua à orner sous les règnes de nos

Château Je Vauvenargues Balustres, perron et porte (époque Louis XIII)

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1 De beaux vases Aixois sont à notre connaissance partis récemment pour l’Allemagne.

rois, les parcs des châteaux de Provence, dont nous possédons encore quelques intéressants spécimens.

Depuis une dizaine d’années, à la suite du renouveau du goût et de l'admiration justifiée qui s’affirme pour le merveilleux parc de Versailles. La mode devient toujours plus impérative des sculptures lapidaires décoratives de jardin. Tous les propriétaires des beaux parcs des environs de Paris, dont plusieurs furent saccagés pendant la période révolutionaire, se piquent de les reconstituer à l’ancienne mode et recherchent avec passion, toutes les pierres sculptées des XVIIe et XVIIIe siècles : Fontaines, statues, vases, pyramides, animaux pouvant contribuer à leur ornementation. Il en est de même de beaucoup de propriétaires anglais, américains et même allemands1. Tout naturellement, depuis cette

époque les villes anciennes sculptées sont impitoyablement parisiens qui se spécialisèrent une nombreuse et cosmopolite ment visée par eux et leurs ils offrent un tel prix aux proà entrevoir l’époque où ces dans nos jardins auront, sauf complètement disparu. Je me on pourra s’en rendre pitre que malgré l’intensive et marchands, il nous reste enon verra aussi, grâce à de avons pu nous procurer, quels daires nous avons hélas perdu Nous avons dit que sous on fit déjà à Aix des statues Nous en connaissons de cette existent encore, bien qu’en vais état. Telles sont par exem-

Château de St-Marc Vase fontaine

contenant encore de ces pierres drainées par les antiquaires dans ce genre d’article pour clientèle. Aix est particulièreachats deviennent si fréquents, priétaires, que l’on commence objets d’art, jadis si nombreux chez quelques rares privilégiés, m’empresse de constater comcompte, au cours de ce chaincessante campagne de ces core de fort belles pièces, mais fidèles reproductions que no trésors lapià jamais.

Louis XIII de jardins, époque qui assez mauplecellesqui

ornent le parc de château l’Arc (propriété du comte de Jessé Charleval).

Sous Louis XIV, la décoration des jardins gagna en qualité, grâce à la pléiade des bons maîtres qui ne dédaignèrent pas de travailler dans ce genre. Les Rambot, P. Pavillon, Jacques-Fossé, Veyrier et même Puget, œuvrèrent de plus ou moins importantes décorations pour les plus remarquables de nos parcs. Nous connaissons un célèbre projet à la plume de P. Puget pour une fontaine qui ne fut du reste pas exécutée au château d’Albertas.

Mais ce fut surtout au milieu et à la fin du XVIIIe siècle, grâce à Chaste! et aux nombreux élèves des ateliers que la décoration lapidaire des jardins et des parcs se développa en nombre et même en qualité (bien que nous ayons à faire des réserves pour quelques-unes de ces œuvres, traitées par ses sous-ordres et dont on lui a fait endosser malheureusement la paternité).

Pavillon de Lanfant. — * Fontaine d’angle

Procédant avec méthode, nous passerons en revue, successivement : les fontaines d’appartement, les fontaines de jardins Aixois; enfin celles des parcs les plus intéressants des propriétés dont nous donnerons un tableau détaillé avec les noms de leurs actuels possesseurs. Nous examinerons ensuite les statues, les animaux, les vases, pyramides, colonnes brisées, etc., se trouvant aussi dans les environs.

Nous classerons ces œuvres par époque et nous nommerons, quand faire se pourra, leur auteur (certain ou présumé). Nous dirons aussi un mot sur les pots à feux, vases, et animaux décorant les hauts piliers et larges chapiteaux ayant constitué et constituant encore en partie (rarement en totalité) les entrées des allées des parcs ou des jardins des châteaux des environs d’Aix; et, nous n’oublierons pas les Hôtel de Valori. - Fontaine du jardin (banque de France) petits pavillons construits

comme lieux de repos et buts de promenade, au milieu de ces jardins et de ces parcs.

Fontaines d’appartement. — De petites dimensions et de ce fait facilement transportables, nombre de ces fontaines sont devenues la proie des antiquaires, surtout ces dernières années. Parmi celles qui nous restent encore nous signalerons tout particulièrement celle de la salle à manger de l’hôtel de Saporta, rue Gaston de Saporta.

Deux jolies fontaines d’angles à mascarons de marbre décorent la petite salle à manger du pavillon de Lanfant, elles sont intéressantes, nous les reproduisons.

D’autres Fontaines de ce genre, mais moins riches existent dans les vestibules de la Pioline de l’hôtel de Caumont et de l’hôtel d’Estienne de St-Jean. De l’époque Louis XVI la plus importante que nous connaissions celle de l’hôtel Vermont (antichambre premier étage) fort belle urne classique au-dessus d’un motif de décoration plein d’intérêt.

Fontaines de jardins. — Les plus remarquables à notre connaissance sont du XVIIIe siècle et se trouvent dans les jardins, des hôtels de Valori (actuellement la banque de Lrance), de Castillon, et de Ribes. Celle de l’hôtel de Valori constitue un fort bel ensemble de sculpture décorative tout y est à admirer. Le grand portique de fond avec l’étrange mascaron de monstre aquatique, la forme de la vasque et le délicieux groupe d’enfants si

Détail du Groupe

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remarquables de modelé et de mouvement. Nous donnons la reproduction de l’ensemble et du détail. Il est bien fâcheux qu'un des enfants soit mutilé. Les deux fontaines du jardin de l’hôtel de Castillon sont également de très intéressants morceaux de sculpture du XVIIIe siècle. La plus importante, celle du fond, a un mouvement d’ensemble très original, de beaux mascarons, d’un faire très spirituel et son motif principal, amour chevauchant un Dauphin, sont d’une facture où se synthétise toute la grâce et l’élégance du XVIIIe siècle.

La seconde qui s’appuie à la terrasse à droite est également bien jolie et ses dauphins ont la manière très particulière de Ghastel qui les sculpta incontestablement. C’est un charmant modèle à recommander aux jeunes sculpteurs. Quant au dieu des eaux du jardin, de l’hôtel de Ribes, s’il nous captive moins que les deux œuvres précédentes, ce n’en est pas moins une pièce décorative de premier ordre, mise en valeur très particulièrement par l’arbre de lierre qui l’enveloppe de son remarquable feuillage.

Les fontaines

dont nous parlerons Château Je Lanfant. - Fontaine de Chastel maintenant ne peu- et coin du parc

vent se comparer, ni par leur ensemble, ni par leur état de conservation, à celles précédemment étudiées. Elles sont loin pourtant d’être sans intérêt, comme cet hercule mutilé de l’école de Veyrier qui forme le motif du fond du jardin de l’hôtel d’Espagnet. Ainsi que la figure un peu courte de celui de l’hôtel de M. Louis Jourdan. Signalons encore la ligure de l’hôtel Vermont, et très particulièrement la fontaine du jardin de l’hôtel de Félix du Muy (de Gassier). Celle-ci est composée d’une arche et d’une colonne sur laquelle est placé un beau buste du XVIIe siècle.

Très intéressante est la fontaine du jardin Français du Pavillon de Vendôme. Ce jardin, entièrement reconstitué par moi d’après les documents du temps, avec ses gazons, ses allées, ses buis taillés, ses plates-bandes et rosaces en terres de couleur, ses statues, vases et fontaines, forme avec la belle architecture qu’il précède, un ensemble très homogène du XVIIe siècle. La petite fontaine en forme de pyramide surmontée d’une corbeille et de fruits avec son Dauphin et la grenouille, qui se dissimule dans les roseaux, sous le grand lierre et les lauriers centenaires qui l'encadrent, est extrêmement séduisante comme on pourra s’en rendre compte par la reproduction. Signalons en terminant qu’il y a quelques années le paragraphe aurait pu être hélas beaucoup plus long (où sont en effet

Château de Fonscoloinbe Fontaine de Chastel et coin du parc

Château de Fotiscolombe. — Pigeonnier et cour d’honneur

maintenant les œuvres arrachées à prix d’or à de mauvais Aixois !) qui auraient du être citées ici en bonne place?.. Dieu seul le sait.

Nous ne pouvons passer sous silence les fontaines à simples, mais beaux mascarons de marbre du jardin de l’hôtel Sextius et de la Cour de l’Ancien hôtel de Valbelle (gendarmerie) le dernier est une belle œuvre de Chastel pleine d’expression.

Liste des propriétés des environs d’Aix possédant à notre connaissance encore des décorations des pierres sculptées des XVIIe et XVIIIe siècles et noms des propriétaires.

Château d' Albert as à l’ancienne famille Aixoise des d’Albertas (vases, buis, statues); Château de la Barben, Marquis de Forbin (statues); Beaupré (fontaine), M. E. Double ; Château L’Arc (statues, fontaines), Comte de Jessé Charleval; Campagne aux environs de Bouc à M. Bernard de Ldaymond (vases); Château de Fonscolombe (statues, vases, monuments), Marquis de Saporta ; Château de Galice (vases fontaine); La Gaude (fontaine, vases) à M. Gastaud ; Campagne Laroque (statues) à M. Laroque banlieue d’Aix; Château de Lan tant par les Mille à M. le Baron de Fonscolombe (statues, vases, bassins); Pavillon de Lanfant, banlieue d’Aix (statues, vases, pots à feu, fontaines); La Malle (vases) à M. Jacques Normand ; La Mignarde (vases), M. Rigaud’ La Maréchale (vases, portail), Mmc de Maréchal ; La Pioline (vases); St-Pons (statues, vases, monuments), Mme Vve Jouine ; Propriété Sallier près Pertuis (vases), M. Sallier ; Campagne à St-Mitre (sphinx); Château de Beaulieu, Comte de Caudole (fontaine) ; Campagne à Septemes (fontaines, vases, pots à feux); Château du Tholonet (lions fontaine), à Mme Lve Pichaud ; Château de Violaine (statues, fontaines), M. de Lânder ; Petite propriété ayant appartenu à ./. Sec , route de Vauvenargues (buis, balustrades et fontaines); Château de St-Marc (vases, fontaines), Baron de Meyronnet St-Marc ; Château de Vauvenargues (fontaines), Marquis d'Issard Vauvenargues Château de St-Pierre près Pélissanne, (vases et décorations), à Mcl]c de Florent.

De toutes ces propriétés, nous ne parlerons

Fontaine de Chastel (anciennement à la Brillane)

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plus ou moins en détail que quant à notre avis, elles nous offriront un véritable intérêt comme parcs, comme décoration de pierre ou comme bel entretien. Nous allons les visiter successivement au grès de notre fantaisie d’artiste et que nos lecteurs nous suivent, la promenade

en vaut la peine Château de La Barben. — Décoration de pierre du parc

Nous sommes en automne, la plus exquise saison en Provence, les premières feuilles commencent à tomber le ciel est délicieusement bleu, l’air tiède et léger, les arbres varient à l’infini de la forme de leurs groupements et de l’éclat de leur feuillage jaunissant, les divers plans de nos chers paysages, les fonds vaporeux des montagnes du Luberon, de St-Victoire de l’Olympe, du Pilon du roi, de Marseille Veyre, etc, s’estompent voluptueusement à l’horizon. Nous voici arrivés en auto, en voiture, à cheval ou en bicyclette chez nos amis, chez les aimables propriétaires de nos relations. Les belles demeures se silhouettent au fond des parcs, d’exquises fleurs, d’admirables roses groupent en massifs variés l’éclatante couleur de leurs corolles aux pénétrants parfums, de frais gazons tondus nous ©firent leurs tapis de verdure. Nous nous y engageons, puis successivement nous pénétrons sous charmilles, dans des sentiers ombreux au-dessus desquels chantent les fauvettes, dans les chênes séculaires, les vieux tilleuls et les beaux maronniers rougissants. Ça et là une surprise nous guette, au détour d’un chemin, c’est une échappée d’où l’on aperçoit la

Vase et sphinxs de Chastel décorant la terrasse

Château de Fonscolombe.

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Château de Lan faut Le Printemps, statue du parc (Ecole de Chastel)

broderies de buis, qu’on a malment laissé trop se développer ifs taillés, par trop abandonnés à vieux arbres et ses pierres sécuposent des paysages à la Huberttraversé par une allée centrale à laquelle se dresse la statue de mour. A droite et à gauche de cipale se déploient en éventails terminées également, par une pierre dont les statues des Cérès, Diane et Minerve ; taine représentant Bacchus motif se retrouve aussi à de la terrasse à balustres).

santés à cause de leur caracvéritablement charmante d’elle. Elle fut malheureusela Révolution par des chas- Déesse sont criblés de leurs est la plus importante dans les environs d’Aix, blanc et très probable- Avant de passer

maison amie, ou bien dans un carrefour, une statue, un vase, un petit monument symbolique, détachent leur blancheur patinée ou se joue les rais du soleil, sur le fond sombre des sous-bois. Bien souvent aussi de vieux bancs de pierre plus ou moins rongés de mousse nous offrent discrètement leur sièges usés, nous invitant à la méditation et au repos.

De ces promenades répétées, nous rapporterons les poétiques impressions et les souvenirs, que nous ont laissé toute cette catégorie d’œuvres de pierre, dont nous voulons entretenir nos lecteurs. Il ne nous reste plus qu’à reproduire les plus intéressantes pour matérialiser à leur yeux notre précédent récit et à les classer par groupes se retrouvant aux mêmes lieux.

Statues. — Nous trouverons des statues du XVIIe siècle dans les parcs des châteaux d’Albertas et de Château l’Arc, les plus intéressantes que nous connaissions de cette époque se trouvent dans le vieux parc à la Française de la propriété de Violaine à M. de Lânder. Il est précédé d’un petit jardin

à dessins de heureuseainsi que les eux-mêmes; ses laires nous com- Robert. Il est l’extrémité de Vénus et de l’Acette allée prind’autres allées, décoration de déesses, Junon,

une dernière allée conduit aune fonenfant sur un tonneau. Ce dernier Château l’Arc(Fontaine au-dessous Ces statues de Violaine sont amutère très Louis XIV. La Vénus est avec l’Amour qui vole autour ment prise pour cible pendant seurs ivres, et les seins de la plombs. Cette suite de statues que nous connaissions elles sont en calissane ment de Rambot.

au XVIIIe siècle, nous

Pavillon de Vendôme Fontaine

Pavillon de Vendôme Samson, groupe de marbre

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Château de Fonscolombe Pot à feu (marbre)

examinerons en détail l’important groupe de marbre qui se trouve au fond du parc du Pavillon de Vendôme, il représente Samson combattant les Philistins avec une mâchoire d’âne; ce sujet biblique convient fort bien à la décoration du jardin d’un ancien Cardinal. Le Héros assailli par plusieurs ennemis semble appliquer les méthodes Jiu Jutsu de la main gauche, tout en assommant sans pitié de la mâchoire brandie par sa dextre ses misérables adversaires.

Du XVIIIe siècle nous trouvons des statues au Château du Tholonet, au château de la Barben au château de Fonscolombe, au

parcs et les leurs pieds suites, les dans le beau dans celui de

Vase de la Pioline (marbre

château de Lanfant, dans les dins Français qui s’étendent à ou sous leurs fenêtres. Comme plus importantes se trouvent parc du château de Lanfant et la propriété Jouhine à St Pons.

Dans le parc du château appartenant au baron de Fonscotrouvent quatre statues de Chastant les quatre saisons. Ce sujet traité par le maître et ses élèves, duction de ces statues qui se qui appartient à M. Laroque,

Marseille et le chemin qui pont de l’arc. Lanfant posimportants et mythologistatues de la propriété de qualité encore supérieure, cinq, deux se font pendant et sont de bonnes copies de l’Antique du XVIIIe siècle; elles représentent Mars et la Vénus Callipyge. Un beau sujet féminin se trouve au-dessus d’une fontaine. La cinquième statue représente un chasseur armé de son fusil, joli sujet de genre du XVIIIe siècle. Cette propriété a un joli parc bien ombragé; la maison est entourée d’une cour avec deux portails en fer forgé dont les piliers supportent des vases Louis XVI intéressants.

Animaux. — Chastel traita bien souvent des modèles d’animaux divers dans ses fontaines et ses décorations de parcs. Ce que nous connaissons de mieux de lui, ce sont les anciens chiens marins qui décoraient la Gaude au quartier des Pinchinats, ils ont été vendus cinq milles francs l’an dernier à un antiquaire, le maître tailleur de pierre aimait aussi à exécuter des sphinx à draperies et à tètes de femme. Nous avons déjà parlé de ceux

far-

de Lanfant 1 o m b e se tel représen- Vase de la Pioline

fut souvent (marbre)

et nous connaissons l’exacte reprotrouvent dans la petite propriété sise entre la route Nationale de descend à gauche vers le sède aussi plusieurs autres ques sujets de pierre. Les Mme yve Jouhine sont de Elles sont au nombre de

Ancien vase Aixois

Ancien vase de la Pioline (disparu) (marbre)

Ancien vase Aixois

qui surmontent la porte de l’hôtel de Castillon, ce sont les plus élégants.

Fort intéressants sont aussi ceux qui ornent le grand perron du château de Fonscolombe. Une troisième paire existe également dans une propriété sise au quartier St-Mitre tout près d’Aix. C’est là que se trouvent aussi les débris d’un hercule probablement de Veyrier.

Quand aux Dauphins, il en exécuta sur beaucoup de fontaines, signalons parmi les plus belles celle, disparue hélas aujourd’hui, qui se trouvait au-dessus du bassin de la propriété de la Brillane actuellement à M. Ducros; celle qui se trouve chez M. Gastaud, à la Gaude et qui ressemble à celle de l’hôtel de Castillon, et, celle

qui se trouve devant la façade Sud du château de Fonscolombe, si intéressante de facture et de mouvement.

Une fontaine à Dauphins présentantdes analogies avec la fon-

Ancien vase Aixois actuellement en Allemagne

Ancien vase Aixois

Ancien vase Aixois

c- ■: I s-.rj A <v.

taine de la Brillanne, se trouve dans l’ancienne campagne de J. Sec, à l’entrée d’Aix, route de Vauvenargues avant d’arriver au pont de Béraud.

Lions. — Ils furent exécutés plus rarement et assez grossièrement en général. Nous en connaissons aux quatre angles d’un pont du Château

Vase Aixois (Collection Dobler ) Triomphe d’Amphytrite

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Pavillon de Vendôme Colonnes et vases

1 Le plus grand et le plus remarquable est au Pavillon de Vendôme et représente « Le Triomphe d’Amphytrite.

du Tholonet, l’ancienne demeure des de Gallifet. Le château a été malheureusement assez mal restauré et a perdu sa vieille patine et son ancien mobilier.

Vases. — Ce sont surtout les beaux vases qui existèrent jadis en quantité dans les parcs et les jardins d’Aix et des environs Les plus beaux nous ont été enlevés malheureusement, mais nous aurons le plaisir d’en donner la reproduction à nos lecteurs. Avant de parler de ceux qui nous restent disons un mot de ces absents. Les plus remarquables se trouvaient à la Pioline (où il en reste encore). Ce furent d’admirables modèles, d’une forme originale avec leurs masques cornus et leurs opulentes guirlandes, ils étaient de marbre blanc. Ceux, dont nous donnons la reproduction, étaient également pleins d’intérêt. Avec leurs mascarons, leurs groupes de fruits, leurs combats de centaures. De ce dernier type, de vases à décorations à personnages, il n’existe que peu de modèles dans nos parcs1. Nous signalerons particulièrement un vase aux Pinchinats représentant une chasse au sanglier. Les beaux vases de la terrasse de la propriété Sal lier, près de Pertuis, et les deux vases du Pavillon de Vendôme, représentant l’eau et le feu. Dans l’un, des amours s’ébattent dans une rivière qui cascade et court autour du vase. Dans

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l’autre, ils font des rondes autour d’un feu. Ce sont peut-être les plus anciens et les plus curieux vases existant à Aix. Signalons, puisque nous sommes au Pavillon, les nombreux vases, tous curieux, qui décorent deux par deux le jardin français. Devant la porte se trouvent deux vases cannelés provenant du Pavillon Sec, remarquables spécimens de sculpture du XVIIe siècle, ils sont en pierre de Bibémus. Dans la même matière furent sculptés les vases sans anses, à tranches de melons qui ornent les deux premiers carrés du jardin, au centre des rosaces en mosaïque ; enfin ceux qui leur font face à draperies sont en pierre froide. Tous ces vases sont sur des socles ou des colonnes à chapitaux gracieusement travaillés. On trouve encore de beaux vases à la Pioline, à la Mignarde (Pinchinats), à St-Pons, chez Mme Jouhine, à Fonscolombe , à Lanfant (château), au Pavillon de Lanfant (Pinchinats), au château de Galice , à Bouc, à la Malle , au château d'Albertas , à Puyricard, au château de St-Marc (très curieux et particulier), etc. Pour terminer ce chapitre, il nous faudra retourner une dernière fois dans les parcs de Fonscolombe et de St-Pons. Dans le premier, nous aurons à signaler les petits monuments dont nous parlions dans notre introduction, ces colonnes, couvertes d’inscriptions et ces tombeaux que le grand collectionneur Boyer de Fonscolombe se plut à faire édifier dans maints petits endroits, propices à la rêverie, dans le goût des dernières années du XVIIIe siècle. A St-Pons, nous trouverions des décorations du même genre et particulièrement une pyramide surmontée d’un fer de lance imitation des tombeaux étrusques, bien caractéristiques à son époque.

Pots à feux. — C’est un genre d’ornements que nous ne pouvons aussi passer sous silence dans notre énoncé d’art décoratif. Ils se mettaient ordinairement sur les toits (aux angles). Sous Louis XIV on s’en servait souvent. Nous n’en retrouverons plus guère d’intéressants qu’au château de Fonscolombe, dont nous signalerons très particulièrement ceux en marbre qui flanquent les deux angles du toit de l’orangerie. Nous en possédons au Pavillon de Vendôme que nous signalerons, ainsi que ceux du Pavillon de Lanfant et de l’Archevêché (Cours intérieure).

Piliers de portails à grands chapitaux. — Enfin une dernière caractéristique de la décoration des propriétés des environs d’Aix est celle des piliers soutenant les portails d’entrée dans les avenues ou les cours d’honneur d’autrefois.

A chaque instant en parcourant la campagne d’Aix (aux Pinchinats par exemple), l’on rencontre un et plus souvent deux grands piliers ayant dans leur abandon une allure superbe, en belle pierre dorée de Bibemus, et généralement terminés par de vastes chapiteaux dont les tables font des saillies considérables. Ce sont les restes des entrées seigneuriales détruites en partie, trop souvent.

Je n'ai vu nulle part ailleurs de ces piliers en aussi grand nombre et de si belle allure. Autrefois tous étaient garnis au-dessus de leurs chapitaux de boules de pierres de vases, de pots à feux, et quelquefois de lions héraldiques accroupis. Tous ou presque tous ont été naturellement dépouillés par les antiquaires.

Signalons comme à peu près complets, malgré la vicissitude des temps ceux d’une propriété à droite en descendant l’Arc (route de Marseille). Ceux des deux propriétés au village de Puyricard, surmontés de beaux vases et une foule d’autres de moindre importance situés un peu partout. Les plus curieux à notre connaissance se trouvent encore dans nos environs immédiats tout près du bassin de la Cie P.-L.-M., les piliers sont courts, mais surmontés d’énormes pots à feux très intéressants laissés dans le plus lamentable abandon.

Petits pavillons. — On serait étonné si l’on ne trouvait aussi dans nos parcs quel-

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ques-uns de ces gentils pavillons si chers à nos aïeules où elles rêvaient étendues sur des lits de repos ou jouaient des ariettes au clavecin. Nous en avons eu et de charmants, les plus gracieux que nous connaissons, existent à château d’Arc chez le comte de Jessé, à l’ombre d’admirables tilleuls et au bord d’une belle pièce d’eau à balustres. Non moins intéressants, sont les trois pavillons qui se trouvent au pavillon de Vendôme. L’un deux servait de chapelle au cardinal et le troisième placé au S. -O. du jardin, fut l’atelier d’été du célèbre peintre J. -B. Vanloo.

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