‹ Les écoles d'architecture et d'art décoratif des XVIIme et XVIIIme siècles à Aix, capitale et siège du gouvernement de la ProvenceChapitre 41 sur 44 · F£1R£SG · texte numérisé non relu

F£1R£SG

Buste de Peiresc en terre cuite ( Bibliothèque Méjanes)

exquise petite toile (le pendant appar-

artiste né à Aix, y vécut relativement Michel-François Dandré, il ajouta à maternel Bardon qui lui dition. De vieille famille quit le 22 mai 1700 en la Dès sa jeunesse il annonça fut d’ailleurs peintre, gra- II eut pour maîtres Yanloo il travailla à Paris. Il se sant que de rares apparifut reçu académicien le

LES ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET d’aRT DÉCORATIF

3o avril 1731. Le sujet du concours étant Tullie faisant passer son char sur le corps de son père. Ce tableau est aujourd’hui au Musée de Montpellier. Il fut nommé recteur de l’Académie de Paris en juillet 1778. A la mort de Bernard en 1748, il fut nommé maitre peintre des galeries à Marseille, y resta jusqu’en mars 1759, y fonda une académie de peinture. Et mourut aux galeries du Couvres le i3 avril 1783.

Œuvres principales

Au Salon de /7J7 : Les bonnes œuvres des filles de St-Thomas de Villeneuve, St-Charles Borromée en prière. (Le Musée d’Alençon possède une sanguine probablement l’esquisse de ce tableau.) Salon de ij38 : Les Pèlerins d’Emaüs. Salon de 1^34 : Jason et la Toison d’Or (cette toile était un carton pour la manufacture de Beauvais, etc.). Le Musée d’Aix possède de ce bon peintre : i° Auguste punissant les concussionnaires, c’est l'esquisse du tableau qu’il fit pour la chambre de la Cour des comptes d’Aix. 20 Marseille secourue par Aix contre les Aragonains. 3° Un Christ crucifié, anciennement placé au palais de Justice de Marseille. Le Louvre, outre de nombreuses toiles, possède vingt-neuf dessins du maître et le Sepellire mortes. Parmi ses nombreux ouvrages nous signalerons : en 1763, Recherches sur les casques et les armes , in- 12, 17 pages ; en 1765, Une vie de Carie Vanloo , Paris, Desaint; Un traité de peinture et un essai sur la sculpture; L'impartialité sur la Musique ; Une épitre à J .-Jacques Rousseau , in-quarto, 17^4; Le passage du Var, poème historique Marseille et Paris, 1750, in-quarto; une brochure sur la mort de Bouchardon; L’apologie des allégories de Rubens; Les costumes des anciens , avec 365 planches gravées par Cochin, Paris 1772, trois volumes grand in-quarto.

Je possède de cet artiste deux fort jolies esquisses. M. le marquis de Gantelmi-Dille a de lui un dessin à la sanguine représentant des cavaliers.

Les Vanloo. — Nous

allons maintenant étudier sommairement la généalogie des Vanloo en ce qui concerne surtout notre Ville.

Jacoues Vanloo fils et élève de Jean Vanloo mort en Hollande fut l’ancètre hollandaisdenos peintres Aixois.

Il naquità l’Ecluse (Hollande) en 1614, se fit naturaliser français, vint se fixer à Paris, fut nommé académicien en 1661, et mourut à Paris le 26 novembre 1670, sa toile la plus célèbre au Louvre est le portrait du peintre Michel Corneille.

Abraham-Louis Vanloo. — - Son fils et son élève naquit à Amsterdam en 1641 et mourut à Aix en 17 13; en 1671 il obtint le huitième prix au concours de l’Aca-

Portrait de Peiresc par Finsonius Collection S. de Bresc).

LES ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET D’ART DÉCORATIF

démie royale de Paris. Il allait être reçu académicien quand il eut un duel malheureux, il dut s’enfuir pour éviter la prison, voyagea, alla à Nice, il revenait de cette ville quand il passa à Aix. Il y fit connaissance de l’architecte-sculpteur, Jacques Fossé, plut à sa fille Maria et l’épousa en i683. Ce mariage le fixa dans la capitale de la Provence et il y resta jusqu’à sa mort. A son passage à Toulon en 1634, il peignit des ornements de vaisseaux (intérieurs) et exécuta un St-François pour la chapelle des pénitents gris. Le Musée de Besançon possède de lui un tableau représentant des amours et des guirlandes. Il possède aussi deux dessins à l’encre de Chine de trois fil s, Jean-Baptiste célèbres, le troisième Jean - Baptiste quit à Aix le 4 janvier la même ville, au qu'il avait acquis à la la Molle le 17 septemde son père qui l’enétudes. Il fut nommé vrier 1731 (son sujet Endymion est au fut nommé adjoint à Académie. En 1708, fit la connaissance de cette ville, Mlie Lebrun Victor -Amédée meil retourna à Aix et y Pendant cette période nonciation et l’Agonie ment à la Madeleine, le Conseiller Lanfant

pavillon du même nom qui représente Y Assemblée des Dieux en quinze jours (voir notre chapitre III), il fit aussi le portrait de l'Achevêque d’Arles. En 1712, voyageant sur le littoral, il alla successivement de Monaco à Gênes puis gagna Turin appelé par le duc de Savoie, ayant gagné la confiance de son fils le Prince de Carignan, celui-ci devint son protecteur et l’envoya à Rome à ses frais. Il peignit dans cette ville sur cuivre une sainte famille et Jésus donnant les clefs à St-Pierre, il profita de ce séjourpour compléter l’éducation artistique de son frère Carie et de ses trois fils. Le Prince de Carignan le rappelant à Paris, il l’y rejoignit en passant par Turin où il brossa deux plafonds pour le château de Rivoli. Arrivé à Paris, il s’attaqua à de grands sujets à la demande du Prince. Il s’inspira des métamorphoses d’Ovide. C’est alors que fut exécuté ce Triomphe de Galathée actuellement au Musée de l’Hermitage. En 1738 passant en Angleterre, il fait le portrait du Ministre Walpolo qui pleinement satisfait lui procura la pratique de toute la Cour. Il gagna beaucoup d’argent, malheureusement le climat de Londres ne lui convenait pas, son fils Claude mourut, sa santé et son moral s’ébranlèrent. Il se décida au bout de quatre ans à quitter l’Angleterre et à se rendre en Provence pour essayer de rétablir sa santé, acquit le Pavillon de Vendôme, mais n’en profitant pas bien longtemps, y mourut en 1745 à l’àge de soixanteet-un ans. Il avait exécuté à Versailles deux portraits du roi Louis XV et le portrait de la Reine Marie Leckzinska. Il fit aussi celui du graveur Tardieu, de J. -B. D’Albertas, de Sextius d’Arlatan, de M. de Brégançon, de C. A. de Villeneuve, de P. Laurent de Gaillard-

Gravure contenue dans le recueil de la collection de Boyer d’Eguilles.

(La planche fut gravée par le grand collectionneur lui-même , d'après un plafond peint de sa main dans son hôtel , aujourd’hui détruit)

ce maître. Il laissa et Carie furent les plus Joseph fut graveur.

Vanloo. — L’aîné na- 1684. Il mourut dans Pavillon de Vendôme mort du Président de bre 1745. Il fut l’élève voya à Paris finir ses académicien le 23 féde concours Diane et Louvre). En 1731, il professer à la dite il se trouvait à Toulon la fille d’un avocat de et l’épousa. Quand naça le Var et Toulon travailla cinq ans.

furent achevés l’Ande St-Joseph actuelle- II brossa aussi pour le célèbre plafond du

LES ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET d’aRT DÉCORATIF

Lonjumeau, des Montvallon, etc., etc. (beaucoup de ces portraits furent gravés à la manière noire par M. Cousin, voir à la Méjanne la collection St-Vincens.

Louis-Michel Vanloo. — Son fils naquit à Toulon le 2 mars 1705, il vint à Paris en 1731, fut reçu à l'Académie le 25 août 1 733, devint le premier peintre de la Cour d’Espagne le 25 avril 1748 et mourut à Paris le 20 mars 1771. Ce fut un coloriste agréable et un bon dessinateur (v. chap. III).

Nous ne parlerons ni de Carie ni des autres Vanloo qui ne vécurent pas à Aix et n’y laissèrent que fort peu d’œuvres dans nos collections.

Les Cellony. — Disons quelques mots sur les trois Cellony, qui vécurent et travaillèrent dans notre ville.

Joseph Cellony. — Ce peintre naquit à Aix en 1 663 et y mourut le 28 Janvier 1731. Ce fut surtout un peintre de portraits. Il fut chargé en 1716 d’une partie de la décoration de la salle des Etats dite des Conseils à l’hôtel-de-ville, ce fut une suite des portraits des anciens comtes de Provence et des rois de France leurs successeurs.

Joseph-André Cellony. — Fils et élève du précédent et de Hyacinthe Rigaud naquit à Aix en 1696 et y mourut le 7 février 1746, ce fut un bien meilleur peintre de portraits que son père. Le Musée d’Aix possède de lui le portrait de M. de Panisson et celui de sa femme (v. chap. III).

Joseph Cellony. — Son fils fut l’élève de Dandré-Bardon. Il naquit à Aix le 16 février 1730 et y mourut en 1786, ce fut surtout un peintre d’histoire. Il concourut pour le prix de Rome à Paris et ne fut classé que deuxième. Son tableau de concours est actuellement dans le salon de M. Louis Jourdan, avoué, en son hôtel de la rue Goirand, il représente la fille de Jephté, c’est une fort agréable peinture du XVIIIe siècle. Ses principaux tableaux décoraient l’église des Chartreux à Marseille, l’église des Bernardines de la même ville et les cabinets de M. de Fonscolombe et Borelly (collectionneurs Aixois). Il légua à l’Académie de Marseille sa Mort d’Alceste et divers dessins signés (voir Roux Alphérand).

Arnulphy. — Claude Arnulphy naquit à Aix en 1697. Il alla à Rome ou il eut pour maître Bénédetto Lutti. Il fut son meilleur élève devint un excellent peintre de portraits. Et passa sa vie à Aix où il travailla pour toutes les grandes familles parlementaires. Il fut directeur de l’école de dessin en 1776 et 1777.

Il reste dans les anciennes familles d’Aix, Fonscolombe, Saporta,

St-Marc, etc., de nombreuses et excellentes toiles de ce maître qui n’a pas eu en France la place

Gravure représentant le grand collectionneur fait par Cœlmans pour le recueil de sa collection.

LES ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET D’ART DÉCORATIF

qu’il méritait pour la peinture au XVIIIe siècle, son chef-d’œuvre le portrait du jeune de Gevdan est au Musée d’Aix (v. chap. III). M. Paul Arbaud, possède son portrait peint par lui-même à l’aquarelle dans un médaillon de fleurs, signé et daté 1 744.^ Le comte de Demandolx Dedons a dans sa remarquable galerie de tableaux à Marseille, deux portraits d’hommes du même maître. Il mourut à Aix et fut inhumé le 23 juin 1786 dans le

collets. Plusieurs de ce maître exé- Mairie (salle des truits en 1 792.

Disons un mot en mière partie de ce veurs qui travailà Aix. Les meilsiècle furent :

— Né à Arles en gnon en 1 765. M.

de lui une série nés d’intérêt, M.

teur d’Aix en a le livre Souvenirs Ch. Roux, se trouve d’une jolie estampe dame ayant sur rouet dont nous VII).Ilgravaégale- Laîné.

Marius. — Né à graveur, le musée séon Provençal) cuivres. Voir aussi laub à Marseille.

Fut l’apprenti du père de Lauren^Fauchier, il devint bon peintre et bon graveur. Il grava la dernière toile de Fauchier qu’il acquit à sa mort (voir plus haut). La famille de Chenerilles possède de lui les cuivres des portraits du marquis de Montolieu, chef des galères et de Mlle de Montolieu en bénédictine.

Sébastien Barras, Laurent Fauchier et Dandré-Bardon furent aussi d’excellents graveurs, (voir plus haut). Cousin né à Aix vers 1680 travailla avec Barras et B. d’Eguilles. Ce fut un bon graveur à la manière noire. Il grava des Rembrandt, des Puget et des portraits de J. -B. Vanloo, voir xMéjannes, collection St-Vincens, une dizaine de belles gravures.

cimetière des Rétoiles, un portrait cutés pour la Etats) furent dé- Graveurs. — terminant la prechapitre des gralèrent et vécurent leurs du XVIIIe Balechou.

1 7 1 5, mort à Avi- G. Uslaub possède d'estampes plei- Belin, ancien recégalement. Dans du Passé de M. J.

la reproduction de ce maître, une ses genoux un avons parlé (chap.

ment l’œuvre de Raynaud Aix en 1779, bon en formation (Mupossède un de ses lacollectionG. Us-

Cundier Jacques.

Gravure représentant le collectionneur de Fauris St-Vincens.

1 Un autre portrait du peintre, au pastel se trouve chez M. de Tournadre.

LES ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET d’aRT DÉCORATIF

Deuxième Partie. — Les principaux Mécènes et collectionneurs du XVIIe et XVIIIe siècles, Peiresc, Boyer d’Eguilles, Bourguignon de Fabregoules , de Fauris St- Vincent, Boyer de Fonscolombe.

Les Mécènes et grands collectionneurs Aixois.

Peiresc. — Le nom de ce grand homme, un des plus remarquables savants de son temps, ainsi que sa vie, sont trop connus en Europe, en France et surtout en Provence pour que nous nous étendions longtemps sur sa biographie1. Qu’il nous suffise de rappeler à nos lecteurs que Nicolas-Claude Fabry de Peiresc naquit le premier décembre i58o au château de Beaugencier où sa famille s’était réfugiée pendant la peste qui désolait la ville d’Aix. Il mourut à Aix le 24 juin 1637 dans sa cinquante-septième année et fut enseveli dans l’église des Dominicains. D’une grande famille parlementaire, riche et libre de son temps, malgré sa charge de magistrat, il put faire de nombreux voyages en Hollande, en Italie, etc. D’une profonde érudition et d’un grand goût artistique, il se plût à être le mécène et l’ami des artistes, des savants et des gens de lettres les plus notoires de l’Europe, ses contemporains. Il se lia tout particulièrement avec Rubens dont il fit la connaissance en Italie et avec lequel il fut en correspondance suivie. Il était aussi uni par des liens d’étroite amitié au grand poète Malherbe et au fameux président Duvair. Il rapporta de ses voyages de nombreuses médailles, des livres, des objets d’art et des tableaux, se constituant un remarquable cabinet, universellement connu et admiré de son temps. A Aix, il se constitua particulièrement le mécène de Finsonius qui nous l’avons déjà dit vint s’y fixer sur son conseil. On connaît sa lettre à Rubens au sujet de son protégé et qui dit : « Notre Finson peint avec de bonnes couleurs etc... » A treize ans il fut prince d’amour aux fameux jeux de la fête Dieu d’Aix en 1093. Ce fut un des plus grands épistoliers connus. Piton-de- Tournefort dans sa préface à son voyage au Levant, écrit à propos de ces lettres : Cet homme infatigable en a laissé plus de cent, tous écrit de sa main comme le remarque M. Spon. On assure que les héritiers de M. de Peiresc, s'étaient chauffés pendant tout un hiver des papiers qu'on avait trouvé dans son cabinet. N’auraient-ils pas mieux fait de brûler du bois de cèdre ou du bois d'aloès, la nature en produit tous les jours et peut-être ne verra-t-on jamais d’homme semblable à M. Peiresc.

Nous avons signalé son tombeau de marbre exécuté par Chastel à la demande du Président de Fauris St-Vincent. Il est actuellement à la Madeleine après avoir été démoli sous la Révolution

Boyer d’Eguilles. — Nous avons déjà parlé de cet homme éminent quand nous sommes allé visiter les ruines du merveilleux hôtel qu’il fit élever et décorer par Puget, Daret, Sébastien Barras, etc. Jean-Baptiste Boyer d’Eguilles, fils de Vincent de Boyer, seigneur d’Eguilles, conseiller au Parlement et de Magdeleine de Forbin d’Oppède, naquit à Aix le 21 décembre 1645 et y mourut le 4 octobre 1709. Il fut comme son père un excellent magistrat, mais est surtout connu comme artiste et collectionneur. Puget, qui avait sur le désir de sa mère fait le plan du célèbre hôtel, fut le maître du jeune homme et lui apprit à dessiner et à peindre. Celui-ci profita des leçons du génial artiste dont il resta toujours l’ami et qui venait souvent le voir quand il était dans le pays. Sur le conseil de son maître il fit plusieurs voyages en Italie. Ce fut au cours de ces déplacements qu’il réunit

1 Voir Gassendi son contemporain et historiographe, Aix 1895, etc., etc.

Roux-Alphérand, la brochure du Chanoine Guillibert

à Rome et dans les grandes villes qu’il visita cette merveilleuse collection de tableaux, une des plus importantes de France au XVIIIe siècle, très admirée de son temps. Voici ce qu’en dit Piton-de-Tournefort un de ses contemporains d’Aix ( Voyage du Levant , page 5) : « Après que j’eus embrassé mes parents, nous allâmes saluer M. de Boyer d’Eguilles, conseiller au Parlement et nous fûmes bien moins touchés de ses tableaux quelques rares qu’ils soient, que nous le fûmes de son mérite. Le savant magistrat n’excelle pas seulement dans la connaissance de l’antiquité, il a naturellement ce goût exquis du dessein (sic), qui rend si recommandables les grands hommes de ce genre. M. D’Eguilles a fait graver une partie de

Gravure dédiée au grand collectionneur Boyer de Fonscolombe.

son cabinet, en cent grandes planches, d’après les originaux (suit la liste que nous donnerons plus loin). Ce magistrat me permettra-t-il de dire qu’il a gravé lui-même quelques unes de ces planches, que les frontispices des deux volumes qui composent ce recueil sont de son invention, qu’il a conduit les graveurs pour la fidélité des contours, et pour la force des expressions. Un homme de qualité qui remplit d’ailleurs si dignement les devoirs de sa charge ne saurait se délasser plus noblement. » Ceci est écrit dans l’édition de 1717 que j’ai dans ma bibliothèque personnelle.

Nous avons vu (chap. III) que d’Eguilles avait très probablement travaillé avec Sébastien Barras dont il fut le mécène et l’ami, à la décoration de son hôtel. Il aurait composé et exécuté la décoration de la jolie chambre de l’Abbé (voir M. Pointel de Chenevières). Nous avons vu, par ce qu’écrit Tournefort, qu’il était aussi bon graveur et contribua

LES ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET d’aRT DÉCORATIF

à l’important travail du somptueux catalogue qu’il fit faire de sa célèbre galerie de tableaux. Il fit venir des Flandres le graveur Cœlmans qu’il charga du gros du travail, se réservant la gravure de quelques planches ainsi que son ami Sébastien Barras (graveur à la manière noire de tout premier mérite). Il consacra à cette œuvre considérable les loisirs de

Gravure dédiée à Boyer de Fonscolombe.

sa charge de magistrat, dans les dernières années de sa vie. On peut dire qu’il mourut juste au moment où elle fut terminée. Cet ouvrage fut donc édité en 1709. Il eut une deuxième édition en 1744 avec le titre suivant : Recueil des plus beaux tableaux du cabinet de Messire Boyer d’Eguilles. Elles furent très goûtées des curieux, sont très rares aujourd’hui. A Aix nous en connaissons de beaux exemplaires dans les bibliothèques privées de MM. P. Arbaud, Ferrier et à la Méjannes, etc.

Le petit-fils du collectionneur, le marquis d’Argens, chambellan de Frédéric II, roi de Prusse, hérita des goûts de son aieul. Il écrivit d’intéressants articles de critique, dont le petit volume dont nous avons parlé (chap. III). Après lui, la famille d’Eguilles, ruinée par les dépenses et le faste de ses anciens membres, ne brilla plus du même éclat. Ses belles collections se dispersèrent, les peintures de l’hôtel ne furent plus entretenues. La révolution acheva la ruine commencée. On sait malheureusement ce qu’est devenu cette princière habitation (voir chap. III). Nous indiquerons, ci-dessous la liste des noms des peintres dont les œuvres sont reproduites au catalogue de la collection de Boyer d’Eguilles.

Edition de Mariette 17 7 4.

ire partie. — Ecole Italienne : Raphaël, André de! Sarto, Gorrege, Le Parmesan, Le Joséphin, Le Titien, Paul Véronèse, Alexandre Véronèse, Le Tintoret, Le Bassan,

LES ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET D’ART DÉCORATIF

Annibal Carrache, Le Guide, Le Guerchain, Le Civoli, Francisco Vanni, Le Caravage, L’Espagnolet, Le Cangiage, Bénédetto Castiglione, Valerio Castelli, Francesco Bozzoni, Francesco Mola, F. Romanelli, Carlo Maratta, Mario Nuzzi, Le Maltais.

Ecole hollandaise : Rubens, Van Dyck, Othorénius, Bronchrost, Finsonius (portrait du père du collectionneur mort en 1643), David Teniers, Jean Miele, Gaspard Netcher, Corneille Pœlenburg, Henry Steanwyck, Guillaume Colf, De Somme, Fouquières, R. Immenrach.

IIme partie. — • Ecole française: Poussin Valentin, Puget, Sébastien Bourdon, Bernard Montagne, Raymond Lafage.

On voit par l’énoncé de ces noms, quelle importance avait cette collection. Aix n’en possède plus rien.

Nous donnons à nos lecteurs les noms d’autres collectionneurs de moindre envergure et des mêmes époques. Ce sont: i° D'Olivari (né i55q, mort en 1 63 3) qui posséda des toiles de Vries, Vanloo, Palme, Arnulphy, Fauchier, Bassan, Parrocel, etc. — 20 Bomface Borilly ( 1 5g 1 — 1648) qui possédait un cabinet de 120 toiles des meilleurs maîtres: Leonard de Vinci, Annibal Carrache: Portrait de Rubens par Van Dick (leg Peiresc. — ■ Bassan : Finsonius (Portrait dans ce chapitre). Portrait de Nostradamus, du Maréchal de Vitry. En plus le fameux buste de Sénéque de Bandicelli estimé trois milles livres par de Haytze, trois bustes antique, trois squellettes de Michel Ange (légué par Peiresc) en terre cuite. Enfin plus de deux milles médailles, des bijoux, des poteries antiques et . . . 1 cyclope embaumé??? (Mercure de France année 1614 page 392.)

Jean- Baptiste de Bourguignon de Fabregoules. — Naquit en 1746 et mourut en i836. Il acquit et forma de belles collections, dit Roux Alphérand, et possédait un véritable musée où l’on voyait des Rubens, Van Dick, Albert Durer, Philippe de Champaigne, Poussin, Teniers le jeune, Annibal Carrache, André del Sarto, etc.

Il possédait aussi des œuvres des sculpteurs Michel Ange, Puget, Coustou, Chastel, etc., et des meubles anciens et objets d’art nombreux (voir Porte, Aix ancien ei moderne ire édition, page 1 39).

De Fauris Saint-Vincent. — Jules-François-Pierre de Fauris Saint-Vincent naquit à Aix en 1718, le 21 juillet, et mourut le 2 5 octobre 1798. Il était fils d’Antoine de Fauris, seigneur de Saint-Vincent, conseiller à la Cour des Comptes, qui, en 1739, acquit l’hôtel de Raousset Boulbon sur le cours dont nous avons étudié la belle porte. Il suivit la carrière de la magistrature, fut nommé conseiller au parlement, puis président à Mortier. Magistrat intègre et éclairé, ce fut aussi un savant antiquaire et un raffiné de belles-lettres. En 1746, il fut nommé associé correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Il était en correspondance avec un grand nombre de savants nationaux et étrangers, digne émule, en cela du grand Peiresc. Il se plut à former un des plus intéressants cabinets de son temps. Ce fut surtout un collectionneur d’antiquités et de médailles comme Thomassin de Masaugues (le célèbre médailliste aixois), comme Lautier, prévôt de la cathédrale, collectionneur de pièces gravées, parmi lesquelles se trouvaient le fameux cachet de Michel Ange, comme Jacques Reboul, simple serrurier d’art qui possédait des médailles, des idoles et des inscriptions (on voit par cette dernière citation qu’à ces belles époques, les artisans d'Aix étaientaussi, souvent, de distinguéscollectionneurs). Notre Méjannes a recueilli une partie de ces collections qui passèrent d’abord par les mains de son fils Alexandre-Jules, né le 3 septembre 17&0 et mort le i5 novembre 1819, également homme de goût et d’esprit et qui fut aussi un remarquable magistrat. Jules-François sut se former, en l’espace d’une cinquantaine d’années, une bibliothèque de 10 à 12.000 volumes, parfaitement choisis, parmi lesquels se trouvaient plusieurs manuscrits anciens et de nombreux recueils de

Chartes. Cette précieuse bibliothèque, occupait plusieurs pièces de l’ancien hôtel de Raousset. Il avait une véritable pléiade d’amis fort érudits avec lesquelle il correspondait et à qui il soumettait ses trouvailles en fait d’antiquités et de médailles, les plus célèbres étaient les Barthélémy, oncle et neveu, Foucemagne, Burigni, Saint-Palag, Villeison, Sainte-Croix, Calvet d’Avignon, Nicolas d’Arles, Séguier de Nimes, Alexandre Récupero, auteur sicilien, Carali, le père Fabrici et les principaux antiquaires de Rome. Dans les derniers temps de sa vie ses yeux s’affaiblirent. Il eut recours à son fils, qui tint souvent pour lui la plume.

Les plus intéressantes furent une médaille verte par Barthélémy jusqu’à cette époque en cette matière) et vées dans le port de (sans barbe) et une ondes rappelant un Ovide « Vénus Madicomas ». Au point de reste de cette collection la Méjannes, ce sont la Provençaux illustres, M. de Saint-Vincent en cription des antiquités, sités de la ville d’Aix, tampes, dessins, plans, également à la bibliocurieux à feuilleter que dirait que, prévoyant clastes de la Révolucollectionneur avait en toute la région et à Aix,

J. -B. Vanloo - Portrait de Boyer de Fonscolombe, secrétaire de Choiseul, frère du grand collectionneur Aixois

(Coll, du Baron de Fonscolombe-la-Mole)

pièces de sa collection d’or phocéenne, découen 1778 (on croyait qu’il n’en existait pas deux statuettes trou- Marseille. Un Atlas Vénus sortant des tableau décrit par das exprimit imbre vue Aixois, ce qui nous de plus intéressant à suite de portraits de collectionnés par deux volumes, la desmonuments et curioenfin les cartons d’esetc. qui se trouvent thèque. Rien n’est plus cette collection. On les futurs excès iconotion, ce remarquable hâte fait prendre dans des croquis des plus

importants monuments; il employa à ce travail de jeunes artistes, alors peu connus et qui se faisaient payer très modestement. C’est ainsi que l’on trouva dans ces précieux cartons une série de dessins et d’aquarelles de deux artistes qui furent célèbres plus tard et universellement connus en Provence, j’ai nommé Constantin et Granet, tous deux nés dans la deuxième partie du XVIIIe siècle à Aix. De beaux dessins et tableaux de Constantin se trouvent encore à Aix chez le baron Philippe de Meyronnet-Saint-Marc, M. Edouard Ducros. M. le chanoine Ollivier, chez M. P. Arbaud, chez M. Mouravit, notaire, en son cabinet de la place des Prêcheurs et au musée. Ce consciencieux artiste eut un moment de grande vogue surtout pour ses sépias et ses dessins à l’encre de Chine. On les recherche moins aujourd’hui que ses rares aquarelles dont plusieurs, fort jolies, se trouvent dans la collection Saint-Vincent. Quant au peintre Granet, l’ami d’Auguste de Forbin et l’élève de David, il légua au musée d’Aix toute une série de ses œuvres. Nous ne nous étendrons pas, faute de place, sur ces deux artistes qui travaillèrent pourtant au XVIIIe siècle.

Le président de Saint-Vincent fit construire à Peiresc un tombeau par Chastel à l’église des Dominicains, où il avait été inhumé. Le monument, abattu pendant la Révolution fut relevé en 1802 par M. de Saint-Vincent fils, dans le chœur de Saint-Sauveur. Le tombeau est maintenant à l’église de la Madeleine. Le président de Saint-Vincent était si aimé du peuple qu’il ne fut pas trop incommodé par la crise révolutionnaire d’Aix. Empri-

sonné deux fois, il fut mis en liberté sur l’ordre de Barras et de Fréron, qui déclarèrent au comité révolutionnaire «qu’un homme tel que lui, occupé d’art et de sciences ne pouvait être dangereux pour la chose publique1 ».

Boyer de Fonscolombe. — Nous allons terminer ce dernier chapitre, par l’étude des collections et la biographie succinte du plus grand curieux Aixois du XVIIIe siècle et, chose bizarre, un des moins connus de ses concitoyens. Mon éminent ami M. E. Aude l’a à peu près passé sous silence dans ses brillantes conférences de l’an dernier et pourtant il s'agit d’une collection qui, à l’heure actuelle, vaudrait plus d’un million et dont la vente fut sensationnelle à l’époque.

Jean-Baptiste-Laurent Boyer, seigneur de Fonscolombe 2 naquit en 1718. Il était fils d’une riche famille de robe dont les origines remontent au XVIe siècle. Son frère, Joseph Roch, né en 1770, mort en 1797, fut le secrétaire et devint l’ami de Choiseul. Il fut employé par lui à Varsovie, Turin, Rome et Vienne. Chargé d’une mission en Italie, il en rapporta de beaux tableaux et objets d’art dont il orna l’hôtel familial d’Aix (actuellement hôtel de Saporta, rue Gaston de Saporta) et le château de Fonscolombe. On a vu dans un précédent chapitre qu’il y envoya de Gênes les superbes cuirs qui ornent le grand salon Louis XVI. J. -Baptiste Laurent aima passionnément les tableaux et les objets d’art. Ce fut un Mécène et un collectionneur digne de Boyer d’Eguilles, son homonyme du XVIIe siècle, dont évidemment le souvenir le hanta. Il aida de ses deniers de nombreux artistes et réunit peu à peu, sur leurs judicieux avis et conseils cette admirable collection de tableaux dont j’ai le catalogue sous les yeux en écrivant cette page. Il a été, en effet, retrouvé à la bibliothèque nationale, où il fut déposé, par un des derniers descendants de ce magistrat, le baron Fernand de Fonscolombe, un vieil ami de ma famille. Il put le faire copier et m’a fort aimablement confié ce document du plus extrême intérêt. Nous l’examinerons plus loin en détail. De nombreux graveurs travaillèrent pour lui et de belles estampes lui furent dédiées et portent ses armoiries. Elles sont extrêmement recherchées de nos jours, particulièrement celle qui reproduit une des plus belles pièces de sa collection: La soirée des Thuileries (sic) d’après une gouache de Baudoin. Je possède une très belle épreuve de cette estampe qui sera reproduite. Voici le détail complet de la lettre qu’elle porte. La soirée des Thuilereis , dédiée à Monsieur Boyer de Fonscolombe, gravée d’après le tableau tiré de son cabinet par son très humble et très obéissant serviteur, Bassan Baudoin, peintre, Simonet, sculpteur ; se vend à Paris che\ Bassan et Poignant, marchands d’estampes , rue et hôtel Serpente. Deux autres gravures lui furent dédiées d’après deux tableaux de Greuze, Le donneur de Sérénade et la Garesseuse, deux épreuves de ces planches se trouvent à Aix, chez le baron Henri de Fonscolombe3. Jean-Baptiste-Laurent Boyer épousa, le 4 février 1744, Jeanne d’Albert, fille de Michel d’Albert (des d’Albert, ducs de Luynes et de Chevreuse) dont il n’eut qu’un fils. Ses descendants actuels en Provence, sont le marquis de Saporta, le baron Emmanuel de Fonscolombe, membre du service d’honneur de Monseigneur le duc d’Orléans, le baron Henri de Fonscolombe et le baron Philippe de Meyronnet-St-Marc ; ce fut à ce célèbre collectionneur que l’on doit les embellissements lapidaires, signalés au précédent chapitre, du beau parc du château de Fonscolombe, où Chastel travailla longuement pour

1 Voici encore deux noms de grands collectionneurs Aixois du XVIIIe siècle à retenir. Rippert de

Monclar dont le bel hôtel existe encore, rue Roux- Alphérand et les de Lestang-Parade, qui accumulèrent dans leur remarquable demeure des tableaux et des objets d’Art de tout premier ordre. Enfin nous ne devons pas oublier le célèbre Valbelle, le Mécène de Chastel pour lequel il œuvra tout un peuple de

statues.

2 Son frère J. B., né en 1719, mort en 1 883 , fut capitaine et membre de l’académie de peinture et sculpture de Marseille. Il exécuta de ravissantes miniatures.

3 M. Le baron F. de Fonscolombe en possède plusieurs autres. Il y eut au moins huit gravures dédiées à ce collectionneur. Elles doivent se trouver actuellement en Angleterre.

LES ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET d’aRT DÉCORATIF

lui. Effrayé par les menaces révolutionnaires, Boyer de Fonscolombe, qui avait l’intention d’émigrer, se décida (on comprend avec quelle peine) à se séparer de son admirable collection. Elle fut vendue le 18 janvier 1790, sauf certaines pièces capitales d’ameublements et tableaux, qu’il se réserva ou racheta à la vente. De ce nombre, il faut signaler la célèbre Sainte-Famille, de Puget, qu’il avait dénichée dans l’oratoire d’une chapelle de marchands drapiers (ce tableau appartient actuellement au marquis de Saporta), le beau Vanloo, représentant en pied l’ambassadeur (actuellement au château de la Mole, Var). La console de Toro, appartenant au baron Henri de Fonscolombe et le bahut de laque de Chine, dont héritèrent les Meyronnet St-Marc.

Nous allons maintenant consacrer ce qui nous reste de place au remarquable catalogue dont nous avons parlé plus haut. J’en copie textuellement l’exposé dans l’exemplaire que m’a fort aimablement prêté le baron Fernand de Fonscolombe.

Catalogue d’une collection de tableaux d'Italie, de Flandre, de Hollande et de France.

Dessins en feuilles des trois écoles , gouache , miniatures , recueils d'estampes , dont les œuvres de Salrator-Rosa, de Poilly, V andermeulen ,Diétrich , Wille, Chodowiechi, Bernard, Derode, de Berlin; le cabinet du roi , superbes épreuves, etc. et d’autres belles estampes rares en feuilles Terres cuites, figures en bas-relief en marbre et bron\e, pierres antiques, gravées en relief et en creux montés en bagues , émaux du célébré Petitot ; coupes de porphyre, d’agate; boites d'or et de jaspe, bijoux, meubles et autres objets curieux formant le cabinet Boyer de Fonscolombe , d’Aix en Provence. Par Al. Le Brun , garde des tableaux de Monseigneur comte d'Artois et de Monseigneur le duc d’Orléans.

On fera la vente le lundi 18 janvier 17 go et jours suivants , rue Cléry, n° gô, où l'on verra l’exposition les trois jours qui précéderont depuis dix heures jusqu’à une heure précise. Prix : une livre quatre sol au profit des pauvres. Ce catalogue se distribue à Paris che^ AI. le Brun , rue du Gros Cherset, n° 47 .

Avertissement. — Le cabinet de AI. J. -B. Laurent de Boyer, seigneur de Fonscolombe, baron de la Alole, amateur distingué de la ville d’Aix en Provence, avait acquis une célébrité méritée dans différents pays étrangers, par la liaison que celui qui le possédait y avait contractée avec plusieurs artistes qui s'empressaient de lui indiquer tout ce qui était propre à enrichir sa collection. MAI. Robert l, Vallée Poussin et Bigelin et autres peintres, dont AI. de Fonscolombe avait cultivé la connaissance et l’amitié , l’éclairaient sur son choix, le guidaient dans sa marche et assuraient l’agrément de sa jouissance. On trouvera dans le nombre des objets soumis à l’examen des curieux lors de l’exposition des tableaux des trois écoles, parmi lesquels on en distingue de J. P. Panini, Ph. Wouvermans, Berchem, Van Goyen, J. Steen, Claude le Lorrain, Vernet , Greu\e et Robert ; des dessins, des gouaches, des estampe, dans les nombre desquelles on remarque le cabinet du roi, superbe épreuve, l’œuvre de Wille , de Chodowecki, de Salvator et autres , des terres cuites, des marbres, des bron\es, des pierres gravées (relief et creux ) plusieurs morceaux d'antiquités, des coupes, etc.

On voit, par cet exposé, l’importance de cette admirable collection, elle contenait 583 numéros, dont plusieurs contenaient plusieurs objets. Nous ne pourrons, faute de place, que parler de quelques-uns. Signalons dans l’école française, tableaux, les noms de Poussin (68), deux toiles ; Mignard (71), quatre portraits (Mmes de Fontange, de la Vallière, de Montespan, de Maintenon) ; Pierre Puget, Ste-Famille, aux Saporta (73); Watteau, (7S) deux toiles; Lancret, (76) Escarpolette; J. -B. Vanloo, (77) Pirame et Thisbé ; Carie Vanloo (78 et 79), portrait en pied de la feue reine, dont le grand est à Versailles, on connait le mérite de cette production, Erigone ; Ch. Natoire, (81) Jupiter et Léda, du meilleur faire

1 Le célèbre peintre Hubert Robert.

LES ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET d’aRT DÉCORATIF

de ce maître; François Boucher, (82) Vierge, (83) l’Ane bâté, conte de La Fontaine; Dandré-Bardon, (84) Tragédie au clair de lune, expression étonnante, (85) Alexandre tranchant le nœud gordien; J. Vernet, (go et 91) Marines; H. Robert, (92) Rome incendiée, (g3) Ruine, (94) Catacombe, (99) la Grotte et les Bains d’Apollon, (100) la Galerie du pape Jules à Rome, grenier à foin; Greuze, (101 et 102), 2 tableaux, la Paresseuse et Napolitaine jouant de la guitare, ce sont les originaux qui furent gravés par Moitte, exécutés à Rome en 1750 et pourront être regardés comme deux des plus belles productions de ce maître (deux spécimens de ces gravures sont à Aix, chez le baron H. de Fonscolombe). Louterbourg, (102) Pâtre au repos; F’ragonard, deux tableaux, une jeune fille sur son lit jouant avec un amour, une jeune fille se balançant sur les rideaux de son lit; (io5) La Croix; deux toiles, ports de mer. On voit que les maîtres actuellement les plus à la mode du XVIIIe siècle étaient admirablement représentés dans cette collection.

Dessins. — Nous signalerons aux dessins, (143) un dessin capital de Pierre de Cortone ; (144) 3o dessins italiens, De Guerdroin, J. Pin, Salvator Rosa, Primatice, Pietri de Cortone, Le Guido, J. Romain ; (i52) 16 dessins de l’histoire de Renaud et d’Armide de Fontebose à la plume sur papier bleu imitant l’estampe, en un volume; ( 1 53) la toilette de Vénus, Boucher1; (154) 5 Pannini, dont 3 en couleurs; ( 1 5g) 11 dessins de Pierre Natoire, André Bardon, Lafage, Parocel, Nattier, Rigaud et Greuze ; (167) 26 dessins par Gravelot, Cochin, Eisen, originaux d’illustrations de livres; (172) 10 dessin, Dandré-Bardon, Vanloo, Le Brun, Natoire, etc.; (175) 11 dessins, Vanloo-Oudry, etc.; (176) 11 dessins, Vanloo, Desahys, Gillot, etc.; (179) 19 dessins Van der Meulen, Lafage, Grégoire, üstade, Vanloo, Coypel, Giblin, etc.; (174) i3 dessins, Casanova, Leprince, Pillement, Vanloo, etc.; (177) 11 tètes d’animaux, Boucher, Huet, Bouchardon, Greuze, etc.; (178) 4 dessins par Louterbourg, Perignon, Norbloin et F’ragonard ; (180) 3 dessins de Charles Natoire, précieusement terminés et du plus beau faire de l’artiste; (181) 20 dessins de H. Robert, Lagrénée jeune, Bouchardon, Fragonard, Corneille, etc.; (187) 2 dessins Vanloo, esquisse de St-Charles Borromée, et Vierge; (189) La première pensée de l’accordée de village, par M. Greuze, dessinée à l’encre de Chine et au bistre, très beau dessin capital; (190) 4 dessins, Le verrou, Fragonard, Femme de l’Epicier, Huet et Lagrenée, ces 4 dessins sont très précieux; (192) 5 dessins, Baudoin, Lagrenée, Fragonard; (196) 25 dessins, Vanloo-Jouvencet, Boucher, Poilly, C. Lorrain; (197) 10 dessins, vues d’Italie à la sanguine, papier blanc, H. Robert; (198) i5 autres vues de M. Robert, exécutées de cette touche spirituelle qui distingue les productions de ce charmant artiste.

Gouaches et aquarelles. — Nous signalerons (204) une gouache par M. Baudoin, représentant l’intérieur d’un jardin, où l’on voit un homme assis sur un banc, et près de lui une femme qui se lève en remettant son gant, cette composition, vue au clair de lune, est d’un effet agréable et d’une touche facile, hauteur 1 1 pouces, largeur 8 l/i pouces (c’est la célèbre soirée aux Tuileries, dont nous avons parlé); (io5) François Boucher, 3 gouaches, femmes couchées ; (206) du même, 3 gouaches, Pastorale, Baigneuse et Tête ; (207) du même, 3 gouaches, Naïades et Femmes couchées; (208) du même, 6 gouaches sur papier bleu et blanc; (209) 2 gouaches de Lagrenée jeune; (210) 2 dessins en couleur de H. Robert, Ruines; 24 autres dessins et aquarelles ; (212) 2 dessins de 1760, Ruines d'Italie ; (2 1 3) 2 dessins ; (2 14) 2 dessins en couleur ; (21 5) 10 dessins en couleur ; (225) neuf dessins en couleur, par Baudoin; (226) 3 dessins capitaux coloriés, Frudenberg et Boissieux, Fermes suisses.

Aux miniatures. — (238) 37 miniatures, H. Robert, Vernet, Lanterbourg, Wouvermans, Lacroix (reliées en volume de velours cramoisi).

1 J’en possède une gravure, fort belle épreuve en couleur.

LES ÉCOLES D’ARCHITECTURE ET d’aRT DÉCORATIF

Aux estampes (volumes). — (240) œuvres de Salvator Rosa ; (241) l’œuvre de Poilly ; (224) pièces dont plusieurs très rares avant toutes armes et lettre ; (249) 1 volume avec 36 estampes de Schmidt (anglais), i3 de Warotter et 86 de Gesner, rares et belles épreuves; (2 5o) œuvre de Watelet, io5 pièces; (25 1) le Cabinet du Roi, 25 volumes; (261) 1 volume de 21 estampes d’après Hogarth, 6 du Mariage à la mode, 8 du Débauché, 6 de Charlotte, etc. ; (262) 36 estampes de Vernet, dont les 14 ports de mer, 1 volume.

Estampes en feuilles. — Nous signalerons parmi les nombreux numéros (278) 9 estampes modernes, dont le Quos Ego, le Jardin d’Amour, le Triomphe du Silence, par de Launay, etc. ; (281) 6 estampes d’après Antoine Van Dyck, dont le Couronnement d'Epines, contre épreuve ; (285 la Sainte Geneviève, P. Balechou, 1 épreuve avant les rayes et au revers, sur la même feuille, le Calme de Balechou, d’après Vernet ; (288) 8 estampes d’après Greuze, dont le Silence, avant toute lettre ; 4 estampes d’après Greuze, dont l’Accordée de village, à l’eau forte; (291) 10 estampes d’après Baudoin, C. Vanloo, etc.; (192) 72 estampes par Callot, Marc Antoine, Mellan, etc.; (293) 4 estampes par Audran, d’après Coypel ; (294) 4 estampes, les Causeurs du Guido, (Beauvarlet), la Marchande d’Amours (avant toute lettre); (295) 3 estampes de Porporati, d’après C. Vanloo, J. Vanloo et Van der Werf ; (3oo) 5 estampes par Fessard ; (3oi) 6 estampes à la manière noire, dont 4 d’après Van der Werf et Reynolds, le Marquis Gramby ; (3o3) 14 estampes à la manière noire, dont une par Smith, d’après Jordain, et une par Richard Carlom ; (304) 6 estampes de Bartholozzi, dont la Clithie.

Aux terres cuites. — (3o6) Clodion, bas-relief en terre cuite, Satyre et Bacchantes faisant jouer deux enfants et deux jeunes filles sacrifiant au Dieu des jardins; (3 1 2) Clodion, bas-relief, 4 figures, sacrifice à l’Amour. Nous signalerons enfin 21 bronzes, 1 2 3 pierres gravées ; (579) 1 lustre de Boule, 8 branches ; (56o) un feu doré d’or moulé avec pelle, pincettes et tenaille.

Aux dessins (supplément). — - (545) 1 dessin aux 3 crayons, Bouquetière, Boucher ; (5q6 et 547) 3 dessins en couleur, Huet; (538 et 55 1) 6 dessins, intérieurs et ruines, H. Robert ; (55o) 1 dessin au bistre, Le Prince ; (544) Intérieur de boudoir où l'on voit une femme sur un sopha regardant jouer un singe.

Dessins en couleur (M. Lavrince). — (526) Rembrandt, dessin au bistre, philosophe à sa table, superbe ; (535) S. Bourbon, dessin ou figures rehaussé d’or; (536) Bouchardon, sanguine, la Cène, remarquable; 5 émaux de Petitot, dont (461) portrait de Louis XIV, rare et précieux, du plus beau faire du maître; (462) portrait d’Anne d’Autriche ; (572) portrait de la duchesse de la Valliére, superbe émail, 2 des plus parfaits connus de ce maître ; [b'jZ) Louis XIV jeune, en buste, des plus beaux connus sur boite écaille noire, cerclée d’or ; (574) portrait de Meriglay, célèbre amateur dont le cabinet a passé chez M. le duc d’Orléans, du plus beau faire de Petitot.

Tableaux supplémentaires. — 1 portrait de femme, par Fauchier ; (485) Rembrandt, paysage ; (488) Ruysdael, paysage d’hiver; (5o5) Loutenbourg, paysage ; (5o 6) Claude Lorrain, un paysage frais, du plus beau faire du maître; (5o 7) Jacques Stella, Claudine Bousonet, Sainte-Famille1; (5io) Lancret, pastorale (ronde) ; (5 1 1) J.-B. Vanloo, Diane et ses nymphes, du plus beau faire de ce maître, vient de la vente Louis-Michel Vanloo, où il fut vendu i65o livres.

Nous aurions voulu, si nous en avions eu la place, citer en entier ce catalogue, précieux document du XVIIIe siècle. Les Goncourt, s’ils l'avaient connu, en auraient fait leurs délices. Les plus beaux noms des artistes du XVIIIe siècle y figurent triomphalement. — Et de tout cela qui fut à Aix, il ne reste plus rien !

1 J’en possède la reproduction sur onyx.

Page 1