‹ Les écoles de Chartres au moyen-âgeChapitre 25 sur 107 · Tome XL M · texte numérisé non relu

Tome XL M

Polycratique 1155., et dans son Métaloglqiie {iib9), il le présente comme le maître de Guillaume de Gonches et de Richard l'Évêque, qu'il entendit lui-même à Paris, de 1139 à 1141. Or ceux-ci, en particulier Guillaume de Couches, commencèrent dtenseigner peu après 1120, et par conséquent suivirent les cours de Bernard avant cette époque. Jean de Salishury insinue clairement qu'il ne l'avait pas vu lui-même et qu'il avait appris ce qu'il en savait de ces deux êcolàtres : ad hiijus magistri formam praeceptores niei^... Il le représente dans un passé déjà lointain : sequehatur hune morem Bernardus CciDiotensis..., remplacé par des sectateurs et des imitateurs: iniitans Bernardiim Carnotensern '-...: il va plus loin, il indique que c'était déjà un vieillard, quand, vers 1120, il enseignait Guillaume de Couches et Richard l'Évêque, et il l'appelle : le vieillard chartrain, senex Carnotensis. Tout concourt donc à fixer la vie et la mort de Bernard de Chartres, avant 1130.

Ce point établi, on ne peut plus lui attribuer les œuvres de Bernard Sllvestris, et on doit se borner à celles que lui impute Jean de Salishury. Ces œuvres, dont nous commenterons l'objet plus tard, sont au nombre de trois. Bernard composa un traité en prose intitulé: De expositione Porphyni^ où il exposa, en parfait platonicien, son opinion sur la Matière et sur l'Idée, éternelle sans être coéternelle à Dieu. Il paraît avoir rédigé encore un autre traité, mais cette fois en vers, sur le même sujet. Jean de Salishury nous en a conservé deux fragments : dans le premier, dit-il, on trouve toute sa doctrine sur la nature de l'être. Le voici :

y<)n dico l'fise quod est, r/emind quod parte coactum Mater iae formam continet implicitam.

Sed dico ease quod est, unû quod constat earum: Hoc vocat Idœam, illud Achœus Hylen^.

Le second fragment roule sur l'éternité de l'Idée et la caducité de ce qui est temporel dans les choses :

Principium cui sola fuit divina voluntas, Aelas non franqit demoliturque vetustas.

Dùisolvit tempus quidquid producit ad esse,

• Melalog., h -ii.

-• Id., II, 17.

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