‹ Les écoles de Chartres au moyen-âgeChapitre 27 sur 107 · Tome XI. M · texte numérisé non relu

Tome XI. M

comme inutile et méprisable '. Doyen du Chapitre, de 1156 à 1165, il paraît plusieurs fois dans les chartes. Le Nécrologe de Saint-Jean-en-Vallée lui consacre un obit élogieux. «Le 18 des i^alendes de septembre, mourut... Ive, doyen de l'église de Chartres, homme d'une grande science et honnêteté, qui aima toute sa vie cette église et le prouva en lui laissant 36 volumes. »

Citons, pour terminer, les autres clercs chartrains moins renommés qui portèrent le titre de maîtres. On compte parmi eux magister Garinus de Pruno'u signalé dans le Cartulaire de Beaulieu, vers 1140 (p. l!22), dans le Cartulaire de Saint- Père, de 1142 à 1150 et en 1169 (p. 619), et dans le Cartulaire de Notre-Dame :l , 180). Le Cartulaire de Josaphat iai03f^ll^"j nous donne aussi magister Wilhelmus de Modalibus , en 1144, magister Rohertus Parvus, en 1147. Le Cartulaire de Marmoutiers pour le Dunois nomme mar/ister Rainardus en 1122-.

Mentionnons spécialement magister Odo et magister Paganus Belotinus. Le premier apparaît en 1154 dans les Rouleaux des Morts^; il lit une pièce de vers latins, intitulée Versus magistri Odonis , en l'honneur de Robert, abbé de Saint- Aubin. Ces vers, qui nous ont été conservés, n'ont pas grande valeur. Cet Odo est peut-être le même que le lévite et prévôt de ce nom, mort le 26 juillet, qui donna 15 livres pour l'œuvre des tours et un anneau avec émeraude pour la sainte châsse.

Paypn Belotin* mérite une plus grande attention, car il a eu l'honneur d'un article spécial dans le tome XI de l'Histoire littéraire. Distinct de l'archidiacre Payen, Paganus, qui, en 1114, remit l'église de Hanches à saint Ive, il apparaît en qualité de diacre en 1136 et 1142, dans la charte de Josaphat où se voit Thierry ^ Il est encore signalé, en 1136 et 1141, avec ses deux noms en 115i, et versla même époque avec le double i'itve de presby ter et notarius episcopi , enlin en 1160 avec le simple titre de magister. Il avait un frère, Herhertus Belotinus. qui signe souvent dans les chartes de ce temps, et mérita d'être inséré au Nécrologe.

Payen Belotin a composé un pamphlet en vers latins dont Orderic Vital parle avec éloge*. « Un chanoine de Cliartres,

' P. L., t. -205, col. 164.

- Charte 175.

^ Rouleaux des Morts , p. 365.

* V. ï" '2. Pour les autres dates, voir le Cavt. de S. Jean, t. 1, milieu du vol., et des Vaux de Cernay, t. I, p. 12. le Gallia christiana, t. VIII.

' Onl. Vital. I\ L.. I. 188, col. 636.

dit-il, a composé récemment, nuper edidit, un beau poème adonique, où il dévoile amplement les hypocrisies, les subtilités, les superstitions des moines. » UHistoire littéraire s'est scandalisée de cette attaque, et elle a prêté à son auteur des intentions malveillantes. Que sont en effet ces religieux, nés, dit-elle, depuis douze ans et régnant surtout à Cliartres? C'étaient sans doute les religieux de Saint-André, de Saint-Jean, de Saint-Martin, et même de Josaphat, tous nouvellement établis ou réformés ^ . C'étaient peut-être aussi quelques disciples du moine Beginaldus, chef des Cornificiens, qui s'étaient glissés parmi eux et faisaient la guerre aux études chartraines.

Joignons à ces maîtres les noms de trois scrvptores, Alcherius (après 1134), Fulcherius et Aynalricus. Alcherius était sans doute neveu du chancelier Robert, du moins une charte de 1069 est signée: Alcherius cancellarii- . Les scriptores n'étaient pas des maîtres, mais des copistes, et, par suite, des fournisseurs de la Bibliothèque.

Nommons enfin Fulcaudus ^ que l'on appelle tantôt le clerc du chantre, tantôt organiste, et nous aurons épuisé la longue liste des chanceliers, écolâtreset maîtres de l'école de Chartres, dans la première moitié du XII® siècle.

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