Tome XI. M
Les écoles chartraines du XIL- siècle et de saint ïve étaient donc, comme celles du XP siècle et de Fulbert, recherchées par les étudiants de tous les pays. C'est là un fait d'autant plus digne de remarque que d'autres villes, et surtout Paris, possédaient aussi des écoles très florissantes.
Section IV. — Les élèves originaires de Chartres. — Restent les élèves originaires du diocèse et de l'Église de Chartres. Ils formaient évidemment la majorité de la population scolaire.
Du temps de saint Ive et dans la première moitié du XII« siècle, les membres du Chapitre, élevés sous les maîtres que nous avons nommés, jouissaient d'une culture supérieure. Nous ne citerons cependant que ceux auxquels les documents accordent une mention particulière.
En premier lieu, il faut mettre le doyen A rnaud, son frère et ses deux neveux. Arnaud était de la famille de la Ferté du Puiset. Doyen de 1087 ou 1090 à 1120, il eut l'audace de résister à saint Ive, en refusant d'accepter le sous-doyen Foulques, que l'évèque avait nommé sans l'agrément du Chapitre. L'afïaire fut portée au roi et à Tarchevéque de Sens. Nous avons encore une lettre d'Arnaud, de son neveu le prévôt Hugues, et du chantre Hilduin, par laquelle ils prient l'évèque du Mans, Hildebert, de venir plaider leur cause à Étampes, devant l'archevêque de Sens. Arnaud fut condamné, se démit du décanat, s'enfuit à Cluny, puis à Vendôme, et enfin revint à sa dignité de doyen qu'il exerça jusqu'à son entrée en religion, vers 1120 '. C'était un esprit aussi cultivé qu'entreprenant. Nous avons encore de lui plusieurs lettres à sa famille. Il avait un petit frère, nommé Jacques, un neveu plus âgé, nommé Hugues, et un autre neveu plus jeune, appelé Denys. Il écrivit d'abord à Jacques, lui disant de venir près de lui pour étudier : discendi causa renias ad me ; puis il sollicita des chanoines l'autorisation de le recevoir dans les écoles -. Jacques le rejoignit ; les deux frères écrivaient tantôt tous les deux ensemble à leur mère, tantôt isolément. Ils lui demandaient de l'argent, du parchemin, de la craie, des bottes, des fourrures ; ils lui envoyaient des chansonnettes en vers -^ Mais bientôt leur joie se changea en tristesse.
' Lettres d'Ive de Chartres, Bibl. de lEcule des Charles, 1855, l^ s., t. I. * Lettres IX et XV.
3 Lettres IX, X. \I.
Arnaud s'en aJla au loin, jusqu'à Palerne ; Jacques quitta les écoles et courut au Mans, où il continua ses études sous la conduite de l'écolâtre Gui. De Palerne, Arnaud écrivit à Geofîroi, doyen du Mans, pour lui recommander son frère, car il est habile, disait-il. dans les lettres : ipse enim multum valet in litteris. Lorsque le doyen fut de retour, Jacques ne tarda pas à revenir lui-même, et il retrouva deux de ses anciens amis, Daniel et Pierre. Daniel lui adressa une poésie pleine de souvenirs mythologiques ; l'autre mourut bientôt, et Daniel disait dans son épitaphe :
Petrum petra teglt qui multa viriliter egit Hector in officio, Tullius eloqido ^.
Arnaud avait aussi appelé aux écoles ses deux neveux , Hugues et Denys. Celui-ci écrivit au doyen pour le remercier des bienfaits dont il comblait son père et son frère Hugues. H avertissait aussi sa mère qu'il était résolu à rester aux écoles de Chartres. Nous l'avons déjà vu en relations avec un professeur d'Orléans qui le priait de lui renvoyer ses livres ; nous le voyons encore en correspondance avec un abbé R., qu'il remerciait de sa bienveillance pour ses parents, et avec l'écolâtre du Mans, Gui. Sans doute après le départ d'Arnaud, il avait suivi Jacques, son oncle, près de ce maître fameux. Ainsi le doyen Arnaud avait groupé autour de lui un certain nombre de jeunes étudiants, de ses parents ou de ses amis. Pour lui, il se fit moine, sans doute à Saint-Père, vers 1120, non sans avoir laissé au Chapitre et à l'Hôtel-Dieu de riches présents -. Nous ne savons ce que devinrent Denys et Daniel ; le premier se proposait aussi d'entrer en religion, ill'a peut-être fait. Hugues, après avoir été prévôt jusqu'en 1125 environ, devint archevêque de Tours, en 1133. Son nom se retrouve souvent dans nos chartes ; il y a de lui une lettre à Guillaume, abbé de Tiron ; il était au concile de Chartres, oîi saint Bernard prit la parole, au sujet de l'insuccès de la seconde croisade, en 1150. C'est sans doute en souvenir de sa jeunesse qu'au commencement de son pontificat, il établit une école à Chinon, comme il paraît par sa lettre au chefcier et aux chanoines de cette ville \
^ Lettres d'Ive de Chartres^ XII.
- Cai't. de N.-D., III, 206. — Voir les Lettres d'Ive de Chartres, passim, et le Cart. de N.-D., I, 100, 103, lU, 115, 117, 118.
3 Cart. S. Père, 406, 512, 4l3, 326, 365. — Cart. de Marmoutier p. le Dunois , ch. 170, 175, etc.
Vers le même temps, brillaient dans les écoles de Chartres, Samson de Maiivoisin* , successeur d" Arnaud dans le décanat, Tarcliidiacre Robert, chapelain de Tévèque Geoffroi , le traducteur anonyme deïi quatre livres des Rois en vers latins, Haimeric, et les autres écoliers, dont les vers furent insérés dans différents Rouleaux des morts, enfin l'auteur de la légende de saint Aignan.
Samson de Mauvoisin (7 1161 ), issu dune famille noble du Vexin, étudia sous Ive, dit le Gallia christiana ',sous Gilbert de la Porrée, dit Génébrard, probablement sous l'un et l'autre. Doyen du Chapitre, il en exerça les fonctions avec raideur; les pauvres se plaignirent de sa dureté à Louis le Gros et à Suger, quand ces personnages passèrent par Chartres en allant à Toury. Archevêque de Reims en 1140, il se montra plus clément. Un jour on amena en sa présence et devant Michel, archevêque de Ptouen, un grand criminel, (c Au nom du Père crevez-lui l'œil, dit le prélat. — Il ne mourra point, reprit Samson, puisqu'il a comparu en ma présence -. » 11 fut mêlé à toutes les discussions de son temps, et assista à plusieurs conciles, entre autres à celui de Soissons, où il fut convoqué expressément par Suger. et à celui de Sens, réuni contre Abélard, concile qu'il présida lui-même, et dont il rendit compte au Pape-^
Ami de saint Bernard qu'il avait vu plusieurs fois, il pria Philippe de Liège de lui raconter les miracles opérés par le saint abbé sur les bords du Rhin, à l'occasion de la prédication de la Croisade. Philippe de Liège réunit les trois livres déjà composés en partie par lui sur ce sujet, et les envoya à larchevêque de Reims : « Vous m'avez demandé, lui disait-il, d'écrire ce que je sais des miracles de celui qui fut mon père et votre ami : voici mon travail. ' » Mais Samson fut surtout l'inspirateur du fameux Pierre de Riga, grand-chantre de Reims, qui lui dédia son poème Floridus aspeclus. a Vous voulez, lui écrivait-il dans sa dédicace, que je réunisse en un volume toutes mes anciennes poésies, et que je les communique à votre piété. » Puis il entonnait son éloge dans une pièce de
< Gallia christ., t. IX, p. 81.
- Notice sur le man. 3203 de la Bibl. uat., dans les Notices et extraits desman., XXXI, 2» p. 271.
3 Hist. lin.. XII, 99.
4 Revue des Quesl. hist., avril 1888, p. 305. —P.L., l. 185, col. 370-410.
30 vers, que M. Plauréau a publiée sous ce titre : De lande ejusdem. (( Prends ta plume, ma main, s'écriait-il en commençant, pour peindre les triomphes de Samson.... fais-lui un bouquet de ces fleurs
Tange, manus, calamîim, Samsonis pinge trmnphos, De cujiis titulis galUca vernat humus.
Fasciculos siln fac aliquos de floribus istis ; Ex Jus connecti sarclna magna potest '.
Cet archevêque était donc un bon humaniste ; malheureusement nous n'avons conservé de lui que trois lettres à Suger, quatre aux papes Innocent II et Lucius II, et quelques chartes. Seule, sa lettre au Pape après la condamnation d'Abélard, au concile de Sens, en 1140. présente un intérêt littéraire et philosophique.
Geofîroi de Chartres et son archidiacre Robert suggérèrent à un autre poète la pensée de versifier les Macchabées et les Quatre Livres des Rois. Le prologue de cette dernière traduction poétique débute ainsi : (( Grand pontife, porte-étendard de la cour romaine, gloire et père de la cité chartraine. je vous salue. Je vous adresse ce travail commencé sous votre inspiration et achevé en dix mois. C'est vous, je m'en souviens, qui me l'avez imposé, quand je vous ai offert les premiers vers du livre des Macchabées. Vous m'avez commandé de versifier les antiques histoires , et de mettre de grands faits dans de petits vers. L'archidiacre Robert est aussi la cause de ce travail, lui qui m'a aidé par ses avis à le composer... Confiant en vos ordres plutôt qu'en mon talent, j'ai mis la main aux gestes des Rois d'Israël, je raconte les actes de ces héros dans mes distiques, suivant une méthode différente de celle des grands poètes, qui jadis mêlèrent la fable à la vérité-. »
Ce poète vivait à Chartres du temps que Geoflfroi était légat; or Geoffroifut légat jusqu'en 1145, et larchidiacre Robert se voit dans les chartes de 1140 à 1148 ^ C'est de 1140 à 1145 environ qu'il faut placer cette traduction. Elle n'est donc pas, soit de Pierre de Riga, soit de Mathieu de Vendôme. Sans doute l'un versifia semblablement les Livres historiques, et l'autre VHistoire de Tobie, mais ni l'un ni l'autre n'était
' Mélanges poétiques d'HiUlebert de Lavardin, par Hauréau, 1882, p. 234.
- Bibl. nat. fonds lat., n» U758, f^ 91-112.
^ Cart. de iV.-D., I, 152. — Cart. de Beaulieu, p. 122. — Cart. deJosaphat, Bibl. nat., fo 76, en 1147, au Concile d'Etampes.
chartrain; tous deux fleurirent longtemps après 1140. Mathieu brillait à Tours après 1174; Pierre commençait d'écrire peu avant 1161, et mourut en 1209.
• Nous avons perdu la traduction des Macchabées, mais celle des Rois se lit dans le ms. 14758 de la Bibliothèque nationale, admirablement écrite sur deux colonnes avec des initiales coloriées à tous les seize vers environ. Elle vient à la suite des poèmes de Sedulius, d'Arator et de Juvencus.
Cette manie poétique, qui avait déjà entraîné Bernard de Chartres, Payen Belotin, maître Odon, à versifier, s'empara de plusieurs chanoines encore. Nous avons déjà parlé d'Arnaud et de Jacques, qui adressaient à leur mère une épître en vers, de Daniel, qui en écrivit une semblable à son ami Jacques, de Hugues, abbé de Saint- Jean. Les Rouleaux des Morts nous apportent les vers d'un certain Haimeric pour Ebles de Turenne, abbé de Saint-Martin de Tulle, décédé en 1152 ' . Ils nous donnent encore ceux que les écoliers, d'une part, et les chanoines, de l'autre, composèrent à l'honneur de saint Bruno. Les premiers sont intitulés: Versus scholares ; les seconds: T'itulus eccJesiœ Sanctœ Mariœ Carnotensis. Saint Bruno étant mort en 1106, ils furent écrits peu d'années après, sous saint Ive-.
Pour terminer cette liste d'écoliers originaires de Chartres, nommons ceux qui composèrent des Histoires ou des Légendes. Le premier qui se présente à nous, est le fameux Foucher de Chartres* , historien de la première croisade. Cet auteur se donne toujours lui-même le titre de chartrain; Guibert de Nogent l'appelle expressément : preshyterum Carnotensem '. Il fut donc un élève de nos écoles. Né en 1059, il suivit les maîtres qui précédèrent saint Ive, mais on ne le rencontre jamais dans les documents. Il y eut cependant plusieurs Foucher, comme Foucher, abbé de Saint-Père, et Foucher de Mongerville, mais ils doivent être distingués de Foucher de Chartres, comme l'a fait V Histoire littéraire ^ Il en est d'autres moins connus, mais l'historien ne peut s'identifier certainement
' Rouleaux des Mnrfs, Léopold Drlislc, 1866. p. 36:2. Est-ce VHaimencus prepnsitus, de IIK). Cart. de N.-D., 1. 118. ou le fils d'Héribraïui qui donna un vitrail vers 1175. Cart. de N.-D., Ill, 38, 48. Cart. S. Père, 222-^24.
- Rouleaux... p. 157.
3 (juiii. de Nog. Gesta Dri per Fraucos. I. 8, e. 9. P. L., t. 156, coi. 82L
* Hist. lift., XI, i7-55.
avec aucun d'entre eux. Il se rendit en 1095, au concile de Clernriont, sans doute à la suite de saint Ive, puis il partit en 1096 pour la Croisade avec Etienne, comte de Chartres et de Blois. A l'exemple de plusieurs autres chanoines chartrains ^ il se conduisit en valeureux soldat, et Gilon de Paris le représente escaladant des premiers les murs d'Antioche :
Nahis Carnoti, proceris prœcedere mille Non tlmet, Invictœ properam ad mœnla villœ... Ut stetit in mûris Fulcfierius, ense necantur Fulmineo vigiles. . . .
Lorsque le comte Etienne s'en revint en France, Foucher s'attacha comme chapelain à Baudouin, et l'accompagna d'abord à Édesse, puis, en 1118, à Jérusalem. C'est à Édesse qu'il commença son Histoire de la première Croisade; dès 1105 il en avait publié une partie, car c'est à cette date qu'il explique sa méthode: elle fut utilisée par Guibert de Nogent, lequel acheva sa propre Histoire en 1122 -. Foucher la reprit ensuite à Jérusalem, où il était chanoine du Saint-Sépulcre, et la poussa jusqu'en 1125. Elle a été abrégée et surtout corrigée et polie par deux auteurs dont l'un lui donne le nom de frère ; c'était plutôt un chanoine de Jérusalem qu'un écrivain chartrain.
L'auteur de la Légende de saint Aignan fut un clerc de Chartres, attaché sans doute à l'église de ce saint. Témoin oculaire de la translation des reliques, il a inséré au début de son travail le discours d'ailleurs assez vague de Geoffroy sur les gloires et les vertus de saint Aignan. La seconde partie comprend le récit des fêtes. Le tout fut divisé en 9 leçons et récité à Matines \
A tous ces élèves, il faut joindre ceux qui ne sont connus que par leur réputation, leurs donations de livres, ou leur qualité scientifique. Les chartes et PObituaire signalent comme médecins le chevecier Bernard % les chanoines Rïcher , Domniis et
* L'archidiacre Gosseliii, qui mourut le 8 des kal. d'août, en revenant de Jérusalem, apud Melitum. — Le prévôt Gauslin qui mourut à Jérusalem, le 10 des kal. de sept. — Mainard. qui décéda m reditu, le 15 des kal. d'octobre. — Leodegarius, tué in itinere Jerosolimitaiio, 12 kaL juillet. — Hervé, fils d'Arnaud, qui rapporta du bois de la vraie croix, 6 id. avril. — Le fameux Raimbaud Craton. Cart. de N.-D., 1, 107, 238, 261 , etc.
2 Guibert de Nogent. P. L., t. 184, col. 1031.
^ Translationes S. Aniani. éditées par Tabbé Clerval, dans les Analecia Bollandiana, t. VIL 1888, p. 321-335.
* Bernard, Cart. S. Père, p. 526, de 1116 à 1129, Bernardo medico, Sx Mariœ eo tempore canonico et capicerio. Voir son obit, Cart. de N.-D., III, 58. — V. Cart. de Marmoutier pour le Danois, chartes 170 et 175.
Goslin ' . Bernard devint très riche. D'après son obit. il donna au Chapitre un Evangéliaire et un Homéliaire couvert d'argent, et reconstruisit l'Aumône à ses frais , après l'incendie de 1434 ; il fonda aussi des cierges devant X.-D. de la Belle Verrière et laissa 40 livres pour couvrir l'église.
Citons parmi les légistes le Gaufridus legis doctus du Cartulaire de S. Père'-; parmi les amis des lettres, le chambrier Raoul de Courville, vir litteris eleganter eruditus ', et enfin, parmi les amateurs de livres d'étude et bienfaiteurs de la Bibliothèque, le doyen Adelard ', qui fit don de très beaux livres, optimis lihris; le prévôt Henri ^, qui légua une très belle Bihliothèque ; le sous-doyen Serannus*', qui laissa le De civitale Dei et ses traités de saint Jérôme contre Jovinien et Hégésippe; l'archidiacre A^isgerius', qui donna des Canones cum qnihusdam decretis, un Antiphonaire et un Graduel; le doyen Salomon \ dont le legs de trente volumes rivalisa avec ceux de Bernard (24 vol.). et de Thierry (50 vol.); enfin Gauthier . à qui l'on dut les Épitres de saint Augustin^.
Parmi les élèves indiqués jusqu'ici, il s'en trouve deux qui étaient bien jeunes lors de leur admission. Le petit Geofïroi n'était qu'un enfant: puerum quemdam nomine Gaufridum ^°. Le neveu d'Arnaud avait été jadis nourri dansFÉglise : nostrae nutritiim ecclesiae '^ Il semble qu'il y avait dès lors, à côté de la grande école capitulaire, une petite école ouverte aux enfants qui se destinaient au service de Dieu. L'Obituaire nous signale en effet plusieurs enfants ou jeunes gens décédés dans le Chapitre. Ce sont : Gaufridus, puer et canonicus Sanctae Mariae, au VII des kalendes d'avril ; — Guillelmus , honae
* liicherim medicus, Cart. de Josaphat, 10102, 11:26, 1138. Dotunus mediciis, id., f** 6i , 1140. Gosleniis^ Cart. S. Père, p. 464, de 1130 à
2 Cart. S. Père. p. 481, de 1104 à 1 106. — Cart. de Tiron, 1, 119, 149, II, 12, 13.
^ Cart. deN.-D., III, 175.
^ Cart. de N.D., 111, 162.
■' Id., III, 80.
6 Id., III, 93, V. 1, 103, 107, J18, 123.
7 Id., m, 131.
8 Id., m, 159.
^ 7r/., III, 223.
'0 Lettres d'Ive de Chartres, Bibl. de l'école des Chartes, 1855, lettre XV. " Id., lottn* XXIII.
indolis juvenis, hujus sanclae ecclesiae suhdiaconus et canonicus utiUs, au XV des kalendes d'octobre; — Radulphiis, puer et canonicus, au III des kalendes de novembre. — Ces petits chanoines étaient sans doute logés dans les écoles bâties par saint Ive et formaient un groupe particulier parmi les étudiants : ils constituaient les petites écoles capitulaires.
Section V. — Les savants voisins, religieux et laïcs. — Pour compléter cette histoire des personnages instruits qui subirent l'influence des écoles de Chartres, il faut rechercher ceux qui se cachaient dans les monastères ou sous l'habit laïque.
Il y eut un grand essor littéraire à Saint-Père, dans la première moitié du XII^ siècle. Le moine Paul, rédacteur du Cartulaire, mourut vers 1090 : il eut des successeurs ; on trouve, en 1126, un certain Bernardus, notarius K Un religieux inscrivit quinze vers sur le rouleau de saint Bruno, en 1101 2.
L'abbé Eudes de Levéville, en 1145, s'occupa spécialement des livres, endommagés par le temps et peut-être aussi par l'incendie de 1134. Il statua que tous les prieurs relevant de l'abbaye donneraient une rente fixe pour la Bibliothèque. (( Elle était très pauvre jusqu'à ce jour, dit-il. Loin de la diminuer, je l'ai enrichie. C'était bien nécessaire, car elle montrait de terribles marques de son délabrement ; ses volumes rongés par les teignes et presque détruits par la vétusté, étaient jetés ça et là en désordre. Le frère qui en était chargé était trop pauvre pour pouvoir les renouveler, je dis plus, pour pouvoir les relier. Il était honteux et indécent pour un monastère aussi noble d'avoir une Bibliothèque si misérable. Pour remédier à ce fâcheux état, de l'avis de tout notre Chapitre, j'ai assigné à son entretien un revenu déterminé, et tel que le bibliothécaire pourra, chaque année, renouveler les livres anciens et en acquérir de nouveaux. Ce revenu lui sera fourni tous les ans par les administrateurs de nos obédiences, à la Toussaint, et pour que nul ne soit grevé, on a fixé la cotisation que chacun devra payer. L'abbé donnera tous les ans 10 sols, le chambrier 2 sols, etc. ^ Fait et confirmé dans
' Cart. S. Père, p. 266, en 1126.
- Rouleaux des Morts, 1866,
3 Cart. S. Père, p. 393-394.
2 Rouleaux des Morts, 1866, Léop. Dglisle, p. 157. Voir A. SS. Oct. III,
notre Chapitre, l'an de l'Incarnation 1155. » Le total des revenus annuels de la Bibliothèque se montait à 86 sols.
D'ailleurs, l'abbé Eudes comptait parmi ses moines des liommes curieux et instruits, capables de se servir des manuscrits. Plusieurs d'entre eux, après le passage de saint Bernard, en 1131, lui écrivirent deux longues lettres, pour le consulter sur les obligations de la règle. Ils avaient, paraît-il, agi à Tinsu de l'abbé : le saint fut contraint de différer sa réponse et de la faire passer par l'intermédiaire de Roger, abbé de Coulombs, qui dut sur sa prière informer de l'affaire l'abbé de Saint-Père. Cet écrit de saint Bernard est un vrai traité De prœcepto et dispensat'wne , sous forme épistolaire ^ « Comment me taire? Comment parler? leur dit-il. Vous m'avez pressé par de fréquents messages de trahir mon inhabileté ou de manquer à la charité. Je suis vaincu par vos prières... J'essaierai de réduire à la brièveté d'une lettre toutes vos questions, et pourtant je serai long dans ma réponse. Pour les poser ne m'avez- vous pas écrit deux lettres toutes deux assez longues ? » Le saint reprenait alors toutes leurs demandes en les citant textuellement ; nous aurons l'occasion de les rappeler, en parlant des courants de doctrine qui avaient vogue dans les écoles et les monastères d'alors.
L'abbé Foucher, successeur d'Eudes ( H51-1171), continua les sages règlements de celui-ci concernant la bibliotliéque. (( Cet écrivain, très savant et de grande mémoire, disant plus tard Guillaume Desjardins, fit écrire plusieurs autres livres nouveaux et fit réparer les anciens : ils se trouvent encore les uns et les autres dans notre trésor, que nous appelons le lieu ou la chambre de nos chartes et de nos livres'-. » De ces manuscrits copiés alors, il reste encore deux exemplaires à la Bibliothèque de la ville, le n° 153 et le n** 156. Ils contiennent l'un et l'autre des ouvrages de saint Augustin, avec cette inscription: Dominus ahhas FalcJieinus fecit. F rater Adam suhscripsit. Ce frère Adam était donc l'écrivain et le notaire du monastère sous Foucher. comme l'avaient été le moine Paul et le moine Bernard. Il ne devait pas être le seul, car il nous reste encore au moins quarante volumes de ce temps : mais les autres copistes ne nous ont pas laissé leurs noms.
' 0pp. S. Bernardi, 1719, Mabillon, I. p. ô()'2. — Hist. hit.. XllI. '20b.
- Voir Catal. (jni. des ms., Cllarllv^, XXV. mi récit tiré de VApotliecarius moralis. niaii. 1036, i*^ 13-17.
Saint-Martin-au-Val eut aussi, au XII»^ siècle, ses poètes et ses prosateurs. Un moine de ce couvent écrivit huit vers sur le rouleau funèbre de Vital de Savigny, en 1 122 ' . Le monastère passa sous l'obédience de Marmoutier : le premier prieur qui fut envoyé de Tours, nommé Gautier de Compiègne*, était un personnage instruit. Il souscrivit, en 1131 , une charte avec saint Bernard, Hugues de Saint- Jean, et Geoffroi de Chartres : il vivait encore en 1133 et il paraît être mort après 1155 -. Martène dit qu'ilfiguraitassezsouvent dans les titres de Marmoutier et qu'il composa divers écrits estimés en leur temps, mais perdus depuis, entre autres une Histoire de Marmoutier, dont il ne reste que la vision du comte d^ Anjou ^ On conserve encore de lui un Recueil de tniracles de la Sainte-Vierge ^ qui a été faussement attribué à un certain Gautier de Cluny. Cet ouvrage, dédié à un moine de Saint- Venant, renferme différents miracles, que l'auteur a tous entendus , dit-il, de la bouche de l'évêque de Chartres, Geoffroi. Ces miracles avaient eu lieu en 1133, et furent rédigés vers 1141 : aucun ne concerne Chartres, quoiqu'en dise ï Histoire littéraire \
Saint-Jean, nous l'avons vu, recrutait ses abbés dans la famille du Vidame et parmi les chanoines. Le premier, depuis la réforme de saint Ive, fut Albert, que le Nécrologe appelle preshyter devotissimus ^, et qui avait été pris dans le Chapitre en 1099. Etienne, son successeur^ fils du A^idame Guerric et d'Hélissende, proche parent de Baudouin de Jérusalem, fut successivement vidame, abbé, patriarche de Jérusalem, et mourut en 1130. Sa sœur Hélissendeet lui laissèrent à l'abbaye des objets d'art qui dénotent leur haute culture. On se rappelle ses relations avec Hugues Métel, qui lui reprochait la dureté de son gouvernement, et avec saint Bernard, qui tenta, vers 1028, de le détourner du voyage de Jérusalem. Il écrivit encore de cette ville à l'abbé de Clairvaux, pour l'inviter à un rendezvous et lui envoyer du bois de la Vraie-Croix. Saint Bernard lui répondit en lui recommandant les chevaliers du Temple '.
' Rouleaux des Morts ^ p. 322.
-^ Cart. de N.-D., I, 133.
^ Histoire de Marmoutier, 11, Ml.
^ P. L., t. 173, col. 1379.
5 Hist. litt., Xll, 491-2.
6 Cart. deN.-D., III, 13.
"^ Fisquet, France pontificale, Chartres, 507. — 0pp. S. Bernardi, Mabillon, 1719, 1. 48, 85, 172.
Nous connaissons déjà Hugues, son oncle et son successeur, ami comme lui de Hugues Métel et de saint Bernard, professeur dans les écoles, philosophe et théologien. Vint ensuite Gui, de ëa famille de Lèves, lequel était d'une trop haute lignée pour laisser dépérir le culte des lettres à Saint-Jean. On étudiait donc dans ce monastère. Le docteur anonyme que nous avons identifié avec l'abhé Hugues, dit, en effet, dans sa lettre, qu'après avoir enseigné dans le monde, il enseignait encore dans son monastère.
Nous n'avons aucun renseignement sur les abbayes de Saint-Cheron et de Josiiphat. Nous parlerons peu de celles qui étaient en dehors de Chartres, parce qu'elles eurent peu de contact avec les écoles elles-mêmes. La Trinité de Vendôme, sous l'action de l'abbé Geo^roi* (1094-1132), vit grossir sa bibliothèque des livres transcrits par ses ordres ou composés par lui ' ; Robert de Vendôme fit, en 1156, un règlement semblable à celui d'Eudes de Levéville. A Morigny, l'on vit l'abbé Thomas*. Né àEpernon, écolier à Étampes, profès àCoulombs, abbé de Morigny, Thomas, après différentes disgrâces, se retira à Saint-Martin-des-Champs, puis à Coulombs, oii il mourut. Il avait reçu les rois et les papes : ainsi, en 1131, il donna l'hospitalité simultanément à Innocent II, à saint Bernard, à Abélard, et à Geoffroi. C'est, en cette occasion, que le pape consacra un autel, et que l'évèque Geoffroi prononça un sermon. Thomas dut parler lui-même avec éloquence : car on dit qu'à son élection comme abbé, il fit en faveur de son abbaye un discours qui parut divin. De ses nombreuses lettres, il n'en reste plus que trois; l'une à Bernard, l'autre à l'archevêque de Sens, la troisième au cardinal Chrysogone -.
Coulombs, où Thomas avait passé sa jeunesse monacale et ses derniers jours, avait à sa tête l'abbé Roger. C'était un si habile homme que le peuple se massait sur son passage pour le voir, quand il se rendait à Dreux. Ami d'Eugène III, d Adrien IV et de Samson de Mauvoisin, il le fut au.ssi de siiint Bernard, qui lui adressa sa réponse aux religieux de Saint- Père : « Vous m'avez exhorté, lui écrivait-il, à rédiger un traité au lieu dune simple lettre, pour procurer une plus
* Etude sur Geoffroi de Vendôme, Compaiii, 1891, v. 75-85.
- V. P. L., t. 18-2. col. 68-2. - Mi.sccllanea do Baliize, IV, 160. — Doin Liroii, Bibl. ch., p. 54, et Singularités hist. et litt., 111, 287. — Hist. litt., XII, 218.
grande édification. Quand vous l'aurez lu, envoyez-le, non à ceux auxquels il est destiné, mais à leur abbé. )) R.oger n'était donc pas étranger au mouvement des études monastiques à Saint-Père, et il devait le favoriser chez lui.
Mais les deux abbayes les plus remarquables au point de vue de la culture littéraire dans le voisinage des écoles de Chartres furent celles de Bonneval et de Tiron.
L'abbé Bernier, de Bonneval, d'abord ami, puis adversaire d'Ive de Chartres, attira par ses colères retentissantes la médiation de Robert d'Arbrissel et de Bernard de Tiron. L'éloquence de ses prédications et de ses réclamations força aussi l'attention des légats et des Papes. Geoflfroi de Vendôme l'appelait « r instrument de Dieu et la trompette de l'Esprit-Saint. Parlez, lui criait-il, parlez, illustre héraut de la vérité, et gardez-vous de croire ceux qui vous disent que vos paroles sont sans fruit ». Mais la postérité n'a conservé aucun de ces discours ^
Au contraire, elle a gardé de nombreux ouvrages de son successeur, le célèbre Arnaud de Bonneval* . Cet abbé, qui devint l'intime ami de Lucius II, d'Adrien IV, de saint Bernard, d'Arnoul de Lisieux, de Philippe, abbé de l'Aumône, était encore à Marmoutier en 1138 ; on le voit à Bonneval en 1144 et 1151 ; mais en 1159 il était retourné à Marmoutier ; car, à cette date, Alexandre III recommandait d'élire Gautier pour son successeur. Arnaud mourut vers 1162. Ses correspondants l'ont beaucoup loué ! « Je me rappelais, dit Arnoul de Lisieux, quel talent littéraire Dieu vous a donné. Je ne sais ce que l'on doit admirer le plus en vous, l'habileté du style ou la solidité de la pensée. Chez vous, la majesté des choses n'est point atténuée par l'expression : celle-ci la relève au contraire. » Arnoul lui redisait, dans une seconde lettre, comment, dans son voyage en Italie, J 'Église romaine avait reconnu sa sagesse et sa loyauté -. Enfin saint Bernard lui écrivait dans sa dernière maladie pour se recommander à ses prières. C'est Arnaud de Bonneval d'ailleurs qui fut prié, par les moines de Clairvaux et tout l'ordre de Citeaux, de continuer la Yie du saint commencée par Guillaume de Saint-Thierry. Il en fit le second
^ Hisl. de Vahbuye de Bonneval, Bigot, p. 56,
- Hist. de Marmoutier, p. Martène, 11, 109. — Hist. litt., Xll, 535. - Cart. de Beaidieu, Bibl. de Chartres, n» 350, f° 66-68, Charte de il51. — Cart. de Josaphat, p. Lefèvre, Bibl. de Ch., Charte de 1156. — Cart. de N.-D , 1, 169.
livre. Ses autres œuvres, si pieuses et si doctes qu'on en a prêté quelques-unes à Saint Gyprien, sont imprimées et universellement estimées ' .
Tiron sortait à peine de terre quand saint Ive mourut, en 4115; mais telle fut la puissance de Bernard*, son fondateur, que bientôt ce monastère devint un foyer intellectuel très actif. Bernard apprenait dans sa jeunesse tout ce qu'on lui enseignait; il excellait dans la grammaire, la dialectique, et les autres branches des arts. Toujours il écrivait, lisait ou méditait. Ayant suivi jusqu'à 20 ans les leçons de ses maîtres, il acquit une intelligence vive et pénétrante des Saintes Écritures. Il se rendit ensuite au monastère de Saint-Cyprien de Poitiers, où l'attirait labbéRaynaud, ce homme très instruit des, lettres, et si sage, que, dans les assemblées publiques, il était l'orateur très élégant de toutes les causes. » Sous sa direction, il s'adonna plus encore à l'étude des livres saints. Il y consacrait les nuits, et une fois il s*endormit en laissant tomber sa lumière sur son manuscrit ; celui-ci n'en fut pas endommagé. Ami de Pierre de l'Étoile, fondateur de Fontgombault, de Robert d'Arbrissel, fondateur de Fontevrault, de Vital de Mortagne, de Raoul de Fustée, il se joignit à eux, et parcourut en prédicateur missionnaire diverses régions de la France, entre autres la Normandie, où il atUiqua les clercs débauchés, aux grands applaudissements du peuple. Deux fois il se rendit à Rome et plaida sa cause avec succès devant le Pape. Enfin, après diverses vicissitudes, il vint se fixer à Tiron, où il s'établit d'abord dans un territoire concédé par le comte Rotrou, puis dans un autre octroyé par le Chapitre. C'est là qu'il bâtit son monastère, avec l'agrément de saint Ive et des chanoines. Il parla si éloquemment aux habitants du voisinage qu'un grand nombre vinrent bientôt se mettre sous sa direction. Quelques-uns lui offrirent leurs fils pour les instruire^ et 'plusieurs montèrent à un si haut degré de science et de vertu., qu'on les mit plus tard à la tète des églises et des monastères '-. Orderic Vital confirme le récit que nous avons analysé jusqu'ici, et note que Bernard ordonnait à chacun de ses moines d'exercer la profession qu'il avait dans le monde ; c'est ainsi qu'il avait tous les corps de métier sous sa main, à
^ Voir ses œuvres : P. L., t. 189, col. 1507 et suiv.
' Voir sa Vie, par G<'offn)i k Gros, éditée par Soudiet, Paris, IG-iO, — A. SS. Avril II, m), /'. L. ,t. 17^2, coi. 1398. — Du IJoulav, 11. 5. — Cart. (leN.-U., 111, 98.
côté des écoles. Bernard mourut le 25 avril 1417, et son obit fut inscrit au Nécrologe de Notre-Dame ; mais son œuvre lui survécut. Guillaume, son second successeur, est appelé vir litteratus.
Pendant que les uns bâtissaient le monastère et l'église de Tiron, d'autres religieux enseignaient et étudiaient. Ces écoles étaient organisées à Tiron, semble-t-il, comme dans la grande ville épiscopale. A leur tête était un chancelier, chargé de diriger les écoliers et de rédiger les chartes. En 1126, nous en trouvons un, qui signe ainsi : Goffredus cancellarius cognomine Grassinus scrij}sit '. Ce Geoffrol est précisément celui qui a composé cette Vie de saint Bernard dont nous avons tiré les traits qui précèdent. Il avait été contemporain de son héros, et préposé par lui sans doute aux écoles. Il nous avertit dans sa dédicace qu'il s'est résolu de l'écrire sur la demande de Tévêque de Chartres, Geofïroi, à qui il en fait hommage; ce qui prouve qu'il l'acheva avant 1148.
Il y eut une autre Vie d'un moine de Tiron, celle de saint Adjuteur, qui avait embrassé la vie religieuse, après avoir suivi la carrière militaire dans les Croisades ; mais elle a pour auteur Hugues d'Amiens -.
Ces écoles monastiques proches de Chartres subissaient sans doute l'influence de l'école capitulaire. Elle s'exerçait aussi dans les villes, et spécialement à Châteaudun. Dans cette ville, certains religieux, au XI^ siècle, instruisaient de jeunes enfants ; au XII<^ siècle, il y avait une école publique en dehors des religieux. Et, chose digne de remarque, le maître chargé de la diriger était délégué par le Chapitre chaque année. Nous le savons par une lettre de l'un d'eux, retrouvée parmi celles de saint Ive. (( Pour moi, dit-il à son ami, j'enseignerai cette année à Châteaudun ; c'est une excellente petite ville, riche en tout bien ; je n'ose vous inviter à y venir vous-même, je vous prie au moins de m'envoyer quelqu'un de mes amis ^ »
On étudiait donc partout et les lettres étaient vulgarisées ; les hautes classes de la société chartraine ne restaient pas en letard. La princesse Adèle, si chantée par Baudry de Bourgueil, était habile dans les lettres et les arts. Son mari, le comte Etienne, était, selon Orderic Vital, éloquent et d'une science
' Cart. de Tiron, I, 99 (1126) : II, 24, 58. Cette charte donne le nom de Richardus, medicus.
2 Mist. litt., XII, 659. — A. SS., avr., III, 823.
2 Lettres d'Ive de Chartres lettre XXV.
singulière '. Ses lettres datées d'Antioche ne démentent pas cette appréciation. Thibaut le Grand, son fils, étudia à Orléans, et écrivit à Suger une lettre que nous avons encore. Nous avons parlé des Vidâmes. Rotrou du Perche ouvrit l'Espagne îiux savants par son expédition militaire. Les familles de Gallardon, de Châteauneuf, du Puiset, comptaient des représentants aussi habiles dans les sciences que dans les armes. En un mot, le savoir rayonnait partout ; le foyer intellectuel était aux écoles, mais laïques et religieux, soit directement, soit indirectement, recevaient son influence.