‹ Les écoles de Chartres au moyen-âgeChapitre 57 sur 107 · Tome XL M · texte numérisé non relu

Tome XL M

Jean d'Angers, malgré la compétition de Jean de Beaugency. Brillon se trompe : il s'agit de Jean d'Auxerre et non de Jean d'Angers.

Celui-ci ' est un des personnages les plus intéressants de la liste des chanceliers : car il était maître en médecine. Au cliapitre de la Purification, en 1369-, on fit cette délibération : « Vu l'utilité générale de l'Église, et des personnes de l'Église, de la ville et de la patrie chartraine. dans le but de le faire résider dans cette cité de Chartres, le Chapitre accorde à Jean d'Auxerre, maître en médecine, chanoine de Chartres, la faculté de percevoir toutes ses distributions comme s'il était présent, en visitant les malades de l'Église, de la ville et de la banlieue. Il devra cependant, selon la coutume, dire qu'il a été empêché. Il aura une maison canoniale, et pour en payer la rente, il prélèvera 20 livres sur les tailles pendant deux ans, tant qu'on ne lui aura pas conféré le bénéfice auquel lui donne droit la grâce apostolique. »

En effet, Jean d'Auxerre cherche une maison pour faire son stage et choisit enfin celle de Jean ad Dentés '. Chargé de surveiller l'Aumône et les Saints Forts, en 1366, de punir les chapelains, de lever les tailles, d'effectuer les paiements, de vérifier les comptes de la Fabrique, on le nomme souvent, mais presque toujours sans lui donner son titre. D'ailleurs, c'est une coutume des scribes capitulaires de 1374 à 1403, de ne désigner les chanoines que par leur titre ou par leur nom. En 1369, à la Purification, on lui permet de s'absenter pendant le chapitre pour visiter ses malades, bien que l'assistance soit requise pour avoir droit à la lamproie : c'est à cette séance qu'on lui donne pour la première fois le titre de chancelier *. Il mourut presque immédiatement après. A la Saint Jean de 1369^, Etienne Cordier remit le petit sceau qu'il avait reçu de Jean d'Auxerre, nuper cancellarium, au chapitre assemblé, et celuici le confia provisoirement au tabellion Jean des Moulins (de Molend'utis). En même temps les grands sceaux étaient déposés chez le clianoine Grégoire Langlois (Anglici). Sallembier de son côté demandait et obtenait la prébende de Jean d'Auxerre.

A la séance de Saint Jean 1369 et en .1370. on signale un chancelier qu'on charge même d'interroger un prisonnier,

^ Voir Reg. cap., 1007/3.

-' Reg. cap., 1007/3, f. 2 v. — ^ F. 3. — * F. 9 v. — ^ F. 15.

mais on ne le nomme pas. Laisné dans le tome XI de ses Extraits dit que ce fut Jean de Savigny. Les contrats en 1372 ^ désignent Jean Bagot : dès 1364 il avait reçu mission de faire une enquête sur l'état des prêtrières - : en 1365, il enseignait^ trait fort intéressant, les Décrétales à Chartres. Il avait aussi la clef des archives, et demeurait rue du Petit-Beauvais. Nommé chancelier, on le chargea, en 1372, de refaire le livre De feodis \ Il est signalé en 1371 ^ et en 1374 % avec son titre, mais il ne le garda pas longtemps. En 1377, on lui donna 36 livres pour ses frais de chancellerie, et on lui demanda d'assister au chapitre pour les causes et les consultations ^ En 1380 \ le Chapitre, vu ses services passés et futurs, in expediendis causis^ le dispensa des frais de répaiation dans ses maisons et prêtrières, à condition qu'il continuerait d'assister aux séances. En 1390, il était vicaire de Guillaume de Poitiers, archidiacre de Poissy. Il avait donc cessé même avant 1380, ses fonctions de chancelier.

C'est après lui sans doute qu'il faut placer Geoffroï Bouteiller (Buticidarius). Nos registres ne le citent qu'une fois en 1367 à l'occasion de services qu'il avait rendus près du roi \ Mais Du Cange au mot Capellanus et citant Dubreuil, le désigne ainsi : Gaufrldus dictus Boutedler^ cancellarius et canonicus Carnotensis et S. Capellœ Parisiensis, ohiit d2 julii iSll . Son obit est dans le Cartulaire de N.-D. de Chartres % et Souchet dit qu'il avait été d'abord chapelain du Dauphin. Il eut pour successeur Jean de Boissy, qui devint évêque en 1380 et fut transféré au siège d'Amiens le 29 mars 1389 ^^. Après lui, en 1389, on signale Thibaut de Campanella , commensal , dit-on , du cardinal d'Amiens ; celui-ci se retrouve, en 1390, dans les Mémoires de Laisné , et en 1396 ^^ il légu^a 10 livres pour son anniversaire et 200 autres livres. Ces chanceliers ne résidaient guère. En 1387, l'un des chanoines les plus cités, P. Mohier,

< Cont. G. 154, f. 96.

2 Reg. cap., 1007/2, f. 230. — ^ 1007/3, f. 26 v.

^ Cont. G. 154, f. 159 v.

•^ Reg. cap., 1007/3, f. 31. — ^ F. 46 v. — ' F. 54 v. — « 1007/2, f. 250.

<o Chart. Un, Par., III, 425.

^' Cont. G. 161, f. 163 V.

est appelé vicaire du chancelier (vicari us cancellarii) '. Renaud des Moulins (de Molinis). chambrier, qui se voit depuis 4380, reçoit en 1400 la même désignation -. Enlin en 1401 le chancelier s'appelle Renaud d'Amiens. N'oublions pas cependant Pierre Danici successeur immédiat de Gilles du Perche en 1344, dont nous avons trouvé le nom dans les Mémoires de Laisné trop tard pour l'insérer à son rang.

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