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LES GRANDES ÉCOLES DE CHARTRES AU XV^ SIÈCLE

Il n'est pas étonnant que des écoles si nombreuses et si florissantes aient porté une atteinte nouvelle à la prospérité des grandes écoles. Celles-ci vécurent encore, mais à peine supérieures à leurs voisines.

Ce n'est pas qu'elles aient manqué de recteurs intelligents et de chanceliers dévoués : mais la concurrence et le malheur des temps, l'entraînement aussi de la vogue les précipitèrent vers leur ruine.

Nous ne connaissons pour le XV^ siècle que quatre ou cinq recteurs des grandes écoles. Le premier s'appelait Richard Bucy. Les circonstances de sa nomination nous prouvent que le chancelier continuait toujours sous l'autorité du Chapitre à désigner les maîtres des grandes écoles , elles nous révèlent aussi l'une des causes de leur décadence. Le mardi d'après la Nativité, 1424, le Chapitre prit cette délibération : Oh ahsentlam niagistri J. Baudaille y cancellarii. ad quem spectat inst'itutio et destitutio ad nutum Ynagistri sive rectoris scolarum ecclesie CarnotensiSy Capitulum histituit magistrum Richardum Bucy, magistram et rectorem dictarum magnarum scolarum. Ce Richard Bucy ne nous est pas autrement connu.

Vers le milieu du siècle le recteur était Jehan Lambert. Nous le trouverons dans un acte important de 1467 que nous relaterons tout au long. On signale encore Jean de Beaumont et son frère Guillaume de Beaumont : tous deux eurent pour

1433. f. 129. Lune post Jubilate, 30 1. t. — F. 144 v. Martis, Conceptio B. m. V., 15 1. t. (pro 4or modiis vini). =r 45 1. t.

1434. f. 147, le^ Feb.., 12 1. t. — 159. Veneris, 23 Junii, 33 1. 7 ?. 6 d. = 45 1. 7 s. 6 d.

1435. f. 165 V. Lune post Reminiscere, 14 Martis, 15 1. t. (pro 4^"' mod. vini). — F. 165 v. Martis post Reminiscere, 15 Martis, 10 1. t. — F. 166 v. Lune post Judica, 15 1. t. — 168 v. Martis post Nativ. B. Joan-Baptiste, 101. t. F. 169 V. Dominica post festum S^ Pétri ad Vmcula, 20 1. t. = 70 I. t.

1436. f. 173. Sabbalo post Oculi, 35 1. t. (pro 401" mod. vini).

élèves, en 1461, Pierre et Henriet de Tilly ^ Ce Guillaume de Beaumont était fils de Robert de Beaumont, écuyer. et parent de la famille de Lespinay : il était aussi allié à la famille de Villereau-. Chanoine et bachelier en Décrets en 1432, maître es arts dès 1414, licencié in sacra jmgma en 1446 et régent, ril devint curé de Saint-Aignan et échevin ^.

En 1482 on parle de « maistre Michel de Couloigne . docteur en médecine, naguère maître des grandes écoles de Chartres; » on lui donne 15 sols tournois pour l'écolage de Pierre Richard. Ce personnage, dès 1472. était maître es arts et bachelier en médecine : il était régent en cette dernière Faculté à Paris en 1491 ^ Il fut de plus chanoine et chantre en l'Église de Paris et il fonda en 1518 « pour la singulière dévotion que le dit de Couloigne avait et à notre Église (de Chartres) et pour être et à demourer participant es prières, oraisons et biens faitz d'icelle perpétuité, une messe et service de N.-D. et ung obit solennels, pour le salut des âmes de luy, de ses père et mère, amys et bienfaiteurs ^. »

Cette liste des recteurs est courte; elle est incomplète sans doute : mais peut-être aussi y eut-il quelque interruption dans la suite de ces maîtres. Les chanceliers se succèdent plus uniformément, mais il y eut aussi entre eux d'assez longues vacances et plusieurs ne purent s'occuper des écoles.

Le premier est Jean Baudaille, qui apparaît après Renaud d'Amiens ''' sur la fin de 1402 II loue pour deux ans le petit sceau ad causas ca})ituli, moyennant 50 écus ', mais aussi en 1404 il fait payer une apposition de ce sceau 10 sols tournois \ En 1405 il assiste à la translation à Saint-Père du chef de saint Pliilippe, en qualité de vicaire in spiritualihus de révêque. En 1408 il fait écJteller dans le cloître Vincent Escoillon , de Boissy, diocèse d'Evreux, et sa sœur Agnès, tous deux ses sujets, et proteste qu'il ne veut en rien préjudicier à la juridiction du doyen et des chanoines ^ A partir de 1412 il se retire à Amilly : de 1417 à 1419 il s'enfuit à Orléans pour échapper à la domination anglaise : enfin il meurt en

< Cont. G., 1, (. 7. — -' 171, f. 173.

-^ Souchet, m, .380, 1 U5. — Lrpiiiuis, II, G^22.

5 Cart. de N.-D., III, 38, 6i, \ï'2, 188.

c Cont. G., 161, f. 15 V. — ' 1G0, f. Ii7. — « 162, f. 116 v. 9 Caii. privilegiorim, f. 298, ms. 1 162 de la Bib. de Ch.

1433, après avoir fondé par testament son obit et celui de Jean de Montaigu, évêque de Chartres et archevêque de Sens. Ses exécuteurs donnèrent 7 sols à l'homme qui avait crié sa mort et assisté à son convoi ^ .

Pendant son absence, en 1413, le Chapitre chargea Jacques de Templeuve, sous-chantre, Guillaume de Saint-Bénigne, Henri Chiquot, Jean Barre, Jean Gruel,de prendre soin des lettres de donations et de legs ainsi que des autres correspondances canoniales -. Nous avons déjà vu qu'en 142411 nomma, à son défaut, Richard de Bucy recteur des grandes écoles.

Après lui, le 27 janvier 1434, la chancellerie fut confiée à Odet de la Paillère, qui en fut investi en plein Chapitre, en présence de son frère Jean de la Paillère, chevalier. Mais en 1436, le 19 novembre, ce personnage, qui • appartenait à la céièbre famille de ce nom, permuta avec Pierre des Moulins , licencié en l'un et l'autre Droit, qui devint chancelier à son tour. Pierre des Moulins donna bientôt sa démission et fut nommé archevêque de Toulouse. Son successeur ^. en 1438, fut Pierre de Bourache, chanoine de Châlons, licencié, conseiller de Charles duc de Bourbon, que le pape dont il était cuhicularius , investit de la chancellerie. Celui-ci démissionnaireen 1443, fut remplacé par Jacques Vig7ioli, litterarum apostolicarum ahreviator, qui se voit encore, cité dans une bulle, en 1464. Ces chanceliers ne paraissent pas avoir résidé.

En 1436 le petit sceau fut loué à Laurent Savone : les dîmes de vin de Gasville appartenant à la chancellerie furent cédées à Robin de Gasville pour 75 livres, du consentement, dit-on, de maître Pierre Brisart. Ce Pierre Brisart n'était sans doute qu'un procureur du chanceher \ Nous ne savons que penser de Charles Olivier, docteur en Droit canon, que VArmorial chartrain ^ signale comme chancelier, et qui avait un homonyme dans le clergé chartrain en 1426, ni du chancelier Gilles Gillehoust, dont on ne trouve le nom qu'au troisième volume

^ Cont. G. 168, f. UO.

2 Reg. cap., 1007/3, f. 178. Pour Baudaillc voir Souchet, III, 324. Mxhives G, 161, f. 108, 147; 162, f. 116 v. ; 165, f. 38 v. ; 166, f. 46 V., 51, 101, 141 V., 142 v., 148. 234 v. ; 167, f. 54; 168, f. 45, 46, 53, 120 V., 123. — On remarque [Mémoires de la Soc. Arch. (rE.-et-L., t. II, p. 145), qu'il ne voulut pas reconnaître les Anglais, que par suite il fut dépouillé de ses biens, banni de son pays, et se retira à Orléans.

' ^ Laisné, t. XI, f. 183 v., 23, 24.

^ Cont. G. 168, f. 177.

5 Bibl. de Chartres, fonds Roux, Ms. 133.

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