‹ Les écoles dites écoles publiques de Manitoba sont des écoles protestantes [microforme]Chapitre 6 sur 9 · ECOLES NORMALES · texte numérisé non relu

ECOLES NORMALES

Le 30 mai 1882, le Lieutenant-Gouverneur de Manitoba sanctionna un ‘“ Acte pour ‘tablir des Ecoles Normales en union avec les Ecoles Publiques” Cette nouvelle loi, couronnement de la précédente, ne dévie en rien des grandes lignes tracées par la législation générale. Aussi, elle débute par les dispositions suivantes :

“ I. Les sections Protestante et Catholique du Bureau d'Education sont par le présent Acte respectivement autorisées :

“(a.) À établir en union avec les Ecoles Publiques Protestantes de la Cité de Winnipeg et avec les Ecoles Publiques Catholiques de Saint-Boniface, des départements dits des Ecoles Normales, dans le but d’instruire et de préparer des instituteurs, dans la science de l’éducation et dans l’art d'enseigner, pour les Ecoles Pa- “ bliques.”

Ces Actes 43 et 45 Vict. ont subi quelques modifications, pendant les années qui ont suivi leur passation, mais au milieu de toutes ces modifications, aucune atteinte n’a été portée à la raison fondamentale des lois que j'ai nommées, l'Ancien Régime. Ce code, un dans son origine, se dédoublait dans son application à toute la Province, dans le but de favoriser l'éducation, en sauve-

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gardant les justes désirs des pères de famille et en évitant les froissements, qui sont la conséquence nécessaire de la pression exercée par une partie de la population sur l’autre. Je n’entends pourtant pas faire de dissertation sur le mérite ou le démérite de nos lois scolaires ; je suis à la recherche de fuits et ne veux pas m'attarder à l'éloge ou au blâme de théories ou de convictions, qui ont leurs adversaires et leurs partisans. Ce ne sont pas mes idées en matières d'éducation qui font l’objet de cette étude, mais bien /es faits tels qu’ils existaient sous l'Ancien Régime, pour ensuite arriver à établir les faits tels qu'ils existent sous le nouveau, je récapitule. Le système des Ecoles de Manitoba était créé par la loi. Cette loi, confiée au GOUVERNEMENT, passait de lui aux intéressés, par la nomination d'un Bureau d'Education. Personne dans la Province n'était ex officio membre de ce bureau ; tous ceux qui le composaient étaient nommés par le Gouvernement et ce dernier n’était restreint, dans son choix, que par le respect que la loi professait pour les croyances religieuses de la population.

C'est encore l’exécutif de la Province qui remettait à ce Bureau ou à ses sections les fonds publics, affectés par la Législature au maintien des é ‘oles ; puis, comme toutes les croyances avaient l'appui de la loi, la foi des parents ne privait pas leurs enfants, en âge d’aller à l’école, des subsides auxquels leur donnait droit leur existence comme citoyens de Manitoba.

Le Crouvernement était informé de ce qui se passait ; chaque année des rapports officiels lui étaient soumis, et portaient à sa connaissance tout ce qu'il y avait d’intéressant dans la Province, au sujet des écoles, pour que le tout put être communiqué aux représentants du peuple, auquel le Gouvernement est responsable. Rien de caché, rien de privilégié, rien d’exclusif dans ce système. Les droits individuels ègaux étaient également sauvegardés.

LE BUREAU D'ÉDUCATION entrait comme second rouage dans notre systéine; pour pouvoir remplir son mandat avec plus de facilité et plus de justice envers la population, il était divisé en deux sections ou comités.

Ces deux sections étaient comme deux courants bienfaisants, sortis d'une source commune et qui allaient circulant par tout le pays, en tous sens et en toutes direc-

tions pour y porter la fraîcheur et la fécondité de la culture intellectuelle. Ces deux courants pouvaient se creuser, se gonfler ou se fortifier plus ou moins ; leur course était plus ou moins rapide, plus ou moins régulière suivant les circonstances, mais toujours ils devaient se mouvoir parallèlement l’un à l'autre, et la loi, en les maintenant dans ce parallélisme, les empêchait de se nuire ou de se confondre. La loi encaïissait pour ainsi dire ces deux courants pour qu'ils pussent poursuivre sûrement leur marche, répandant partout les bienfaits d'une instruction et d’une éducation qui souriaient aux convictions paternelles, en laissant aux consciences la facilité de respirer librement et de voir, dans la loi, une protection et non pas une tyrannie. Le long de ces deux cours d'actions parallèles se traçaient LES ARRONDISSE- MENTS SCOLAIRES dont la loi confiait la création et la direction à des citoyens, en communauté d'idées avec les parents des enfants qui bénéficiaient de l’école ; puis, LES PROFESSEURS, LES INSPECTEURS, LES PROGRAMMES D'É- TUDES, LES RÈGIEMENTS DISCIPLINAIRFS, L'ENSEIGNE- MENT RELIGIEUX ET MORAL, en un mot tout ce qui peut assurer le bon fonctionnement de l'école, tout cela participait à la communauté d'idées qui unissait les intéressés, et le tout était confié à la direction respective de chacune des sections du Bureau Le fait est que pendant dix-neuf ännées, les deux sections du Bureau ont été en mouvement sur des lignes parallèles’ Par suite, chaque section était parfaitement indépendante et par conséquent son action n'était nullement entravée par les actes ou omissions de l’autre section. Si elles s’influençaient en quelque chose, ce ne pouvait être que par une généreuse émulation qui contribuait au bien général.

L'existence d'écoles protestantes à côté d'écoles catholiques, au lieu de nuire à la bonne entente entre concitoyens et voisins, a eu un résultat tout contraire, comme le prouve les paroles suivantes que M. J. B. Somerset, Surintendant des Ecoles Protestantes, a consignées à la page 7 du rapport qu'il adressa au Lieutenant-Gouverneur à la date du 29 avril 1886 :

“ C’est un fait bien agréable pour tous les amis de la ‘* bonne entente entre citoyens, ainsi que pour les amis ‘* du progrès de l'Education, de constater que depuis

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‘{ l'établissement, en 1371, du système qui régit nos ‘* écoles qui. à cette époque. étaient au nombre de seize ‘“ pour les Protestants et dix-sept pour les Catholiques, ‘‘ jusqu’à ce jour nous avons été à peu près entièrement ‘* exempts des froissements et des désagréments qui ont ‘marqué les progrès ‘2 l'Education dans quelques- ‘ unes des Provinces-Sœurs.”

À la suite de ce témoignage, il me serait facile de démontrer la fausseté et même l’absurdité des accusations prodiguées aux Ecoles Catholiques, tant au print de vue de l’enseignement et des connaissances humaines, qu’au point de vue de leur influence sociale, religieuse et morale ; mais non, je dois me souvenir que je n'ai qu'une chose à constater ici et ne dois pas m'éloigner de mon but. Ce que j'ai à prouver, c'est que les Ecoles noncatholiques étaient Protestantes sous l’Ancien Régime.

Il n’y a pas de doute que la Section Catholique du Bureau d'Education a été fidèle à la mission qui lui était assignée : celle de constituer et de diriger ses écoles, dans le sens catholique. Il est aussi certain que la Section Protestante du même Bureau s'est aussi acquittée de son mandat, et qu'elle a constitué et dirigé ses écoles, dans le sens protestant, Voici ce que M. J. B. Somerset écrivait à la page 27 de son rapport mentionné plus haut :

‘* Le développement de l’élement moral est la première ‘ nécessité de tout système d'éducation. Le Bureau, connaissant cette nécessité, a pris les précautions nécessaires pour s’enquérir, avec le plus grand soin possible, du caractère de ses professeurs et pour l'introduction ‘ dans ses écoles, d’un système d’Instruction religieuse qui puisse réaliser le but de l’enseignement des principes de la vérité chrétienne, contenue dans la Bible et acceptée par toutes les dénominations protestantes.”

Pas n’est besoin de dire que celui qui parle ainsi, le fait au nom de la Section Protestante du Bureau d’Education, et son rapport officiel, très étendu et très habilement rédigé, ne provoqua aucune réclamation, ni dans le Parlement, ni dans la presse, ni ailleurs, que je sache. Le même rapport, aux pages 27 et 28, reproduit les règlements de la Section Protestante, concernant l’euseignement religieux. Voici ces règlements adoptés le 2

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décembre 1885, qui étaient en force lorsque M. Somerset les citaient et qui ont continué de l'être ensuite :

‘ Dans toutes les écoles établies et miser en opération ‘“ par l'autorité de la Section Protestante du Bureau “ d'Education de Manitoba, on commencera et terminera “ la classe, chaque jour, par une prière qui consistera “ dans la récitation d’une ou plusieurs des formules im- ‘ primées sur le couvert des registres d'écoles autorisés, “en y joignant toujours l'Oraison Dominicaie, répétée ‘ par le professeur et les élèves.”

‘ La Bible sera en usage comme livre de classe, (text ‘“ book) dans les Ecoles Protestantes. La leçon d’Evriture ‘ Sainte, dans chaque école, suivra la prière de l’ouver- “ture de la classe et ne durera pas plus de quinze mi- ‘“ nutes chaque jour.

On montrera dans chaque école, aux élèves au-des- “ sus du troisième grade, à répéter par cœur les dix com- “ mandements et le Symbole des Apôtres, et une demi- “heure peut être consacrée à cette exercice, chaque ‘“ semaine, aussi telles autres instructions, sur les bonnes ‘“ maniéres et la morale, qui pourraient paraître prati- ‘ cables.”

Malgré toutes les preuves que je viens de donner, on prétend que ces écoles n'étaient pas sec{aires (sectarian). Non sans doute pour ceux qui croient, si mal à propos, que ce mot sectaire est synonyme d'enseignement de la doctrine Catholique ; mais ces mêmes écoles étaient bien sectaires aux yeux de ceux qui attachent aux mots leur signification véritable ; en d’autres termes, ces écoles étaient bel et bien des écoles Protestantes, Protestantes de nom, Protestantes de fait: Protestantes par ceux qui en avaient le controle et la direction, comme la Section du Bureau, le Surintedant, les Inspecteurs, ete. Ces écoles étaient protestantes par le choix des livres pour les professeurs, les élèves et les bibliothèques. Œlles étaient protestantes par les exercices religieux et ‘un système “ d'Instruction Religieuse.......….. accepté par toutes les “ Dénominations Protestantes.” Ces écoles étaient protestantes par ceux qui les supportaient, les Protestants seuls en ayant la charge ; ces écoles étaient aussi protestantes pour ceux qui en bénéficiaient, puisque les enfants protestants seuls avaient le droit de les fréquenter. Il est

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d'autant plus étrange de nier à ces écoles le caractère qui les distinguait qu'elles se montraient protestantes ouvertement, franchement, sans hésitation comme sans intention de tendre des pièges à la bonne foi de qui que ce soit. Ces institutions étaient des Ecoles Publiques Protestantes tnut comme les autres étaient des Ecoles Publiques Catholiques, les unes et les autres s'affirmant sous leur jour véritable, suivant la distinction prévue et exprimée par la Constitution du Canada et la Constitution de Manitoba et appuyée sur la loi qui les avait créées.

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