LES CATHOLIQUES ET LE PACIFIQUE-CANADIEN
Cependant l’amendement Lamont démontrait que l’on reconnaissait l’obligation morale que nous avions de rendre justice aux catholiques.
Le simple droit de la minorité, droit naturel du père d’élever son enfant suivant sa conscience, droit constitutionnel basé sur le pacte fédéral, et droit garanti par la parole du souverain en 1870, ce simple droit fut refusé, nous dit-on, parce que les députés de l’Oued étaient unanimes à le repousser.
“Il est vrai, disait-on, que nous sommes liés avec les catholiques par un contrat solennel, par une obligation morale, par une parole sacrée, mais nous ne pouvons aller à l’encontre de la volonté des députés du Nord-Ouest.”
Alors il se produisit un fait qui mérite de vous être rapporté et qui prouve bien comment on traite les quarante pour cent de catholiques qui composent la minorité de notre pays.
Le Pacifique-Canadien avait été exempté d’impôts par le gouvernement fédéral lors de sa construction. La députation de l’Ouest tout entière, libéraux et conservateurs, demanda de relever les Territoires de cette obligation.
Le gouvernement répondit : “Nous aimerions à nous rendre aux désirs de nos amisi de l’Ouest, mais nous ne pouvons pas, nous sommes liés avec la compagnie du Pacifique par un contrat solennel.”
On prit le vote et tous les députés de l’Ouest votèrent contre le gouvernement.
Avec les catholiques ont était lié par un contrat bien plus solennel, et les intérêts en jeu étaient autrement élevés, et pourtant on a foulé la constitution aux pieds pour 11e pas avoir contre soi la députation des Territoires. Mais quand il s’agit du Pacifique- Canadien on 11e craint pas d’écraser ces mêmes députés des Territoires pour respecter un contrat qui sauvegarde quelques mesquins intérêts d’argent.
Je vous le demande : Est-ce là la justice ?
Y a-t-il deux poids et deux mesures dans notre pays ? Une mesure de justice et de liberté pour le Pacifique-Canadien parce qu’il est
riche et fort, et une mesure d’injustice et de persécution pour les catholiques, parce qu’ils sont faibles et pauvres ?
Et n’avons-nous pas le droit, M. Bourassa et moi, sans faire appel aux préjugés, de réclamer pour nos frères une justice égale à celle que l’on accorde aux nababs du Pacifique-Canadien ?