‹ Les écoles du nord-ouestChapitre 30 sur 62 · IT ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS · texte numérisé non relu

IT ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS

U’ “Avenir du Nord”, journal rédigé avec talent, donne aussi cependant dans la même ignorance de la question.

J’y lis, à la date du 27* avril, des choses comme celles-ci :

l/article 136 (des ordonnances) donne le droit d’enseigner le français aux écoles. *

Mon Dieu ! si c’était donc vrai.

Mais voyons ce qu’il est dit à l’article 136 (ordonnance 29) :

TOUTE L'INSTRUCTION DANS LES ECOLES SERA DONNEE EN AN¬ GLAIS ; mais il est loisible aux commissaires de tout district de donner UN COURS ELEMENTAIRE en français.

Sait-on ce que c’est que le cours élémentaire en français ? Iye paragraphe 2 de l’article nous apprend qu’on peut enseigner aussi et de la même manière toute autre langue que l’anglais.

Et le paragraphe 3 ajoute que ces cours. sur l’avis des commissaires, PEUVENT ETRE TAXES A PART.

Ouvrons une fois de plus les règlements du ministère de l’instruction publique. Le titre est : ‘ T enseignement des langues ETRANGERES”.

Cette instruction sera donnée ENTRE TROIS ET QUATRE HEURES de l’après-midi, aux jours CHOISIS par la commission, et SERA LIMITEE A LA (TR AMM AIRE, LA LECTURE ET LA DICTEE. Les livres seront CEUX AU¬ TORISES PAR LE MINISTERE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.

Notre langue, dans ce pays où elle est officiellement reconnue, est donc une langue ETRANGERE, comme celle des Dou'kobors ou des Cris.

Et la raison que M. Goggin, surintendant de l’instruction /publique, donne pour l’abolition du français, est que les Allemands, les Galiciens ou autres nationalités AURAIP1NT RAISON DE SE PLAINDRE DE CETTE PREFERENCE.

Les livres dont on se sert .sont anglais et la langue du Canadien-Français est devenue une étrangère dans son propre pays.

C’est là une faible exquisse de la situation que nous sommes coupables

(1) L’opinion de sir John Thompson est partagée par AI. Fitzpatrick, qui a déclaré mardi en réponse à M. Maclean que toute loi passée par le gouvernement du Nord-Ouest contrairement à la constitution provisoire de 1875, est absolument nulle. — Note -du ‘'Nationaliste”.

de dénoncer. Quel serait le plus honteux, le plus criminel, je vous le demande, no;tre silence ou les paroles révélatrices ?

L’article 137, continue le journal, permet une demi-heure de catéchisme, de trois et demie à quatre heures.

Toujours l’heure où la récréation est permise, ici comme pous le français.

Mais n’est-il pas extraordinaire de voir, en lisant les jugements du Conseil privé, comme les lords de ce tribunal, pourtant des Anglais et des protestants, comprennent bien mieux ce qui constitue une école catholique, que nous élevés presque sur les genoux de l’Eglise ?

Ou’on lise les remarques de lord Herschell ou de lord Watson, et l’on se convaincra qu’une école catholique ne se résume pas en une demi-heure d’instruction religieuse.

Page 1