LOIS DE GARANTIE VOTEES A OTTAWA
Le calme était rétabli dans> 1 Ouest, mais le parlement fédéral jugea bon de donner une garantie encore plus solennelle à la parole du souverain. Comme je vous l’ai dit, en 1875 on leur accorda une autonomie provisoire, basée sur l’esprit de la' constitution canadienne, et une clause de cette loi, la clause 14, établissait dans ces nouveaux pays l'es écoles confessionnelles, mieux connues sous le nom “d’écoles séparées”.
Cette loi ne rencontra pas d’opposition à la Chambre des Communes et fut votée sans discussion. On en a donné pour raison que c’était pour protéger la minorité protestante, parce que l’on croyait alors que de l’Ouest allait surgir une nouvelle province de Québec, française et catholique.
Etait-ce là la vraie raison de la justice accordée à- l’Ouest? J’aime mieux croire que les hommes de 1875 étaient plus près que nous du pacte fédéral de 1867 et en comprenaient mieux l’esprit que ceux qui cherchent aujourd’hui à le violer.
Quand je dis que cette loi ne rencontra pas d’opposition, je me trompe peut-être : en effet, l’adversaire acharné de l’école confessionnelle, M. George Brown, s’opposa à la mesure au Sénat. “Car, disait-il, si vous établissez aujourd’hui les écoles séparées dans l’Ouest, par l’esprit de notre constitution, à l’article 93 de l’acte de 1867, vous les établissez à jamais.”
Ce fut la seule voix discordante.
En 1877 le parlement fédéral, continuant son œuvre nationale pour* donner à l’Ouest le caractère vraiment canadien, passait une loi déclarant la langue française d’usage officiel comme la langue anglaise devant la législature et les tribunaux.
En 1879 une autre loi fut votée créant un fonds permanent, dont le capital s'accumulerait dans le trésor fédéral et dont le revenu serait consacré aux législatures du Manitoba et de l’Ouejst pour les fins de l’instruction publique.
DE 1879 à 190I'
En 1884 la législature de l’Ouest vota sa première loi scolaire, et en 1885 une nouvelle ‘ ‘ordonnance’ ’ établissait un régime d’instruction publique semblable à celui de la province de Québec.
Ce système comprenait et les écoles publiques et les écoles confessionnelles, ayant à leur tête un conseil de l’instruction publique, séparé en deux sections autonomes, la section protestante et la section catholique, avant chacune le contrôle de leurs écoles, le choix de leurs livres et de leur méthode cl’ enseignement. Cette loi fut quelque peu modifiée par la suite, mais toujours dans le même esprit de justice et de liberté.
En 1899, après l’agitation malsaine de M. McCarthy, et comme le groupe catholique se trouvait grandement dépassé par la majorité protestante, la législature de l’Ouest demanda au parlement fédéral le rappel de la loi de 1875. Il fut refusé: on revint à la charge, mais sans plus de succès, en 1890.
Mais en 1891, le parlement fédéral passa une loi permettant à la législature de l’Ouest d’abolir le français comme .langue officielle dans la publication de ses rapports et documents. Une nouvelle demande tendant à l’abolition deis écoles séparées fut repoussée par le parlement fédéral en 1892.