‹ Les écoles du nord-ouest canadienChapitre 30 sur 127 · III. — PHASE TROISIÈME · texte numérisé non relu

III. — PHASE TROISIÈME

La législature de Manitoba établit un système d'éducation dont toutes les classes de ciloyens peuvent profiter sans violenter leurs convictions religieuses.

L'étude de la première phase de l’histoire de nos écoles prouve jusqu’à l'évidence que les convictions religieuses des personnes intéressées ont été respectées, dès l'établissement de ces écoles : de plus, les différents pouvoirs publics d’Assiniboia ont apprécié ces convictions religieuses au point d’aider les écoles qui en étaient le résultat, et cela pendant plus de cinquante ans.

L'étude de la seconde phase nous montre le pays dans un état d’agitation, plein de crainte et de défiance, parce qu'une partie de la population se croit menacée de perdre la liberté dont elle a joui jusqu'alors; menacée de la suppression de privilèges qui lui étaient chers, et aussi parce que cette population redoutait d’être soumise à des obligations qui seraient un danger pour la foi de ses enfants. Des négociations amicales mirent fin à ces troubles, et calmèrent les inquiétudes, en donnant des assurances qui furent acceptées de bonne foi, dans la pensée qu'elles étaient données aussi de bonne foi par les Pouvoirs Supérieurs, qui sauraient les protéger.

Parmi ces assurances, il y en avait de relatives à l’éducation. Ces dernières garanties, exprimées dans des formules légales qui peuvent paraître un peu ambiguës, furent expliquées de manière à ne pas laisser de doute sur leur signification véritable. On assura positivement que l'on voulait en faire une protection des droits acquis par la coutume et une sauvegarde contre les empiétements et les précipitations d'une législation à venir. C’est par suite de ces expli- Cations, données dans le Parlement, données aux Délégués ef données à moi-même, à maintes reprises, que je regarde les assurances, telles qu'exprimées dans « l’Acte de Manitoba »

VL — Vers l'Abîme, 6

comme une seconde évolulion des éco'es de ce pays; comme un trait d'union protecteur entre ce qu’un passé connu avait eu d'indéfini et ce qu'un avenir redouté pourrait avoir de trop positif, dans le sens de restriction et même de répulsion.

Les amis de la Rivière-Rouge se réjouissaient de voir la paix et la confiance renaître parmi ses habitants, naguère encore si heureux et si paisibles.

Hélas! pourquoi faut-il le dire, les nouveaux arrangements ne satisfaisaient pas tout le monde et on en a entendu protester, avec un cynisme sectaire, que cela ne durerait pas; que quand la population étrangère serait arrivée en assez grand nombre pour y dominer, elle ferait fi de toutes les promesses et de toutes les assurances sur lesquelles on comptait tant, et que de cet « Acte de Manitoba, » il ne resterait que ce que les ennemis des vieux colons voudraient bien leur laisser.

Quoi qu'il en soit de certaines déceptions et des menaces qu’elles inspirèrent; quoi qu’il en soit même de certains actes de vioenre qui ont marqué l'établissement de la rouvelle Province, la Rivière-Rouge était dotte d’un gouvernement responsable, appuyé sur et expliqué par les déclarations qui avaient été faites, au cours des négociations, auxquelles était due cette nouvelle création.

Le 15 Juillet 1870, Sa Majesté proclama le transfert œu pays à la Puissance du Canada. Tout le monde se préoccupa de la manière dont serait appliqué l’Acte de Manitoba, cette charte de nos libertés civiles, politiques et religieuses.

La proclamation royale nous cédait au Canada, nous faisait entrer dans la Confédération, avec les mêmes privilèges que les autres Provinces de la Puissance, plus ce qui nous était assuré par l’Acte de Manitoba. Par le fait même du transfert, les Autorités Fédérales voyaient agrandir puissamment la sphère de leur action et de leur responsabilité; elles étaient investies, dans le Nord-Ouest, des pouvoirs et de l’autorité qu’elles exerçaient dans les autres Provinces, ces Aurtorités avaient en sus, à leur disposition l'immense domaine,

que les négociations leur avaient assuré; richesse qui rendaïit plus urgente l'obligation de regarder comme sacrée la protection promise et qui leur en avait assuré La paisible possession. Le premier exercice que l'Autorité Fédérale fit de ses pouvoirs fut d'appliquer à la « Province des Prairies » la constitution qui lui donnait son existence, ses étroites limites, au milieu de l’immensité du Nord-Ouest et l’investissait d’une autonomie, dont elle serait elle-même la première gardienne.

Voyons comment Manitoba va débuter dans l'exercice de ses libertés et de ses devoirs; comment, entre autres choses elle va traiter la cause de l'éducation, qui est mise entre ses mains, à la condition qu'elle respecte certaines restrictions. J’invite le lecteur à examiner avec moi la « Troisième Phase » de cette importante question.

Je demande donc à l’histoire quelques-uns des renseignements qu’elle peut nous fournir sur celte période qui dura à peu près 18 années, pendant'lesqueiles la Provin’e de Manitoba a été administrée par les quatre premiers Licutenants-Gouverneurs, que le Canada a placés à sa tête, et qui furent les Honorables Adams Georges Archibald, Alexander Morris, Joseph Edouard Cauchon, James Cox Aikins.

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