LAQUELLE DES DEUX LISTES À ÉTÉ DONNÉE AUX DÉLÉGUÉS
Vous dites que c'est la vôtre; au contraire, je répète que c'est la mienne. Nous sommes aussi sincères l'un que lautre, mais comme il faut joindre la certitude à la sincérité, examinons sur quoi reposent nos prétentions si différentes.
Après la mort de M. Thos Bunn, des papiers sont trouvés avoir été en sa possession, l'un est étiqueté : « Délégation au Canada, » « Co- » pie de La Commission et lettres d'instructions. » Pas un mot en ceci sur la Liste des Droits; il est vrai que dans votre propre classification, vous ajoutez vous-même « Une copie de notre Liste des Droits ». Permettez-moi de vous faire observer que vous ne donnez absolument aucune preuve que cette copie est celle qui a été remise aux délégués. IL est évident que vous croyez que tel a été le cas, mais je ne vois absolument aucune preuve de cette assertion dans votre lettre. Vous l'appelez « Notre Liste des Droits », « La Liste du peuple, » mais rien de cela ne prouve qu'on en ait fait usage. En dehors de votre assertion, je ne vois absolument rien qui puisse convaincre que le document dont vous parlez est celui qui a été remis aux délégués.
Jo vais maintenant vous exposer quelques-unes des raisons qui prouvent que « Ma Liste » est celle dont il a élé fait usage à Otiawa. J'ai vu moi-même le document remis à M. Ritchot et au juge Black par les chefs du gouvernement provisoire, j'ai entendu les objections faites par ces messieurs contre quelques-uns des articles du projet, j'ai vu des modifications faites en ma présence par les susdits chefs, J'ai entendu les délégués déclarer qu'ils prendraient « Ma Liste » pour base de leurs négociations. À leur retour, MM. Ritchot et Scott ont affirmé souvent que c'était en réalité ce qui avait eu lieu. Sir George Carlier m'a dit combien le gouvernement d'Ottawa s'était trouvé ennuyé et embarrassé quand les délégués ont refusé de négocier, si l’on prenait pour base de ces négociations la Liste des Droits préparée par la Convention, et si on refusait de prendre « Ma Liste » pour base. De plus, M. Ritchot étant aujourd'hui même dans ma maison, je viens de lui demander et en ai obtenu la déclaration suivante que je porte à votre cor.
naissance : « Saint-Boniface, 13 janvier 1890.
» À sa Grandeur Monseigneur Taché,
» Monseigneur, — J'affirme positivement que les articles de la Liste » des Droits que vous avez publiée sur Free Press du 27 décembre et » sur Le Manitoba du 81, sont conformes aux articles correspondants » de Ja Liste des Droits qui m'a été remise finalement, comme aux au- » res délégués, lors de notre départ pour Ottawa. Cette liste, qui seule » a servi de base à nos négociations, contenait la demande d'un sénat » où chambre haute, et le septième article de la même liste, renfermait » la demande des écoles séparées, et nous avons obtenu les deux. Au » reste, qui que ce soit peut se convaincre de ce que je dis ici, en con- » sultant les « Remarques » que j'ai écrites le 28 et 29 avril 1870, au » cours de nos négociations, dont je vous transmets l'original, et dont
» j'avais dans le temps donné une copie aux honorables Sir Suhn A. » Macdonald et Sir George Cartier. Que Votre Grandeur me permette » de Jui faire remarquer que je n'ai pas vu dans votre publication » l'article vingtième de notre Liste des Droits, quoique cet articic nous » ait été remis avec les 19 autres. Je fais mention de ce vingtième ar- » ticle au No. 6 de la « Note générale » qui sut les Remarques auxquelles » j'ai fait allusion plus haut.
» Agréez, Monseigneur, l'hommage de mon entier et resp:ciueux dé- » voûment.
» (Signé), N. J. Rrrcuor, Ptre, »