LES DEUX TEXTES SE VALENT
Dans la province de Québec, les hérauts et les organes attitrés du ministère répètent à l'envi que l'amendement projeté a la même valeur et produira les mêmes effets que l'article 16 du projet de loi. Us nous citent, à l'appui de leurs affirmations, les attaques que les ennemis des écoles séparées continuent de diriger contre le
ministère en dépit de sa nouvelle attitude.
A ceci, je répondrai tout d'abord qu'aux yeux de ceux qui prétiettident que les nouvelles provinces devraient recevoir du parlement une juridiction absolue en matière d'instruction publique, l' amendement S if ton — je crois pouvoir le désigner ainsi — est aussi condamnable que l'article 16. Il n'est donc pas étonnant qu'ils persistent dans leur opposition.
Quant aux fauteurs de désordre, à ceux qui ont entrepris de soulever les j-rovinces anglaises, e+ n1'i«! particulièrement l'Ontario, au cri de " Sus au Pape, à l'épiscopat et aux bandes françaises de Ouébec!" nulle concession cme le ministère pourra leur faire ne les arrêtera en si belle voie. Les passions qu'ils déchaînent ne rayonnent pas et ne s'occupent guère des textes.
Loin de voir dans la persistance des attaques que subit le ministère un argument favorable à l'adoption de l'amendement, ï'v trouve la preuve de l'inutilité de cet acte de faiblesse. Même en se plaçant au point de vue le plus étroit que puisse prendre le partisan politique le plus zélé, les véritables amis de sir Wilfrid Laurier auraient grand tort de permettre à ses collègues de l'entraîner dans la voie des concessions. Ils trahiraient la justice sans aucun avantage pour leur parti.
Je pourrais répondre au plaidover des ministériels, qui cherchent une excuse à leur défection dans les discours du docteur Sproule et du colonel Husrhes, dans les lettres de M. Haultain et dans les diatribes du "World" et du "News", par une thèse du même genre, et dire que si M. Si f ton, qui a démissionné narce qu'il ne pouvait accepter l'article 16, aérée l'amendement pro:eté, il est difficile de croire que les deux textes ont la même valeur et la même portée. Mais je reconnais volontiers que ces deux arguments se valent et qu'il /ne faut pas
attacher trop d'importance aux dires, et aux pestes d'un bon nombre de politiciens, plus occupés de ce temps-ci.
à sauver leur peau et à faire les affaires de leur parti qu'à défendre des., principes. Je préfère discuter le mérite intrinsèque des propositions dont la Chambre est saisie.