‹ Les ecoles du nord-ouestChapitre 28 sur 34 · LES BOERS SONT MIEUX TRAI- TES <">UE NOUS · texte numérisé non relu

LES BOERS SONT MIEUX TRAI- TES <">UE NOUS

En vérité, le système scolaire que lord Kitchener a garanti aux Boers d'Afrique en faisant la pa"x avec eux,

est plus équitable et dIus libéral que celui qu'on veut nous imposer dans l'Ouest, à nous qui avons, au Canada, et plus particulièrement dans ces ter* ritoires qui nous appartiennent au même titre qu'à la majorité anglaise et protestante, des droits imprescrip-< tibles garantis .par les traités et par la constitution.

Et parce que je me refuse à accepter cette iniquité, parce que jedénonce un état de choses qui attente d'une façon si cruelle et si odieuse aux droits naturels les nlus sacrés de mfes com-patriotes et de mes coreligionnaires, je me vois qualifié d'intransigeant, de dév, magogue, de fauteur de discordes, de faux ami et de mauvais citoyen.

Quelques objections Refutées

"LA MINORITE DU NORD-OuEST EST SATISFAITE"

Mais, dit-on. la minorité du Nord* Ouest est satisfaite ; elle ne demande, qu'à conserver l'état de choses actuel.

L'éminent directeur de la "Patrie", s'est fait l'écho de cette opinion. Il écrivait le 19 avril :

Je suis en position de vous donner l'assurance la plus positive que nos compa-o triotes et nos coreligionnaires des Terril toires et des nouvelles provinces accep» tent avec satisfaction les amendements qui sont sous discussion.

Le lendemain, M. Tarte réitérait sa.

déclaration dans les termes suivants:

Les catholiques des Territoires, par leurs représentants les plus autorisés, acceptent avec satisfaction les amendements apportés à l'Acte d'Autonomie, et nous conseillent, à nous, leurs frères des vieilles provinces, d'unir nos bonnes volontés pour les faire sanctionner par le parlement du Canada.

Je n'écris pas à la légère des choses de cette importance ; j'y appelle votre attention, parce que je les sais vraies.

Je crois avoir le droit, non seulement d'une façon générale, mais paj?

les renseignements que je possède, d' in* terpréter la pensée de nos compatrio*

les de l'Ouest avec autant d'exactitude que M. Tarte ; et je me permettrai de lui dire qu'il commet ici une erreur profonde et trompe inconsciemment ses lecteurs.

Je sais que les catholiques du Nord- Ouest, repousses à Ottawa en 1893, repoussés à Régina en 1894. traités en conquis depuis douze ans, espèrent peu de chose du parlement fédéral.

Ainsi que je l'ai expliqué, ils ont tiré le meilleur parti possible de la situation qu'on leur a faite en dépit de leurs protestations ; et ils ont fondé, partout où il leur était possible de le faire, des écoles publiques où, partie sous l'empire de l'ordonnance 29 et partie grâce à la tolérance des autorités locales, leurs enfants reçoivent l'enseignement de leur langue et de leur religion.

Ce au' ils attendent de "leurs frères des vieilles provinces" et de la majorité ministérielle, — ET CE OU' ON LEUR A PROMIS QU'ILS OBTIEN- DRAIENT, — c'est que le gouvernement fédéral leur garantisse cet état de choses.

Pour me servir des expressions mêmes du rédacteur de la "Patrie": je n'avance pas à la légère, ce que j'affirme en ce moment.

Or, comme on vient de le voir, l'amendement Sillon ne conserve ni n'assure presque rien de l'état de choses actuel. Et si le parlement fédéral acceptait cet amendement sans le modifier, il dépouillerait les catholiques de l'Ouest, après avoir odieusement endormi leur vigilance en les trompant, comme on cherche à nous tromper nous-mêmes, sur la signification véritable et la portée réelle de cette mesure

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