‹ Les écoles épiscopales et monastiques en Occident avant les universités (768-1180)Chapitre 13 sur 51 · MIDI · texte numérisé non relu

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vous des hommes remarquables et le centre d'une réforme monastique, dont la bienfaisante influence a régénéré l'Occident.

La province de Bourges est une de celles qui ont laissé le moins de souvenirs dans l'histoire. Nous ne pouvons citer que le monastère d'Aurillac, en Auvergne, fondé à la fin du ix' siècle par saint Gerauld, et illustré par le séjour de Gerbert. Ce que nous avons dit plus haut de cette communauté, en parlant de Gerbert, atteste que les religieux de l'abbaye saisissaient avec empressement toutes les occasions de s'instruire. On ne peut, certes, pas leur reprocher d'avoir été stationnaires et peu envieux de progrès. L'ignorantisme n'était pas leur fait.

Limoges, surtout connue par ses émailleurs et ses orfèvres, doit cette réputation à ses anciens monastères, à sai^t Martial en particulier. Les moines de cette contrée se livraient avec prédilection au travail manuel des beaux-arts, et entretenaient des ateliers d'où sortaient de véritables artistes.

Tout ce que nous pouvons dire des provinces méridionales se borne à fort peu de chose; c'est à peine si nous réunissons quelques noms de grammairiens dans tous les diocèses de l'Aquitaine, du Languedoc et de la Provence. Bernard, archevêque de Narbonne; Durand, abbé de Castres, sont à peu près les seuls dont les auteurs aient vanté le savoir. Il ne faudrait pourtant pas en conclure que toute cette partie du royaume était plongée dans les ténèbres. La vraisemblance veut qu'on suppose ça et là quelques écoles où les clercs étales moines appro-

naient les notions indispensables à l'exercice de leurs fonctions.

Singulier contraste I De l'autre côté des Pyrénées, la civilisation arabe était à son apogée. Tandis que dans l'Europe chrétienne (1), les personnes mêmes les plus haut placées ignoraient souvent les premiers principes de la science, en Andalousie tout le monde savait lire et écrire. Sous le règne d'Hacam II, le plus savant des princes qui aient gouverné l'Espagne, vingt-sept écoles furent ouvertes aux enfants des déshérités de la fortune qui sollicitaient une éducation gratuite. Quant à l'Université de Gordoue, elle était la plus renommée du monde; le droit et les sciences naturelles y étaient enseignés.

(l)Dozy, HisLdes Musulrmns d'Eapagne, III« vol., p. 107 et suiv.

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