‹ Les écoles épiscopales et monastiques en Occident avant les universités (768-1180)Chapitre 16 sur 51 · REVUE DES ÉCOLES DU XII"^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

REVUE DES ÉCOLES DU XII"^ SIÈCLE

Le réveil des esprits auquel nous venons d'assister se manifesta complètement dans le cours du xn^ siècle. Si on veut entendre par renaissance la résurrection des arts, des lettres, le désir de connaître et d'aller en avant, il faut placer à cette époque le point de départ de ce phénomène. Cédons la parole à un maître dont personne ne récusera la compétence (1). a: Le mouvement, dit M. VioUet-le-Duc, qui se maniée nifesta au sein des villes, parmi les bourgeois, pro- € duisit bientôt les conséquences les plus étendues. € De gré ou de force, les villes du Nord s'émancipent m et prétendent se gouverner elles-mêmes; or qui m dit émancipation, dit développement des forces « matérielles et intellectuelles. En effet, nous voyons m ces villes étendre leur industrie et leur commerce, € se couvrir de monuments, s'emparer de tout ce m qui tient à la culture des arts, si bien qu'à la fin du « siècle, pas une construction, pas un édifice relim gieux même, pas une peinture ou un vitrail ne

(1) Revue archéologiquej 1863, étude sur Talbum de Yillard de Honnccourt.

a: sortent des monastères, toute œuvre d'art et d'inm dustrie est le produit du cerveau et de la main de « l'artiste laïque. C'est ainsi, pendant le xiie siècle, « que s'élèvent ces discussions théologiques qui c émouvaient des populations entières. Déjà surgit € l'esprit d'examen et de critique. Jamais peut-être « les intelligences ne furent plus actives qu'à cette d époque, jamais révolution intellectuelle ne fut plus « profonde, jamais l'élément laïque ne fit de plus « grands efforts pour s'élever et former un corps ci- <t vil. 3) N'était-ce pas le temps (1) où des milliers d'étudiants s'attachaient à la poursuite d'Abélard; où les chevaliers du Nord et du Midi accueillaient dans leurs donjons les trouvères et les troubadours, et prenaient plaisir à entendre réciter des vers ou à en composer? N'était-ce pas le temps de ces cours d'amour où la noblesse luttait de galanterie et de finesse d'esprit, et préparait ainsi l'adoucissement des mœurs?

Ampère reconnaît trois renaissances en France (2). « La première date de Gharlemagne, la seconde <î: tombe à la fin du xV siècle , la dernière est la grande « renaissance du xv^ et du xvi® siècle, ^i) Nous serions entièrement de son avis s'il n'ajoutait : « ces trois « époques ont les mêmes caractères, les mêmes « causes et les mêmes résultats... Un symptôme est m communaux trois renaissances, la résurrection de « l'antiquité. i>

Nous ne comprenons pas que le jugement dusavant

(1) De his quasi hamum quemdam fabricavi quo ad verae philosophiae lectionem illos attraherem. {HisL calamitaturriy Abélard, c. viu.)

(2) Ampère, His. liU, de la France^ av. le xii« s., t. III, p. 33.

Ampère, ordinairement si sûr, se soit laissé égarer dans cette appréciation. L'illusion est flagrante. Sous le règne de Gharlemagne, les esprits étaient encore trop incultes pour apprécier les charmes de la littérature latine, ceux qui lisaient les auteurs profanes n'avaient pas d'autre but que de se préparer aux études sacrées. Au xii® siècle, l'attention se porta tout entière vers la scolastique et les romans de chevalerie; or, rien ne ressemble moins aux prédilections littéraires du règne de François I•^ Dans les arts la différence est encore plus marquée ; car l'architecture gothique, tant exaltée au xiV siècle, est le contre-pied de l'architecture antique que le xvi^ siècle a fait renaître. Quant aux causes, il n'est pas possible d'y voir non plus la moindre analogie, puisque dans le premier cas la renaissance fut provoquée par le désir de restaurer les études sacrées, dans le second par l'émancipation des communes et l'audace des hérétiques, et dans le troisième par une importation étrangère.

S'il fallait assigner une cause nouvelle à la seconde renaissance, nous pourrions signaler le grand épanouissement des ordres religieux. Il est indubitable que la rivalité qui s'établit entre les nouvelles communautés et les anciennes, éveilla l'émulation et donna une forte impulsion aux études. Les supérieurs faisant plus que jamais la guerre aux religieux ignorants, chacun redoubla de zèle et d'ardeur pour la science. Les uns, comme les Cisterciens et les Prémontrés, se vouèrent à la prédication; les autres, comme les Chartreux, prirent la tâche obscure et laborieuse de copier les livres. Dans le

nord de la France, les maîtres devinrent si nombreux, qu'au dire de Guibert de Nogent (1), il n'y avait ni ville ni bourgade où les enfants de la plus humble condition ne pussent s'instruire facilement. A toutes ces causes de prospérité, les princes et les souverains Pontifes ajoutèrent leur appui et leurs encouragements; et ce concours aidant, l'Eglise parvint à triompher des obstacles qui s'opposaient encore au progrès des lumières.

Paris, qui jusque-là avait plus d'une fois cédé la métropole palme aux écoles de Reims, de Laon, et du Bec, p^^^jg. conquit définitivement le premier rang sur ses saim-victor. rivales. Duboulay affirme qu'avant le règne de François P% aucun siècle n'a donné à Paris plus de maîtres et d'élèves distingués (2). L'école la plus fréquentée fut celle que fonda Guillaume de Ghampeaux à l'abbaye de Saint-Victor, lorsqu'il quitta sa chaire de Notre-Dame pour vivre dans la retraite. En peu de temps, la congrégation de chanoines réguliers qu'il avait formée autour de lui devint l'une des plus célèbres académies (3) de l'Europe. D'anciens professeurs y venaient augmenter leur savoir et apprendre comment on peut s'appliquer à l'étude sans nuire à la discipline et aux exercices du cloître. Dès 1131,1a popularité de cet institut fut telle, que

(1) Gesta Deiper Francos, ap, Migne, t. CLVI.

(2) Nullum fuisse seculum fertilius ingeniis praecellentibus, aul numéro magistrorum et discipulorum abundaiitius, aut tersa lalinate florentius. ^BisL Univ. Paris., t. II, p. 556.)

(3) Clarebat hoc tempore ordo canonicus S. Victoris Parisius, celebrisque fama per orbeni habebalur propter famosas quasdam et insignes personasmoribus et scientiis adornatas. (Johannes S. Victoris, in memoriali hist,, anno 1139. B. I. Fonds S. Victor.)

divers évêques de France conçurent le dessein d'en tirer des chanoines réguliers pour les substituer aux séculiers qui desservaient leurs cathédrales. L'Eglise anglicane, en particulier, regardait Saint- Victor comme un séminaire d'évêques, et s'estimait heureuse d'y puiser ses premiers pasteurs. Parmi les grands hommes dont s'honore cette abbaye, on cite les docteurs Hugues, Richard, Pierre Lombard, le canoniste Etienne de Tournay, le médecin Obizon, le philosophe Achard, le poète Adam, et Arnulph, évoque de Séez. Hugues a décrit dans son traité de vanitate mundi, une école (1) dont il a emprunté les traits à celle de Saint-Victor. Les occupations de chaque groupe d'élèves nous font voir que le cours des études embrassait le trivium, le quadri^ vium , la médecine et même l'enluminure des manuscrits.

siGeneviève. Odou, premier abbé de Sainte-Geneviève, emmena avec lui douze chanoines de Saint-Victor, qui étaient autant de savants. Leur enseignement eut les plus heureux résultats, car, en 1180, lorsque Etienne, abbé de Saint-Euverte d'Orléans, alla les visiter (2), on avait été obligé de créer un établissement particulier pour les écoliers du dehors.

Noire-Damc. Après le départ de Guillaume de Ghampeaux, la cathédrale de Notre-Dame confia sa chaire de théologie au docteur Adam de Petit -Pont, trèsattaché à la méthode d'Aristote, et à Pierre le Man-

(1) Alii figuras variis modis et diversis coloribus in membranis docla manu désignant.... alii de natura herbarum, de constitutionibus hominum pcrtractanl. {De vanilate mundi, 1. 1. ap. Migne, t. CLXXVI.)

(2) Gallia christ,, t. VII, p. «8.

geur, ainsi surnommé à cause de l'avidité qu'il apportait à la lecture. Ils eurent pour collaborateurs Michel de Gorbeil, Pierre le Chantre, Pierre de Gorbeil, Hugues de Ghampfleury et Pierre de Poitiers, qui tous parvinrent aux premières dignités de l'Église. Giles et Obizon, médecins de Louis le Gros et de Philippe II, appartenaient à ce clergé. Pierre Lombard et Maurice de Sully ne furent élevés sur le siège épiscopal de Paris qu'après avoir longtemps professé la théologie à l'école de Notre-Dame (1).

Gelui qui enseigna avec le plus de talent et de prestige; celui qui, sans contredit, attira le plus d'étudiants à Paris par sa renommée, est Abélard. Doué d'une belle imagination, d'un esprit vif et pénétrant, versé dans toutes les connaissances de son époque (2) , cet ardent dialecticien possédait toutes les qualités propres à séduire et à dominer ses contemporains. Il eut le tort de céder par-* fois au désir de briller et • d'éclipser ses rivaux, et ce travers, en rabaissant son mérite, lui valut bien des disgrâces et des mécomptes. Les péripéties de son existence sont trop connues pour que nous les racontions; il suffira de rappeler que, tour à tour, ami et ennemi de Guillaume de Ghampeaux, il fut obligé de promener son école à Gorbeil, à Melun, à Provins, à Saint-Denis et en Bretagne, pour échapper à l'envie ou à la haine, et qu'il alla mourir à

(l)Bulœus, Hist, Univ, Paris,y t. II, p. 754.

(2} Diversas disputando perambulans provincias ubicumqiie hujus arlis sludium vigere audieram, peripateticorum factus sum gemulalor. {Ep, /, ÂBELARDi, ap. Migne, t. GLXXVIII.)

Gluny où Pierre le Vénérable lui avait offert un asile.

Jean de Sarisbéry (1), incisif et judicieux observateur de son temps, qui quitta l'Angleterre pour venir étudier à Paris de 1118 à 1130, nous fait connaître parfaitement dans ses écrits Tétat des écoles. Il alla d'abord sur la montagne Sainte-Oeneviève prendre des leçons de dialectique près d'Albéric de Reims et Robert de Melun, deux esprits pénétrants, dit-il, mais trop peu soigneux de suivre la trace des anciens. Après, il eut pour professeurs Bernard de Chartres, le grammairien, dont il loue fort la méthode; Guillaume de Couches, le philosophe; Richard l'Évêque, maître de rhétorique, et enfin Pierre Hélie. Il aurait pu entendre encore Guillaume de Soissons, Gilbert Porée, Gilbert l'Universel, trois théologiens distingués ; Robert PuUus, restaurateur de l'Université d'Oxford, et Simon de Poissy, qui enseignaient à la même époque.. Le parti des nominalistes et la secte des Cornificiens comptaient aussi de nombreux professeurs. Après 1130, les écolâtres qui se distinguèrent par leur science et leur méthode sont Teurède le grammairien, Aubert de Reims, Olivier le Breton (2), dont les leçons furent religieusement recueillies par leurs élèves; Roger, Albéric de Reims, Raoul le Noir, Mathieu d'Angers, professeur de droit civil et canon, et Girard de Cambrai. Plus on approche de la fin du siècle, plus les professeurs se multi-

(1) Johannis Sarisb. Metalog,

(2) Catatog, libror. Mss, Angliœ. (Oxoni, in-f>, 2 vol., 1697.)

plient; leur nombre, joint à celui des élèves, égala celui des habitants.

On pourrait induire d'un passage de Pierre de Blois que les grammairiens se tenaient à distance du siège des logiciens et du sanctuaire de la théologie. Dans sa lettre VI , il exhorte un professeur de grammaire, attardé au milieu des enfants, à quitter enfin la région fangeuse des études inférieures^ et à gravir la montagne des hatUes sciences. Qui ne reconnaîtra dans cette allusion la montagne Sainte -Geneviève où se livraient les combats de dialectique, et les environs marécageux du clos Mauvoisin, situé près des rives de la Seine, où Adam de Petit-Pont avait fondé une école? La circonscription du pays latin, au xn® siècle, était donc encore plus étendue qu'aujourd'hui ; elle embrassait la Cité tout entière et ses environs. En descendant le fleuve, on rencontrait l'abbaye de Saint -Germain -des -Prés, qui élevait saint-cermamtoujours des enfants (1). Guillaume, chanoine de Sainte-Geneviève, n'en était sorti qu'après avoir achevé ses études. Sur la rive droite, le monastère de Saint-Martin-des-Ghamps possédait aussi une saint-Maninécole, où Pierre de Celle vint s'appliquer à l'étude '^^^-champs. des auteurs profanes et de l'Écriture sainte. Les étrangers qui venaient en foule de tous les points de l'Occident recueillir la science de la bouche des Abélard, des Guillaume de Ghampeaux, des Pierre Lombard, étaient une source abondante de commerce pour les citoyens, et Paris fut bientôt transformé en une cité opulente. Écoutez le témoignage

i\)Acta SS. BoLLANDi., 6 avril, p. 625.

que portaient sur cette ville les auteurs contemporains. C'est Jean d'Hauteville qui parie, on croirait lire un un récit du xix® siècle :

Exoritur (1) tandem locus, altéra regia Phœbi Parisius, Cyrrhaea viris, Chrysea metallis Graeca libris, Inda studiis, Romana poetis Attica terra sophis, mundi rosa, balsamus ôrbis.

Quoique Thomas de Cantorbéry et d'autres témoins confirment ces éloges et proclament Paris la mère de la philosophie, on pourrait encore soupçonner l'exactitude de la peinture. Voici Pierre de Celle, un moraliste de sang-froid, qui va nous convaincre que cette emphase n'est pas sans fondement : Parisius (2] quam idonea es ad capiendas et decipiendas animas. In te retiacula vitiorum , in te malorum decipula, in te sagitta inferni transfigit insipientium corda.... Quis prœter te, dit-il à un ami, alius sub cœlo^ Parisius non œstimavit locum deliciarum, hortum plantationum, agrum primitiarum. Cette fois, il faut céder devant la vérité mais reconnaître que si le Paris du xn® siècle avait déjà beaucoup cie ressemblance avec le Paris du xix% son luxe et sa richesse s'alimentaient d'autres .sources.

saiAt-Denis Ici, uous rctrouvous Abélard entouré de disciples si nombreux que la terre ne pourrait suffire à leur nourriture (3). Suger, devenu abbé, ne voulut pas

(1) D. Rivet, Bist. îitt., t. XIV, p. 43.

(2) Coll. Mi^ne, ep.LXXni.

(3) Ad cellam quamdam recessi scholis more solito vacalurus, ad quas quidem tanta scholarium multitudo confluxit ut nec locus hospitiis nec terra suffîceret alimentis. {Hist, calamit,, c. yiii, Abélard.)

lui permettre de continuer ses leçons publiques, afin sans doute de préserver la communauté du tumulte. Le monastère n'en conserva pas moins son école intérieure ; Suger n'en connut pas d'autre jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans. Eudes de Deuil, historien de la seconde croisade, le littérateur Ives (1), Guillaume de Gap, helléniste et médecin; Rigord, médecin de Philippe-Auguste ; le prédicateur Hellouin et Guillaume, le biographe de Suger, étaient moines de Saint-Denis.

Le séjour d'Abélard à Melun et à Gorbeil n'a pas Diocèse

** ^ de Meaux.

pu être sans effet sur les études de ce diocèse; le spectacle seul de son cortège suffisait pour renouveler l'ardeur des esprits.

Saint Yves, évêque de Chartres (2) , mort en 1 1 1 8, eut Diocèw pour successeurs Geoffroy de Lèves, légat du Saint- Siège; Guillaume de Champagne ; Jean de Sarisbéry, disciple des meilleurs maîtres de Paris; et Pierre de Celle, qui signala la supériorité de son esprit par la réforme de plusieurs monastères. Bernard de Chartres, le grammairien, et Foucher, l'historien de la première croisade, sont comptés parmi les membres du clergé de ce chapitre.

Le pape Alexandre III, obligé d'intervenir dans niœèse Une querelle qui divisait les maîtres de la ville de Blois, fait mention (3), dans sa bulle, de deux écoles. Pierre de Blois s'illustra a Paris, en Sicile et en Angleterre; Bernard de Blois défendit la religion chré-

{\)Gallia christ., UWl.

(â) Voyez le chapitre des bibliothèques où se trouve le catalogue des mss. de Saint-Père et de la cathédrale de Chartres. (3) Launoi, de scholis celebi\j p. 169.

de Blois.

tienne en Palestine, et un autre Pierre de Blois (1), ami du premier, cultiva les arts libéraux jusqu'à un âge très-avancé. Guillaume de Blois, d'abord pourvu de dignités, les abandonna pour se retirer à Saint- Laumer. Son frère loue beaucoup ses comédies, ses tragédies et plus encore ses écrits théologiques (2).

Ce même diocèse possédait en 11 09, au monastère de Tiron, une communauté de moines actifs et appliqués aux durs travaux de l'industrie. Il y avait à peine deux ans que Bernard avait fondé cette abbaye et déjà on accourait de toutes parts pour entendre ses leçons. Ceux de ses frères qui n'étaient aptes qu'à exercer les arts mécaniques les enseignaient à ceux qui voulaient s'y destiner. Orderic Vital nous dit qu'on voyait (3) là des serruriers, des sculpteurs, des orfèvres, des menuisiers, et que chacun était sûr d'y trouver des maîtres selon son goût.

HÉTROPOLE D'après un passage delà vie d'Hugues, abbé de Marchiennes (4), la ville de Reims serait devenue la rivale de Paris. Gomme sur la montagne Sainte-Geneviève, le feu sacré de la science y embrasait les intelligences; et ceux qui venaient s'instruire formaient une telle multitude, que dans une lutte contre les citoyens de la ville les écoliers auraient été

(\) Pétri Blesensis^p. LXXVI, LXXVII, ap. Migne,t. CCVII.

(2) Ef). LXXVJl, XCU, ap. Migne, ibid.

(3) Hist, eccl Norm., 1. VIU.

(4) Fervebat eo temporis et eo loci grandis ardor discendi et civitas illa requisita tune nimis propter eruditos et erudiendos, qui muiti convenerant, tam muUos ut clericis cum laicis allercantibus, clerici cives multitudine vicissent, nisi mox pace facta inter eos, isti scholas, illi fora répétèrent... magister Albericus ejusdem urbis archidiaconus magistrabat et magna yirorum apud eum eruditio. {Vita HugoniSj abb, Marchian.^ ap, D.Mar- TÈNE, Thés, anecdoL, t. III.)

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