‹ Les écoles épiscopales et monastiques en Occident avant les universités (768-1180)Chapitre 19 sur 51 · DB SENS · texte numérisé non relu

DB SENS

des leçons (1) sur l'Ecriture sainte, le droit canon et

L'évêque de Troyes, Hatton, entretenait une cor- ^e^ro^^. respondance suivie avec saint Bernard et Pierre le Vénérable, pendant que son archidiacre Gibuin faisait des sermons pleins d'éloquence et d'érudition. * Pierre Gomestor, auteur de VHistoria scolastica^ avait été professeur à Troyes avant d'occuper la charge de chancelier à Notre-Dame de Paris.

L'abbaye de Montieramey forma Nicolas, d'abord secrétaire de saint Bernard, puis ami et protégé du comte Henri le Libéral. A Moutier-la-Gelle |2) , près de La ceiie. Troyes, la philosophie, la théologie, et les lois civiles furent étudiées aussi bien que les arts libéraux. Pierre de Gelle, abbé du monastère, en exerçant les devoirs de l'hospitalité la plus fraternelle à l'égard de Jean de Sarisbéry, réduit à l'indigence, eut l'avantage de garder trois ans près de lui le plus fécond et le plus spirituel écrivain de son temps.

Les leçons des maîtres qui enseignaient à Lyon métropole et les précieuses ressources de la bibUothèque ras- lyon. semblée par l'archevêque Hugues attiraient des étudiants des contrées lointaines. Honoré, scolastique d'Autun, qui a laissé tant de monuments de son savoir, séjourna dans cette école. Lorsque l'iljustre Pierre Maurice devint abbé de Gluny, il fit diocèse renaître dans cette abbaye les antiques traditions de j,,^^ science et de ferveur religieuse qu'avait léguées saint

(1) Nisi forte aliquis canonicorum Senonensis ecclesiae de divina pagina vel decretis vel legibus légère voluerit. (CartuL de VYonne, Il vol. p. 211.)

(2) PelriCellensis epist,, ap.Migne,t. GII.

Odon. Pierre le Vénérable donna à ses élèves l'exem^ pie de la plus prodigieuse activité. Il est surprenant qu'un homme chargé d'ailleurs de tant d'affaires, en relation avec tous les savants, ait pu produire autant d'écrits. Juifs, Musulmans, hérétiques de toute sorte éprouvèrent l'atteinte de ses coups. Il alla lui-même en Espagne chercher une traduction fidèle de l'Alcoran pour combattre avec plus de succès ses adversaires.

MÉTROPOLE A mesure que nous descendons vers le Sud, les BOURGES, documents deviennent plus rares et partant nos as- Diocèse sertions plus incertaines. Géraud, abbé de Saint-Augustin, se fit remarquer (1) par son empressement à enrichir la bibliothèque de son monastère et mérita le titre de grammairien (2). Isembert, élevé dès son enfance à l'abbaye de Saint-Martial, bâtit une infirmerie dont la structure était digne d'un palais royal et composa pour saint Salpinien une châsse d'une exécution fort habile. Lespine, dans le Limousin histo^ rique (1771), nous donne une haute idée du savoir faire des moines limousins par la description de l'autel en cuivre doré et émaillé dont fut ornée l'église abbatiale de Grand-Mont en 1165.

Diocèse Parmi les souscriptions d'une charte de l'église de saint-Fioar. ^^ Saiut-Flour OU fit .' Rotgerius (3) medicus et Durandus Cabiscols^ ce sont deux indices favorables à cette école épiscopale.

Auriiiac. Le mouastèrc d'Aurillac (4) fit peu parler de lui

(1) Gallia christ., t. II, p. 557.

(2)Labbeus, Francorum rerum script,, i. II, p. 321.

(3) Gallia christ., t. II, p. 134 instr.

(4) Nam cum Aureliacensibus qui multarum rerum peritiam et asum ba* bant aequentur in plurimis. (Ep. LX, t. GXGIX.)

après le départ de Gerbert, mais il n'en demeura pas moins attaché aux études sérieuses. Jean de Sarisbéry voulant louer le clergé de Lisieux, ne trouva pas de meilleur moyen de rendre sa pensée que de le comparer aux moines d'Aurillac.

On pourrait induire du grand nombre de monas- Diocèse téresqui se rangèrent sous la juridiction de la Chaise- * *™**" Dieu, que ce chef d'ordre n'était pas déchu de son état primitif. Si ce témoignage était équivoque, nous citerions les nombreux pontifes qu'il a procurés aux diocèses de Valence, d'Uzès, de Qermont et de Vienne.

La série des écolâtres n'a subi aucune inter- métropole ruption à la cathédrale de Saint-Hilaire pendant le "*■

., , ^ nn ' 1 BORDEAUX.

xiV siècle. Cette affirmation repose sur la quantité j^j^^^^ innombrable de souscriptions (1) qui se trouvent au ** ^®*'*®"bas des chartes publiées par la Société des antiquaires de l'Ouest. Parmi ceux qui vinrent étudier à Poitiers, les plus célèbres sont Guillaume de Poitiers, Hugues de La Rochefoucauld, évêque d'Angoulême, et Philippe évêque de Durham (Angleterre).

Une charte d'Aliéner d'Aquitaine (1199) est revêtue de la souscription (2) d'un maître d'école de Saintes, nommé Isembert. L'apposition du seing de ce magister entre celui du prévôt de La Rochelle et du maire de la commune, ne doit pas être regardée comme fortuite ; à notre sens, elle indiquerait un digliitaire d'un rang élevé.

L'Acpiitaine, aussi peu féconde que par le passé, li'a d'autre nom remarquable à produire que celui

(1) Mém. de la Sociélé des antiq. de VOuesL 1847. (3) Isemberto tune magistro scholarum Xantonis. (Bibl. de Téoole des Chartes, t. XIX, p. 18.)

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