DB NARBONNE
de Montpellier.
de Geoffroi Leroux, archevêque de Bordeaux, dont saint Bernard fait l'éloge.
MÉTROPOLE Toute la gloire du Languedoc s'est concentrée sur la ville de Montpellier, la rivale de Saleme dans Diocèse l'enseignement de la médecine. A propos de la dispersion des Gornificiens (1), Jean de Sarisbéry nous dit que les uns se firent clercs ou moines et que les autres se rendirent à Salerne ou à Montpellier pour se faire les disciples des médecins. Afin d'accroître la réputation de Montpellier, le seigneur Guillaume accordait (2) la permission d'enseigner publiquement cette science dans toute l'étendue de la ville à quiconque s'en montrait capable.Quantau droit romain, Pasquier (3), Gatel (4), Gariel (5) et les derniers historiens du Languedoc affirment qu'il était déjà professé publiquement à Montpellier. Le fameux jurisconsulte Placentin, auteur d'un commentaire sur les Institutes, y mourut en 4192. Azon de Bologne lui succéda pendant dix ans. C'est pour conserver â la postérité le souvenir de ces deux maîtres éminents que la faculté de Montpellier a fait représenter leur tête sur les masses d'argent de ses bedeaux. Enfin il nous reste à citer un dernier nom, celui de Jourdain de Clivo, qui dirigea l'école publique du comté de Saint-Gilles jusqu'au jour où les Milanais l'attirèrent chez eux pour l'élire archevêque.
(i) Alii autem in philosophia intuentes defectum, Salernum vel numtem Pessulanum profecti, facti suntclientuii medicorum. (D. Bouquet, t. XIV» p. 302.)
(2) D. Vaissette, HisL du Languedoc, t. II, p. 517.
(3) Recherches hisL, 1. IX.
(À) EisL du Languedoc^ p. 293.
(5) Ibid.y p. 24.
Nous ne poursuivrons pas au delà nos investigations, elles nfe feraient que nous révéler avec quelle rapidité les institutions les mieux établies en apparence peuvent décliner et disparaître. Parvenus au règne de Philippe-Auguste, nous touchons à la fin de l'existence glorieuse des écoles épiscopales et monastiques et à Tavénement d'un nouvel ordre de choses. Tout semble dès lors conspirer contre l'éducation claustrale, pour en accélérer la ruine. Les prélats, habitués à la vie tumultueuse depuis les croisades, se laissent absorber par les préoccupations temporelles et briguent l'honneur d'entrer dans les conseils des princes ou de devenir leurs ministres d'État. Les moines s'engourdissent dans le relâchement et l'oisiveté qu'amène toujours après elle une trop grande opulence, et se trouvent sans force pour lutter contre les nouveaux ordres religieux qui se sont emparés des chaires de l'enseignement. Il n'est pas jusqu'à la transformation qui s'opérait alors dans la société féodale qui n'ait eu son influence sur ce dénouement précipité. Ce n'est pas que le zèle des étudiants se soit refroidi, au contraire, jamais il ne fut plus ardent; mais les fils de ceux qui avaient secoué le joug des seigneurs pour s'ériger en municipalités franches se trouvèrent mal à l'aise sous la discipline du cloître, et voulurent respirer l'air libre des grandes villes. Loin de combattre ces tendances, Philippe-Auguste et ses successeurs les encouragèrent en fondant des universités et en comblant ces corporations de privilèges. Incapables de soutenir une concurrence aussi redoutable, les écoles épiscopales et monas-
tiques furent rapidement dépossédées du sceptre qu'elles tenaient avec honneur depuis quatre siècles et s'effacèrent complètement de la scène de l'histoire.