EN QUOI CONSISTAIT LE TRIVIUM
Grammaire.
Isidore de Séville nous dit dans ses Origines qu'gn apprenait les lettres aux enfants au moyen de cailloux marqués de caractères, et que les maîtres chargés de les leur montrer s'appelaient pour cette raison calculatores. Quand ils étaient capables d'assembler les lettres, on leur faisait lire les ouvrages de Probus, de Didyme, ou ceux d'autres philosophes recommandables, le psautier, ou quelque autre livre de piété, en exigeant une explication de chaque mot en particulier. Au xn^ siècle, l'auteur en vogue était le philosophe Caton (1) dont on lisait les distiques moraux. Ainsi préparé, l'élève entrait dans la classe de grammaire pour plusieurs années. La grammaire n'était pas seulement alors la science du langage correct, mais aussi celle du style, elle empiétait beaucoup sur le champ réservé de nos jours à la rhétorique. Elle comprenait les parties du discours, la prosodie, l'accentuation, la ponctuation, l'orthogra-
(1) Johannis Sarisb., Polici^aticus, 1. VIi,c. xix, ap. Migne, t. CXCIX.
phe, les figures de mots et de pensées, la versification, la connaissance de la fable et de l'histoire. Raban Maur la définit l'art de commenter les poètes et les historiens (1), de parler et d'écrire correctement, et ses successeurs n'ont pas adopté d'autres principes. Gerbert, au dire de Richer (2), craignant que sans connaître les locutions qui doivent s'apprendre dans les poètes, il fût impossible à ses élèves d'atteindre l'art oratoire, lut et commenta Virgile, Stace, Térence, ainsi que les satiriques Horace, Lucain, Perse et Juvénal. Ecoutez ce que disait au xne siècle Jean de Sarisbéry de son professeur de grammaire : a: Bernard, de Chartres, loin de se ren- (n fermer dans ce qui appartient à la grammaire. Ci entrecoupait la lecture de mille observations, « tantôt sur le choix des mots et des pensées, tantôt (( sur la variété et la convenance du style. S'il se (( présentait quelque trait relatif aux autres sciences, « il avait soin de l'éclairer en mettant ses explica- « tions à la portée de ses auditeurs... Il cultivait soio: gneusement la mémoire de ses élèves en les obli- « géant à lui ï^éciter les plus beaux morceaux des (n historiens, ou des poètes commentés en classe, et « les questionnait toujours sur ce qu'ils avaient en- « tendu la veille. Il les exhortait à éviter dans leurs (( lectures particulières tout ce qui n'était bon qu'à « repaître une vaine curiosité et leur donnait tous « les jours en exercice des compositions en vers « ou en prose. » Jean de Sarisbéry se félicite avec
(1) Grammatica est scientia interpretandi poetas et historicos et recte scribendi et loquendi. (De imtit, cUric, 1. ill, c. xviii et seq.)
(2) Richerius, Hist, mi temporisa 1. Ilï, c. xlvii.
raison d'avoir suivi cette méthode, car c'est à elle qu'il est redevable, comme tous les écrivains du xiie siècle, de la pureté et du bon goût de ses écrits. C'est pour l'avoir abandonnée que les écrivains du xnie siècle sont demeurés si au-dessous de leurs devanciers, et ont laissé si peu d'œuvres d'un véritable mérite littéraire.
Le grammairien expliquait donc les bons auteurs, accoutumait ses élèves à faire sur le texte l'applica-^ tion des principes, et à remarquer les tours oratoi*res, la propriété des termes, les artifices de langage, le mérite de l'ordre et de la disposition du sujet. La grammaire ainsi entendue comprenait tout ce que nous embrassons sous le nom d'humanités, et de là vient que le nomMe grammairien était un titre d'honneur.
Deux sortes d'auteurs étaient alors employés dans un cours de grammaire: les uns fournissaient les préceptes, les autres les modèles de style. Pour les préceptes on peut affirmer que Priscien (1) et Donat (2) sont les deux auteurs qui ont été les plus analysés, commentés, cités et transcrits. Ils ont servi de base à tous les traités postérieurs. On connaissait encore les écrits d'Aulu-Gelle, de Macrobe, de Servius, de Paterius, d'Amovius, d'Herodianus, d'Euticius, de Diomède, et les Institutiones grammaticœ de Charisius. En combinant les diverses
(1) Priscianus. De octo Ipartibus orationis earumdemque constructione. Partitiones versuum principalium. De declinatione nominum. De accentibus. De versibus comicis. De preexercitamentis rhetoricae.
(2) Donatus, Ars seu editio prima de litleris, syllabis, pedibus et tonis. Ëditio secunda de octo parlibus oralionis et de barbarisme, solœcismo schematibus et tropis.
doctrines de tous ces auteurs, les écolâtres composèrent de nouveaux traités qui souvent remplacèrent les anciens avec avantagé (1). Après la grammaire d'Alcuin,queNotker le Bègue regardait comme supérieure à celles deDonat,Nicomaque,Dosithée etPriscien, nous citerons les travaux de Raban Maur, de Smaragde (2) dont la Bibliothèque impériale de Paris possède plusieurs exemplaires manuscrits; de l'Irlandais Sedulius, commentateur de Donat, de Priscienet d'Eutychès; ceux d'Erchambert, abbé d'Hirsauge (3), encore conservés à la bibliothèque de Frisingen, et le commentaire de Remy d'Auxerre sur Priscien. Gunzon, Rathier de Lobbes, Lambert de Poitiers, Jean Garlande (4), Pierre Hélie, Papias le Lombard, et Everard, de Béthune, entreprirent aussi de nouvelles compilations, mais l'usage n'en a pas été fort répandu avant le xnie siècle.
On étudiait comme modèles de style les historiens de l'antiquité, et plus encore les poètes à cause des g^vantages qu'offrait à la mémoire la facture régulière des vers. Brunon, de Cologne (5], lisait Prudence, Pierre de Blois apprenait par cœur les lettres de l'évêque Hildebold, du Mans, et entretenait un commerce (6) intime avec Suétone, Trogue-Potn-
(1) Albinus talem grammalicam condidit ul Donatus, Nicomachus, Dosi- Iheus et noster Priscianus in ejus comparalione nihil esse videantur. {Dlalog. de grammaHca, ap. Migne, t. CI, in nolis,)
(2) Bibl. imp., département desmss. F. Lat., 11275 etalia.
(3) HisL lut. de la France, t. V, p. 128 et 129.
(4) Metricus de vèrbis deponenlibus libellus cum commenta,
(5) Ubi prima grammaticae artis rudimenta percepit, tradente magistro, Pnidentium poetam légère cœpit. {Âcta SS., octobre, vol. V. Boll. Brunonis vita.)
(6) Pneter cœteros etiam libros qui célèbres sunt in $cholis, profuit mï\\
pée, Josèphe, Quinte-Curce, Tacite et Tite-Live. C'est à tort que M. le baron de Reiffenberg et avec lui MM. Stallaert et Van der Haeghen (4) dîisent : « les anciens auteurs latins étaient à peine connus; encore moins savait-on en apprécier le mérite. j> Ce qui est vrai du xin® siècle ne l'est pas du moyen âge tout entier, et ce jugement qu'ils appuient sur le dire d'un auteur postérieur à notre période ne saurait s'appliquer (2) aux siècles que nous parcourons. Notre récit a amplement démontré par de nombreux exemples qu'on ne craignait pas de faire usage (3) des auteurs profanes dans les écoles épiscopales ou monastiques. Toutefois, nous n'irons pas jusqu'à prétendre que les clercs et les moines n'ont éprouvé aucun scrupule^à voir entrer dans le sanctuaire des idées et un langage trop empreints d'idolâtrie. La querelle des auteurs sacrés et profanes divisait déjà l'Eglise au ix^ siècle. Virgile faisait la passion des uns, et le scandale des autres. Alcuin lui-même, qui dans son enfance avait préféré (4) les Bucoliques aux psaumes de David, et se plaignait qu'on ne les fît pas connaître aux élèvesMu Palais, conçut des
fipequenter inspicere T. Pompeium, Josephum, Suetonium, Egesippum, Q. Curtium. (Ep. C/. Pétri Blesensis, ap, Migne, t. CCVII.)
(1) Mémoire sur Vinstruction publique en Belgique avant le xvi« siècle, par MM. Stallaert et Van der Haeghen ; in-8o, 1854, Bruxelles.
(2) Probi enim judicabant sapientissimi viri divinas scripturas neminem posse perfecte intelligere quem contigisset litteras secularis doctrinae ignorare. (Chron, Hirsaugiœ, De Gerungo abbate.)
(3) Ad hoc ipsum, duce mea levitate, jam veneram, ut Ovidiana et Bucolicorum dicta praesumerem. (Guibertus Novigentus, de Vita sua, ap, Migne, t. CLVl, p. 873.)
(4) Yirgilii quam psalmorum studiosior cum undecimus aunus teneret eum. (Mabillo, Acta SS.O. S. B., iv« s., p. 147.)
remords dans sa vieillesse et en interdit fl) la lecture à ses élèves. Sigulfe était obligé de se cacher pour l'étudier à Ferrières, et Alcuin l'ayant un jour découvert, lui fit expier sa faute en le réprimandant publiquement. Ailleurs, Alcuin reproche publiquement à l'archevêque de Mayence, Rigbod, de trop s'adonner à la lecture de Virgile, et termine sa lettre en disant : Utinam Ëvangelica quatuor non jEneades duodecim pectus compleant tuum. Il ne faudrait cependant pas induire de ce changement de vues qu'Alcuin proscrivait absolument les auteurs profanes. L'ignorance de la science théplogiqiie était si générale, même parmi les membres du haut clergé, qu'il était prudent de détourner tout ce qui tendait à l'accroître. Théodulfe, évêque d'Orléans (2), avoue dans ses vers que s'il lit les Pères de l'Eglise avant tout, il ne dédaigne pas les auteurs profanes, surtout ceux du v* siècle, a: Je sais bien, dit-il, que « ces poètes sont pleins de frivolités, mais sous les « voiles mensongers de leur langage se cachent des € choses d'une haute utilité. i> Raban Maur, dans son livre de Institutione clericorum, permet aux clercs de lire les auteurs païens à condition qu'ils les dépouilleront de tout ce qu'ils ont de superflu et de dangereux. Saint Anselme (3) fait la même recommandation à son disciple Maurice. Les vers de Tortaire (4) qu'a publiés M. de Certain, d'après
(1) Sufiiciunt vobis dlvinae poetae, nec egetis luxuriosa sermonis Virgilii vos pollui facundia, contra quod prseceptum tentavit Sigulfus vetulus secrète agere iiide post erubuit pùblice. (Ibid., p. 1S6.)
(2) Baunard, Vie de ThéodulphCy in-8<», 1860, Orléans,
(3) Ep. IV.
(4) Bibl. de l'école des Chartes, t. XVI.
îui manuscrit du Vatican, nous prouvent que ce moine de Fleury lisait non-seulement Horace, mais qu'il savait imiter habilement le tour libre de cet auteur. Enfin, au xn« siècle, on affichait publiquement son admiration pour les anîcens (4) ; car Hélinand de Froidmont,cêns un sermon de Noël, trouva moyen de citer Horace, Virgile etLucain. On trouve également des vers d'Horace dans les vies de saints écrites par Sigebert de Gembloux.
Rhétorique.
L'enseignement de la rhétorique eut rarement la place que nous lui donnons dans notre revue, il occupait plus souvent le troisième rang. On considérait avec raison la dialectique comme le complément de la grammaire et l'introduction aux véritables règles de l'éloquence. Quoi qu'il en soit, l'art oratoire était l'objet d'une étude sérieuse qui n'embrassait rien moins que l'ensemble des principes posés par Cicéron (2) et Quintilien. En résumant le de Oratore, dans son dialogue de Rethorica, Alcuin voulut compléter Cicéron par l'addition des préceptes subtils d'Aristote, mais il n'a réussi qu'à gâter la clarté du maître de l'éloquence latine. A propos du genre judiciaire, sur lequel il insiste le plus, il distingue les causes honnêtes, les petites, les admirables, les douteuses, les obscures, et, quand il arrive à l'élocution il énumère des figures de mots
(1) Hist. lut. des Bénédictins^ in-4o, t. IX. Etal des lettres au xii« s.
(2) Dans ses lettres LX1I et CUI^ Loup de Ferri^res parle de ces deux auteurs.
et de pensées qui déconcerteraient les plus intrépides rhétoriciens. Les moines de Fleury qui portèrent à Cambridge (1) la méthode d'Orléans, discouraient sur la doctrine de Cicéron et de Quintilien. Au XII* siècle, Etienne de Rouen composa pour ses élèves du Bec un petit manuel qui renfermait les passages les plus essentiels de Finstitution oratoire (2).
Dialectique,
La dialectique, disaient les écolâtres dans leur langage pittoresque, est à la rhétorique ce que le poing fermé est à la main ouverte. Tandis que celleci étale aux yeux de pompeuses amplifications, celle-là fouille les profondeurs du sujet et en révèle toutes les richesses. Raban Maur (3) appelle la dialectique la science des sciences. Alcuin la définit l'art de raisonner, de discerner le vrai du faux, et invite les clercs à l'étudier sérieusement pour réfuter les hérésiarques. C'est elle qui leur donnait les règles de l'analyse, de la synthèse et de l'argumentation, a: On ne savait la dialectique (4) qu'à la cono: dition d'avoir appris tout ce qui regarde les cinq « voix ou les rapports généraux des idées et des « choses entre elles exprimés par les noms de (( genre, d'espèce, de différence, de propriété, d'ac-
(1) Ad horam tertiam Guillelmus rhetoricâm Tullii, Quintilianique flores peroiabat. {Ingulfi Croylandi abb, historia,)
(2) Bibl. imp., F. S. Germain, latin, 1S47.
(3) Disciplina disciplinarum ; hsec docet docere, baec docet discere. (De instit, cUriCy 1. III, c. xxvi.)
(i) Gh. de Rémusatj Abélard^ t. I, p. 7.
« cident; les catégories ou prédicaments, c'est-àc dire les idées les plus générales auxquelles puisse « être ramené tout ce que nous savons ou pensons « des choses; la théorie de la proposition, ou les c principes universels du langage; le raisonnement € et la démonstration ou la théorie et les formes du « syllogisme; les règles de la division et de la dé- <r finition; la science enfin de la discussion et de la « réfutation, ou la connaissance du sophisme. :» On ne pouvait faire fausse route à travers ce dédale métaphysique, car on avait pour guides VOrganon d'Aristote traduit en latin par Boëce, les Topiques de Gicéron avec les commentaires de Boëce, Y Introduction de Porphyre aux catégories d'Aristote et les écrits du rhéteur Victorin. La bibliothèque philosophique de ces hommes qui puisaient toutes leurs idées à la source du passé était bien pauvre. Après les traités que nous venons de citer, elle renfermait seulement le Timée de Platon, le De libero arbitrio de saint Augustin et le livre de la Consolation de Boëce; aussi la logique a été à peu près la seule partie de la philosophie qu'on ait vraiment étudiée. Dès le ixe siècle, Alcuin, suivant les traces de saint rAugustin, en démontra l'utilité en l'appliquant aux questions théologiques de son livre de Trinitate. Jean Scot, moins prudent, se servit de la dialectique comme d'une arme toute puissante, et s'éprit pour elle d'un si bel enthousiasme qu'il alla se perdre dans le panthéisme en proclamant la supériorité de la raison sur l'autorité. Remy d'Auxerre, plus modeste, se contenta d'expliquer à ses élèves les catégories attribuées à saint Augustin. Au x* siècle, Ger-
bert commentait (4) à Reims non-seulement FOrganon d'Aristote dans toutes ses parties, mais encore les Topiques de Gicéron, et Vlntroduction de Porphyre. Ses talents éclatèrent surtout dans l'épreuve que lui fît subir, à Ravenne, l'empereur Othon, en l'invitant à s'escrimer publiquement avec le philosophe Otric sur une question de dialectique. La dissertation qu'il nous a laissée sous le titre de de Ratione et Rationabili est le meilleur spécimen du genre qu'on puisse lire pour connaître la dialectique des écoles du moyen âge. Gerbert explique dans ce livre comment il se fait que Porphyre a pu dire que ratione uti pouvait servir à définir rationale^ puisque le principe logique veut que les grandes choses se disent des petites, mais jamais les petites des grandes. Ce sujet, tout aride qu'il paraisse, lui fournit matière à un assez long développement grâce aux définitions et aux distinctions qu'il entremêle pour se faire comprendre.
L'engouement subit qui se manifesta au xi« siècle pour la dialectique ne fut pas provoqué, comme on l'a dit tant de fois, par l'importation des écrits d'Aristote (2) à la suite des Groisades, car il est bien avéré aujourd'hui qu'Aristote ne fut entièrement connu qu'au xiii© siècle ; mais plutôt par l'apparition de quelques hérésies opiniâtres. Obligés de réfuter les erreurs et de prévenir les doutes qui s'élevaient autour d'eux, les théologiens éprouvèrent le besoin. d'étudier de plus près la logique et d'exer-
(1) Richerius, HisL sui temporis, 1. III, c. xliii, éd. Guadet.
(2) Jourdain, Recherches $urVâge et Vorigine des traduçlions (TArisloie,
cer leur esprit à suivre la trame serrée des subtilités logistiques. Plusieurs y apportèrent une ardeur qui ressemblait à une passion. En lisant l'intraduction de Porphyre aux catégories d'Aristote où sont conservées les opinions des anciens sur les Universaux, les uns prirent parti pour les réalistes, les autres pour les nominaux. Alors commencèrent ces vives disputes sur des pointes d'aiguilles qui transformèrent souvent les écoles . en de véritables tournois, où chacun était moins soucieux de renverser son adversaire par de bons arguments, que de faire briller sa sagacité. Les intelligences n'étant pas encore capables de comprendre toute l'importance de l'arme qu'elles employaient, la dialectique, de science sérieuse qu'elle était, devint peu à peu au xii^ siècle un art frivole et captieux. Sous prétexte de chercher la vérité, on s'évertua à diviser, définir, analyser a tel point, qu'on perdait l'objet de vue.Comme on n'avait pas encore acquis assez d'idées justes, on faisait consister la logique en des mots et des règles qu'on ne savait pas appliquer. Le plus habile était celui qui proposait le plus de subtilités à démêler, et les négations se multipliaient à tel point dans la lutte, qu'on en constatait le nombre avec des pois. De ces dispositions naquit nécessairement le mépris de la partie des lettres qui a pour objet la pureté, les grâces et les ornements du discours.
La secte des Gornificiens surtout contribua (1)
(1 ) Poelae,!historiographi habebantur infâmes, et si quis incumbebal laborîbus antiquorum notabatur et non modo asello Arcadiae tardior sed obtusiorplumbo. {Ap. D. Bouquet, I.XXIV, p. 300, Joh. Sarisb., MetaL)
par ses doctrines à propager ces nouveautés, et ne fit que trop de prosélytes. « Les poètes, les « historiens, dit Jean de Sarisbéry, tombèrent « dans le discrédit, et quiconque se livra à Tétude a: de la littérature ancienne, fut considéré comme € un rustre et un lourdaud. 3i> Ces dialecticiens effrénés inspirèrent de sérieuses inquiétudes à quelques hommes distingués qui les attaquèrent de toute la puissance de leur talent, voire même des traits acérés de la satire, comme Jean de Sarisbéry. D'autres, tels que Guillaume de Ghampeaux, Progon de Troyes et Guillaume de Couches, s'empressèrent de mettre un frein à la raison égarée en soumettant ses caprices aux principes d'une logique plus réservée, et préparèrent l'avènement de la véritable scolastique.