XXIV INTRODUCTION
comprend, de retrouver dans ces temps qu'on a spirituellement appelés les temps antédiluviens de la France, l'époque précise de nos commencements littéraires. Toutefois, il nous reste le souvenir de quelques noms à revendiquer comme d'irrécusables témoins.
C'est d'abord notre plus ancien écrivain, le marseillais Pytbéas, tout bouillant d'imagination, enthousiaste du merveilleux, à la fois homme de main et déplume, Pythéas le voyageur, le physicien, l'astronome (1), le philosophe, le géographe qui passe pour avoir le premier « révélé au midi stupéfait l'existence d'un monde septentrionnal. » N'était-il pas bien des nôtres et pourrait-il être désavoué par la grande ville où il naquit, cet aventureux navigateur, qui, privé de tous les secours opposés depuis son temps par l'expérience aux dangers de la mer, allant à la découverte du Nord tandis qu'Eutymène allait découvrir le midi, s'avança dans un premier voyage jusque dans l'Islande et peutêtre dans un second jusqu'à la Vistule, et que cependant le trop sévère et trop défiant Strabon, singulièrement Contredit du reste par les savants modernes, appelle, avec autant de sans façon que d'inexactitude, le plus menteur des hommes?
(1 ) Oq attribue à Pythéas, entre autres découvertes astronomiques, celles de la latitude de Marseille, de la situatiou de Tétoile polaire, et eufin celle de la liaison du phénomène des marées avec le mouvement de la lune.