INTRODUCTION XXV
Marchons à grands pas. Deux siècles plus lard, qui trouve t-on ? Lucius Plotius, qui le premier enseigna en latin à Rome, où jusque là les professeurs, Grecs d'origine, enseignaient en leur langue, et que Cicéron, auquel il fut interdit, à cause de cette réforme, de suivre ses leçons (1), appelle un sublime rhéteur; Marcus Antonius Gniphon, compatriote et disciple de Plotius , dont Suétone , qui cite en même temps comme des maîtres renommés Octavius Teucer, Siscennius Jacchus et Oppius Carès, nous vante Taffabilité, la naïveté et le désintéressement ; Gniphon qui des Gaules alla professer à Rome la grammaire, les belles-lettres et l'art oratoire, compta parmi ses élèves Cicéron et César et faisait des orateurs comme Valérius Caton des poètes. Forcé de lutter énergiquement contre la mauvaise fortune que lui avait préparée ses parents en l'abandonnant aussitôt après sa naissance, il avait trouvé son salut dans ses heureuses dispositions et son amour pour les lettres, ressource si précieuse contre l'adversité.
Valérius Caton, grammairien, mais surtout poète, le plus ancien poète né sur notre sol, sur cette terre narbonnaise, l'une des plus fécondes à cette époque,
(1) « Doctissimorum homiaum auctoritate^ qui existimabaDt Grscis exercilationibus ali inelius ingénia posse. » — LeUre de Cicéron, conseryée par Suétone.