INTRODUCTION XXVII
en même temps guerrier, qu'Octave récompensa par le gouvernement de TEgypte des services qu'il lui avait rendus dans la guerre d'Alexandrie, mais qui, condamné à l'exil ne put le supporter et se donna la mort.
Le Dauphinois Trogue Pompée, né deux ans après la mort de Gallus et dont nous ne connaissons l'histoire universelle en 44 livres, malheureusement perdue, que par l'abrégé que nous en a laissé Justin (1).
Juvénal appelle quelque part la Gaule nutricula eausidicorunij et tout le monde connaît ce vers qui confirme la pensée du satyrique :
GalUa catisidicos docuit facunda Britannos.
(1) Le passage suivant du compte rendu de la séance du 11 juin 1880, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, fait espérer que le texte même de Trogue Pompée pourra, grâce à une récente découverte, être reconstitué :
ff M. Geffroy, directeur de l'école française de Rome, écrit que TAcademie apprendra avec intérêt qu'un membre de l'école, M. Thomas, vient de découvrir, dans un manuscrit de la fin du xii* siècle, des fragmeols considérables d*un historien de Tépoque classique, relatifs à Alexandre le Grand M. Thomas croit pouvoir estimer dès maintenant que cet hislorieu ne peut être que Trogue Pompée. L*examen du style, qui est certainement de lu bonne époque, avec des traits de rhétorique et des récils légendaires, et Pintéressante correspondance des expressions et des faits qui se retrouvent presque identiques dans le récit de Justin (abréviateur de Trogue Pompée) et dans ces pages laissent difficilement place à une autre conjecture. Le plus long fragment se compose dans le manuscrit de 16 colonnes dé 87 lignes ; il correspond à la première moitié environ du livre de Justin. Il y en a un de quatre colonnes sur la mort d* Alexandre ; les autres, moins étendus, se rapportent aux livres IX et XII de Justin.
M. Thomas se réserve d'adresser prochainement à l'Académie la copie de ces fragments avec un examen de la question d'authenticité. m (Jour» nul officiel^ 15 juin 1880.) Pourvu que ce ne soit pas une erreur ou une mystification !
XXVni INTRODUCTION
La Gaule régnait alors par la parole sur le monde entier ; les écoles de rhéteurs qui, avec les grammairiens, formaient presque toute la littérature, se fondaient de toutes parts, comme on l'a vu. Chez nous venaient apprendre ces fameux diseurs de causes qui ont laissé en France plus d*un digne héritier, ce Bien combattre et finement parler, d voilà les deux choses que, suivant Caton l'ancien, la nation gauloise aimait passionnément. N'est-ce pas, dit àce propos M. Ampère, l'esprit français que Caton caractérisait par l'expression arguteloqui^ N'est-ce pas cet esprit de finesse que Pascal a défini si nettement, et dont, avant et après lui, presque tous nos auteurs, depuis Joinville jusqu'à Voltaire, ont fourni de si brillants exemples? M. Ampère a touché juste. On verra, à la fin du xvi« siècle, le Tasse juger les Français: de son temps, comme du nôtre, ils seront encore les Gaulois du temps de Caton l'ancien.
J'en suis aux diseurs de cause. Il suffit de les nommer, de rappeler quelques-unes des circonstances de leur vie, leurs derniers moments même, pour trouver en eux des prédécesseurs de nos écrivains les plus nationaux. Ce sont les rhéteurs Gabinjen, Statius Sarculus, Quirinalis (1), les orateurs Montanus, Rufus,
(1) HUtoire littéraire de la France.