INTRODUCTION XXIX
Marcus Afer, Rufinus et Augurinus, deux amis de Pline le Jeune, Fronton, etc. C'est le plus illustre de tous ceux de son siècle, le maître de Quintilien, Cneius Domitius Afer, un Nîmois, le grand avocat, le Mirabeau, malheureusement le Mirabeau servile de son époque. Type du courtisan sous quatre empereurs consécutifs, révoltant d'immoralité, il sait, dans ce un temps où il suffisait de jouer un rôle pour être jugé ennemi de la patrie, » sous Caligula, Claude et Néron, il sait vivre sa vie toute entière. Il trouve dans ses seuls talents, dans son éloquence et son habileté, dans les ressources de sa continuelle plaisanterie , le moyen de mourir de mort naturelle, et comment? à table.
C'est le père d'Agricola, JuUus Graecinus, à qui sa philosophie ne put servir de sauvegarde contre les ordres de CaUgula (1) ; homme d'opposition, résistant à ses maîtres, aux différents empereurs, et, en tous cas, faisant toujours preuve d'un désintéressement dont il est resté plus d'un témoignage (2).
Vis-à-vis de J. Grœcinus apparaît, comme pour faire contraste, souple, intrigant, surtout profondément épi-
(1) <f Cet homme, dil Séoèque, en parlant de Grœcioos, que Caligala fit tuer par la seule raison qu'il avait plus de probité quMl n'est avantageux aux tyrans d*eu trouver dans les citoyens. » Traité des bienfaits, liv. II, ch. 21 et lettres 24 et 29.
(2) A deux reprises notamment, manquant du nécessaire, il refusa les offres secourables de hauts personnages qu*il n'estimait point. ■ Je ne veux pas, diiait-il à ses amis, accepter les bienfaits d*un homme avec lequel je ne youdrais pas me trouver à table. »