INTRODUCTION XXXI
bonnaise pour servir à Néron de compagnon de débauches, après avoir été, sous Claude, proconsul en Bythinie, et condamné à mort par ce tyran, après l'avoir amusé, il ne trouva rien de mieux, avant de s'ouvrir les veines (ceci est caractéristique) que de lui envoyer une satire de ses désordres et de ses turpitudes. Qu'on joigne aux noms précédents celui du déclamateur Favorin d'Arles , et Ton sera sorti du paganisme. Favorin, disciple de Dion Chrysostôme, professeur de rhétorique d'abord à Athènes, puis, sous Adrien, à Rome, est ce philosophe orateur qui ne s'étonnait que de trois choses : de ce qu'étant Gaulois, il parlait si bien grec ; de ce qu'étant eunuque, on l'avait accusé d'adultère, et enfin de ce qu'on le laissait vivre quoiqu'il fût ennemi de l'empereur. Et il faut avouer que la dernière n'était cependant point faite pour le trop surprendre ; car c'était un ennemi bien peu sérieux : on sait que dans ses discussions avec Adrien, il finissait toujours, ce qui était à la fois flatteur pour l'empereur et prudent pour lui-même, par reconnaître qu'il avait tort, se ménageant ainsi une adroite retraite dont il donnait le motif : « 11 est trop dangereux d'avoir raison avec un homme qui a trente légions pour réfuter vos arguments. »
Plus de cent ans après Pétrone , les camidici de la
Gaule soutenaient encoreleur réputation, à un moment