INTRODUCTION XXXV
de Césars, ils ne marquent certainement pas une période d'honorable et fière indépendance, mais ils n'en contribuèrent pas moins au progrès ; car, si au point de vue moral, louangeurs payés, esclaves de leurs salaires bien plus que de leur conscience, ils furent pour leurs maîtres un funeste présent de la Providence et pour la dignité des lettres de tristes représentants, il faut convenir que leur mérite littéraire ne fut pas infructueux, et que leurs flatteries elles-mêmes eurent tout au moins pour conséquence d*encourager plus d'un de ces Césars qu'ils comblaient d'éloges, à se faire les patrons des travaux intellectuels. Déjà j*en ai nommé plusieurs; mais il en reste encore au moins un qui mérite une mention particulière. Je veux parler de Julien, à qui Constance conRa la Gaule, de Julien qui, passionné pour la gloire et les mœurs de l'anqjienne Rome, arraché au séjour d'Athènes, aux arts et à la philosophie, voulut habiter sa chère Lutèce, dont il pressentait peut-être la grandeur future, et où il éleva le seul monument romain qu'on y montre aujourd'hui, les Thermes. Le règne de ce premier prince parisien ne fut-il pas tout français? Ne fut-il pas celui de ces pamphlets, de ces bons mots, vrais plaisirs nationaux, que l'on retrouve à toutes les heures de notre histoire, lancés tantôt contre l'Eglise, tantôt contre la féodalité, tantôt contre la royauté, en un mot, contre tout ce qui