‹ Les écoles et collèges en provence depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789Chapitre 23 sur 49 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

sent l'autorité; véritable époque d'une entière liberté de penser et de dire, dirigée par le César lui-même dans sa lutte contre le christianisme dont Tinvasion faisait de jour en jour des pas immenses ? On peut bien, en effet, le mettre à côté des satires de nos siècles suivants, toutes mordantes, toutes nerveuses, mais aussi toutes malignes plutôt que méchantes, tendant à ridiculiser plus qu'à détruire, cet édit de 362, rendu contre les chrétiens qu'il excluait des écoles. C'est un véritable pamphlet qui n'a d'autre signe distinctif que son émanation du pouvoir ; c'en est si bien un, qu'on s'est demandé s'il avait jamais été exécuté, ou si ce n'avait pas été une simple plaisanterie de fait comme de mots (1).

(1) Je ne pease pas^ da reste, pour ma part, qae cette supposition soit justifiée. L*édit fat exécuté ; seulement son application fut de peu de durée ; Valentinien, à peine empereur, rendit (366) leurs chaires aux maîtres dépossédés (Comment, de Godefroy sur la loi 6, Cod. Theodos., de medicis et professoribus.) Il est bon de remarquer que pour cela il n*abolit pas Tédit, et même que les chrétieni n*eurent pas à 8*en plaindre, car ce qu'ils trouvaient mauyais contre eux, ils le trouvaient excellent pour eux et ils surent bien le ressusciter à l'occasion pour en profiter à leur tour et l'appliquer au paganisme.

Ou a prétendu que, par sou édit, Julien avait violé les lois. Nullement; M. Troplong {Revue de législat. 1845, t. Il), l'a parfaitement démontré : c II se servait d*un instrument légal pour accomplir une œnvre de parti. » Ce qu*un simple censeur avait le droit de faire, comment Tempereur ne Teût-il pas pu? Il déclarait simplement que la liberté de fait, qui a permis au premier venu d*ériger des écoles, n*est pas un droit ; que nul ne doit s'ingérer dans renseignement sans avoir été examiné et approuvé par le décret de la Curie, déléguée en ce point de la puissance impériale, il exigeait que la nomination ne fût exécutée qu*autant qu'elle aurait été confirmée par l'empereur ; il voulait, en un mot, que l'enseignement fût et se maintint sous la surveillance et Tautorité de TEtat. (Godefroy, sur le Cod. Theodos., liv. IV.) Sans doute

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