XL INTRODUCTION
c'est ce sentiment qui pousse le Gaulois, le Français, à plaisanter sans cesse de tout, môme de ce qu'il redoute, à rire même à ses propres dépens, mais à se moquer surtout, je le répète, de tout ce qui ressemble au pouvoir, féodalité religieuse, féodalité politique, féodalité intime du mariage. La preuve en est, l'a judicieusement indiqué Michelet, dans une foule de locutions vulgaires, restées comme pour témoigner des actes symboliques, des formules qui existaient dans notre ancien droit. Nos actus legitimiy dit-il dans ses origines du droit français, ne sont ni graves comme ceux des Romains, ni poétiques comme ceux des Allemands, mais le plus souvent comiques et burlesques ; ce sont des farces pour le peuple, le bonnet vert du banqueroutier, la chevauchée de l'âne, l'immersion dans l'eau froide, l'anneau de paille du paillard, qui sont les fabliaux de notre droit. Tout cela prêtait sin gulièrement à la joyeuseté et à la malice, qui ne se changèrent en haine et en vengeance que lorsque près du côté plaisant, l'oppression prit la place du
soarce de triomphea pour lear patrie ? Serait-ce bien de ces circonstaaces que naquit la dictature de Camille, depuis deux ans volontairement exilé à Ardée et qui aurait exterminé les Gaulois ju8qu*au dernier, « rachetant ainsi par le fer, au moment où elle essayait de se racheter elle-même par Tor^ Rome> » dont il allait être proclamé le second fondateur ? Quoi qu*il en soit, et sans admettre le récit de Tite-Live, auquel ceux de Polybe et de Plutarque eolèvent tout crédit et que contredit la terreur des Gaulois que conservèrent toujours les Romains, le fait dont •*agit n*eut-il pas les plus désastreuses conséquences T