TROISIÈME PÉRIODE
DU CONCILE DE LATRAN (4345), AU REGLEMENT DES ÉCOLES DE DIJON (4445), PAR HUGUES D*ALBE ET SIMON DE PLAISANCE.
Au xn* siècle, le nombre des écoliers élait grand à Dijon, bien que cette ville n'ayant point de cathédrale, ne fût pas soumise aux décisions, qui ne semblent d'ailleurs pas avoir été ponctuellement exécutées, rendues par plusieurs conciles, notamment par celui de Latran réuni par Alexandre III en 4179, et aux termes desquelles devait être établi dans chaque église-cathédrale un maître, rémunéré par une prébende ou tout autre bénéfice suffisant, pour enseigner gratuitement à ceux qui se présenteraient à son école.
En 4215, le concile général que réunit à son tour Innocent III, en confirmant ces décisions, les étendit et imposa la même obligation à toutes les églises dont les facultés pouvaient permettre de la remplir. Le chapitre devait y installer un maître capable qui enseignerait graluitemenl aux clercs et aux pauvres écoliers la grammaire et les autres sciences, moyennant le revenu d'une prébende dont il jouirait tant qu'il exercerait sa fonction. « Quia nonnullis propter inopiam, etlegendi studium et opportunilas proficiendi subtrabitur, in Lateranensi concilio pia institulione provisum, utper unamquamquecathedralem ecclesiam
magislro qui clericos ejusdcm ecclesiae aliosque scliolares pauperes gratis instrueret, aliquot competens beneficium prœberetur, quo et docenlis relevaretur nécessitas, et via pateret discentibus ad doctrinam. Verum quoniam in multis ccclesiis id minime observatur, nos prœdictum roborantes stalutum, adjicimus, . ut non solum in qualibet caihedrali ecclesia, sed etiam in aliis,quarum sufficere poteruntfacultates,constiluatur magister idoneus à prelato cum capitule, seu majori ac saniori parte capituli eligendus, qui clericos ecclesiarum ipsarum et aliarum gratis in grammaticœ facultate ac aliis instruat juxta posse... Assignetur autem cuilibet magistrorum a capitule unius prœbenda3 proventus... Sed tamdiu reditus ipôius percipiat, quamdiu persliterit in docendo (1). »
En même temps le concile établissait les tbéologaux. Il ordonnait que dans chaque métropole il y eût un précepteur de théologie pour enseigner TÉcriture sainte et particulièrement ce qui regarde le gouvernement des âmes. « Sane metropolitana ecclesia theologum nihilominus habeat, qui saceidotes et ahos in sacra pagina doceat, et in his praesertim informet quie ad curam animarum spectare noscuntur. » Le théologal devait recevoir le même traitement que le maître de l'école. Sans m'arrêtera cette institution, je rappelle seulement qu'elle fut étendue en 4431 parle concile de Baie à toutes les cathédrales, passa dans la Pragmatique Sanction et dans le concordat de 1516, et fut confirmée par le concile de Trente et par les ordonnances d'Orléans (1561) et de Blois (1579). Ces ordon-
(1) Conc. Latran» xi.
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nanccs prescrivirent au théologal de prêcher les dimanches et fêtes solennelles et de faire trois fois la semaine Une leçon publique sur TÉcriture sainte. Mais on sait comme elles furent peu scrupuleusement exécutées. Fleury rapporte que, malgré la pénalité qui devait les sanctionner, « tous ces règlements ont eu peu d'exécution, et que le théologal a souvent réduit sa tâche à quelques sermons, qii*il fait faire par d'autres. )» Cependant, plus d'une fois, on voit les parlements saisis à ce propos, et je puis notamment réciter un arrêt de Dijon, rapporté par Perrier(tom.l'', p. 73), aux termes duquel, tout eu permettant au théologal de vaquer pendant trois mois pour solliciter des procès intéressant le chapitre, « la Cour ordonne que le dit théologal intimé résidera et fera des leçons publiques trois fois par semaine, et enjoint aux chanoines d'y assister, à peine d'être privés de leur distribution. » l' est vrai que Raviot, commentateur de Perrier, ajoute, comme Fleury, que « toutes ces lois, tous ces canons, toutes ces ordonnances relatives au théologal sont magnifiques dans leur institution, mais méprisés dans l'exécution et qu'il en est de cela comme des règlements faits pour procurer des jurisconsultes parfaits, s'il est possible, la vénalité gàïdint tout. » Ainsi encore, dit-il, la Pragmatique Sanction et le concordat exigeaient du théologal dix années d'études dans quelque université du royaume. Cette obligation tomba vite en désuétude.
Il paraît que l'incontinence de certains' clercs ou leurs habitudes d'ivrognerie nécessitaient de sévères répressions. Le concile de Latran y statue (XIV et XV) en même temps que sur la complicité des prélats qui,
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« pour de l'argent ou tout autre profit temporel, favoriseraient de pareilles iniquités, d XIV. Statuimus, ut qui deprehensi fuerint incontinentiae vitio laborare, prout magis aut minus peccaverint, puniantur secundum canonicas sanctiones, quas efTicacius et districtius praecipimus observtri; ut, quos divinus timor a malo non revocat, temporalis saltem pœna a peccato cohibeat...
Praelati vero, qui taies praesumpserint in suis iniquitatibus sustinere, maximae obtentu pecunise, vel alterius commodi temporalis, pari subjaceant ultioni... XVI ; de arcendà ebrielate clericorum : a crapulà et ebrietate omnes clerici diligenter abstineaut. Unde vinum tempèrent et se vin'o; nec adbibendum quispiam incitetur, cum ebrietas et mentis inducat exilium et libidineoi provocet. Unde illum abusum decernimus penitus abolendum, quo in quibusdum partibus ad potus aequales suo modo se obligant potatores, et ille judicio talium plus laudatur, qui plures inebriat, et calices Tecundiores exhaurit. Si quis autem super bis culpabilem se exhibuerit, nisi a superiore commonitus satisfecerit, corapetenter a beneficio vèl officio suspendatur. »
Si Dijon n'avait pas de cathédrale, il avait la Sainte- Chapelle (1), église collégiale fondée en 1172 par le duc Hugues III pour dix clercs, sous le vocable de la Vierge et de « Mons. Saint-Jean Tévangéliste, cousin, apôtre et singulier ami et secrétaire de Dieu (2), et la Sainte-Chapelle se trouvait dans les conditions prévues
(1) Voir sur la Sainte-Chapelle de Dijon l'essai historique publié par M. J. d*Arbaumont dans les mémoires de la commissiou d^anliquités de la Côted'Or.
(S) Lettres patentes de Philippe le Bon données & Rethel en HSi.
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par le concile de Latran. Hugues III avait offert fe fond sur lequel elle devait être construite au pape Alexandre III qui l'avait accepté et, par une bulle de 1172, la soumettant directement au Saint-Siège, l'avait soustraite à la juridiction épiscopale. Aussi, dès qu'il connut les résolutions du concile, le cardinal de Courson écrivit-il d'Arras au doyen de la chapelle du duc à Dijon d'avoir à s'y conformer en instituant dans son église une école telle que l'exigeaient ces résolutions (I). Dans cette lettre, le cardinal rendait hom- ^^e à l'un des principaux privilèges du doyen de la Sainte-Chapelle, celui de choisir lui-même le maître des écoles de son église, qui lui fut, ainsi que les autres, confirmé en 1196 par Célestin III (2), puis en 1216 par Honorius III (3) et donna néanmoins lieu à d'incessantes contestations entre les chanoines et le
(0 «K Serrufl crucis Chriàti, divina miseratione, tituli sancli Stephani in Monte Cœlio, presbiter cardinalis, apostolice sedis legatus, dilecto filio» decano capeile iHastris Ducis Bargandie apud Divionem extructe, în salulis auclore salulem. Cum ecclesia tua aedi apostolice nullo medio ait aubjecta... cœterum qjaia apud Divionem multa est populorum frequentia, et tantum unius scbole regnum ibidem esse dicatur, De per doctrine defféctuoi clerici ignorantie tenebris involuantur, liceat tibi auctoritate predicta, ut juxta Lateranensis statua concilii, viris Utteratis et ad hoc idooeis docendt clericos tribuas liberaliter facultatem, contra doctores <Iooslibet ecclesiastica destructione compescens : ita tamen ut examinaionem ipsoium dilecto viro Lingonensi cantori reUquas; ad quem hujusmodi examioatio dicitur pertinere, excepta examinatione illius qui schoiis ecclesie tne fuerit preponendus ; quem examinari et institui per te ▼oltitxiu,^ sicut tibi est dtf ecclesie tue jure concessum. Datnm Atrabati^
^9\ ^*'^D^*** decembris. »
v^ ^ Liceat quoque vobis juxta Lateranensis concilii sanctiones, magis- . ^^'^ scolanim ecclesie vestre àUcui idonee persone conferre, que ad
.^'^'^^tionem et doctrinam salubriter minus erudilorum intendat. » f ' ^ Concedimus ut juxta statutum concilii generalis idoneum magis-
'^ ^Ui gratis doceat clericos vestros et alios, datis sibi a vobis unius ^ ^>^de fruclibus, libère possitis eligere^ non obstante cousuetudine ^ ^^ctores ecclesie Lingonensis consueverunt scolas in villa Divionensi
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chantre de Téglise de Langres qui possédait la haute direction des écoles dijonnaises, contestations qui ne furent terminées qu'en 4332 par l'abandon qu'en fit la chapelle ducale moyennant une redevance annuelle de 17 livres et demie que devait lui payer le recteur des écoles de Dijon (1). J'aurai plus loin à signaler à
(1) M. J. d*Arbaumont h, par erreur, fixé à 1320 cel abaodon qui De date que de 1332. Voici le texte môuie du traité intervenu entre le diantre de Langres et le Do^en de la SaiiiteChapelle, dont l*origiual est aux Archives départementales de !a Côte-d'Or :
In uomine Domini, amen.Noverint uni versi présentes litterasinspecturi quod cuin inler nos decanum et capiliiluoi capelle domiui ducis Burgondie de Divione ex parte una et nos Amaneum de Ramaforli cantorem ecclesie Lingoucnâis noniine ipsius cautorie ex altéra, questio seu controversia verlerelur super eo videlicet quod nos prefati decanus et capilulum asserentes nos tam de jure communi quau) ex privilegio aposlolico ac eiiam de antiqua consuetudine légitime prescripta liabere posse iu villa muuicipio ssu loco Divionensis scolas ad doccudum clericos nostroj et quoscumque alios in qualibet facultate et ipsarum scularum regimcn posse nos committere cuicumque ydoneo ad docendum scolas ordiuassemus in loco predicto cuidam quem ad hoc reputabamua ydooeum earum reginen committendo, qui jam scotas ipsas inceperat tenere et rcj;cre. Nos dictus caotor nomiue quo supra ex ad verso dicebamus prefaloà decanum et capitulum hoc facere non posse nec eisdem licere pro eo videlicet quia nos etquicumque predecessores nostri soliet insolidum de consuetudine notoria et generali canonice prescripta aceci^m per tempus cujus contrarii non estât memoria observatu jus habuimus etbabemus, fuimusque et sumus in quasi possessione juris habendi scolas in villa Castro municipio seu loco Divionensis et territorio ejus toto adeo quod nullas prêter nos seu de nostra expressa licencia et assensu scolas ibidem poterat neque potest regere vel tenere aut earum regimen comnsittere seu ibidem docere vel facere se doceri ; de qua consuetudine coustarc plenarie dicebamus tam per ipsius notorietatem et evidentiam quam etiam per privilegium aposlolicum cui innitebantur. Decanus et capitulum supradicti. Addicientos nos cantor predictus jus commune privilegium et consuetudinem per dictos decanum et capitulum in contrarium allegata Dobis quoniodolibet non nocere ex eo quia tempori juri communi et privilegio erat per dictam nostram consuetudinem contrariam dercg[atum nec ipsi decanus et capitulum de dicto jure communi seu privilegio jnzta ipsorum juris communis et privilegii formam atque tenorcm fneratanquam usi nec uti etiam satagebant sed eorum substancia et tenore transgredi totaliter nitebanturpropterquod tam non utendo quam postmodam abutendo privilegium amiserant supradictum nec consnetudo per eos allegata unquam inducta fuerat nec prescripta licet quinque et pluries
i/enskignkmknt en province 7'
plu sieurs reprises soit dans la fin du xv^ siècle, soit daii.s les siècles suivants des cas d'exécution du traité qii.i intervint alors, ou ceux d'inexécution qui donnèrent lieu à de nouvelles dirficultés.
.a Sainte-Chapelle ne devait pas, d'ailleurs, en avoir
eina inilacere allcinptasseDt nobis et dictis nostris predeceâsorihus rosis- Un liboi ex adverAO. £t specialiter aiino Domini millcaiuio trecculesimo ^urcMmo vcl cilrn, qiio anuo vci rirca dicti decuDus et capitulnin scoias in loco predicto babere et régi faccrc ni^bantur, sed nobis cantorc prcilicto iiiétautibus Tuit ex parte Domini Lingoneusis episcopi ({ui tune crnt bêla iobibitio et moniciogeneralissubpcaa cxcoiumiuiicalionis periuta in coDirahiim, facientes quod nollus cujuscuroque preemincDtie vel status c&lilereticulaA ibidem babcret regeret vel tencrcl vel aliad scolaâ quam DOdtras ibidem intraret sine nostra liceocia et asaensu. Propter quam nioniLloiiem et inbibitionem dicti decaous et cnpiUiIum ab babendo et leneado scolaa ibidem deslileruot et ex tuDC usque nuin! ceasaveruut. Nos ÎD dicta nostra quasi possessioue plenaric et paciGre dimiltciido ^^■<|ue imnc. Nobis decano et cdpitulo supradicto premissa pcr (iictum ^AQtoreuj allegata neg.iutibns et assereulibus sicut prius. Tarideui uos parUi supra dicte periculis et scandalid ex dicta discordia scu conlrovcraîa Terisimiliter proveiituris nisi celeriler ooeurentur cisdem obviare, quantom cum Deo possaraus cupientes ac intcr uos vicisâim babere pa«ïein, caritatem et coDcordiaai et amicitiam alTectaotes t^uper prcmissis, l'^tîdiADtibua viria Tenerabilibus et discrelis domiuis TheobaUo, de Siucik^oto arcbidiacoDO Poisiacense in ecclesia Âutissioilorende, magistro Quidone Vionere jurisperito et Petro Bcncdici canonico Liugoneose deliberatiooe diligeute super bis prebabita et tractata providcuti utilitale ^ccleiiaram et dignitatum nostrarum composuimus et componendo cou- ▼eniiQus ia buncmodum. Videlicct quod dos dicli decanus et capitulum ^n loco predicto Castro niunicipio seu ville Divionensis ejusve territorio ^uliai scoias de celero babeamus vel scolarum regimen committauius, '^ dictua cantor et euccessores sui in cautoria supradicta soli et insoiidoiti jQg 0| quasi possessionem juria babeaut acolaa ibidem babendi P^o^i per ipsum extiterit ut premittitur allegatum. Sed quia prefali ^Afios et capitulum clericos suos aiue expensis nou poseunt facere ^^Ktiode edoceri, cum hodie doq inveuiantur magistri graïuiti sed ompcs ^^Ktiunlter cum ut plurimum siut pauperes iiec de publico salarium '^Uod recipiant, salarium exigunt a scolaribus intraiitibua scoias auas ^^ %ui laboris mercede uec doceri suis sumptibua compclluuUir; volui- ^"^ et conveuimus nos cantor prediclus quod quicumque magiater .'^^^Yum scolarum nostrarum Divionensuim quolibet anno sui regimiuis . '^^ et solTere teneatur prefatis decano et capitulo pro suis clericis ^^ Vi et instrui pront et ubi volucrint faciendis dccem et septem libras dimidia mouete Dlvioneusis duobus terminis auni videlicet medie-
seulement avec Langres; comme le rappelle josteme M. d'Arbauroont, elle se trouva aussi en hostilité av la commune de Dijon et surtout avec l'abbaye de St Etienne que ses privilèges et les nombreux bienfaits
Utem «licte summe pecaoîe in festo oatalié Domiai el aliam meilietatem in feiito Reiurreclionis domioice et jos percipiendi, levandi et'babeDdi perpetuo dictum reddilum «ddouib iu et de scolis uostiû et earum uidgiâtris prefati», decaoo et capitalo consUtuimus et ad hoc scolas ipsas omniaqoe emolameDta ex eis proTeoieDcia et proTentura dos dictus cantor eiadem decano et cap*tulo in perpetaum obtigamus. Volenteâ etiam quod quicnmque magUter dictarom scolanim Dostraroro in principio »ui regimioii ad hoc seobligat, pro tempore soi regimlDis, dictes decano et capitulo, scilicet et quaudo ab ei« fuerit requiaitus. Voleotes etiam quod dicti deçà- DUS et capitulum quemcumque magiâlnim dictaruio scolarum uostrarom possint compelli facere per jadicis sedia apo^tolice delegatos Tel per curiaiD domiut episcopi Lingouensid, per captionem bonoruDo ipsios magi«tri seu, p<»r censuramecclesiasticaiD sammarie et de piano absqae strepilu jndicii et figura per Tiam monicionis seu aliis quibuscumque justid remediis per que inelins compelli poterit et debebit ad dictam pecuoiam per^Wendam si et quaodocumque dictus magister iu qaocumque tennino 5olvere cessaverit summam juxta premis^a dicto termiiio perioWeodam, rata uichilominus composilioue bujusmodi permaoeote. Et nichilomious nos cantor predictus nos et successores noslros in cantoria suprad'u.'ta ipsamque cantoriam teuore prpseutium obligamus ad solvetiduni eiadem decano et capitulo^ in defectu magistri qui pro tempore rrit scolarum nostrarum Divionensium pr^diclarum peusionem annuam supradictam, videlicet quandocumque et quocienscumque idem magister deffeceril infra meusem continuum post requisilionem corumdem decaoi et capituli vel certi maudati ipsorum nobis vel iu uostro hospicio Lingo- Dense posthujusmodi deffectum faciendam. Promillenles et jurantes bona fide DOS parles predicte vicissim pro nobis et diguitatibus alque ecclesis etsuccessoribus nostris compositionem bujusmodi et omnia et singula supra et iofra ecripta serfare,implere et contra-in perpeluum non veDire. Acto quo si aliqua partium in conlrarium deveuerit dicta compositio in pristino robore uichilominus perseveretet qui contra Tenerit ad ejnsobser- ▼ationcmperdominum Liugonensem episcopumcompellalur.Renuutiaotes in<boc facto nos diclic partes exeeplloni doliaclioniinfactumjuriperquod deceptis in suis conlractibus per dolum vel aliter ultra vel citra dimidium precii subvenitur, omni priviiegio impetrato vel impelrando, omni juri canonicio et ci? ili scripto et non scripto edito et edendo per quod contra predicta po^semus in aliquo facere vel venire. Submittentes nos juridictioni et cohercioni prefali domini Liogonensis episcopi gardam et obseryantiam omnium predictarum. Supplicautes Reverendo in Cbristo patri prefato domino episcopo Lingonensi quatinus compositionem bujusmodi et omnia alla et singula supra scripta conûrmare et approbare diguetur
L*ENSEIGNï»IENT EN PROVINCE 79
àont elle avait été comblée, notamment par les Ducs, excitèrent à la convoitise et la jalousie.
J'ajoute, pour n'y plus revenir, que la Sainte-Chapelle, dont l'école devait être située dans Tune de ses constructions qui occupaient l'emplacement où est actuellement le théâti*e, possédait également une école spéciale de chant, une maîtrise qui, « jusqu'au dernier jour, fut une des meilleures écoles du royaume, et où
euqaa tanquam realibus et perpetuU aacloritatem suam iolerponere
6t (lecratam. Suppiicaotes etiaoi excellenlLMiuio priacipi domiuo nostro
daci BurgoDdie et venerabilibui vim decano et capilulo Lingouense
quatioas compositioaem prediuiam et omnia et biogula 8upra scripta rala
0^ grala habere digoentur, ei^que speciaiiter asdentire et omued predicti
*^^ sua preaentibas Telint appoDi tacere ad m^jus robar et tesliino-
nioiD premisBoium. Et nos partes predicte sigilla Dostra preseutibus
doiioma ioidem testtiuouium appeudeuda. Datum Divlooe sextadeciraa
^ menais julii anoo dooiini miliesimo trecenledimo tricesimo secuodo.
Nos Johannes, miseraiioiie diYina Llngoueasis episcopus, noium facimus
onmibas présentes litierad inspecturid, quod uos TUit» et diligenter ius-
pectis compositiooe et omiiibas aliis supra scriptis, allendentes ipsa
omnia et singula rite et canouice atque eliam de uosira et vicarii noâtri,
licencia facta esse, eaque cedefe in uliliialem evidentem decani et capi-
toH capelie dicti domiai ducia Burgondie et cantorum ac cautoric Liugo-
nenais, compObitioDem ipaaoi et uoioiaet aiogula supra scripla. Volentes
ipsa esse realia et perpeluo teaore preseutuim approbamua et auctoritale
cnrdinaria confirmamoa eisque auctoritatem noatram interpoDimus et
decretom. Et in teatimouiam premisaorum preseatea maodavimua sigilli
nostri muninmie roborari. Datam apud Burgum, nona die menais februarii^
aoDO domiai millesimo Irecenteaimo triceaimo secundo.
Et nos Odo dux Burgondie, cornes AttrabjiteDsia etBurgoudie palatinus, ^ominusque de Salins, considérantes supra scripta esse nlilia capelie nostre predicte ipaiuaque decano et capilulo ea rata et grata babemua^ et eis tenore preaeacium assenlimua. la quorum leàlimonium présentes mandavimua et fecimus sigilli noatri oppenaionc muuiri.
Nos etiam capitulum Lingonenae conaiderantbs, omnia singula supra scripta bene et légitime facta ease ipsaque fore ulilia tam noslre eccieaie «*t cautorie Lingonensis quam capelie predicte ipaa teuore preaentium approbamua, eisque noalrum impeudimua beneplacilum el asseuaum et prupter boc sigiUum noalrum presenlibua duximus apponendum. Dalum in uostro capilulo propter boc specialiler cougregalo Donaa mcaaia fcbruarii anuo domini milleaimo trecenlesimo triceaimo secuudo.
Original en parchemin. Arch. de la Côte-d'Or, G,cbapitre delaSaiute- Cbapelle^ G, 234.
80 l'enseignement en province
le chanoine musical, Bénigne Pépin, fit sans doiit^ d'abord partie des Dons cnfanls^ ou Enfants d'aube^ élevés sons la direction d'un maître de chapelle dans^ une grande maison canoniale, qui donna son nom des Bons enfants à la rue dont elle porte aujourd'hui le n° 9 (1). En 1424; le duc Philippe (c étant en son oratoire de la chapelle, la nuit de Noël, environ douze heures, avait voué et promis, afin qu'il plût au Seigneur, par les mérites de sa glorieuse mère et de Monseigneur saint Jean, lui donner lignée légitime de son corps, de fonder en sa chapelle quatre petits enfants innocents, de bonnes mœurs, pour servir ladite chapelle avec le maître, homme suffisant et honnête, qui devait les instruire en bonne doctrine, leur apprendre l'art de la musique, chant, contrepoint et déchant. »
Les chanoines devaient les faire instruire dans l'art de la grammaire, tellement qu'ils sussent entendre et parler c congruement » leur latin, les entretenir et leur fournir les vêtements (2). En 1431, le duc créa quatre nouveaux canonicats destinés à des personnes <c instruites en art de musique souffisans et convenables. »
Le cardinal de Courson, légat du pape en France, avait, des le mois d'août 1215, fait un règlement pour réformer les écoles de Paris. Gomme il est probable qu'il réclama partout l'application de ce règlement, il n'est peut-être pas inopportun d'en rappeler les prin-
(1) J. Garoier. Introd. nu journal de G. lireunot, précédé du Uwe de souvenance de Pepio {Ànalecta Divionensia) p. VI. — C'est par erreur qae M. d*ArbaumoDl a placé la mallriie de la Saiule-Cliapelle sur la place actuelle du théâtre.
(2) Abré. chron., p. 51, cité par M. d'Arbaurnool.
l/ENSETfiNEMKXT EN Pr»OVL\<:K 81
cipales dispositions- que BouIIemicr avait déjà jugé bon d'insérer dans son manuscrit auquel je les emprunte, f ce règlement étant, au dire de M. Crevier, le plus ancien en ce genre qui se soit conservé jusqu'à nos jours, et aussi, Umt parce qu'il embrasse toute la discipline des écoles, que parce quMl fait connaître le plan des Études de ces temps-là, dont la futilité s*est perpétuée dorant tant de siècles. y>
« Personne, y est-il dit, n'enseignera les arts, qu'il ne les ait étudiés au moins pendant six années, et qu'il n'ait atteint l'âge de 21 ans. Quiconque se présentera pour enseigner sera examiné dans la forme énoncée dans l'édit de Pierre, évéque de Paris, touchant l'union entre le chancelier et les écoliers. On expliquera dans les écoles la dialectique tant vieille que nouvelle d'Arislote ; mais on rejettera ses livres de métaphysique et de physique, leurs abrégés, et tous les livres de certains hérétiques qui y sont nomnaés. On lira les deux Prisciens. au moins l'un d'eux, 6l, les jours de fôte, on n'expliquera que des plûlosophes, des rhétoriciens, les mathématiques, la gram- Duûre, et, si l'on veut, la morale et le quatrième livres des Topiques (1). »
BouUemier ajoute que le cardinal de Courson n'i- Snorait pas que depuis longtemps on enseignait avec succès les humanités à Dijon, mais que ce vu sa popul*ition, et attendu que les humanités n'étaient pas la ^ule science que des élèves dussent acquérir, il voulut leur procurer les moyens de s'instruire par des études plus relatives à leur état » et que prévoyant
OiFleory, hiit. eccUs , t. XVI, liv. i.xxvn. an. 1215.
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les troubles et les difficultés qui pourraient résulter de la concurrence qu'il établissait, « en homme habile et sage il sut y pourvoir. Il défendit sous peine des censures ecclésiastiques, aux anciens maîtres et à tous autres de troubler dans leurs fonctions ceux que le doyen de la Sainte-Chapelle aurait nommés.» Il ajoute encore que le défaut absolu de renseignements, malgré ses recherches, ne lui permet pas de dire comment les deux.écoles fonctionnèrent parallèlement, ni même si celle établie par le cardinal eut quelque consistance, combien elle dura. On peut affirmer cependant que la Sainte-Chapelle ne cessa point pendant des siècles de donner l'enseignement; la preuve s'en trouverait, au besoin, dans les discussions que souleva entre le chantre de Langres et le doyen, la nomination des maîtres, discussions dont on trouve de nombreuses traces jusqu'au jour où se fit la transaction dont j'ai déjà parlé plus haut.
Quoi qu'il en soit, une nouvelle impulsion était donnée; le nombre des maîtres d'écoles, si fort en décadence au xi' siècle, s'élevait d'une façon extraordinaire. Au xiir, il fut tel que les pénitentiaires du temps n'omettent pas de formuler des peines spéciales contre les fautes particulières à cette profession (1).
(1) De Charmasse, Etat de Vinstr, prim^ dans TaDcien diocèse d'Autun, etc., p. 20. Voici le texte môme des principales dispositions auxquelles il fait allusion. Je les tire du PœHitentiaie, indiqué par M. de Charmasse, et attribué magistro Joanni de Deo, sur lequel je n*ai trouvé aacon document, mais qu*il ne faut pas confondre avec saint Jean de Dieu, fondateur de Tordre de la charité au xyi« siècle :
« Magister scholarum débet episcopo confiteri, cui immédiate subest. Peccant antem specialiter in diversis. Primo quia vendunt licentias doccndi, ut probatur ex de magistris. Secundo quia denegant Ucentiam
L*ENSEIGNËMENT EN PROVINCE 83
Dès la fin du xii' siècle, des relations intimes s'établissaient en outre entre les divers monastères, relations qui étendaient leurs enseignements en même temps que leur influence et leur moyen d'action ; ces relations ne firent que s'accroître au xiii». C'est ainsi notamment que Ton trouve des actes de société, presque de communauté, passés entre le monastère de Saint-Bénigne et ceux de Saint-Seyne (1490) , de Flavigny (1238), de Saint-Etienne (1251) enfin de Cluny (1275) (1), dont l'abbé Yves de Vergy commença àbâtiràParis, en 1269, pour les religieux de son ordre, le collège de Cluny qu'en 1308 un autre abbé et généraldu même monastère, Henri de Faulrières, devait doter de ses statuts définitifs.
De plus le nombre môme des monastères augmentait: apparaissent successivement, entre autres, en 1224 les religieux du Val-des-Choux, transférés à
digoiâ. Taies, di fuissent accusatif deberent a suo offlcio perpctuo remoyeri, ut probatur 1. q. 7. etc. — Peccanl autem, et ineo graviter, quod rude» et ignari permittuut se ad ofticium sublimari, qui possuot alios examinare. Item quando sunt conspiratorcs contra cpiscopos suos, ut probatur ex de calumn. Peccaut autem îd ea scioolia, iaquapetuutlicentias aibi dari. Taies eiiim, qui ita aiubitiose promoventur, crudeliter a diabolo punientur. Patentes enim poteuter tornientn patientur ; nam débet home se metiri cum illo officio quod deaiderat adipisci, et, si est iuferior^ cesset : si autem e^t siqualis, cum timoré accédât. Talia ergo et consimilia, si super bia laborat iiifamia, débet episcopo coofileri, si vult salvari; aliter, de licentia sui episcopi, potest sibl eligere providum eonfessorem. » Patrologia latina de Migne, t. xcix, cap. XI V. De pœnitentià magistri scholarum.
A la suite de ce qui précède, on trouve daus la patrologie et du même J. de Dieu : a Debeot pœuiteutiam agere.. quarto, quia docent iu catbedritf ea quœ placere possuut, et isti sunt doctores de quibus dicit concilium ConstantinopolilaDum : malorum doctorum mala doctrina est. t. q. 7. c. couvenientibus. — Quiuto, quia cum ipsi maie vivunt, talia reprehendere audeut contra auctoritatem sanctorum patrum. »
(1) Recueil de Pérard, p. 2G4, 44Î, 479 et 5Î8.
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Dijon en 1363 ; en 1237 les Jacobins ; en 1243 les Cordeiiers que le pape favorise bientôt d'un privilège accordé aux ecclésiastiques qui les choisissent pour mai très de théologie (1).
M. de Charmasse rappelle qu'en 1261, maître Guillaume était recteur à Âutun et il donne les noms de quelques-uns de ses successeurs dans cette ville. L'école de Flavigny, dit-il encore, était dirigée par maître Martin de Losane. Certains noms se retrouvent ainsi çà et là dans les divers documents, mais sans présenter grand intérêt. Il y en a davantage dans les renseignements que donne sur la même époque Etienne de Bourbon» renseignements d'autant plus précieux qu'ils sont encore peu connus. Son chapitre sur la psalmodie mérite particulièrement d'être cité. « Potest autem, dit-il, vocalis oracio multipliciter dividi... Nonspecies [est] psalmodiacio, cum decantatione psalmorum. Débet autem fieri attente, distincte, dévote, intègre et subcincte... Contra illos qui inattente et indevote et indistincte psallunt, vel qui psalmorum detruncant versus, a suo intellectu eviscerant, dictiones sincopant, litteras oblitterant et oblictant, qui non intelligibiliter, sed congregatim quasi milvi clamant alter ad alterum, ad hocfacit exemplum magistri Jacobi (2), dicentis quod cuidam sanclo viro apparuit dyabolus portans saccum plénum, et, adjuratus quid ferret, dixit quod veniebat de quadam ecclesia secularium, ubi collegerat illum plénum saccum de sillabis
(l)Courlépée, t. Il, p. 119, 124, 148. Fyot, Hisl. de Saint-Etienne, p. 137^ ISO, 264.
(2) Jacques de Viiry,m. en 1243, bislorien, hagiographo, prédicateur, évêque de Ptolémals et cardinal.
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<^t dictionibus detruncatis a psalmodiis, de quibus eos îri j udicio accusaret.
Suit un tour d'écolier, inspiré par ces défauts, qu'il semble si nécessaire de corriger :
oc Item contra taies audivi quod (cum) quidem pauper scolaris veniret de Parisiis et juvaret in quadam parrochia quemdam sacerdotem celebrare, cum predLiceret horas, ita corrumpebat dictus sacerdos versus, quod nuUum intellectum posset ibi capere dictus scolaris, nisi sonum: tune incipitipse clamare, confor- ^ansillud quod audierat clamari Parisiis a quodam artifice clamante artificium suum, ut faciunt reparatores vestiumveterum acquerentes veteres sotularesaut oblearii, et credidit sacerdos quod clericus bene dixissettotum, quia parum inteliexerat ipse clericum ut clericus eum, non attendons nisi ad vocis sonum (1).» Celte confusion, par un prêtre, de ses Heures avec les crieries de Paris, suffit pour montrer jusqu'où allait, quelquefois, l'ignorance des ecclésiastiques. A coup sûr, Jean de Dieu ne statuait pas dans Tinconnu quand il condamnait si sévèrement les brevets frauduleux délivrés aux incapables. Et Etienne de Bourbon devait singulièrement s'en indigner, lui qui mettait la science sacrée si fort au-dessus de la science séculière. « Item secularis scientia inflativa, utsilique porcorum ; sacra nutrit et reficit, ut lac et panis. Sacra veritatem ostendit ; secularis scientia decipit (2). »
Il donne, d'ailleurs, sur les écoliers, leur libertinage, leurs habitudes, des détails qu'il est bon de
(1) EUennede Bourbon, lib. III. De eis qui pertinent ad donum sciencie, § tiS, p. 184-185.
{«) Quarta para. De fortitudine, § 442, p. 381,
SO l'enseignement en province
rappeler. D:ins son chapitre de sacrilegio personarum sacraruniy où il appelle la luxure le quatrième doigt de la main du diable, il raconte ceci :
c 472. Cum quidam clericus scolaris tenuisset concubinam in scolis. in qua totam substantiam sibi miâsam de terra sua cum consumpsisset, cappa quadam hona retenta, cum qua honeste ad suos redire!, cum conduceret eum repatriantem cum ancilla quadam, flebat fortiter in recessu, et statim eo separato ab eis, incepit ridere et jocari cum alia. Ait illa sibi : c Quomodo quae ita modo flebas, amasio tuo recedente, ita modo rides? » Ait : « Non credas quod ego ita flerera propter ejus recessum, sed quia ita bonam cappam secum defert, quam nondum expenderamus.^ In quo maximus earum dolus patet (1). »
Ailleurs, dans un curieux passage où il flagelle Tiisage du fard, des faux cheveux, etc., dans la toilette des femmes, on lit ceci :
K 286. Se peccatrices ostendere vel apparere non erubescunt. Sicut enim serpentes et dracones, quanto sunl rufiores, tanto venenaciores, sic mulieres, quanto sunt in capite rufiores, tanto videntur esse interius venenaciores. Fui ego (in quadam villa) ubi nulla talis mulicr audebat intrare ; sacerdos enim, timens infîci parochiam suam hoc veneno, instruxerat pueros ita <|uod, quociens mulier meretricio habitu ornata et croceata in parochia tota apparebat, pueri clamabanl post eam:« Egredere, rosselle, cum venenosa pelle (2) !
(I) Qiiarta paw. De fortUudine. § 472, p- 406.
(i) Cci) moUsont la reproduction de quelque refrain populaire, comroe : «Va-t-cn, rouéseau, avec ta vénéneuse peau, n Autrement les gamiDs eu880iit (lit rosicUn. (Noie de M. A. Lecocq de la Marche, éditeur d'Ktienue de Bourbon.)
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Et projicientes post hujusmodi vilia, eas fugando expellebant.
287. Debent autem cohibere mulieres ab hoc posilione crinium alienorum vel eorum qui non sunt de
capite Audivî vel forsitan vidi quod, cum quidam
scolares morarentur juxta domum cujusdam mulieris
ornatae, qu» vocabatur Ysabel, cum ipso intrasset pra-
tum suum, ubi a nemine credebat se videri, quidam
scolares viderunt eam, aspicientes per fenestram,
caput suum, quod forsitan erat depilatum et in parte
canutum, denudantem, et multam congeriem capillor
rum alienorum ad arborem pendentem, tingentem et
ornantem, ut suis insereret et capiti suo componeret.
Qui, cum hoc vidèrent, alios convocaverunt ad specta-
culum multos, qui eam confutando clamaverunt : « 0
domina Ysabel ! ista cauda non est de islo vitulo. y»
Et saepe, cum eam per vicum ambulare vidèrent,
idem clamabant ; et tactum est quasi proverbium et
improperium contra fatuas mulieres. Quidam ait :
Jsludjumenlum cauda caret. » Alius finivitsic : « Or
la lient un (1). j>
J'ai cru pouvoir donner ces citations du dominicain du xiii° siècle comme contenant à la fois une peinture des mœurs des écoliers du temps et des recherches de toilette des femmes.
Tout, jusqu'à la couleur privilégiée des faux cheveux, qui les rend « tanto venenaciores quanlo sunt rufiores o, n'est-il pas encore au xix'' siècle comme au XIII*? J'ai pensé également que je devais laisser
(1) Elienoe de Bourbon, de fortitudine^ p. 239 et 240. Suivant M. Lecocq de la Marche, les derniers mots peuvent s'interpréter ainsi : «Cette vache a perdu sa queue, que ne la lie -l -on pas 7 »
parler dans son style et dans son latin Etienne de Bourbon. Il y avait là encore un certain intérêt.
Les principales indications qui concernent le xiv* siècle, en matière d'instruction, me sont fournies par les protocoles des noteries. Tune des sources les plus précieuses à consulter pour la connaissance de cette époque. En voici, avec quelques notes prises sur le livre de dépenses des ducs de Bourgogne (1) et quelques autres documents, le relevé cJironologique qui, malheureusement, ne constitue guère qu'une sèche nomenclature :
1304. Les écoles d'Avallon, qui recevaient une subvention des habitants, avaient alors pour chef maître Pierre, dont Odon de ThiUChastel devait être, en 1342, l'un des successeurs (de Charmasse, p. 19).
1317. Pierre de Monlinyeo (Montigny), rector magnarum scolarum divionensis. (Protocole de J. Piquard, notaire à Dijon.)
1323. Maître Jean de Pianeto et Jean son fils, prêtre, retiennent à ferme de maître Raimond de Saint- Alban, recteur des écoles de Dijon, la cure de Brochon pour la desservir. (Protocole des actes de Jean deBèze, coadjuteurdu tabellionage de Dijon.)
1324. Maître Jean, rector scholarum de Arnelo (Arnay-le-Duc, dont les écoles étaient des plus anciennes du diocèse), paraît en qualité de témoin d*nn acte par lequel Hugues, doyen d'Ormancey, reconnaît sa charge en fief des religieuses de Saint-Andoche d'Autun, (Arch. de Téveché d'Autun. F. de l'abbaye de Saint-Andoche, cité par M. de Charmasse.)
(1) Manuscrit 96, foDdd Boudot, archiv. déparlemen taies de la CôtedOr.
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1324. Mailrc Raimond de Saint-Alban, recteur des écoles de Dijon : Dans l'église ou la chapelle Saint- Harlin, m campis prope Divionem, maître Raimond deSaint-Âlban, recteur du décanat de la chrétienté de Dijon (l)y commissaire pour mettre en possession maître Guillaume de ladite égHse Saint-Martin et de Fontaines, en présence de Lambelin, dit couhe de chien (queue de chien). (Protocole de Jean Gurtiler et Etienne de Clairvaux, notaires.)
4324. Raimond de Saint-Alban, doyen de la chrétienté de Dijon. (Protocole des mômes.)
1325. Pierre de Besançon, curé d'Ycyo(Is-sur-Tille), fratris dicti curati Thierici regimine scolarium (recteur des écoles) de Ycio. (Protocole de Dominique Griffon, tabellion de la cour de Langres, notaire à Dijon.)
1326. Magisler Raimundus, rectorscholariumDivionis, reçoit sa rente sur ses fermiers de Brochon, de
(î) « A DijOD y avait jadi» une juriddictiou qu'on appelait la Chrétienté pu la doyen de réglise paroissiale Saint-Jean, qui porte encore le nom 'c II Chrétienté. Et & ce siège fallait que répondissent tons ceux du païs 7 itaot citéi pour quelque cause que ce fClt, et on tient que cette préro- Mlive était accordée à ce lien, à cause que là premièrement fut commencée la prédication de la foy é7anp:élique par saint Bénigne; etiapiramide <1< Saiut-Philibert était ancienuement appelée la Chrétienté; et le cime- ^ des chrétiens étoit où est à prési^nt Téglise Saint-Jean; et là s'assem- Paient, tous les ans/ tous les chrétiens, même ceux qui demeuroient ^^^ la ville, dont est demeurée la coutume que le jour des cendres, les ttbrées, qui sont comme les aubains, alihinati^ se doivent présenter en b ditle église, devant le doyen, et assister au service divin et au sermon 9>>oo appelle le sermon des aubrées. nManusc. tky fonds Baudot, (bibliot. pvb- de oyon). Voir encore Courtépée, t. n, p. 108, et arrêts notables de ^^er, t. II, p. S39, sur la chrétienté et son doyen, n litre donné au c*rt de Saint-Jean, unique paroisse de Dijon et du Dijonnais où l'on '^*P^t, et devant lequel tous ceux qui y avaient été baplisi^s devaient, '" commence ment du carôme, venir rendre témoi^^nago de leur foi et renouveler leurs promesses. »
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47 sous 4 dealers et ua demi muid de vin pur. (Protocole du tabellion Clémence Guillaume.)
4326. Stephanus de Fontanis (Fontaine) clericus scolarura Divionis. (Protocole du même.)
4338. Jean de Altovilare (Auvillars), chanoine de la Sainte-Chapelle^ vend son meix au château de Dijon, entre les murs dudit château d'une part , et mansum domus dou singe, d'autre, ubi fuerant scolœ l>/moms. (Protocole du notaire H. Poissenet.)
1340. Jean de Verton, maître des écoles de Dijon. (Protocole de Thierri Quasset.) C'est en cette année que les écoles de Dijon, qui étaient entre les mains du chapitre de la Sainte-Chapelle, furent transférées du cloître de cette église dans l'hospice de la rue Saint-Fiacre (anciennement rue du Chastel, aujourd'hui la partie de la rue Vauban qui s'étend de la rue Amiral -Roussin à l'hôtel Hernoux), qui était sous la juridiction de cette collégiale (4).
4341. Maison à Philibert de Verneto, jurisperîto ante scolas Divionis^ entre la rue publique et celle des héritiers Selliers. (Protocole de Dominique Curtiler et Thierri Quasset.)
4344. Johannesde Alereyo (AUerey), scolarum Divionis. Hugues de Chappes, scolarum Divionis. (Protocole des mômes.)
(l)Girault. Essais sur Dijon, — Un protocole de H. Poiâienet, coadjateur du tahellion de Dijoo (arcliiv. départ., B. II, 230, fol. 45), cité par M. Garnier, dans soa Histoire des deux premiers hôtels de ville de Dijon, nous apprend également qirauparavant les écoles de la ville se tenaient dans la maison de la rue Chabot- Cbarny portant le n» 38. Cette maison, en 1350, appartenait à Guy Rabby, cbanoine de la Sainte -Chapelley et était voisine de celle au singe acquise en celte même année pour y établir les divers services municipaux. (G f. le document précédent de 1338 où ces mots : le chàleau de Dijon signifient le château des ducs.)
l'enseignement en province 91
1345. Testament de Perrenet, dit le Paijeur (le pire), autremeat dit Guillemot. Elle {sic) fait, entre autres legs, celui de cinq sous au primicier des écoles de Dijon. (Protocole de Huet de Saulon, notaire à ûijon.)
1347. L'école de Montcenis existait, ainsi que nous l'apprend un passage des comptes des chàtellenies de Gienne, de Roussillon et de la Toison, à propos des frais « pour la main du maistre de l'escole de Montcenîs», dont le savoir avait sans doute été utilisé pour ^®s écritures de l'administration ducale. (De Charmasse.)
1351. Guillemette de Montquoy, demoiselle, femme de Guill. de Montsang, écuyer, vend à Pierre de Fla- ^ffïîy» clerc, sa maison, in Castro quœ se extendit a ^lomo de Granceyo usque ad domum J ohannette reltcte ^^renneti Bourgeois prope studium de Divione^ prout ^^ exlendil usque ad mansum de Granceyo. (Protocole de Huet de Saulon.)
i351. Etablissement des Carmes dans la rue Saint- Jea.n, devant le prieuré du Val des Choux (Courtépée, '• I, p. 120. Fyot, feîsf. de Saint-Elienne^ p. 162-165 et 263).
4353. Maison à Jean de Lorraine, clerc, demeu- ^''^ïit à Dijon, située En Chasteaul, près des Escoules. (ï^wtoc. d'Acey, prêtre, notaire à Dijon.)
^1357. Réparation de la maison de Neuilly, achetée
P^rleduc, pour l'agrandissement de son châtel de
^ijon qui étoit en ruine, sifrtout les murs, par devers
les Cordeliers jusqu'au devant de V Ecole, (Livre de
^^épenses des ducs, 1. 1, p. 5.)
1358. Payé à Renaut de Grandfailli, grand maître
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des escoles de Dijon, par ordre de la Royne, du 23 juillet 1358, pour le vivre' et apprendre à Renaut de Varanges, Guillaume de Montferrant, Guillaume Bissey elle petit Perrenot de Croisilles, qui iront avec le duc et Henri de Luxeu, leur valet, mis chez ledit maistre pour apprendre à lire et escripre, 140 florins par an. (Livre des dépenses des ducs, t. i, p. 5 )
1358. Maison à Jean Sauvenet, in castro divioyiensi relro domum et curtile scolarium divionensium juxta curlile diclaru7n scolarum^ et la maison de Pernet Bourgeois, inde ferit super mur os dicti castri. (Protocole de
Geliet Simonet de Blaisy, notaire à Dijon.) 13G5. Vienet de Poliniaco, clerc scolaris divio*
neiisis. (Protocole de Robert de Sereneto, notaire à
Dijon.) 136G. Guillaume Durand, recteur des escoles d'Au-
xonne. (Protocole de Richard Poissenot, notaire à
Auxonne.)
1367. Maître Jean de Leht, administrateur des écoles do Dijon. (Protocole de Robert de Sereneto, notaire à Dijon.)
1367. Guillaume Durand de Mansiaco, recteur des écoles d' Auxonne. (Protocole de Richard Poissenot.)
1368. Maitre Jacques de Vaulx, maistre des escoles de Dijon, séant en la rue dite Boichefoul, autrement la Courroyerie (1). (Protocole d'André Etienne de Faanay (Fénay), notaire à Dijon, et Guiénot, princhel (principal) clerc de notaire à Dijon.)
(t) La rue de la Courroyerie, plus tard rue et place CharboDoerie, et en Pan xii rue Napoléon, comprenait la partie de la rue qui porte aujourd'hui le nom de rue de la Prérecture, située entre la place Notre-Dame et la rue d'Assas. (Mildanl, Les rues de Difon^ 1874, p. 100.)
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1370. Maitre Jacques du Vaul, maître des écoles de Dijon. (Protocole de J. de Fontaine, notaire à Dijon )
1370. Guillaume Lore, de Dijon, étudiant à Olliens (Orléans). (Protocole du môme.)
1370. Maître Jacques de Valle (le même que de Vaulx et du Vaul ci-dessus), recteur des écoles de Dijon. (Protocole de Jacques des Granges, coadjuteur de André de Fénay, notaire à Dijon.)
i371. Jacques de Vaulx, maistre, ou recteur des écoles de Dijon. (Protocole de J. de Fontaine.)
1372. Maitre Pierre Boiset de Rains, recteur des ^scolles de Cbanlipt (Champlitte). (Protocole de Gui 'eau de Fontaine.)
1375. Michel Lecurt, recteur de l'école de Saint- ^yne, traite avec Jean de Barbonne, qu'il s'attache ^^name sous-maitre. (De Chjirmasse, p. 22.)
l377.0dodeBretigneyo (Bretigny), clerc recteur des ^scoles de Dijon. (Protocole de Thierri le Quasset.)
4377. Maitre Odo Gillotte de Bretigneyo, maistre des ^^coles de Dijon. (Protocole de Pierre de Layer, I^^ôlre, et Aleaume de Cleleu, notaire à Dijon.) .
1378. Odon de Bretigny, maistre et recteur des ^^Coles de Dijon. (Protocole de Gui de Fontaine et 'tannin Vrémin de Savoisy, notaire à Dijorv.)
1379. Maître Eudes de Bretigney, maistre de Festoie de Dijon. (Protocole d'Aubertin Sauxurelet.) ^do, Odon et Eudes de Bretigny ne sont certainement qu'un seul et même personnage. Il demeurait
* en la rue de la porte neuve », c#mme en témoignent ^^ ^ente, en 4445, par Guillaume de Gramson, chevalier sup. de Pesms, d'une maison proche celle lui ^yant appartenu (Protoc. de J. Lebon) et le protocole
94 l'enseignement en province
d'Aubertin (le Saulxurètes et.Guill. de Brazey, C^A plus loin à la date de 1386.
1380. Odo de Bretigneyo magister scolarura Di'^ nis. (Protoc. de Guill. Girard, not. à Dijon.)
1380. Garin fils Andrey maistre de l'escole de ^ vrey. (Protoc. d'Aubertin Saulxurètes.)
1383. Bail à loyer de la maison que habitaient Je^ nolle et Jacoble de Mussey-T Archevêque, maistre de Tescole des fillettes à la ville de Dijon. (Protoc. même.)
1386. « En cette année, dit M. de Charmasse, le pi bourg de Mont-St-Jean avait une école gouvernée f maître Pierre de Ray et celui-ci s'associait en qualité sous-maître Jean Sylvestre, de Nourru ; par le tra qui fut conclu entre eux, nous voyons que Pierre Ray s'engageait à procurer à son coadjuteur le lof ment, la nourriture et un salaire de dix-huit frar d'or par an, soit environ 300 francs d'aujourd'hui Les conditions de ce traité méritent d'être conservée
1386. Huguenot Gilotte de Bretigni et maître Lud son frùre, recteur de l'escole de Dijon. Leur mais prèside la porte neufve. (Protoc. d'Aubertin de Saulx rôtes, not. à Dijon et de Guill. de Brazey, aussi not)
1388. Perrenot le Salhenet de Dijon, y demeun sur le Suzon, vers l'escole. (Protoc. d'Aubertin Saulxurètes et de Jean Le Bon, not. à Dijon.)
J'ai relevé sèchement, mais comme présentant te tefois un certain intérêt, à titre de renseignements s les noms d'homme* et de lieux, les indications ( précèdent. Mais j'en ai trouvé un certain nombre d'à très. A côté de curieux contrats d'apprentissages so notamment des traités entre recteurs et maîtres adjoii
l'enseignement en province 95
omme celui passé en 1386 entre Pierre de Ray et iean Sylvestre, des jugements condamnant à la rétribution scolaire des parents qui s'y refusaient, etc. — En 1389, c'est un contrat d'apprentissage. Marguerite , fille de feu Odo Davinon d'Arnay , se met en apprentissage pour cinq ans avec Isabelot, demoiselle de Molesmede Fontaine, maîtresse de l'hôpital Saint -Fiacre à Dijon, et Marguerite, sa fille, tixière, pour apprendre 'Vt, science et métier de tixier de toilles, de couvre- 1 chiefs, etc. (Protoc. de Guyot Corsain, not. à Dijon). j En 1399^ c'est Pierre Maquereaul qui apprend à Dijon I cet art de la tixerie. (Protoc. d'Aubertin Sauxuret.) I Vers le même temps, un jugement condamne Per- I riû de Sens à donner un franc, selon la coutume^ à un f cJerc chez qui son fils avait été à l'école pendant un I ^^* (Reg. aux causes de la mairie, 49, 1394-1395.) ^ En 1398, c'est l'engagement d'un recteur, Cognot de
^^lombier, clerc du diocèse de Besançon, qui fait mar- ^hé avec Huguenin Thibault, clerc de Raim d'or (ra. '^^Gau d'or), clerc des escoles de Vitel (Vitteaux) pour ^ temps d'un an. Le dit Thibault le doilt tenir en son ^^Btel, le nourrir selon Testât du recteur d'escole, et I^^Ur salaire, lui donner 15 francs d'or, à charge de ^^Uverner l'escole dudit Vitel, apprendre et monstrer "^i^n et loyalement les escoliers d'icelle, comme rec- ^Vir doibt faire. Et lui sont réservées toutes les donna- ^Ons que les escoliers feront pendant ladite année, ^^•c (Protoc. de Jean le Bon, not. à Dijon.)
Au registre 52 (1397-1398) des causes de la mairie
, ^^ Dijon (archives départementales de la Côte-d'Or),
^^t (fol. 260) un rapport des jurés chirurgiens consta-
^^Int Tassassinat de Jean Brest, clerc étudiant aux écoles
96 l'enseignement en province
de Dijon, dont le corps avait été trouvé, couvert de blessures, sur le bord d'une route, mais je n'ai rien découvert d'autre concernant cette affaire, qui parait avoir causé une certaine émotion.
En revanche, j'ai rencontré de curieux documents relatifs à l'école de Saint-Seine, qui eut au xiv* siècle une importance particulière.
En 1381, dans le testament de Marguerite, femme de Gui Novot de Saint-Seine, cordonnier, qui sert de couverture au protocole de Gui de Corpsaint, notaire à Dijon, on voit, au milieu de différents legs, de linceuls à divers hôpitaux, de son pelisson de lapins (pelisse de peau de lapins) meam pelissonem cannicutorum à Pierre le Mairet de Saint-Seine, prêtre, d'un panier d'abeilles à un autre et de quelque objet à la fabrique de Saint-Seine, un legs aux pauvres clercs des escales *de Saint'Seyne de trois gros d'argent pour les sept psaumes qu'ils diront pour le repos de son âme.
En 1387-1388, le livre des dépenses des Ducs mentionne Jeanny (Jean) Regnauldot de Saint-Seine, étant avec les bâtards de Flandres, frères naturels de la duchesse pour les instruire à l'escole, et plus loin : habillemens pour les trois frères bâtards de Flandres étant à l'escole de Langres.
Le 26 décembre 1396, une scène quelque peu scandaleuse se produisait dans l'église de Saint-Seine, et c'était au sujet de la présence d'un écolier de Dijon, a Devant le grand autel mons. Pierre Marret, curé de ce lieu,revestu et préside chanter Vespres, dit àGuyot- Chamboy de Dijon : Guyot, va-t-en, va-t-en, ou, autrement, je ne chanterai point, et Guyot lui répondit : Pourquoi? C'est parce que tu es excommunié tout à
l*instant de M. de Langres, comme de feu Guillaume de la Motte, moine. Guyot répondit : Je n'en savais rien, je suis escolier'et demeure à Dijon pour lors et ai hostaige et ne fus onequesadjourné, et du grief que vous me faites, je veux en avoir acte. (Protoc. de Michel Goquinot, not. à Saint-Seine, près Dijon.)
Pourquoi ce Guyot avait-il encouru cette excommuï^îcation, qu'il ignorait lui-même? Rien ne l'apprend, P^s plus que la suite qu'a pu avoir cette affaire. Mais ^ï> sait que pareille mesure n'était pas rare et n'était P^s toujours motivée sur des raisons sérieuses; plus ^*^rà écolier eut assurément à encourir, comme Guyot, cette pénalité si fréquemment appliquée qu'elle constitue un des éléments qui caractérisent l'époque et sur lequel conséquemment il convient de ne pas passer trop vite.
Les gens d'église en abusaient à tel point qu'elle ^*^it, tout en perdant de son autorité, devenue réellel^^ut intéressée, arbitraire et vexatoire. On peut en J^ger par la querelle 'survenue entre la commune *^ Dijon et le chapitre de la Sainte-Chapelle qui, lut- ^^t pour ne pas contribuer aux charges publiques, ^^nformément à des prétentions passées en habitude, ^^ craignait pas de menacer d'excommunication ceux ^^i attenteraient à ses prétenduesimmunités. C'est cette Querelle où la duchesse crut devoir se faire elle-même ^vocasse du peuple, et eut, en celte qualité, « mission ^^ fournir au chapitre. la preuve que, dans certains ^^s, la justice laïque peut prendre prêtres, évêques ou ^^rdinaux, et de demander l'application de cette disposition. »
Ne la rendaient-ils pas également ridicule en la
prononçant comme il y en a tant d'exemples, à toute occasion et contre toute personne ou toute chose, contre les animaux mêmes et, particulièrement en Bourgogne, contre les ravageurs de la vigne, « les écrivains (1), les hurebers et cancoires », contre les moucherons, les chenilles, les limaces, comme le rapporte la chronique du monastère de Savigny en Lyonnais de son grand prieur Dom Benoit Maillard : € Fueruntquoque, dit-il, factae processiones générales,
(1) Oû est slupéfait vraiment à la pensée que pareille prtliqae lit doré des siècles. Au xvi^, c'est encore le même remède qu'on trouve le meilleur contre le fl<'«u : «Sur les remontrances faictes de la part des jurez vignerons, du dégastque font aux vignes certains menus bestiasl appelés escripvains, lit-on à l'inventaire des archives municipales de Dijon, p. 70, col. 1. Messieurs (de la chambre de ville) se sont retirés devers mattre Philippe Berbis, vicaire général du révérendissime cardinal de GÎTry (c*étaiten 1550 ou 1551), évebque de Langres, pour le prier d'aviser le moyen de faire extirper les diclz bestials, scit par admonition, excommunication ou prières h Dieu, avec procession, prières et oraison da peuple; lequel a fait responce qu*il y advi&eroit, et qu*il treuvoit \tê moyens alléguez par messieurs de la ville très bonn, et advisera le moyen qui lui semblera eslrc le meilleur. » Le moyen qui lui sembla le meillear est ensuite indiqué dans une délibération portant que les échevius devront se trouver en Téglise Saint-Jean le samedi onze juin, h trois heures da matin, pour c assister à la procession qui a été ordonnée pour prier Dieu de exterper les bestes et vermynes appelés escripvains, qui adommaigent les vignei. » La procession n*eut pas de succès, paratt-il, et les escripvains continuèrent leurs ravages; car, Tannée suivante, op fut obligé d^avoir encore recours du même remède «afiOn de chasser par lagrflce et permission de Dieu les escripvains qui gastent les vignes. » Puis, en 1553, nouvelle procession ordonnée pour prier Dieu, le ciéateur, tant pour Textirpation des escripvains qui dégastent les vignes, que pour runyon de Téglise, pour la paix, prospérité et santé du Roy, et conservation des biens de la terre, » le tout couronné enfin par un monitoire fulminé « contre les escripvains qui gastent les vignes » par le yicaire général de Langres, Philippe Berbis, monitoire où ces insectes sont, menacés « de malédictions et d'anathèmes, s'ils n*obéissent pas à injonctions et continuent leurs dég&ts. n — On peut voir anx archÎT municipales de Dijon, où il est conservé, ce monitoire écrit en latin e qui a été, au surplus, sur la communication qu'en a faite M. Gamier inséré an bulletin des comités historiques du ministère de rinstrucUoii publique, 1852, p. 86.
l'enseignement en province 99
laudabiles, lacrymales ac dévote per lotum diocesim lugdunensem, et fuerunt vermiculi illi infecli per offlcialem excommuaicati et Inde mortui (1). i>
L'excommunication n'était souvent qu'un instrument de vengeance personnelle, mis au service d'intérôts absolument terrestres et matériels. Encore à Saint-Seine, en 1395, on voit Tabbé faire excommunier Etienne, prieur de Léry, pour dettes contractées envei^s lui, et refuser de faire lever celte excommunication jusqu'à ce que le prieur se soit acquitté. (Brotoc. de Michel Coquinot.)
H2n 4486, on trouve aux délibéi'ations de la chambre de ^ille de Dijon la mention d'excommunication prononcée contre des sergents, lesquels s'étaient permis d'emprisonner des femmes mariées dissolues, trouvées P^ï- eux chez des prêtres.
Un des cas les plus importants où Texcommunica* '^^n jouait un rôle actif est celui de la création des ^^mmunes. On en trouve des exemples dans Courté- P^e. a Le duc (Eudes III) dit-il notamment (p. 134 1. I ^^ son histoire du duché de Bourgogne), voulant établir
c commune à Chatillon en 4208, Robert, évoque de
ngres, s'y opposa : il en vint même jusqu'à excom-
vinierceuxquien étaient membres. Ce ne fut qu'a-
ï^^és plusieurs négociations que ce prélat leva ces
^^nsures redoutables aux plus puissants princes. Le
^lergé regardait alors rétablissement des communes
^Omme odieux, en ce qu'il diminuait son autorité : on
^oit même Tabbé Guiberl Jes nommer exécrables.
(1) Archio, départementales de la Côte-d'or, f. Boudot, mss. 97, *ïoiea iaôdites, l. III, p. 115.
100 l'enseignement en province
a execrabilibus communiis. » Le mobile n'était encore ici, on le voit^ tout à la gloire de Dieu, et il faut ajouter qu'Eudes III particulièrement ne s*étsû.t jamais fait remarquer que par ses bienfaits vis à vis religieux et de l'église. Il était même chanoine chapitre de Saint-Martin de Tours.
Il est vrai' qu^à la difTérence des animaux, qui mouraient, comme on vient de le voir dans le passa cité plus haut de la chronique de Dom Benoit MaiUar les hommes, et c'est une autre preuve du côté int ressé des excommunications, pouvaient s'en racheté de môme qu'ils pouvaient, à prix d'argent, acqué des indulgences; c'était affaire de tarif. Ainsi, 1' voit(1) cn'KÎ77 que « Pierre de Salmaise, moine procureur de Troisfontaines et Jean Marrioz, tonne lier ù Dijon, doivent solidairement au Doyen de l Sainte-Chapelle 18 gros d'argent « pour des lettr d^absolution d> cxcommunicalion », et on trouve'en 4381 (2) une a promesse de faire absoudre par Jean Ilaynaut de Dijon Jean le Picart, à ses dépens^ qu'il tenait excommunié de la cour de Langres. ]» Mais quoiqu'il en fut, l'excommunication n'en était pas moins une arme, et si on l'émoussait singulièrement en en faisant un usage immodéré et déraisonnable, en s'en servant « contre ceux qui parlent de moquerie ou se moquent des autres, contre les rats, les langoustes et saute reaux, et contre tous les autres animaux immondes et qui n'étaient point sains (3) », on n'en tirait
(1) Proloc. de Thicrri Quasset, t. II, p. 112 du maousc. 98, f. Boodot, archiv. déparlcmentalcs.
({) Proloc. de Guill. Gérard, DOt. à Dijon, même lome, p. 183. (3; Ou voil à rioventaire des tilrca de Dijou, t. lY, p. 249, en 1500 :
l'enseignement en province 101
pas moins parti comme d'un épouvanlail menaçant, dont la puissance était d'autant moins contestée, qu'elle osait s'attaquer, aussi bien qu'aux écoliers, à des familles et même à des pays entiers et jusqu'aux plus hauts princes et seigneurs. En 1302 ou 1303, liton dans Thistoire de Bourgogne deDom Plancher (1), le duc Robert ayant reçu du Roi la terre de Saulx sur laquelle l'évéque de Langres élevait des prétentions, ce dernier lui fit d'abord sommation de lui restituer le château, en lui dénonçant une première monition, puis, irrité de l'appel interjeté à la métropole de Lyon d^ cette monition, excommunia le duc, la duchesse
* '^étires 60 latio accordées par les yicaires généraux pour le spirituel et tecuporel de Révérend père en Dieu Jean d'Amboise^ évéque et duc de ^'^f^Rres, etc., à Guillaume Broisson, prêtre de IVglise paroissiale de ^iot-Jeaa-Bap liste de Dijoo^ et curé ou vicaire de FonlaiDe, et coulenaiit '^oiiiUon,excommuDicalOQ, malédiction, anatbémaliâalioo contre tous ces
* ^îtcsbestials.» (Archiv. départementales, f. Baudot, mauusc. 101.) ^o t]*eo finirait pas si l'on voulait former la liste de tous les animaux,
P*^i*C8^ mulots, sangsues, moineaux, cigognes, serpents, anguilles, elc,
^^<^trQ lesquels furent lancées des excommunications. On eu trouve
"^^^Uiment au chapitre de contumacia d'Etienne de Bourbon, p. 254 et
^^^^- une curieuse énumération où le miracle a naturellement sa place,
^^ ^uî D'est paa surprenant avec la crédulité du tcmps^ et celle du nar-
^ieuf qui raconte notamment, entre autres événements miraculeux
(P- 60, § 53, et p. 365, § 4Î0), un accident, la mort d'un usurier entrant
Noire-Dame pour se marier et tué par la cbule d*une pierre sculptée
^^^ se détacha du portail de TEglise. Voici Thistoire, qui offre cet intérêt
^^^ elle se serait passée à Dijon quelque temps avant que le Dominicain
•^Uenne vint y prêcher, vers 1240 : t Acciditapud Divionem quod, cum
'J^ldani fenerator aute portam ecclesie béate Virginis quamdam sibi
^^ponsaret, cum quâ credebat diu vivere matrimonialiter, alius usu-
^^ua lapidem, qui erat sculptus cum bursa supra portam, bursam suam
*^pideam projecit super caput vivi, qui slatim expiravit et vitam cum
^^ore amisit. d 11 est bon de faire observer que, revenant (p. 365, § 420)
*^p ce premier récit, Etienne est loin d'y maintenir ce qui constituait
P^cipalement le miracle, la projection de la bourse. Là, ce n'est plus
^tle bourse seulement, mais l'usurier sculpté tout entier, « quando eum
^yiboloslapideuadeportabatin infernum, » qui tombe sur Tusuricr vivant
^^ l* tue. La chose devient vraisemblable.
402 l'enseignement en province
Agnès sa femme, ses enfants, ses domestiques, s officiers, toute sa maison.
Qu'on se reporte par la pensée à ces âges de la foi a dente, peu éclairée, et Ton comprendra l'émotion et W< terreur que devait faire naître parmi les population..^ l'abus si excessif, du xi* au xvr siècle surtout, de interdits qu'eut peine à combattre et à entraver saint Louis lui-môme ! La lutte contre l'ignorance, l'instruction n'était-elle pas le seul moyen de le détruire? C'est envisagée à ce point de vue que la digression à laquelle je me suis laissé entraîner semble rentrer encore directement dans mon sujet.
En 4396, le mardi 6 juin, Costaing, fils de Jean de Barbonne, clerc demeurant à Saint-Seine, se loue h Michel le Curt de Saint-Seine, clerc, pour lui servir de soubs maistre en l'escole de Saint-Seine et aller dehors en scsautresbesongnes.« Costain, filz de Barbonne demorant ad Saint-Seigne clerc se comenda et affermit de Tauctorité de son dit père à moi Michiel Le Curt de Saint-Seigne clerc dès cejourdhuy jusques à la Saint-Jehan Biptiste prouchainemerit venant pour moy servir en tous services licites et honnestes et mesme-. ment d'estre mon soubs maistre en l'escole du dît Saint-Seigne et d'aller dehors en mes autres besoignes et généralement en toutes autres choses et services licites et honnestes parmi ce que je Michiel dessus dit sera tenu et lui donne son louier (son loyer) général d'icellui an. Item les aiguës bignoiteSj (Eaux bénites) (4) de Francheville , de Champai-
(1) C'était jadis une coutume gi^nérale en Bourgogne que de jeunes clercs^ et en particulier les élèves des écoles, allasseut le dimanche matin jeter Peau béuile dans les maisons de la paroisse, en récitant le Benedi-
l'enseignement en province 403
S ne y, de Beligney et des appartenances à ycelles pour en faire sa volonté, et convertir en «on prouffit. liera fun de mes chaperons ou vi gros, lequel qui me pluira. Item les poissons et violotes dehues en caresme des petis enfans qui apprenent leurs laubloltes (tablettes) et sept psaumes. Item, trois aulnes de drap, au prix de VI grosTaulne. Item, une paire de solez (souliers). Item, aura le dit Gostain au durant ou temps Je vendanges, trois sepmaines pour aller grumer et convertir à son prof fit. (Protoc. de Michel Goqui, not. à Saint-Seine, puis coadjuteur du tabellion de Dijon). Près de vingt ans auparavant, le 16 juin 1375, le môme Michel le Curt avait déjà, comme il est indiqué plus haut à cette date, loué les services de Jean de Barbonne, puis de Costaing comme sous-maître, et il lui î^vait aussi abandonné (( les poissons et les violotes des Petits enfants qui apprennent leurs tauhlottes et sept
^'^< Cela leur yalait une petite rémaoératioa dont béoéKciaieDt le mat- ^ «t ieé élèves. On trouve bieu^d* ailleurs, en beaucoup d^autres pays, les ^<^ea de celte coutume qui persista à Dijon jus'^u'aprës la révolution de 18S0, Le célèbre historien anglais, Mithieu Paris, moine de Saint-Alban (iili« g j^ raconte à ce sujet ce qui adviut à un pauvre clerc dont le faible produit dea eaux bénites se trouva « insidieusement réduit par les exacl***^s du pape ! » Il arriva qu'un des exacteurs du pape rencontra un pauvre clerc du village, qui venait à lui, et qui portait dans un vase de leau avec un goupillon, ainsi que des morceaux de pain qu'on lui avait "**^ Dés pour avoir aspergé les maisons avec de Teau bénite; alors le ^^iHain lui dit insidieusement : c A quel prix monte par an ce bénéfice ^"* t'est octroyé par Téglise î — A vingt sols, à ce que je crois, » lui ^fPoodit ce clerc, qui ne se méfiait pas du piège qu'on lui tendait. Aus- **^^t le Romaio, faisant voir qui il était, s'écria : « Eh bien ! cela fait par *^ J^ingt-quatre deniers, autrement dit deux sols à l'avantage du fisc ! » ^^^) prenant à la gorge ce pauvre homme qui allait mendier de porte *^ porte, il lui dit : « Rends au seigneur Roi ce que tu lui dois ! » Aussi, POtip payer cette somme si minime, ce pauvre clerc fut obligé, pendant ^^S;temp8, de soutenir sa vie comme un affamé, en faisant des classes, ^ ^n vendant des copies de livres aux petits enfants du parvis.» Mathieu ^■•ii», traduct. Huillard. — Bréhoiles, loni. VII, p. lu, année H'JO.
10 i l'enseignement en phovince
pseaumcs. » N'est-ce pas, dit M. de Charmasse à celle étud^ des psaumes, faites sur les bancs mêmes de l'école, en outre des premiers principes de l'instruction, qu'il faut attribuer ce goût universel que, pendant tout le moyen-âge, toutes les classes de la société conservèrent pour la récitation presque journalière du psautier (1)?
En la même année 1396, Jean Varnierde Saint -Seine fait obligation audit Michel Le Gurt de deux escus d'or pour avoir appris son fils à l'escole « et aussi de Feau begnoite de la rue du marché de Saint-Seine. » (Pi'otoc. de Michel Goqui.)
Il convient de ne pas passer sur cette époque sans signaler un fait qui ne manque pas d'une certaine importance, au point de vue surtout de son caractère libéral qui le fait singulièrement ressortir au milieu des tendances contraires manifestées en dehors du comté de Bourgogne. Le 0 juillet 1371, Marguerite de Flandres, d'Artois et de Bourgogne, accordait des lettres de sauvegarde aux Juifs qui se trouvaient au comté et leur donnait les mêmes privilèges qu'aux Juifs de TEmpire, « qu'ils jouissent avoir écoles et cimetières, et acquérir des héritages, les revendre, etc(2) ».
En 1393, avait Ueu à Dijon l'établissement de la compagnie du jeu de l'arc et celui de la compagnie de l'arbalète par lettres patentes de Philippe le Hardi. Je ne fais que mentionner du reste cette institution à
(1) De Charmasâo, p. 22.
(2) Tiré d'un vol. gr. in-fol. ÎDlitulé : Lettres et registres des dont faits et autres lettres octroyées, par Madame la comte9se de Flandres, «VArloif et de Bourgogne, etc.
l'enseignement en province 105
laquelle clercs et écoliers eurent leur part. Les ducs leur prouvaient d'ailleurs autrement leur intérêt. A^insi, au livre de leurs dépenses, on lit à Tannée 1392 : <c Son du duc à M* de Gerson, bachelier en théologie, pourconsidération du mérite de sa personne^ et que un brief maître devait être licencié en ladite science, 30 francs. »
En 1398, ce sont quarante francs remis à titre de gratification à M* Jean Fiot, maître ez arts et licencié en théologie, et maistre d'escole de M. le Dauphin. En 1400-1401 on voit que Pierre Taquelin remplissait les niêmes fonctions auprès de Philippe de Bourgogne, fils du duc, « pour lui apprendre à lire et escrire, et parler le langaige flamant, etc. » En 1400 on retrouve aussi, inscrit comme aumônier du duc ce même Jean Gerson qu il gratifiait en 1392. On sait du reste tou ce que dut au duc qui l'avait fait nommer doyen de l'église de Bruges, le docteur très chrétien qui allait devenir chancelier de TUniversité de t^aris et conquérir une si haute célébrité. Mais ce qu'il faut remarquer c'est que c'est par son dévouement à l'instruction, par le zèle qu'il apporta à multiplier les écoles, autant que par sa science que Gerson s'acquit la bienveillance de son maître. On peut juger du prix qu'il mettait au progrès de l'enseignement par les instructions contenues dans son traité sur la visite des diocèses par les prélats et les curés ; il leur recommande spécialement de s'assurer : « Item, si schola habetur pro juvenibus; item^qualiter instruuntur pueri;,., providetur igitur ut sint scholœ ubi non sunt (1). »
(1) TracUluâ de vi^itatione prelatoruiu et curalorum. Jonn. Gersonii opéra. EJit. d'Anvers, l. n, colonne 560, in-fol.
406 l'enseignement en province
Je ferme ici le xiv* siècle en citant, entres autres, trois noms d'hommes qui firent alors ou allaient faire honneur aux écoles de Dijon : Jean Âubriot qui mourut en 1354, évêque de Chalon, président de la Chambre des comptes et conseiller du duc Eudes IV; Hugues Aubriot, son parent plus connu, qui fut prévôt de Paris sous Charles V^ après avoir été bailli de sa ville natale et auquel il était réservé d étrenner la Bastille qu'il avait fait construire. Enfin le bailli du Charolais, chancelier du duché de Bourgogne, Guillaume Hugon ou Hugonet, qui prit une part considérable dans les prinpales affaires du quinzième siècle comme conseil ou représentant de Charles le Téméraire.
Au XV® siècle, les protocoles des notaires fournissent encore d'utiles indications; il en est de môme du livrede dépenses des ducs ; mais les délibérations de la chambre de ville de Dijon deviennent, à partir de cette époque, la source principale et la plus sûre. La municipalité va pou à peu, et ses registres le prouvent, chercher à s'emparer de la direction de l'enseignement comme elle s'est,auxiv'siècle, emparée delà maladrière, comme elle va s'emparer de Thôpital. La tendance à la laïcisation est, dès ce moment, marquée d'une façon indéniable. Dès 4401, « comme le maistre de Tescole de Dijon ne peut maintenir son estât de revenue pour la mortalité qui a été grosse à Dijon, où il a mort plusieurs enfans, et vu sa grosse charge, la ville lui donne dix francs d'or. » Cela ne lui suffit pas apparemment; car, l'année suivante, a le lundi après la translation de saint Martin, la chambre de ville délibérait qu'il serait donné aux clercs et bacheUers de l'escole de Dijon pour aller à Paris querre un recteur
pourestre tnaistrc des dites escoles qui sont au profit de la ville. » Et, en 4403, elle délibérait de nouveau, le 14 mai, € qu'il sera donné dix francs d'or de gratification au recteur (probablement celui venu de Paris), pour souslenir son estât et pour sa bonne diligence au gouvernement de la dite escole. d
Vers la même époque, une école du voisinage attirait l'attention ; c'était celle de l'abbaye de Bèze dont la mauvaise administration avait, sur les plaintes de quinze ofUciers et religieux du monastère contre leur abbé Thiéry de Charmes, motivé dès 4389 une sentence arbitrale qui fut enregistrée au greffe de la cour de Langres le samedi avant la Pentecôte 4 402, et régla minutieusement les droits et les devoirs de Tabbé. Entre autres dispositions de cette pièce fort étendue et fort curieuse , on trouve l'obligation pour l'abbé de fournir le vin au maître et aux clercs de Béze pourboire après les vigiles. Dans l'appendice de l'histoire de Courtépée qui donne sur l'acte de 4402 des détails très intéressants on voit cité comme maître
d'école à Bèze en 4435 et 4445 Jacques Bailleblé, qui fut témoin de deux traités destinés à aplanir plusieurs difficultés survenues entre le monastère et les habitants (i), mais furent loin de mettre un terme aux
(!) Courtépée, l. IV, p. 705 et suiv. On trouve dans le même article sur Bèze (p. 708) le souvenir de faits qui donnent ta mesure des abus qui eurent lieu au xvi« eiècle dans les abbayes. « Dans les derniers temps, les abbayes étaient des béuéfices accordés à des enfants de familles nobles pour leur procurer une belle position plutôt qu*en considération de leur aptitude à en remplir les devoirs. Charles de la Péruse d'Ëscars fut nommé abbé de Bèze pendant qu'il faisait ses études dans les universités au-detà des monts. Aussi fut-il obligé de nommer un administrateur pour le suppléer. Uu nommé François Goulault, dit de Saiut- Geiiys, protonotaire du Saint Siège apostolique^ qu*il cboisit, abusa
abus et au désordre d'une administralion qui ne fit qu'aller en empirant.
La ville de Dijon ne négligeait rien, on vient de le voir, pour encourager l'instruction. Dans ce but encore, le 12 juillet 1405, elle décida « qu'on scellerait du scel de la mairie les ordonnances faites par les recteurs, bacheliers et autres escoliers de Fescole. » C'était ajouter à l'autorité des maîtres. Ces bienfaits n'étaient, au reste, pas perdus : les élèves étaient nombreux, et bien qu'il y eût des écoles également suivies dans les pays voisins, comme en témoignent les documents contemporains (1), celle de Dijon prospérait de plus en plus ; non seulement elle recevait des externes, comme Estévenin, fils de Jean d'Âlaise de Salins, clerc étudiant (Protocole de Berthelot
Cornu, notaire à Dijon), mais elle avait des internes. En 1409, Guillaume Aubert, de la ville de Cassel, y était ainsi « mis en pension pour s'instruire, apprendre tout le langaige français et lire et écrire. » (Protocole de Jean Dubois de Verrey, notaire à
indigoemeot de sa confiance. Non conlenl « d*afoîr mis à son profit toots leà biSiK^ficcs qui étaient veDua à vaquer; vendu et dégradé les bois; aliéner plusieurs biens temporels; vpxé et molesté les sujets; mené vie lubrique et frauduleuse au lieu de Rèze, y tenant et fréqucntaut publiquement femmes dissolues et de mauvaise vie, leur donnant, à l'égUse et ailleurs, la prééminence sur les femmes honnêtes et pudiques, etc. », il refusa de reconnaître Tabbé lorsqu'il revint et le fit molester et maltraiter par des gens de guerre et des vagabonds dont il s'était entouré. H fallut avoir recours au roi qui, en 1651, fit faire la procès à cet usurpateur » Les abus ne cessèrent pas, du reste, pour cela; car, l'abbé d'Bscars ayant, en 1615, donné sa démission, fut remplacé par un de sea neveux, figé de treize ans !
(1) On trouve notamment au livre de dépenses des ducs cette menUoD, relative à Técole de Pontailler : « Dimanche, jour de ocuU mei (1404), Jean Valel, maistre d'escole de Pontailler, demande dix sols à Monot Nicolas, poLT avoir introduit son fils à Tescollc. »
Dijon.) On sait qu'à Paris même il n'y eut que des externats jusqu'au xv« siècle, époque à laquelle s'établirent les pensionnats ou pédagogies, qui ne purent d'ailleurs se fonder qu'avec fautorisation de la faculté des arts et par des personnes appartenant à cette faculté. Le clerc recteur des écoles de Dijon était alors maître Henri de Gorbeur. (Protocole de Michel Coqui.) En dehors des maîtres qui y enseignaient, il existait, au surplus, des maîtres particuliers et spécialement les maîtres écrivains qui, en outre des leçons qu'ils donnaient, se livraient à la copie et à l'enluminure des livres (1).
Il va sans dire que les écoliers faisaient bien, de temps en temps, sous quelque direction qu'ils étudiassent, parler d'eux pour leur turbulence et leur indiscipline. Ainsi, les comptas du patrinwine de la ville de Dijon mentionnent, à la date de 4408-1409, une amende de vingt livres prononcée « contre deux religieux de Tordre de saint Augustin et de saint Benoit, écoliers, prisonniers pour avoir battu la tourière de la prison, lui avoir pris ses clefs, enfoncé l'huis et s'être enfuys, et mis en la voulance de Messieurs. »
Aux registres des causes de la mairie (2), on lit : mise en liberté « par révérance du grand rnaistre de Fescole de Dijon et des maistres d'icelle », de plusieurs écoliers incarcérés pour s'être trouvés dans les rues
(1) Oq lit aux regidlres des causes de la mairie de Dijon (archives départero.) : Reg. 61, to\^9i (1507-1408). Réclamation de deux florins par un maître écrivain pour la copie d*un livre d'heures «avec enluminures. — Reg. 64, fol. 2 (1410-1411). IJ. de quatre écus, pour Fenluminure d*iui livre d^beures.
(9) Reg. 63, fol 120 (1409 1410).
410 l'enseignement en province
de Dijon à une heure indue et Tépée au côté, et serment desdits écoliers qui jurent de ne plus se rendre coupables de semblables délits (1). Mais il se formait
(1)Les écoliers, rdigienx oa aatres, u'étaient pas, à'ailleurs^ les seuls à commettre ces délits. Au même registre, fol. 121, on lit : «Girardin le Motet et messire GuilUume Barbier, prêtre, sont condamnés Tud et Tautre à une amende d'un franc pour s'être trouvés dans les rues après l'heure du couvre-feu, des b&tons à la main et emmenant une femme mariée, revêtue d'habits d'homme. » U faut dire, du reste, qu'aa xy« siècle, les registres portent à chaque page témoignage des débauches et déportements des clercs, moines ou prêtres. On eu rencontre dans toutes les mauvaises affaires. En veut-on quelques exemples pris au hasard dansées mêmes registres de la mairie? « Reg. 70 (1U8-1419), fol. 186 : Condamnation à deux francs d'amende de deux carmes trouvés la nuit, dans les rues, par le guet, revêtus d'habits séculiers et non munis de lanternes. » Registres des procès criminels : ihkl, 22 novembre. Procès criminel contre les mariés Tellemeut merciers, accusés de recevoir À toutes heures carmes, jacobins, mornes, cordeliers, prêtres et autres gens oiseux, avec fillettes communes. — 1443, 9 décembre. Enquête sur une femme Foignote, qui avait prostitué une tille mère à un religieux carme, lequel en avait eu une Qile. — 1447, 29' octobre. Autre sur des mots en rime contre l'honneur du Roi, du Dauphin et de leurs gens, débités dans une farce jouée sur le Morimonl avec le mystère de la vie de saint Kloy, sous la direction des carmes et des prêtres. — 1448, 22 octobre. Autre sur les déportemens et maquer... qui se commettent chez le vigneron Bussy, où viennent moines, prêtres, etc. — 1448-49, 26 mars. Autre contre le prêtre Antome, chantre de la Sainte-Chapelle, accasé d'avoir voulu étrangler, devant Saint-Michel, Jean-Marie, desservant de cette église. — 1 449. Autre contre Tassin de Brûle, prêtre, et trois autres prêtres qui, ramenant & la maison de ville (bourdeau), deux fillettes qu'ils en avaient emmenées, battirent le valeton de J. de Drogues, imagier, et' le sergent de la mairie, amodiateur de la maison, qui était venu à son secours. — 1452, 30 juillet. Autre contre des religieux de Saint-Bénigne qui, embusqués le soir à la porte du pourpris de l'enclos (vers le Chapeau Rouge), ont battu et rançonné le serviteur de R.Juif, maître de la chaaibre aux deniers du duc. — 1i53. 23 juillet. Procès criminel contre la femme Berthelin, qui s'était sauvée en habit de cordelier avec un moine. — 1453, 29 août. Enquête contre la femme Gurry, maquer... des moines, de M. de Ternaut, de l'évêque de Sidon. — 1453/4, 9 avril. Autre contre J. Laleurre prêtre et ses complices, pour viol et vol de Nicole, femme Colin. — 1454, 14 mai. Procès criminel contre les religieux de la Madeleine qui put pris, battu et emprisonné un prêtre choréal de la Sainte-Chapelle, porteur d'un mandement contre eux. — 1454, 6 aoûL Enquête contre Viennot de Villers, prêtre, qui a volé la nuit et dévalisé Jeanne, femme Barberet. — Je m'arrête dans ces citations. On voit que les
l'enseignement en province i 1 1
aussi des maîtres et, en 1406, maître Simon de Vaulx,
très probablement ancien élève lui-même de nos
écoles, venait engager à Dijon son aide pour les
écoles de Bourg-en-Bresse dont il était recteur :
r Maître Simon de Yaulx, maître ès-arts, recteur des
escoles de Bourg-en-Bresse, prend pour aide maître
Jean de la Moute, clerc, aux gages de trente francs
(Tor par an et le nourrir, pour le servir en fait des
escoles et instruire bien et diligemment les cscoliers.
(Traité fait présens maître Vincent Cobis et maître
Guillaume Broissant, bacheliers des escoles de Dijon.
Protocole de Jean Dubois de Verrey.) Â la même
époque, maître Chardin de Lux, qui régissait (1408)
récole de Beaunc, avait aussi pris un sous-maitre ;
mais, comme le fait observer M. de Charmasse, ce
sous-maitre n'était plus un auxiliaire salarié, mai3un
associé destiné à partager toutes les vicissitudes,
bonnes ou mauvaises, de Tentreprise. Ainsi, au lieu
de recevoir un traitement fixe, cet associé, Girart
Labireaul, de Champlitle, commence par verser,
entre les mains du maître, une somme de douze francs,
représentant sa part dans la propriété de rétablisse-
Dttent, et, en échange, il doit être logé et nourri, partager
wecle maître tous les revenus de l'école et recevoir
^cdédiuliques ou refigieux ne laissaient pas â*6couIer une année sauâ cau- ^ Qn ou plusieurs gros scandales. lU conservaient môme si peu de V^w, qu'ils allaient quelquefois jusqu*à se vanter de méfaits qu'ils B'ivaientpas commis. Au registre 114 des causes de la mairie^ fol. 3i0^ ^ lit : « Messire Jacques Alexandre, prôtre, im^arcéré dans les prisons de ^POt déclare, en présence de Jean Boniiyer, lieutenant du maire, et de ^de Verguincul, lieutenant du prévôt des maréchaux de France, quMl '^l inenti en disant avoir eu a la compagnie charnelle» de Baslicnne, ^ de Thibault de Gant, écuyer, et qu*ii la lient « pour bonne et lionnestc demoiielle. •
112 l'enseignement en province
seul les rétributions en fèves, en poissons et en vin de la Saint-Martin, ainsi qu'une somme de dix sols payée par les écoliers logés dans la maison. Ledit Girart était d'ailleurs tenu de « bien, loialement et debuement, mon$trer et appranre les dis escoUiers, le dit terme durant, de tout son povoir en Teneur et prouffit dudit maistre. »
Je signale encore à Tactif des écoliers le fait suivant, tel que je le trouve dans un manuscrit de Chenevet (1) : « Girard d'Aisey, seigneur du fief de Pouilly, près Dijon, qui était au service du sire de Vergy, alors en guerre avec le duc de Lorraine, s'avisa d'arrêter auprès de Pouilly, quatre écoliers lorrains, qui venaient étudier au collège de Dijon, et les fit mettre dans la tour de Pouilly où il les retint prisonniers. Le maire de Dijon, instruit du fait, les fit relâcher et fit amener dans les prisons de la ville Girard d'Aisey, qui n'en sortit que par les sollicitations du duc de Bourgogne. Il y avait donc, dès Tan 1409, un collège célèbre à Dijon, puisqu'on y venait étudier des Etats voisins (2). » Je ne crois pas, comme Chenevet, qu'il y eût à Dijon un collège proprement dit en 1409. Mais il est certain qu'il s'y trouvait une grande école, où plus d'un étranger, on l'a déjà vu, venait chercher l'instruction.
Le2décembrel415lemaireayantappeléau Parlement de Paris à raison des prétentions que manifestait la cour d'empiéter sur les privilèges de la ville et l'envoi d'un délégué pour relever l'appellation étant par là
(i) Bibliothèque publique de Dijon, f. Baudot^ n« 195. (2) V. Mémoire des magiHtrats au procès avec M. Bouhier, seigoeur de Pouilly, jugé eD 1766 (Note de Chenevet.)
l'enseignement en province H3
nécessaire, la chambre de ville délibéra à cette occasion que le délégué serait en même temps chargé de procurer à Dijon un bon maître d'école. C'est un acte do sollicitude que nous verrons souvent se renouveler. Mais elle ne s'en tenait pas là et elle exerçait une continuelle surveillance sur tout ce qui touchait soit à l'intérêt matériel, soit à l'intérêt intellectuel et moral des écoliers. C'est ainsi que, le 15 mars 1516, on voit la mairie faire placer une barrière aux deux bouts de la rue de l'école pour empêcher les courses de chevaux qui pourraient y causer des accidents : ce Comme on court avec chevaux devant l'escole, on fera deux barrières en bois, l'une devant l'esquerrie de Thuisse*rie devant du molin de la ville, l'autre de l'esquerrie de rhuisserie devant du molin tirant contre les murs de l'escole, afin que les chevaux ne puissent passer. » C'est ainsi que, toujours disposée à encourager l'étude, la ville fait don, le 10 juin 1418, de deux sextiers de viji « au nouveau bachelier de l'escole d pour faire sa fête ; que, le 25 décembre 1420, « maître Paul de Bonnefoy, juif baptisé, qui s'est présenté de domorer en ceste ville continuellement un an entier à commencer au 1" mai, d'apprendre à ceux de la ville qui le voudront à lire, escrire et entendre Ebrief (algèbre, science du brief de Raymond Lulle), afin qu'il soit plus obligé de bien instruire ceux gui voudront apprendre de lui ladite science, la ville lui donnera trente francs à plusieurs fois dans l'année ; il prête serment sur les évangiles (1). » Le 30 janvier 1422, la
(1) Uo mandement de la mairie et une quittance de celte somme de trente francs, h la dtte d'avril 1421, sont conservé» aux archive» muLÎcipoles.
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Chambre devait encore délibérer relativement au même maître c que Ton donnera à maître Paul, juif baptisé, soixante sols tournois en oultre des trente francs, foible monnoie, qui lui furent précédemment donnés pour considération de ce que pour le bien, honneur et prouflit de la ville, il y a demeuré par aucun temps, et aprins plusieurs enfans en la science de Briefj qui est une belle et notable chose à scavoir en ladite ville. »
En 1423, J. Larchier, nommé maître de théologie à Paris, adressait à la ville une requête pour obtenir d'elle c aide pour supporter ses charges et la dépense qu'il a faite quand il a été nommé », et la ville répondait à cette requête que, n considérant que c'est un très grand honneur pour elle, vu qu'il y est natif», elle lui fait don de trente francs.
En cette même année 1423, le duc Philippe le Bon, autorisé par les bulles du pape Martin V, sollicitées par lui avec ardeur, à ériger une université à Gra'y ou à DôIe, choisissait cetle dernière ville et faisait procéder à cette érection (1). Ce devait être un coup terrible pour les écoles de Dijon, alors florissantes, malgré les encouragements que sa municipalité ne cessait de leur prodiguer et que le duc lui-même leur donnait, comme en témoigne son livre de dépenses, où on lit à Tannée 1424 : «c Drap donné aux pauvres enfans escoliers, tant religieux que séculiers, à Dijon, en les chargeant de prier pour les âmes de M. le duc Jean sans Peur et Madame la duchesse de Bourgogne, Marguerite de Bavière, belle princesse,
(l) Dom PlaDcher, Hist, de Bourgogne, t. IV, p. 72, et les preuves.
L*ENSEIGNEMENT EN PROVINCE il5
bonne et vertueuse, trépassés (1), d qui Dieu pardonne, »
L*arr6Station, en 1409, par Girard d'Âisey, de quatre écoliers lorrains a été citée comme une preuve que l'école de Dijon attirait des étudiants étrangers ; en Yoici une nouvelle dans une enquête retenue aux procès criminels de la mairie, à la date du 24 août 1419 : < Enquête sur ce que le soir de ce jour, Thibault Gorry, Jean et Demonger les Baptisiez, le fils de Guy deTart, prêtre, et Gaultier d'Ecutigny, barbier, et un autre, tous armés et embastonnez d'espées, dagues, espieus et autres bastons efîaictiez et bouchez par leurs visages des cornes de leurs chaperons pour paour de les cognoistre, vinrent frapper à Thuis de la femme Boutan, rue de la Borde, où étaient logés Jehan Bancque, Jehan Condresin,'ïehan Nonans, Jehan Gruyère, du pays de Fribourg en Savoie (ailleurs en Allemagne), escoliers, frappèrent à la porte, se firent ouvrir comme amis, et, pénétrant dans la maison, montèrent au solier où se tenaient les escoliers qui menaient Varpe^ 1q3 désarmèrent de leurs coutelesseaux, les menacèrent de leur percer le ventre; et bien que les escoliers leur offrissent à boire, ils se retirèrent en leur emportant leurs ceintures, leurs chaperons, avec menaces de plus mauvais traitemens s*ilsse plaignaient à la justice. Le motif de cette irruption était qu'un des étudiants avait menacé, dans la journée, Gauthier d'Ecutigny de le battre. Ce dernier, arrêté bientôt après, passa devant cette justice, qui les contraignit à rendre gorge (2). y>
(1) Jean en 1419 et Marguerile en 1423.
(1) Je doU & riuépuiâablc obligeance de mon excellenl et savant ami
416 l'enseignement en province
La sollicitude municipale ne se manifestait pas moins en faveur des écoles, ai-je dit plus haut; au point de vue moral qu'au point de vue matériel et intellectuel. Les registres des délibérations le montrent à maintes reprises.
En 1340, on l'a vu, les écoles avaient été transférées du cloître de la Sainte-Chapelle à la rue ou place Saint- Fiacre. Or, là, elles se trouvaient mal avoisinées à raison de la proximité du logis des fillettes communes.Lel9marsl425,il fut délibéré, que a comme la maison des fillettes est trop près de l'ospital Saint- Fiacre et de Tescole de Dijon ; parce que les escoliers s'y afolissent, ainsi qu'il a esté plusieurs fois presché, tant par frère Vincent, J. Larchier et autresj et encore dans ce caresrae, par J. Foucault, cordelier, la maison sera hostée et seront faites deux maisons en dehors la ville, où les fillettes seront contraintes de se rendre, et estre de jour et de nuit, et se retrairont en ville. »
La Chambre fait plus, et, voulant rendre plus efficace encore la surveillance, elle ajoute que « les fillettes communes, qui ont chambre en la ville, seront forcées d'aller es dites maisons avec les autres », et, leur prescrivant un uniforme qui ne permette point de les confondre avec les honnêtes femmes, elle ordonne que a toutes les fillettes porterontime bande blanche de trois doigts de large autour du bras, à peine de prison. »
La délibération cite trois noms de prédicateurs qui, entre autres, ont motivé par leurs observations les
M. Garoier, archivisle du département, la lecture de cette pièce et de toutes celles que je u^aurais que mal et péniblement déchiffrées.
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mesures ainsi prises. Quelques mots au moins, sur les deux premiers. C'est J. Larchier, le maître en théologie, précédemment subventionné par la ville, à raison « du très grand honneur » qu'elle a retiré de sa réception. Il a bientôt pris, par ses prédications, une place importante; aussi plus d'une fois «se trouverat-il chargé de faire acte d'éloquence. C'est frère Vincent. Frère Vincent, dominicain, mérite plus qu une simple mention. Venu en 1417 de Lyon, avec cent trente religieux de son ordre, à Mâcon, où pendant huit jours il prêcha avec un succès extraordinaire, frère Vincent, qui devait être plus tard saint François Ferrier, reçut à Dijon et à Auxonne le même accueil enthousiaste. « Délibéré, lit-on aux registres (le la Chambre de la ville, à la date du 2 juin 1416,que, durant le temps que frère Vincent sera en ceste ville, il ne sera ouvertes que trois des portes de la ville, la porte du pont d'Ouche, saint Nycholas et Neufve, et à chacune, pour les garder, douze personnes bien armées, quatre arbalestriers, et deux archiers qui ne Jaiiseront entrer aucun étranger armé, et qui le soir seront au guet de Ja ville avec les autres qui sur ce seront advisés pour la seurté de Madame et de la ville. » On voit quelles précautions de police nécessitaient la parole de frère Vincent et le concours empressé de ceux qui venaient l'entendre. On reconnaissait, en outre, largement ses services : Le 6 août 1447, on a donnait licence aux Jacobins de quêter par la ville pendant quinze jours ; » le 17, offre était faite, au nom de la ville, « à frère Vincent, de l'ordre des Jacobins (1), maistre en théologie, qui y est venu
(1) L'ordre des Jacobins et celui des Dominicains n'en fonl qu'un; c'est
148 l'enseignement en province
faire de moult belles et notables prédications, d'un don en drap, en vaisselle ou en monnoye. ï>
Les frais de préparatifs nécessités par ces notables prédications n'étaient d'ailleurs, par eux-mêmes, pas sans importance. On peut en juger par cette mention des registres, du 6 septembre 1417 : « Perrenot de Chassigny, charpentier, propose à la ville de faire du chaffaut de frère Vincent une bonne bertoiche (1), pour la ville y employer tout le bois et la couvrir de tieuUes (tuiles), et seurement assise sur les remparts, assavoir entre la porte Saint-Pierre et celle du pont d'Ouche. » Le chaffaut, pour qu'on en pût tirer un pareil parti, devait être assurément un gros ouvrage.
En 1430, le maistre de l'école de Dijon était G. Roche, comme on le voit par un bail au prix de cinquante francs, qui lui est consenti cette même année, au mois de janvier, « des molins » de la ville. Il Tétait encore sans doute en 1431, lors de l'entrée des ducs, qui donna lieu à une grande et solennelle manifestation. « Ordre lui fut donné que, le jour que le duc viendra à Dijon, tous les enfans aillent au-devant de lui en
ce qui explique comment frère Vincent $8t qnaliflé tantôt de Pnn, tantôt de Tautre de ces titres. Les Jacobins furent très populaires en Bourgogne, où leur ordre devait être relevé au xix" siècle, sous le vocable de saint Dominique, par le père Lacordaire. Une lettre de Philippe le Bon, datée du iGjuin 1443, et insérée par M. Garnierdans la Correspondance municipale (collection des Analecta Divionensia), t. I, prouve Testime qu'avait ce duc pour eux. Le chapitre général des Jacobins devant se tenir Tannée suivante à Dijon, «ce dont il est trèijoyeulx», il prie messieurs les magistrats de les recevoir en sa faveur le plu4 charitablement possible. Et d'autres extraits de la même correspondance, notamment t. 1, p. xxiYii, XXXVIII, 67 et suiv., et 100, suffisent à montrer quelle situation ils avaient su prendre à Dijon.
(1) Bretesche, fortification ep bois destinée à protéger les ^ords d'unç place.
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belle ordonnance et qu'ils crient : Noël (1). d Ici réapparaît J. Larcbier. Député aux Etats, désigné pour faire partie de Tambassade envoyée au duc, au lieu et place de Tabbé de Cisteaux gui était malade, il était chargé « de faire un proppos au duc sur les points qui lui seront donnés et sur Tempêchement mis à Toffice du mayeur. » Ce dernier, alors sous le coup d'une accusation de complicité de rapt d'une jeune mariée, avait été suspendu, puis rétabli par suite des lettres du duc jusqu'à sa venue. C'était Jean de Saulx(2). Le 14 avril 1431, il était délibéré que le même
(1) Od sait que le mot Noël, devena synonime de réjouisdaDce, était le cri usité aux entrées des rois et dans toutes les solennités.
(i) L'éTénemeut auquel il est fait allusion présente assez d'intérêt pour être rappelé. Voici comment M. Garnier le rapporte dans le très curieux précis historique dont il a fait précéder le premier volume de la correspondance municipale (t. I, p. xxiii-xxv) : « Guy GeUnier, conseiller du duc et chef d*uae famille qui tenait le premier rang parmi la bourgeoisie dijonnaise, était le tuteur de Guiote, fille d* Antoine» son frère, en attendant qu*en la mariant, comme il en avait fait le projet, avec un de ses fils, il devint son beau-père. Mais, comme il arrive souvent, la pupille, qui n'avait point été consultée, préférait il son cousin Richard, frère d'Etienne d'Essoyes, notaire apostolique, échevin et personnage considérable de la ville. Les choses en étaient là quand, le 29 janvier 1432, Guy Geliuier, averti que Guiote s*étail soustraite à sa surveillance pour aller se marier à Téglise Saint-Michel avec Richard d'Essoyes, manda aussitôt ses proches, ses voisins, parmi lesquels figurait le maire de Oijoo, Jein de Saulz, et courut, mais trop tard, h Saint-Michel, pour empêcher la cérémonie. Le cortège nuptial atteignait la maison d*Elienne fTEsaoyes quand Gelinier, survenant tout-à-coup, protesta de la nullité de ce qoi venait de s'accomplir, arracha sa nièce des bras de son époux et la ramena de force chez lui, protégé dans sa retraite par ses adhérents et ses deox fils, lesquels, mettant Tépée à la main, tinrent le cortège en respect et blessèrent trois des convives, qui, revenus de leur stupeur, avaient eaaayé de repousser une attaque aussi imprévue.
« Aa bruit de cette déplorable affaire, la Chambre de ville s*âssemhla spontanément. Elle fit d'abord ramener la mariée chez son époux, puis elle somma le maire de venir rendre compte de sa conduite, le suspendit de aa charge, nomma un garde des évangiles et décréta l'arrestation de tous ses autres complices.
m Quant au principal coupable, comme sou titre de conseiller le sous-
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J. Larchier « fera le sermon . accouslumé à la Maladière et qu'on li donne à digner après le sermon, en l'hôtel du maire, aux dépens de la ville. » 11 était devenu, pour ainsi dire, l'homme indispensable.
De même qu'aux solennités auxquelles donnaient lieu les entrées des ducs, les écoUers avaient leur place aux processions.
En 1438, par exemple, et il en fut de même en maintes circonstances, le cas se présenta. Il y eut, au dire des contemporains, une si grande sécheresse que le clergé et les habitants de Dijon résolurent de faire une procession à la sahile croix du prieuré d'Epoisses a pour avoir la pluye et contre les grands maulx qui sévissaient contre les corps humains,» laquelle eut lieu le 25 août ; « et le 26° jour duditmois semblablement furent les escoliers de ceste ville de Dijon en procession à Larrei, et le lendemain il chût du ciel, sans tonnerre neu escloydes (éclairs), une doulce pluye qui dura sans cesser l'espace de six heures (1). »
trayait à la justice municipale, elle le poursuivit devant les ofllciers du duc. Ceux-ci, que cette affaire embarrassait beaucoup, eureut un moment la pensée d'y couper court en saisissant la mairie sous prétexte qu'ils n'avaient point été consultés daus le choix du remplaçant du maire; mais ils reculèrent en présence de la volonté bien arrêtée des magistrats d'en appeler au Parlement de France. H fallut donc en référer au duc^ et, en attendant, mettre sous sa main les biens des coupaliles. On comprend que les collègues de Gelinier ne lui ménagèrent pas leurs bous offices. L*afTaire fut présentée comme une querelle de famille; si l'on avait tiré l'épée, personne, du moins, n*avait péri. Aussi, le bon duc, qui ne demandait pas mieux que d'être convaincu, déclara c qu'en efifet, toute l'affaire ne pouvait avoir que amende civile », et, comme il se rendait à Dijon, et qu'il lui déplaisait fort de n'y pas voir son bon conseiller, Jean de Saulx, en tête la Chambre de Ville, il manda aux conseillers municipaux de faire main-levée des saisies et de rétablir le maire dans ses fonctions. » V. Lettre no 20, 1. 1, de la correspondance municipale, p. 80, et reg. des délibér., B. 153.
(1) Cette fois le pèlerinage eut, paratt-il, plein succès; mais que souvent il D*eii fut pas ainsi ! V. recueil manusc. fonds Boudot, do 139
l'enseignement en province 121
Cependant l'école, de temps en temps, avait faute de recteur. Comme il lui était déjà arrivé plus d'une fois de le faire, la ville se voyait, le 16 septembre 1440 (1), forcée de nouveau d'en « querre d un et de prendre une délibération aux termes de laquelle le maire et leséchevins a iront vers le président de Bourgogne (2) le prier d'écrire au chantre de Langres pour avoir un recteur pour Tescole. » Quelle que fût, en effet, la prospérité de cette école, le recteur avait des charges qui faisaient reculer plus d'un de ceux qui eussent pu le devenir. On se souvient notamment de la transaction par laquelle, en 1332, la Sainte-Chapelle avait cédé son privilège de choisir elle-même le maître de son école, moyennant une redevance que devait acquitter le recteur des écoles de la ville. C'était pour ce dernier ime lourde obligation. Aussi, le 22 janvier 1442, est-il pris par la ville une résolution à ce sujet, et décidé «qu'on fera une requête au duc pour qu'il octroyé un cas de nouvelleté, à rencontre du chapitre de sa chapelle et du chantre de Langres sur les pan-
(trchi?. déparlem.) Paradin, tlan3 «es annales (p. 788 et siiiv.), rend compte de cette séchere^c mémorable et « de la terrible famine et pcslUeDce qui furent par toute la Giule, en ce temps, où il a Ivint choses prodigieuses à réciter et quasi incrédibles .'k cuir », et il raconte, entre tontes ces choses, le fait «d'une femme païsanne, en un villaj^e, auprès d'Abbevillc, laquelle n'ayant que manger, dcsrobba plusieurs petis enfans, ei, les desmembrant par pièces, les satloit en un sailoir, comme Ton fait des pourceaux. » 11 ajoute }]ue « cette misérable Médée fut dëooucée par des brigands venus un soir loger chez elle, et qui trouvèreut des pièces de ces petits corps salés. »
(1) A cette date de 1440, ou trouve aux registres des causes de la ir aine (reg. 327) celte mention intéressante pour fixer la valeur d'un livre cTheures ou de théologie à cette époque : a Réclamation d*un catholicon que le sieur Viarte avait prêté, pour étudier, an frère Penoiseaul, cordelier^ sous la garantie de Irenttî écus d'or, n
(2) Le Préeident de Bourgogne était le chef de la justice du duché,
122 l'enseignement en province
cions annuelles qu'ils veulent prendre au recteur de TescoUe (1). »
Non seulement quelquefois on ne trouvait que difficilement un recteur, mais, il arrivait souvent que, pour une cause ou pour une autre, celui qui en avait
(1) C*était bien peine perdue. On sait que les religieux ee refosaleot même à payer leurs deltes et spécialement à contribuer aux charges publiques, ce qui faisait dire que les babitanls étaient leurs suppôts (au re^. 70 des causes de la mairie (1418) fol. 186, on trouve une condamnation à cent sous d*amende contre Hugues de Jussey qui avait, par simpilcité (Tesprit, tenu ce propos.) On était obligé de les saisir pour les faire contribuer même aux dépenses des fortifications (mêmes reg. 87 (1444), fol. 264). lUn*avaient donc garde de renoncer à des droits dus à la faveur, mais consacrés par un titre. Le chapitre de la Sainte-Cbapelle et le chantre de Langres persistèrent, malgré toutes les doléances'de la ville et du recteur, dans leur réoUmalion annuelle et de 1440, 30 octobre, jusqu'au 11 mai 1645, les pièces que voici et qui ont été relevées aux archives départementales, démontrent péremptoirement que ledit recteur dut continuer à s'exécuter régulièrement. — 1440, 3 octobre. Acte reçu Baugey, tabellion de la cour de Langres à Dijon, par lequel Venerabiiis et scient i ficus vir magUter Johannes de SanfùntOf in artibus magister, reclor scolarum ville Divionis, s'engage vis-à-vis le chapitre de la Sainle-Chapelle, à acquitter la rente de dix-sept livres dix sols dijonnuis, constituée par la transaction de 1332. — 1443, lundi avant TAscension, un an après la requête adressée au duc, injonction de Tofficial de Langres au même recteur d'acquitter les termes échus de la rente. — 1515, 17 avril. Mandement de J. de Rochefort« bailli de Dijon, pour assigner le chantre de Langres en garantie du paiement de la rente de dix-sept livres dix sols, qu'Anatole Maillard, recteur des écoles de Dijon, avait négligé d'acquitter. — 1553, 27 juin. Arrêt du Parlement rendu sur appel d'Anatole Maillard, recteur des écoles de Dijon, par lequel il est condamné à payer au chapitre de la Sainte-Chapelle les arrérages de la rente de dix-sept livres dix sols, sur les écoles. — 1525, 81 octobre. Exploit de saisie par J. Sourt, huissier au Parlement, à requête du chapitre de la Sainte-Chapelle, de tous les vins dépendant de la prébende de Jean Guillot, chantre de la cathédrale de Langres, à Gevrey et & Fixin, en garantie d'arrérages de la rebte de dix-sept livres dix sols, sur les écoles de Dijon. — 1525, 28 novembre. Exploit de saisie du même, à même requête, de tous les deniers que Pierre Turrel, recteur des écoles de Dijon, peut devoir audit Jean Guillot, et ce eu garantie des mêmes arrérages. — 1535, 29 juin. Obligation souscrite par « maistreOdot Boillot, docteur en saincte Théologie, principal et recteur du collège et escolies de Dijon », devant les chanoines de la Sainte-Chapelle, d'acquitt^r la rente de dix-sept livres dix sols, dus audit chapitre. — a^ Messieoi^
l'enseignement en province 123
accepté les fonctions les résignait bientôt et se refu^
sait à les continuer. (Test ainsi que dans une délibéra-
tion du 23 noTembre 1444, on lit : <l Délibéré avec les
gens d'église que, comme le recteur de Técole veut se
départir et que le cbantre de liangres qui doit en pou-
J«t vénérablet doyen el chappilre de la SaiDte-Chapelle À Dijon, au dit Oyoo. — Meaaienny après avoir oy et interrogé le présent pourteur que fêj Iroavé homme hooeete et sçavant et suffisant pour pour exercer la charge de recteur des Escoles de Dijon^ je lui ay donné son institution. Lequel 8*est obligé à moy que pour le droict par vous prétendu sur les dictes eecoles, il tous fera norrir et instruire en bonne doctrine ung des enffans de ▼otre églize pour demye pension, ainsi que verrez par la copie de robligation que je vous envoyé qui est chose aisée, approcbeant du dict droict par vous prétendu et sans préjudice d'iceiluy ny des parties aoqael je ne veux aucunement contrarier ne préjudicier ains le garder entièrement en gardant aussi le droict et auctorité de la dignité de chantre et maistre d*escole que je tiens de présent en Teglise de LAngres. Vous avisant que en cela et toutes aultres choses je vous vouldrais faire plaisir, qui sera la fin de cestes après m*estre recommandé bien afifectuensement à vos bonnes grftces. Priant au Créateur vous avoir en pa saiacte garde. A Langres, ce vu* jour d*avril mil y^ xxxvii, avant Pasqaes. Votre serviteur humble frère et amy. de S^-Beiin, chantre en l'église de Langres (Archiv. de la Côte-d*Or, série 6, Sainte-Chapelle de Dijon, 6, 134). — 1537, 8 mai. Transaction sur procès entre le chapitre de la Sainte-Chapelle de Dijon et Odot Boillot, docteur en saincte théologie, chanoine de Saulieu, recteur des escoles de Dijon, au sujet de la rsDte due sur ces écoles et la pension de Hugues Varnier, jadis enfant d*eube dudit chapitre, escolier aux dites escoles. — 1540, 30 juin. Engagement pris par maistre Guillaume Belin, recteur des escoles de Dijon, envers le chapitre de la Sainte -Chapelle « de tenir aux escolles Jehan Mailiey, ehorial de ladite église, pour le prix de 33 livres, 4 sols, 6 deniers par an^ sur lesquelles seront comprises les 18 livres, 4 sols, 6 deniers T. de la rente due audit chapitre. — 15^0, 3 juillet. Quittance donnée par Guillaume Belin. — 154t, 18 décembre. Engagement pris par « discrette personne maistre Jacques Liébault, preblre et recteur des escoles de Dijon n, d'acquitter la rente de 18 livres 4 sols, due au chapitre de la Sainte-Chapelle. — 1548, l'r avril. Quittance donnée par Jacques Liébault, prebtre, recteur des escholes de Dijon, au receveur de la Sainte-Gbapelle, de la somme de 45 livres « restant à payer pour les pensions scbolastiques de Chrétien de Masque (Chrétien de Masque mourut-vicomte mayeur de Dijon) et de Claude Charetier, jadis enfans d*aulbe de ladite esglise. estudients ausdites escoles, en comprenant dans ladite somme celle de 18 livres dijonnailes, ou 18 livres, 6 sols, 8 deniers T. pour la rente due à la Sainte-Chapelle. — 1557-1558. Dossier d*uue instance an Parlement entre le chapitre de la Sainte-Cbapelle et Claude Per-
voir a escrit qu'il s'en remettrait aux religieux de la Sainte-Chapelle et que lesdits religieux ont dit qu'ils en parleraient à Jehan de Chancey, etc. »
Le recteur était alors Jean de Santans, et ce n'était pas, quanta lui, les charges qui le faisaient « se départir » ; c'était la nécessité d'aller étudier à Paris. Le 18 janvier 1445, il déclarait effectivement à la ville que « voulant aller à Paris étudier, et ne voulant pas laisser Técole seule, il proposait un recteur nommé Jacques Juing, maître és-arts, d'Auxerre. »
Les écoles ne pouvaient qu'éprouver un grand dommage de la situation ; il fallait y remédier. C'était le chantre de la cathédrale de Langres qui a devait en pouvoir ^) ; il ne tarda pas à s'entremettre : quelques jours mênre avant le départ de Jean de Santans, le 10 janvier 1445, était arrêté par Hugues d'Albe, des frères prêcheurs, professeur de théologie, et Simon de Plaisance, maître ès-arts, licencié en droit canon, chanoine de Saint-Etienne, et, au nom et par commission de Pierre de Brena, « chantre et chanoine de Langres, savant homme, etc. » le règlement des écoles de Dijon. Quelque étendu qu'il soit, ce document inédit, que quelques érudits seulement ont dû à l'obligeance de M. Garnier de connaître, est trop curieux et tient une place trop importante dans This-
thot, recteur des écoles de Dijon, pour la paiement de la rente de 18 livres. ï.e chapitre avait appelé en garantie le cliantre de Langres. — 1508, 20-21 août. Mandat et quit*aijre de la somme de GO livres à Jelian Le Gonst, principal du collège de Dijon «pour la pension, escollage et chambre de Simon Bailly, naguères enfant d*aulbe de la Saint^-Chapelle, pour nn an.» De cette somme est défalquée la rente de 18 livres. — 1645; 11 maf. Opposition formée par le chapitre de la Sainte-Chapelle nu projet d*aliénation du collège des Martins par la mairie de Dijon, ponr le maintien de sa rente de 17 livres, 10 sols, dans le cas où on y repren* drait des exercices^
L*ENSEIGNEMENT EN PHOVINCE 125
toire de nos écoles pour que je ne le donne pas en entier et dans son texte même. Son apparition, au surplus, doit être nécessairement pour cette étude le jalon d'une période nouvelle (1) dont elle sera naturellement le premier document.
(i) Ea la même année 1U3, les écoled d*A vallon changeaieul également de recteur. Jean <le Clialordeau^ mattre ès-nrtâ, prétait serment devant le chapitre o de bien régir les escoles d'A vallon et d'enseigner les escoliers en sciences et en bonnes mœurs. » Voir sur ces écoles les détails historiques donnés par M. de Charmasse^ p. 19 et suiv.