‹ Les écoles et collèges en provence depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789Chapitre 4 sur 49 · I INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

I INTRODUCTION IX

connaître la grandeur et la forme de la terre et du monde, les mouvements périodiques du ciel et des astres, et la volonté des Dieux. Comme pour assurer à leur science parle mystère une plus grande autorité, ils donnaient leurs leçons dans les cavernes ou dans les bois les plus retirés, et ces leçons, réservées aux privilégiés de la nation, étaient secrètes. L'immortalité de Tâme et Texistence d'une autre vie en étaient les deux bases principales et les seules, qu'afin d'encourager à la vertu, de faire mépriser la mort et d'entretenir l'esprit guerrier, ils faisaient, ou du moins ils laissaient patriotiquement divulguer, bien plus préoccupés d'ailleurs de faire de leurs enseignements un moyen de puissance que d'instruire le peuple qu'ils tenaient, au contraire, dans l'ignorance et la superstition. Du caractère secret des leçons druidiques devait nécessairement découler cette conséquence que l'écriture en était bannie, et que, par suite, la tradition seule pouvait en transmettre les préceptes , comme les bardes, de leur côté, conservaient par leurs chants les poésies populaires. La peinture laissée par César des mœurs gauloises qu'il juge précisément dans notre région où les choses étaient, dit-il, établies « pour défendre les petits de l'oppression des grands (1) »

(1) César, Comment., lib. VI. « Jd que ejus rei causa antiquitut institU' tum videtury ne quis ex plèbe contra potentiorem auxilii egeret, »

X INTHODUCTION

est encore le récit qui jette sur cette période obscure le plus de lumière : ce Les druides, chargés des choses divines, des sacrifices, tant publics que particuliers, expliquent ce qui a rapport à la religion. Ils ont soin de l'instruction et de l'éducation de la jeunesse, qui les respecte beaucoup. » En même temps qu'ils étaient les maîtres de l'instruction, ils étaient les organes de la justice. Ils n'allaient point à la guerre et étaient exempts de toutes charges et de toutes contributions, ce qui engageait quantité de gens à entrer parmi eux, et les pères à y envoyer leurs enfants. César continue : « On dit que leurs disciples y apprennent par cœur un grand nombre de vers : aussi quelques-vms suiventils des vingt années les leçons de leurs maîtres , qui ne permettent pas qu'on écrive ces vers, quoique presque dans toutes les autres affaires, et publiques et privées, ils se servent de caractères grecs. Deux raisons, suivant moi, leur ont fait adopter cette méthode de ne pas faire écrire : la première, c'est qu'ils ne veulent point faire connaître leurs mystères au vulgaire : la seconde, c'est qu'ils craignent que leurs élèves, ayant ces vers écrits, cultivent moins leur mémoire. »

Voilà ce qu'étaient les druides, ce qu'était dans la

partie de la Gaule dont j'ai à m'occupcr particulièrement, l'un des plus savants d'entre eux, Diviaticus,

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