INTRODUCTION XI
le chef des Eduens, qui y introduisit les Romains, servit, dans sa guerre contre les Belges, César qui devait consacrer son non), et qui devint Tami de Cicéron. Voilà ce que furent en Gaule les débuts de l'instruction qui, si elle ne s'adressait alors qu'à quelques privilégiés, embrassait du moins déjà un assez vaste horizon : la théologie, le droit, les belles-lettres, l'astronomie, la physique, la morale et même la métaphysique (1). Voilà ce qu'ils furent sur le sol appelé à devenir le sol bourguignon — car la Bourgogne eut ses druides.
Après la conquête romaine, les Gaulois, dont la nature ardente, belliqueuse, pleine de franchise, a été jugée de même par tous les historiens de l'antiquité, César, Tite-Live, Strabon, Suétone, mais que les mêmes historiens dépeignent en . même temps
comme faciles à amener par la persuasion et le raisonnement aux choses utiles, et susceptibles de culture et d'instruction littéraire, comprirent que la seule voie qui pût les conduire aux honneurs et aux dignités était celle des sciences (2). En effet, leur pays n'était plus, à vrai dire, et ne devait plus être jusqu'au v* siècle qu'une province romaine, et devait subir la langue, comme les lois et les institutions du vainqueur. Immé-
(1) Th. Berlier, Précis hislor, sur ies Gaules, p. 449.
(2) Suétone, De clai\ rehtqr. c. !.