‹ Les écoles et collèges en provence depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789Chapitre 6 sur 49 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

diatement donc ils cherchèrent tous les moyens de participer aux lumières dont Rome était alors le foyer, afin d*ôtre admis dans leurs cités aux diverses fonctions publiques. Les plus favorisés de la fortune allèrent s'instruire à Rome même ; pour les autres, s'ouvrirent çà et là des écoles. Auguste créa en plusieurs lieux des gymnases où devaient être enseignées les lettres grecques et latines. <c Massalie, fière déjà de ses savants et de sa littérature^ se mit à la tête du mouvement qui poussait les jeunes gens àTétude des sciences. Toulouse, Arles, Vienne, Lyon, Bordeaux, Poitiers, Narbonne, Besançon eurent leurs écoles (1). » Dans la

répartition de ses bienfaits, Aulun ne pouvait être oublié par Auguste; il y fonda, pour l'étude des langues grecque et latine^ la législation et les sciences romaines, les écoles Méniennes placées, dit Eumène, sur la partie la plus apparente et le côté dominant de la ville, (c sur le passage même des invincibles princes, lorsqu'ils nous honorent de leur visite. » Il faut relire, pour apprécier ces célèbres écoles qu'à vantées Tacite dans ses Annales, et dont la renommée

(1) L'abbé Rochet, Notice sur Autun. — Histoire littéraire de la France, 1. 1. — Les différentes villes où étaient des gymnases y faisaient venir, à leurs frais^ des professeurs pour diriger les éludes et donner des leçons d'éloquence (Strabon^ liv. IV) ; mais bientôt elles en fournirent elles-mêmes, et Rome reçut les leçons de ses vaincus, et ses plus célèbres maîtres, dont nous retrouverons plus loin plus d'un nom, ini vinrent des Gaules.

INTRODUCTION XIH

a fait porter jusqu'à une ridicule exagération le nombre des étudiants qui s'y réunissaient (1), le discours de l'illustre maitre de la mémoire sacrée (2) sur la restauration des écoles. Mais qu'il suffise de rappeler que c'est là que tous les pays environnants envoyaient leurs enfants ; on y comptait même ceux de toutes les familles nobles des Gaules, nôbilissimam Gallianim sobolem, et l'on peiit affirmer avec Juste-

(1) HUtoire de la ville d'AalQn, par Rosny, qai porte à 40,000 le chiffre de ceux seulemeat qai étaient en état de porter des armes et qu*il faudrait conséquemmeot doubler, si ron Toulalt ajouter, pour avoir le nombre total des étudiants, celui des enfants qai en étaient incapables.

(2) C*était à ce titre, correspondant à celui de secrétaire des commandements, que Conslance avait appelé Eumône dans son palais. Il témoigne de la pleine contiance qu*ayait en lui Tempereur ; mais Constance riionora bien plus, lorsqu'il Tenvoya à la tête des écoles d*Autun, et quMl lui écrivit celte lettre, aussi remarquable par l'bommage qu'il j rendait au mérite que par le dévoûment qu*il y marque pour rinstruction : « Les Gaulois, mes fidèles sujets, méritent que nous nous intéressions à leurs enfants, dont l'esprit est formé à la culture des beaux-arts dans la ville d'Augustodunum ; les Jeunes gens eux-mêmes, qui, à notre retour dUlalie, nous accompagnèrent avec un si joyeux empressement, méritent que nous secondions leurs nobles inclinations. Quel bienfait devons-nous donc leur accorder, sinon celui que la fortune ne peut ni donner ni ravir? Aussi, voulant désigner un maître à ces élèves, qui semblent orphelins depuis la mort de leur professeur, nous avons cru devoir vous choisir spécialement, vous dont nous avons su apprécier Téloquence et la gravité des mœurs dans les fonctions que nous vous avons confiées. Sans donc porter atteinte au privilège de votre dignité, nous vous engageons à reprendre vos leçons, à donner aux jeunes gens une culture qui tende surtout à Taméliorati on des mœurs, dans une ville à laquelle, vous le savez, nous essayons de rendre son ancienne splendeur. Et ne pensez pas que cette fonction déroge en rien à vos anciens titrai d'honneur : une honnête profession relève encore une noble position, loin de la décréditer. Enfin, pour vous faire comprendre que notre bienveillance n'a point oublié votre mérite, nous ordonnons qu'il vous soit donné pour honoraires, sur les fonds de l'Etat, six cent mille sesterces. Adieu, Eumène, très cher à noire cœur. »

Page 1