CHAPITRE TROISIÈME
La loi de 1856 et les écoles normales actuelles Jusqu'en 1879
La loi scolaire de 1966. — Opportunité des fondations d’enseignement pédagogique professionnel. — Inauguration des écoles normales Jacques-Cartier, MeGill, Laval. — Leur caractère confessionnel. — Professeurs et élèves, — Le programme du cours d’études, -- Cours d'agriculture scolaire, — Les écoles d’application. — Cours publics à l’Ecole normale Jacques-Cartier, — Les Associations d'instituteurs catholiques, — d’instituteurs protestants. — Caisse des retraites. — Le salaire des instituteurs ruraux. — Les causes de sa médiocrité. — Les journaux pédagogiques, - Le Conseil de l’Instruction publique. — Résultats généraux de l’enseignement pédagogique des écoles normales, — Son influence sur le programme et les méthodes d'éducation des écoles primaires, —— Les granfes Expositions et les écoles normales, —— Témoignages étrangers en faveur du — scolaire de la province de Québec, — L'hon. Chauveau.
Nommé surintendant de l’Instruction publique, en 1855, et investi par là même d’une responsabilité nationale, P.J.O. Chauveau usa de son influence déjà considérable, pour réàliser
DU D Te Prtiertipens
les vœux du docteur Meilleur, et reprendre la fondation des écoles normales primaires. Le temps était venu de mettre un Couronnement à l’œuvre si patiemment élaborée depuis 1841. D'ailleurs, on était alors en plein réveil littéraire, et les succès remportés par Chauveau dans les lettres et Ja politique lui méritaient la confiance et l'admiration de tous ses compatriotes, ” De plus, les animosités entre les deux éléments de la Population bas-canadienne s'apaisaient peu à peu, ou plutôt, avaient presque complètement disparu après les troubles de Montréal, en 1849. Les fondations scolaires se multipliaient rapidement, en même temps que les chemins de fer, l’amélioration de nos routes et le creusement de nos canaux, facilitaient les Communications interprovinciales. Grâce au zèle éclaité, au patriotisme infatigable des Lafontaine et des Morin, des Taché et des Cartier, l'enseignement primaire était défend: :vee une intelligente fermeté, et, en 1856, Cartier disait avec fierté devant l'Assemblée législative, qu'il ne connaissait qu'une seule Paroisse privée d'école élémentaire. Le nombre des petites écoles s'élevait déjà à 2,352, en 1853, à environ 3,000, deux ans plus tard. La somme de 23,800 louis était partagée, en 1855, entre les écoles communes du Haut-
Canada, et celles du Bas-Canada en recevaient 29,600. La province anglaise n'avait alors que 3,259 écoles pour une population supérieure à celle du Bas-Canada. On n'y comptait que 7 ou 8 collèges et environ 85 écoles de grammaire, (gram- Mar schools), tandis qu'il Y avait près de 300 écoles supérieures, dans notre province, Vraiment, les mécontents d'alors, A.-A. Dorion, E. Dorion, Papin, Charles Daoust, avaient mauvaise grâce de se plaindre de Ja prétendue infériorité de
l'instruction dans le Bas Canada, eux qui n'ignor. it pas la supériorité incontestable de notre haut enseigne ;ent primaire.
Toute la session parlementaire de 1856 retentit des débats sur l'instruction publique, et Cartier fut le défenseur infatigable du régime scolaire qui fait aujourd'hui notre gloire et notre force. Malgré l'opposition violente que lui firent les grits d'Ontario, alliés aux libéraux avancés du 3as-Canade, il déposa deux projets de loi, qui amenèrent dans notre système d'éducation des modifications importantes. Le premier amendait les lois des écoles primaires de 1846-49-53, affectait le revenu des biens des Jésuites aux établissements d'enseignement secondaire, créait un Conseil de l'Tnstruction publique, organisé trois ans plus tard, et autorisait les municipalités scolaires à majorer les cotisations jusqu'à concurrence du double des allocations législatives,
Le second établissait trois écoles normales primaires confessionnelles dans le Bas-Canada, une à Québec et deux À . Moniréal, et créait un fonds permanent de $88,000 pour le soutien de l’enseignement supérieur, qui jusqu'alors, n'avait jamais reçu plus de cinq ou six mille louis chaque année,
Dans les discussions relatives aux écoles normales, nos législateurs montrèrent une louable attention à éviter toute cause de conflit entre les deux populations si différentes du Bas-Canada. La pensée ne vient même pas de répéter l'essai fnfructueux de 1836. Le principe de séparation civile et religieuse, consacré par la loi de 1846, anime toutes les discussions d'alors, et les écoles normales confessionnelles et nationales se fondent, écartant définitivement le régime des institutions pédagogiques neutres ou mixtes.
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