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Depuis sa fondation, Laval a conféré (1905) 190 brevets Pour académie, 1,490 Pour école modèle, et 1,416 pour école élémentaire. En 1905, Mgr l'archevêque de Québec ordonnait à la prétrise le cinquantième des élèves de l'École entrés dans le sacerdoce depuis 1874 ‘
Aucun évènement ne trouble l'existence de l'École normale * des Ursulines, Dans le calme le plus profond, l'œuvre pédagogique se poursuit sans interruption et sous l'œil vigilant des directeurs de Laval. Pour les riches paroiss. s du distriot de Québec, l'école Pédagogique d'institutrices garde son excellente réputation, et les états, de i
Progressif de l'instruction élémentaire par l'élément féwinin, ‘attention du public, et de ce moment, les efforts
ormale Jacques-Cartier, elle ouvrit ses portes en septembre 1899, à 30 élèves partagées en deux cours, élémentaire et modèle, L'enseignement, À l'excep-
Un Cours académique et, d'une classe préparatoire
au Cours normal. Jusqu'à maintenant 451 élèves ont suivi les Cours normaux, et 318 diplômes ont été accordés à 270 élèves.
La plupart des anciennes normaliénnes ont enseigné ou enseignent encore. Ce beau succès fut le signal d'un mouvement pédagogique très accentué et qui dure encore. Plusieurs écoles normales pour institutrices s'ouvrirent dans les villes les plus importantes de la province. Les Ursulines en prirent la direction à Rimouski (1906) et à Trois-Rivières (1908) ; les Sœurs du Bon-Pasteur, à Chicoutimi (1907) ; les Religieuses de l’Assomption, à Nicolet (1907) ; les Sœurs des Saints Noms de Jésus et deMarie à Valleyfield (1908). La fondation d'écoles similaires à Hull, à Sherbrooke et à Jolietté ne semble pas éloignée. Au surintendant actuel, M. Boucher de LaBruère, revient une bonne part du succès de ces fondations, qu'il n'a cessé de recommander et de faire connaître au public.
Il est de mode, dans certains milieux, d'établir dés comparaisons entre nos institutions scolaires canadiennes-françaises et celles des anglo-canadiens ou même des pays étrangers. À part l'injustice qu’il y a de récriminer sans cesse contré des défeetuosités léguées par un passé dunt nous ne somines pas, nous croyons l'avoir démontré, entièrement responsables, il se glisse dans ce procédé des erreurs qu'il importe de dissiper. Un simple coup d’œil sur l’histoire de l'enseignement primaire protestant dans notre province, depuis 1879, nous aidera à mieux apprécier ce qui se fait d'efforts et ce qui se dépense de dévouement dans nos humbles écoles primaires pour le relôvement de l'éducation nationale, Fe
Tant que la minorité protestante de la province de Québec se maintint compacte et fortement unie déns les ‘districts ruraux, elle n'eut rien à craindre poûr son système scolaire, si
généreusement protégé par la largeur d'esprit de Ja majorité
catholique. Les Cantons de l’Est surtout possèdent de belles
et riches institutions scolaires qui, dans bien des cas, peuvent
rivaliser avec : nos plus riches écoles commerciales et avec
nombre de nos Couvents, Mais, depuis un demi-siècle, Ja situante, loin de s'améliorer, devi
plus en plus embarrassante
l'élément anglais au profit de
anglo-canadiens se désag
plus d'écoles, qu'il n’en faut. On propose alors sans beaucoup de succès de réunir les en‘ants dans des écules centrales, ce qui aurait le double avantage de stimuler le zèle des professeurs et de favoriser les études primaires supérieures. Quatre municipalités seulement suivent ce système en 1904. Enfin le comité protestant du Conseil de l’Instruction publique remanie d'urgence (1896) le Bureau central des examinateurs protestants, y fait entrer les pédagogues les plus compétents et les plus influents. Cependant la crise de l'enseignement protestant s'accentue toujours davantage.
Les instituteurs désertent les écoles et des institutrices non brevetées les remplacent. Pourtant, ce ne sont ni les subsides, ni les bienfaiteurs, ni la bonne tenue des écoles, ni l'attrait des matières enseignées qui font défaut. Une seule chose manque : ce sont les enfants. En 1902, dans 45 écoles protestantes anglaises, le chiffre de la fréquentation scolaire moyenne était de 5 élèves, et dans 190 autres, il était de 6 à 10 élèves. Deux cents écoles environ ne sont ouvertes que six mois par
année. En 1905, dans 400 écoles protestantes au moins, la fré:
quentation moyenne est d'à peu près dix enfants. Et le malaise scolaire dans les districts ruraux, loin de disparaître pour la minorité protestante, tend à s’accroître davantage.
La population catholique n’a, dans l'occurrence, aucune faute à se faire pardonner, quoi qu’on dise dans certains milieux. Inutile d'essayer à découvrir le complot formé parmi nous contre la minorité protestante de la province. Il n'existe que dans l'imagination de ceux qui en ont parlé. Bien plus, nous ne craignons pas la contradiction en affirmant que les protestante, au point de vue de la législation scolaire, sont dans une situation privilégiée. La destination nouvelle de
DS SRE LS me mourant PERTE Mirtotlttns.
l'octroi accordé à l'ancienne école normale, n'en. est-elle pas ne est-responsable de cet état de dence insondable qui mène les les desseins,
les, profes.
<a leçons spéciales de botanique, bie. I! fait doubler les
pédagogiques festinées
DE LA PROVINCE DE QUÉBEC 187 + i
normale et d'employer ses professeurs à parfaire ce travail pédagogique. Le projet reçut la sanction des pouvoirs publics, et, dépuis 1885, McGill termine ses cours un mois plus tôt qu'autrefois. ; Vers cette époque également, le cours académique subit une transformation importante. Par un système de privilèges et de bourses, le collège MeGill et le collège Bishop attirent dans le haut enseignement les normaliens les plus instruits et les plus studieux, Aussi, après 24 ans d'existence, la classe académique, comprenant instituteurs et institutrices, va-t-elle se fondre, en quelque sorte, dans la Faculté des arts de l'Uni- versité McGill et du Collège de Lennoxville. Le diplôme du degré supérieur n’est plus accordé qu'aux gradués ès arts qui ont suivi un cours de pédagogie ou qui ont acquis de l’expérience dans l'enseignement. “ I] reste à l’honneur de l’École normale McGill, dit M. Robins, d'avoir donné aux femmes de cette province, la première occasion qui leur ait été offerte d'obtenir ce que l'on appelle quelquefois l'instruction publique supérieure, en établissant la classe d'académie, troisième année du cours consacré à l’enseignement littéraire et mathématique ”. ; Mais réforme n’est pas toujours synonyme de progrès. En dépit de toutes ces modifications, le nombre des normaliens et normaliennes dans l'enseignement diminue — 345 contre 993 en 1891 — tandis que les institutrices non brevetées se multiplient. 5 L'élément féminin, comme dans Ontario et aux États-Unis, acquiert de plus en plus la prépondérance dans l'enseignement protestant, faute d’un traitement convenable pour les instituteurs. Toutefois, les difficultés croissantes du recrutement des
anglaise de la provi l'Université MeGill, laquelle en dirige 1 contrôle les programmes et les méthodes,
L'École normale MeGi]] disparalt l'année même de son
‘adroinistration: et en
le donner, reliet par son influence ”. Puissent
nous occupe, les œuvres post-
normaliennes se développent, en obéissant au mouvement progressif scolaire. Elles acquièrent une plus grande autorité, et étendent leur zone d'influence. Les associations des instituteurs allongent l'intéressante série de leurs travaux pédagogiques, la caisse des pensions de retraite se réorganise, les journaux d'éducation se multiplient.
En dépit des efforts de M. Chauveau et l'accroissement de la subvention législative annuelle, la caisse des pensions de retraite, nous l'avons dit, ne fit que des. progrès assez lents. L'organisation n'inspirait guère de confiance, et, en tout cas, les pensions n’apportaient qu'un secours insuffisant aux bénéficiaires. Un changement s'imposait.
La loi de 1880 — elle fut amendée à diverses reprises — tout en laissant subsister l’ancienne caisse de retraite, en fonds une nouvelle sur des bases entièrement différentes. Mais auparavant, le gouvernement garantissait aux membres de la première caisse une somme de 88,000 par année, à répartir entre les pensionnaires—au nombre de 88 en 1907— ; mais cette allocation, à la mort du dernier membre, ira grossir la réserve capitalisée de la nouvelle caisse.
Le fonds de pension actuel est une des meilleures sociétés de secours de la province. Son revenu — qui était de 847,947 en 1907 — émane de trois sources principales : 10 d’une prime annuelle de deux pour cent payée par chacun des fonctionnaires ou des pensionnaires sur la somme de leur traitement ou de leur pension ; 20 d'une retenue de quatre pour cent prélevée sur le fonds des écoles publiques et sur une partie du fonds de l'éducation supérieure ; 30 d’une allocation provinciale de 85,000 par année.
Tous les fonctionnaires de l'enseignement primaire sont
aviser aux moyens à
bri des atteintes de la
ien considérer, le fonds
teurs répond.il pleinement à son but,
et'ne donne-t-il pas Prise au contraire à des remaniements désirables ?
—— Pas un sou de plus, ce qui a fait Ja classe à deux où trois dizaines de petits enfants six heures par jour pendant au moins vingt ans ! Elle serait ‘ongue, hélas ! la liste des petites pensions qui s'échelonnert de 825 à 850. N'ya-til pas là n fait qvi ressemble — à s'y méprendre—
à une injustice ? C’est avec raison que, par un système de privilèges et de pensions sagement ordonné, on à attiré et retenu dans l'enseignement primaire supérieur, devenu désormais une véritable carrière, le plus grand nombre possible d'instituteurs. Encore faut-il ne pas oublier qu'il y à dans la province plus de 5,000 institutrices dont la plupart, arrivées après au moins vingt ans d'enseignement à la limite d'âge, ne Pourraient en aucune façon compter uniquement sur leur pension annuelle pour vivre.
Aussi, saluons-nous avec joie le mouvement d'opinion parti récemment d’un groupe de professeurs et réclamant la majoration des pensions de retraite des instituteurs ou des institutrices à petit salaire. Les pouvoirs publics, espérons-le, trouverout dans ce projet, qui ne manque pas de générosité, un excellent moyen d'acquitter la dette d'honneur que la province doit à son personnel enseignant primaire, et une occasion de stimuler le zèle des commissions scolaires ou de suppléer l'absence Vinitiative de celles qui maintiennent la médiocrité du traitement professoral,
Le Journal de l'Instruction publique avait cessé de paraître en juin 1879. Aussitôt, des professeurs de l'enscignement primaire se hâtent de combler le vide laissé par la disparition de la double revue littéraire et historique autant que pédagogique de M. Chauveau. Deux publications nouvelles paraissent en même temps, le ler janvier 1880 : l'École Primaire, à Québee, et le Journal de l'Éducation, à Montréal.
L'École Primaire & d’abord pour rédacteur, M. J.-B, Cloutier, professeur à l’École normale Laval, et auteur de manuels classiques estimés. Rien de ce qui touche à l’organisation scolaire ne lui est étranger, Il à acquis pendant ses nombreuses
années d'enseignement, une expérience qui lui permettra de satisfaire aux exigences quotidiennes du professeur aux prises avec la tâche de cheque jour, Ainsi done, présenter un travail tout fait et simplif2r sa besogne souvent pénible en la rendant plus fructueuse, entrer dans les menus détails de ln tenue des petites écoles, tels que devoirs journaliers, formules de compliments, petits drames moraux et instractifs, en un mot, fuire du journal pédagogique, le compagnon inséparable de tout instituteur primaire ; voilà le caractère distinctif de la nouvelle publication. Elle opérait une réforme demandée depuis longtemps.
Eu 1881, l’École Primaire prit le nom d'ÆEnseignement Primaire, parut deux fois le mois à 16 pages, toujours sous la direction de M. J.-B. Cloutier qui y continua son excellent labeur pédagogique jusqu'en 1890. M. C..J. Magoan lui succéda à la rédaction. Six ans plus tard, par suite de la suppression de l'allocation législative annuelle, l'Enseignement Primaire tomba à la charge de son rédacteur qui le publia pendant un an à ses risques et périls. Nous reviendrons sur ses transformations subséquentes.
En 1880, la maison Léger Brousseau, de Québec, publia dans l'édition hebdomadaire du Courrier du Canada dont elle était propriétaire, une série d'articles pédagogiques sous le titre de Journal de l'Éducation et rédigés par MM. Lacasse et Michel. L'année suivante, elle en fait une revue spéciale détachée du journal politique, et paraissant le jeudi de chaque semaine en un cahier de 12 pages à deux colonnes. On prend pour modèle des sujets à traiter, les programmes d'études dressés, en 1862, pour le Bas-Canada. Toutes les matières de l’enseignement primaire et même une série de
cantiques y trouvent place. Mais c'était trop de deux revues pédagogiques à Québec. Le Journal de l'Éducation ne parut qu'une année,
Le Journal de l'Éducation, revue mensuelle de 16 pages à deux colonnes, se substitue à l’ancien Journal de M. Chauveuu dans la région de Montréal. Oscar Dunn, longtemps collaborateur de ce dernier et ancien rédacteur de l'Opinion publique Où il s'était fait remarquer par des articles pédagogiques à sensation, en prend la direction assisté par A.-N. Montpetit, Napoléon Legendre et plusieurs instituteurs.
M. J.-0. Cassegrain, professeur à Jacques-Cartier,secb gea des articles spécialement destinés au personnel ens nant, À la fin de l'année, un groupe d'instituteurs remplavèrent le Journal par une revue importante, paraissant chaque mois par livraisons de 32 pages à deux colonnes, et ayant pour titre Journal de l'Instruction publique. M. J..0. Cassegrain y fit pendant seize ans la plus grande partie du travail de la rédaction, bien qu'officiellement la feuille scolaire fût contrôlée par un comité composé de MM. Verreau, Archambault, Lacroix et Cassegrain. :
Ce journal, alimenté par des articles variés et des études professionnelles faites avec soin et avec autorité, a réalisé en même temps que l'Enseignemeut primaire, le type de la revue pédagogique d'un emploi quotidien pour l'instituteur. I] avait déjà rendu de grands services au personnel enseignant de la région de Montréal surtout, quand le retrait de la subvention annuelle ($750.) l'obligea de suspendre sa publication, en 1897. Les faveurs du gouvernement se reportèrent dès lors sur le journal pédagogique de Québec. :
L'Enseignement prinaire, publié chaque mois à 64 pages,
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prit alors un grand développement, Son rédacteur en chef, M. C.-J. Magnan, aidé de la collaboration des professeurs des écoles normales et des écoles primaires, en # fait — grâce à la
eten &éographie nationales, y sont étudiées tour à tour d'après les meilleurs où les plus récents procédés d'exposition. Aussi, la revue est-elle devenue le guide indispensable du personñel des écoles primaires, le véhiec le des méthodes lés plus rationnelles et, à ce titre, un prolongement utile de l'eniseigaemsnt pédagogique professionnel. Elle reste en oùtre un rettieil documentaire du plus haut intérêt, un moyen de cointmunication entée le département de l'Iristruetioni publique et les professeürs, ou entre les. professeurs eux-ménes,
Aussitôt le Journal of Education disparu, là minorité protestante de la province avisa aux moyens à prendre pour le remplacer. L'Éducational Record, jolie petite revue mensuelle de 48 Pages à deux colonnes, publia son premier numéro au mois de janvier 1881. D'un caractère plus universel. que les journaux pédagogiques canadiens-français, elle. atteint, par ses études littéraires, scientifiques, philosophiques, et religieuses, tous les professeurs des écoles supérieures ou élémentaires de la Province. . Huït cents numéros, grâce au secoürs annuel du Souverniement (8500), sont envoyés.
gratuitement dès le début, aux écoles dont le secrétaire du comité protestant dresse la liste. La collection compiète de ce journal pédagogique contient les documents les plus indispensables à l'histoire de l'éducation publique des non-catholiques dans la province de Québec.
De toutes manières donc, la presse pédagogique a servi la cause de l'instruction publique. En rapports constants avec le personnel enseignant, elle l'informe de tout ce qui peut être utile à la jeunesse du pays.
D'autre part, par les instituteurs et les institutrices sortis des écoles normales se propageaient alors les borines méthodes pédagogiques, les meilleurs manuels classiques, l'nniformité des procédés d'instruction. Une émulation féconde s'établissait entre les diverses écoles, et au lieu de marcher au hassrd, leur progrès obéissait à une direction plus éclairée et plus énergique.
Les inspecteurs d'écoles — presque tous anciens instituteurs—signalaient chaque année les améliorations désirables, distribuaienit l'éloge ou le blâme et contrôlaient l'observance des règlements scolaires. Ils rendaient ainsi de grands services à l'instruction publique. Malgré les imperfections de l'inspuetorat, imperfections dues surtout à la trop grande étendue des districts d'inspection, l’hon. Gédéon Ouimet le regardait comme “ la cheville ouvrière de notre système scolaire ”. C’est par le moyen des inspecteurs que les surintendanis introduisent dans notre système d'éducation des réformes de la plus grande utilité. Leur nombre de 37 (1879) passe successivement à 42 : (1892) à 43 (1896) et à 47 (1904).
Leurs attributions ne comprennent pas toutefois la surveillance et le contrôle des cours d'adultes, lesquels ont une
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Organisation spéciale et relèvent directement du secrétariat de la province. Fondées en 1889 par le ministre Mercier, les écoles du soir, très Populaires au début et très utiles de tout temps surtout à la classe Ouvrière, des grandes villes se sont bientôt répandues dans les centres de population rurale. En 1907, 139 classes réunissaient 2,903 élèves adultes au-dessus de quatorze ans. La plupart ont assist $ aux cours de langue, d'arithmétique et de comptabilité. Montréal fournit la plus grande partie des élèves à raison peut-être de l'apport considérable que l'immigration ajoute chaque année à sa population cosmopolite. Les cours d’:dultes ont diminué le nombre de ceux qui ne savent ni lire ni écrire. On ne saurait trop les recommander à ceux dont l'instruction a été, pour une raison quelconque, négligée dans leur enfance ou dans leur jeunesse,
Les heureux résultats des réunions périodiques des inspecteurs inspirent bientôt l'idée d'en étendre les bienfaits aux petites écoles. En 1885, les premières conférences pédagogiques des institutrices sont inaugurées par l'inspecteur Lippens dans son district d'inspection. I ‘archevêque de Québec, Mgr Bégin, y voit une extension désirable des Cours normaux réguliers, et il en fait donner dans son diocèse.
Le Comité catholique du Conseil de l'Instruction publique les recommande comme un excellent moyen de remédier au manque de formation spéciale d'un grand ombre de professeurs, Et, joignant la théorie à la pratique, il autorise les inspecteurs, en 1896, à remplacer leur première visite aux écoles de leur circonscription par des conférences pédagogiques de deux jours pour chaque groupe de professeurs primaires. Alors deviennent possibles ces congrès régionaux qui réunissent pendant une semaine, dans les principaux centres de a
province, des centaines d’institutrices. Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières, Nicolet, Joliette, Saint-Hyacinthe, suivent, à une année d'intervalle l'exemple donné par Montréal en 1901. D'autres progrès se réalisent pour le plus grand bien de l'instruction publique. Les améliorations hygiéniques commencées sous l'impulsion de M. Chauveau, vers 1857, prennent bientôt un grand développement. La construction des écoles, le mobilier et la ventilation des classes, la salubrité des salles communes reçoivent une attention spéciale. L'École Jacques- Cartier donne, sous ce rapport, un salutaire exemple. Les écoles de la ville, puis celles de la campagne, depuis 1879 surtout, sont entrées dans le mouvement qui a pour but la protection de la santé de l'enfant par la pratique de l'hygiène usuelle. “ Québec, (la province) à ce point de vue, n'est pas aussi arriéré qu'on le dit ”, affirmait avec force M. Verrean, en 1888.
= Une aûtre réforme scolaire s'imposait à cette époque. Plus que jamais, on ressentait les inconvénients du système des multiples Buresux d'examinateurs autorisés à accorder des diplômes de capacité aux maîtres et aux maîtresses d'école. Le patronage local, les besoins Pressants du moment, la difficulté d'obtenir une préparation pédagogique suffsante, étaient autant de titres à l'indulgence des comités d'examens, qui pourtant avaient adopté le programme des écoles normales. Que de plaintes s'étaient élevées contre eux depuis leur établissement ! Enfin, en 1896, les 24 Bureaux locaux sont remplacés par un Bureau central composé de 10 examinateurs et autorisé à conférer des diplômes donnant un droit permanent d'enseigner dans toute la province.
‘L'établissement du Bureau central, créé par le ministère
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Marchand, eut Pour premier résultat de restreindre le nombre des candidats plus ou moins bien préparés. En 1895, 2,012 aspirants subirent l'épreuve du brevet devant les divers Bureaux d’exaininateurs, et 2,085 l'année suivante ; en 1898, 1,033 candidats seulement se présentèrent lors de la première session du Bureau central, et 615 reçurent un breyet de Capacité contre 1,535, l'année précédente, Doit-on regretter que le nombre des diplômes se soit rapidement accru (1,273 en 1902) ? Il faut, au contraire, s’en réjouir. Car, la proportion des brevets obtenus chaque année par les membres des congrégations religieuses augmente sensiblement, sans compter que beaucoup de jeunes filles qui n'ont pas l'intention d'enseigner, considèrent le diplôme comme un digne couronnement de leurs études, et s'imposent des sacrifices considérables pour l'obtenir.
L'universalité du brevet offre auski l'avantage de faciliter
” l'accomplissement de la loi qui défend de confier les écoles publiques à des maîtres non munis du certificat d'aptitude. On peut bien en discuter la valeur absolue ; mais aussi long-
. temps que les écoles normales ne seront pas assez nombreuses Pour recévoir tous les aspirants à l'enseignement, le plus sage encore sera d'y avoir recours.
Remarquons, pour rendre justice à tous, que les congrégations enseignantes soumettent à une formation spéciale leurs futurs professeurs, bien qu'on ne puisse tout à fait assimiler leurs noviciats à autant d'écoles normales, Or, en 1905, nous avions, dans la province, 3,892 instituteurs et institutrices Congréganistes, Qu'on ajoute à ce nombre les 400 normaliens et normaliennes actuellement dans l'enseignement, et on obtiendra le chiffre de 4,292 instituteurs primaires catholiques, ayant reçu l'entraînement pédagogique professionnel] sur un