‹ Les écoles normales primaires de la province de Québec et leurs œuvres complémentaires [microforme]Chapitre 29 sur 53 · DISCOURS DE M. L'ABBÉ N. DUBOIS · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. L'ABBÉ N. DUBOIS

Monsieur le président,

Un des moments les plus poignants dans la vie du professeur, c'est celui des adieux à la fin de l’année scolaire. Il se demande alors s'il a assez bien préparé le cœur de ses élèves à faire fructifier la semence de gcience et de vertu qu'il y a jetée. Il interroge avec angoisse les dispositions de ces jeunes âmes à qui il a donné sans compter ses forces, son activité, son zèle. L'avenir réalisera-t-il ses espérances ; la saison des fruits répondra-t-elle à la saison des fleurs ? Puis, une fois les adieux faits, les “ au revoir ” prononcés avec un serrement de cœur, le professeur compte avec joie les carrières utiles à la patrie, les dévouements aux œuvres nationales, l’agrandissement du patrimoine de vertu et de bienfaisance. Ce que les adieux contiennent de tristesse et de douleur, le retour le fait oublier, et c'est bien aujourd’hui la fête du retour. Depuis longtemps, nous interrogeons l'horizon pour reconnaître les normaliens qui nous reviennent. Nous sommes allés au-devant de vous sur toutes les routes, et nous vous avons invités à passer un jour encore sous le toit aimé de vos jeunes années. C'est que votre Alma Mater voulait se consoler des adieux d'autrefois si souvent répétés, et vous presser tous, ne fut-ce qu'un moment, sur son cœur qui est toujours le même ! Et

PT renal mi. à

mm

vous êtes venus en grand nombre, conduits par le doyen de

vos professeurs. Quelle bonne action vous accomplissez aujourd'hui !

Vous dirai-je que vous n'avez pas changé ? Certes, vous

êtes restés des normaliens dignes de l'institution dont vous venez célébrer l’heureuse vitalité ! Mais vous n'êtes plus les mêmes. Les promesses que Dieu avaient mises dans votr: jeunesse se sont réalisées, et cette vue réjouit le cœur de votre Alma Mater. Vous avez changé, vous les professeurs de l'enseignement primaire, car je vous vois entourés d'ane multi. tude de jeunes gens dont vous avez ouvert l'intellience et le cœur à l'idéal, à l'amour de la Patrie et de l'Église. Vous avez changé, vous que des circonstances incontrôlables ont détournés de l'enseignement, et qui avez mérité, sur un autre théâtre, les applaudissements de votre Alma Mater. Députés, avocats, médecins ou notaires, prêtres, industriels, commerfants ou cultivateurs, vous jouissez d'une influence et d'un prestige dont vous avez droit d'être fiers.

Aussi, comme au jour de l'inauguration de l’École normale Jacques-Cartier, dans le vieux Château de Ramezay, vous né venez pas seuls reconnaître les bienfaits de votre Alma Mater. Des personnages éminents, dont le Pays connaît bien les noms vénérés, sont à vos côtés, car votre œuvre est leur œuvre ; le même esprit vous anime : vous avez dans le cœur le même amour de la patrie et de la religion. Aussi permettez-moi de remercier les personnages illustres qui relèvent de leur présence l'éclat de votre jubilé normalien.

Reconnaissance à vous, M. le premier ministre de la province défQuébæ, pour la bienveillance avec laquelle vous avez répondu à notre invitation. De nombreuses et graves occupa-

tions vous sollicitent à la fois ; vous n'avez pas cru qu'une fête de l'enseignement primaire fut indigne de votre attention. L'histoire n'oubliera pas que sous votre gouvernement l'œuvre des écoles normales s'est développée. Les préoccuputions d'éducation n’ont pas été étrangères à votre récent voyage en Europe, et les observations que vous avez pu faire en pays étranger vous aideront, sans doute, à mettre à exécution des projets utiles à l'instruction publique.

Merci à vous, M. le surintendant, qui mettez dans la surveillance de cette institution qui a l'honneur d’être sous votre contrôle immédiat, tant de circonspection, de délicatesse et de largeur d'esprit.

Mgr l'archevêque aime les nobles traditions léguées par ses prédécesseurs, Notre École de la rue Notre-Dame, à inaintes' reprises, a entendu les paroles de Mgr Bourget et de Mgr Fabre, du fondateur infatigable et du patient pacificateur. Sous l'égide spirituelle et protectrice du premier pasteur du diocèse, notre École a développé son œuvre ; elle n’a jamais démérité.

Il y a cinquante ans, l'évêque de Montréal assistait seul aux fêtes de l'inauguration de notre École. Aujourd'hui, le district de Montréal est partagé entre plusieurs diocèses, et Mgr l'évêque de Valleyfield, suffragant de Montréal, nous fait l'honneur d'assister à nos fêtes jubilaires. Pas un évêque qui se désintéresse de notre œuvre, et qui ne fasse des vœux pour son succès. Merci à vous et aux membres du conseil de l'Instruction publique pour l'intérêt que. vous prenez à la cause importante de l'éducation du peuple.

Les trois écoles normales de notre province, fondées la même année, sont toujours restées unies par leur attachement

SRE su ——__——

à notre présent système scolaire confessionnel, par jeur zèle à répandre les meilleures méthodes pédagogiques et par leurs excellentes relations. Qu'il me soit donc permis d'envoyer, au nom dés anciens élèves, un cordial salut à ces vénérables iostitutions-sœurs, et surtout à l'École normale Laval de Québec.

Nous devons aussi nos remerciements aux représentants des Frères-instituteurs. Venus, pour la plupart, dans notre pays à une époque où les écoles normales avaient déjà rendu de grands services à l'éducation, les Religieux enseignants ont d'abord été des auxiliaires indispensables de nos professeurs laïques trop peu nombreux pour les besoins de = jtre pays. Ils sont restés pour les normaliens des émules et des collègues dont il est inutile de dire ici la compétence et le zèle pour

l'œuvre de l'éducation nationale,

J'adresse également de sincères remerciements aux supérieurs de nos collèges classiques, aux membres du clergé, au rédacteur de l'Enssignement Primaire, à tous ceux de nos invités qui se sont occupés ou s'occupent encore de près ou de loin de notre œuvre normalienne. Leur présence aux fêtes du cinquantenaire, est une nouvelle preuve de l'intérêt qu'ils portent aux progrès de n- institution pédagogique.

Dirai-je à tous ce qu'à ompli l'École normale Jacques.

. Cartier depuis que les 27 élèves du Premier cours ont quitté ? Retracerai-je Jes étapes successives, Parcourues par une œuvre due à l'initiative d’un homme d'État aussi distingué par ses talents littéraires et oratoires, que par sa grance intuition des besoins de notre pays ? Car elle n'était pas facile la tâche de mettre le couronnement à notre système scolaire qui avait demandé tant d'années de tâtonnements pour réunir les pièces

ol LA HE © HAE

“ke

ab Croec MRRLAEL UN SAS AS

mg

nécessaires. Loin de moi le désir de récriminer contre un passé plein d'angoisses et d'inquiétudes pour nos pères, quand ils virent le drapeau français disparaître sur les flots bleus du Saint-Laurent. Il s'est évanoui à jamais, et l’histoire ellemême ne remue que d'une main discrète les cendres d'un incendie peut-être mal éteint. Mais il nous sera permis, eu présence de nos compatriotes d’origine anglaise, de rendre un hommage reconnaissant et ému à nos valeureux ancêtres qui nous léguèrent intact l'héritage de leurs vertus et de leurs traditions. Quoi que l'on dise, ils ont aimé l'instruction, et, si l'on tient à perpétuer la légende de leur ignorance, on ne pourra nier toutefois que l'ignorancs i ici s'est montrée |’

de l'intelligence pour la conservation intacte de notre Pè2 de notre langue et de nos traditions nationales.

À partir de 1824, les lois d'éducation se succèdent en obéissant aux fluctuations politiques qui remuent la nation jusqne dans ses fondements. Tous les systèmes sont essayés, et rejetés. Mais le peuple est habitué de compter sans le gouvernement, du reste hostile à notre nationalité jusqu’en 1838, et dès 1831, 1,530 écoles élémentaires recevaient une population de 36,000 enfants, À cette époque, les résultats obtenus par les écoles normales d'Europe commencçaient d'être connus duns notre Canada, et, dès 1836, on essaya de mettre le couronnement à un système scolaire embrassant le cycle entier de l'instruction : populaire. Une première école normale s'ouvrit cette année-là même, qui ne laissa que de faibles traces et ne produisit que des résultats proportionnés d'ailleurs aux sommes minimes allouées à cette œuvre. Une quarantaine d'élèves-maîtres \4 reçurent une instruction que demandaient les nouvelles condi: tions économiques du pays, les progrès du commerce et de

l'industrie, l'augmentation de la population et les relations plus fréquentes avec les Pays voisins, Les troubles de 1887, la neutralité au Point de vue religieux, les rivalités encore très vives entre les deux populations du Bas-Canada, Ja

Pauvreté d’un budget qu'on se dispute avec acharnement, .

voilà plus de causés qu'il n'en faut pour détruire une œuvre mieux assise,

Le docteur Meilleur a depuis longtemps compris que l’École normale n'est que l'achèvement d'un bon département scolaire. Depuis longtemps, il dirige ses efforts, il fait agir les amis de l'éducation Populaire en vue d'obtenir une loi générale d’éducation qui donne satisfaction à toutes les parties de la population bas-canadienne, et la loi de 1841, amendée cinq ans plus tard, établit le système scolaire dont nous jouissons encore et auquel on a tant de fois reconnu de nombreuses qualités, Les autorités romaines, les évêques de notre province. nos hommes d'État les plus éminents, la minorité protestante de notre province l'ont tour à tour approuvé et ont donné leur loyal appui à son bon fonctionnement. Un historien anglo-canadien qu'on ne soupçonnera pas de tendresse à l'endroit de notre nationalité, M. Castell Hopkins disait baguère de notre système d'éducation : “ Ce système est remarquable comme

ayant été créé dans une province dominée par une race et une religion, et cependant conçu et pratiqué avec une équité Presque parfaite envers la minori

avec une justice et une largeur d'’esprit admirables, Qu'il y ait dans l'application du principe de séparation entre les deux races de notre province matière à

conflit, cela ne peut surprendre que les esprits alsolus qui ne pardonnent aucun défaut. Mais à considérer les tendances générales de notre loi actuelle d'éducation populaire, nous afrmons que les droits des parents sur l'éducation de leurs enfants, les droits de l'Église sur la formation de leur esprit et de leur cœur, les droits de l'État sur la préparation des faturs citoyens de demain sont sauvegardés suffisamment dans notre province, pour qu'il y ait place pour toutes les bonnes initiatives. Et c'est bien là le point capital qu'il importait de bien définir avant de parler de notre œuvre à nos normaliens de Montréal.

Deux hommes aussi éminents par le cœur que par l'esprit ont veillé sur le berceau de l'École normale Jacques-Cartier. L'un nous apparaît entouré du prestige d’une intelligence qui grandit avec les difficultés et qui domine sans cesse les évènements. Parole ardenie et enthousiasme sincère, activité inlassable et merveilleuse perspicacité, intelligence d'élite, âme noble et élevée, rien ne lui manque pour l’accomplissement d'une mission féconde. La poésie, l’histoire, le roman, l’éloquence, le journalisme, la politique, il a exploré tous les champs de l'activité intellectuelle, il à laissé partout des traces d'un talent facile et abondant. Vous avez reconnu l'honorable P.-J.-0. Chauveau, le fondateur, en 1857, des écoles normales du Bas-Canada.

L'autre a exercé son activité sur un champ moins vaste, mais qui nous est particulièrement cher à tous. Se renfermant dans ses modestes fonctions de professeur et de directeur de nctre institution, il fut pendant près de quarante-cinq ans, l'âme du mouvement pédagogique dans le district de Montréal. Erudit autant que modeste, austère et toujours fidèle à sa

Conçu pour renouveler, améliorer et perfectionner notre enseignement primaire. I] s'identifia avec l'œuvre de l'École normale qui est aussi Ja vôtre, messieurs : j'ai nommé l'abbé Verreau, le premier principal de l'École normale Jacques-

" Cartier.

Voilà les deux hommes qu'une même pensée Patriotique et religieuse unit pour toute leur longue carrière, Fidèles tous

entre pas dans mes intentions de retracer la longue et brillante carrière de M. Chauveau. C'est à M. le surintendant que cette noble tâche appartient, Mais dans la fondation de nos écoles normales, nous retrouverons sa pensée et son cœur, nous les trouverons toutes les fois qu'il sera question des œuvres postnormaliennes telles que les associations des instituteurs, les caisses de retraite, les conférences pédagogiques et les journaux de l'instruction publique. Per ces fondations multiples nées du mouvement normaliste, il occupe une place éminente dans l’histoire de l’enseignement, A d’autres donc, d'examiner son œuvre au point de vue de l'instruction en général. Mais l'École normale Jacques-Cartier n'ignore pas tout ce qu'elle lui doit. Si je me taisais dans une

mission, jaloux du succès des instituteurs ses élèves, et aimant sincèrement son Pays, il exécuta cc que M. Chauveau avait

pareille circonstance sur la part qui revient à M. Chauveau dans la fondation et l'organisation de notre École, nos anciens élèves qui l'ont connu et qui ont joui de ses bienfaits, ne me le pardonneraient pas aisément.

Dire que notre École normale & parcouru une brillante carrière, qu'elle a resplendi d'un très vif éclat pendant une période plus ou moins longue de son existence, que son nom rappelle des souvenirs glorieux, aurait peut-être pour effet de provoquer des sourires d'incrédulité. La nature même de sa mission semble lui interdire les triomphes éclatants e* l'enivrement des grandes victoires. Car l'humble institute £ de l’enseignement primaire occupe flans la société, de par ses fonctions, un rang qu'on serait tenté de croire inférieur, si l'on ignore comment s’élaborent les grandes œuvres. L'air porte le parfum des fleurs, des fruits et des moissons, mais c'est la terre, cette infatigable et modeste travailleuse qui les fait naître et les nourrit. L'instituteur, c'est le semeur vigoureux qui ne récolte jamais. Laissez-moi le comparer à ces Israélites de la frontière dont les moissons étaient impitoyablement pillées, dès qu'elles étaient parvenues à maturité, ou encore à ce paralytique de la piscine probatique, qui pendant trente-huit ans, fut le jouet de compagnons plus alertes.

Lorsque la semence de la science et de la vertu déposée dans l'esprit et le cœur de l'enfant par le maître d'école a germé et commence de donner de belles espérances, surviennent toujours d'autres professeurs pour recueillir les fruits de la formation intellectuelle et morale des jeunes années. Pourtant l'étincelle à été allumée dans l'âme neuve des enfants par le modeste instituteur, car l'enfant, selon la belle parole de Plutarque, n’est pas un vase qu'il faut remplir mais

un foyer qu'il faut allumer. À vous donc, aimables maîtres de la jeunesse du pays, l'honneur de pénétrer, après la mère, dans le sanctuaire de l'âme de l'enfant. C'est là que vous vous renfermez Pour travailler à l'édification de notre nation, semblables à ces humbles violettes qui cachent leurs vives couleurs mais dont Je Parfam trahit la présence, Aussi l’École normale Jacques-Cartie d'avoir formé 415 instituteurs primaires dévoués à leurs humbles fonctions. Modeste toujours mais to! jours fidèle à sa mission, elle atteint aujourd'hui un âge qui est, à lui seul, un signe peu ordinaire de vitalité, Car, dans

r est-elle heurense

uotre jeune pays, les œr-res et les institutions se ressentent encore de la période de formation qui ne nous laiss n repos. Nous en

sommes encore aux essais et Dieu sait si stabilité des institutions.

Cinquante années durant, notre Alma Mater à donné nais. sance à des fils qui lui ont fait honneur et qui bres l'ont consolée et

at favorise la

‘’ntervention de à la liberté de la conscience catholique. Malgré que les autorités civiles ot religieuses se amie au jour de l'inauguration de notre Alma Mater, le 3 mars 1857, M. Chauveau s ntait Je besoin de rassurer les consciences,

“ Je n'ignore pas, disait-il, les appréhensions légitimes dans oins, que des hommes respectables ont de cette institution nouvelle parmi nous !

er retenues au sujet

a arr ét entré rm nn ee 770 VITESSE nt si éubishre Strass

je n'ai pas moi-même adopté, depuis plusieurs années, l'idée de doter le pays de ces institutions, sans avoir accordé la plus graude attention aux objections que l'on faisait valoir, sans avoir moi-même éprouvé les mêmes doutes, pressenti les mêmes difficultés, redouté les mêmes inconvénients qui ont si fortement préoccupé des hommes dont je respecte les opinions. L'exemple de ce qui s’est passé en France a été pour beaucoup dans leur manière de voir ; mais il me semble qu'il est facile de se convaincre de la disparité des deux situations. Les écoles normales n'ont été établies en France qu'après la Révolution, c'est-à-dire, après un demi-siècle d’infidélité, après de sanglantes orgies, résultat des funestes! doctrines dont deux générations s'étaient abreuvées. Il eut été aussi difficile d'organiser les écoles publiques, à un point de vue religieux. que de régérérer la société elle-même. En un mot, à proprement parler, ce ne furent point les écoles normales qui répandirent l'impiété ou l’indifférentisme en France, ce fut au contraire l'État pré-existant de la société qui agit sur les écoles normales comme il eût agi sur toute autre institution née dans les mêmes conditions.

« Il n'est guère, du reste, de sophisme plus commun, plus facile à réfuter, mais, en même temps, plus insidieux, que celui qui consiste à condaaner une chose bonne en elle-même, à cause de l'abus que l'on en fait. Il ne faut point cependant réfléchir bien longtemps pour trouver que les instruments les plus puissants, les forces socisles les plus énergiques, sont également susceptibles d'opérer beaucoup de mal ou beaucoup de bien, suivant la direction qu'on leur donne. Ce qui se dit de l'École normale peut se dire du collège, peut se dire de

l'instruction publique elle-même, peut et doit s'appliquer à

DE L'ÉCOLE NORMALE JACQUES-CARTIER 287 toutes les écoles til y iostitution, Puisque, bien sur à toutes nos autres écoles,

tout sera bien aux extrémi

a même plus de sureté dans cette Veillée, elle donnera une impulsion et que l'on pourra s'assurer que tés comme au centre.

du reste, t'applique à la nature physique :

les plus -ndispensables éléments sont les u qui réchauffe et éclaire, brûle, ravage et ; l'eau, qui fertilise, inonde aussi ; et ces admirables forces motrices qui font la gloire d avec une vitesse Presque idéale Course, qui supprime pour

quels accidents épouvantables n'affligent.elles pas chaque jour

étaient inconnues ?

“ Partout la faiblesse et l'imperfection de notre vature nous eavironne de dangers ; mais celui qui reste au foyer qui l'a vu naître y meurt un jour sans avoir vécu d'une vie active ; il Y meurt souvent plus vite que celui qui à chaque instant * dévore l'espace ; de même, l'intelligence immobile et sans

culture, si elle n'est Pas exposé. aux chutes

Mate es ® rt rrtstéétitiietmn

“Votre présence ici, Monseigneur (Mgr Bourget), répond mieux du reste, que mes paroles à toutes les objections (vifs appl). Vous avez pris cette institution naissante sous votre protection, et, suivant l’heureuse expression d'un des représentants de la cité de Montréal, dans une autre occasion, je désespérerai de cette école normale, lorsqu'on m'aura montré quelqu'entreprise dans laquelle votre Grandeur ait échoué (appl.). En m'exprimant ainsi, vous le voyez, Monseigneur, je ne suis que l'écho bien imparfait des sentiments de cette assemblée dont les applaudissements devancent, pour bien dire, les hommages qui vous sont si légitimement dus (appl.). Certes, il convenait surtout à un évêque qui a couvert'son vaste diocèse de maisons de charité et de maisons d'éducation de tout genre, d'aider le gouvernement dans l'établissement d’une école qui complète aujourd’hui notre système d'instruction publique ”.

Vous me pardonnerez cette citation un peu longue mais elle était indispensable pour montrer l’action de l’État et la position de l'élément laïque dans notre système confessionnel.

L'Église, notre mère, respecte toutes les libertés et tous les droits. Elle ne nie pas au pouvoir laïque le droit de pourvoir à l'instruction dans les lettres et les sciences pour atteindre sa fin légitime et le bien de la société, et par conséquent, on ne doit pas nier au même pouvoir laïque le droit de diriger les écoles, en autant que le demande cette fin légitime. L'Église ne s'attribue pas comme découlant de sa constitution divine, l'autorité de direction positive des écoles, en autant qu'on y enseigne les lettres et les sciences naturelles.

Mais elle réclame, l'Église, et elle réclamera toujours le

DE L'ÉCOLE x

ORMALE JACQUES-CARTIER 289

rt ,

pouvoir de diriger les écoles, dans la mesure que le demande sa fin même, et par conséquent, on doit lui reconnaître le droit et le devoir de veiller à Ja foi et aux mœurs chrétiennes de la jeunesse catholique, et par là même d'empêcher que ces biens précieux ne soient Corrompus par l'instruction même des écoles,

Ce droit de l'Église, considéré en soi ne s'étend pas moins aux écoles supérieures qu'aux écoles inférieures. Du reste, il est clair que l'exercice du droit doit nécessairement varier suivant qu'il s'applique à des termes différents.

Le droit de l'Église relativement à l'instruction, d'après sa mission divine, consiste donc en deux choses :

lo Il appartient exclusivement à l'Église de donner la doctrine religieuse depuis la première instruction jusqu'au sommet de la science théologique ; cette fonction, l'évêque évangéliste du diocèse, l'exerce, soit par lui-même, soit par ses substituts, ou d’autres la remplissent en recevant de lui la doctrine.

20 Pour ce qui regarde les autres sciences, l'Église veille à ce qu'il ne se répande pas d'erreurs, soit au sujet de la religion, soit au sujet de la moralité, Le reste appartient à l'État, et quelquefois aussi à des particuliers avec plus ou moins de dépendance de l'État, suivant la coutume et la pratique raisonnable des lieux.

Dans les dispositions modernes de l'état civil en plusieurs Pays et même dans certaines provinces de notre Dominion, il Y à surtout deux maux qui se rencontrent :

lo Lesystème de l'instruction commune des citoyens au

moyen d'écoles qu'on appelle mixtes ou neutres et cela surtout

dans l'instruction primaire, est un mal très grave à cause du danger de perversion.

20 On ne laisse pas aux évêques, soit pour l’examen des manuels, soit pour les personnes préposées à l'instruction, une surveillance entière pour empêcher ls propagation d'erreurs contraires à la foi et aux mœurs. Or. la loi de la province de Québec, exclut les écoles mixtes ou sutres.

Mais revenons à l’histoire de l’École normale.

En présence de méfiances obstinées à l'endroit de l'École normale, le mieux encore était d'attendre et de juger l'arbre par ses fruits. Avec quelle ardeur et quelle activité, les professeurs et les élèves des premiers cours s’employèrent à leurs études pédagogiques, les survivants ici présents, le savent assez pour qu'on nous dispense d'insister. Pendant les dix premières années, le vieux château de Ramezay dont les archaïques bâtiments abritaient l’École normale et le département de l’Instruction publique, fut un centre intellectuel d’une grande impoftance pour notre ville. Qui ne se souvient des cours publics des premières années, quand M. Chauveau, l'abbé Verreau, l'abbé Desmazures, M. Devismes faisaient entendre tour à tour leurs doctes leçons à un auditoire avide de s’instruire. Les anciens élèves se rappelleront avec émotion l'honneur que M. Chauveau fit à quelques-uns d'entre eux en publiant leurs résumés de conférences. L'École normale avait besoin de cette publicité pour se faire connaître du publie indifférent ou hostile et pour rallier à sa cause de nouveaux amis. Mais c'était une œuvre en quelque sorte extérieure.

L'organisation intérieur de l'École normale avec ses programmes, ses musées, ses bibliothèques, son école d'application

FR Re

était autrement importante. * M. Verreau, avec son étonnante érudition, pouvait à l'aide d’un personnel encore très restreint, suffire à la tâche non toutefois sans une fatigue excessive. Aussi deux années ne s'étaient pas écoulées qu'il demandait un repos bien mérité, mais qui heureusement pour notre École ne lui fat pas accordé. Avec des collaborateurs tels que MM. Devisme, Regnaud, Dostaler, Labelle, il commença d'enseigner les nombreuses matières inscrites dans la deuxième clause de la loi de 1856. Les résultats ne se firent pas longtemps attendre ; mais on les aurait voulu différents, Quelques anciens élèves eurent l'ambition très légitime d'ailleurs d’entrer dans les carrières libérales, et aidés par les facilités d'ad. mission au brevet universitaire d'alors, et après avoir reçu la culture générale très étendue donnée par l’École normale, ils descendirent de leurs modestes chaires de professeurs primaires pour revêtir la toge, ou la tunique du lévite, pour entrer ans la politique, d. ns le cmmerce et l'industrie. Première prétendue déviation de la mission confiée aux écoles normales et qui ira grossir la liste des griefs qu'on leur reprochera plus tard.

Jusqu'en 1867, M. Verreau , M. Chauveau restèrent des collaborateurs inséparables dans l'œuvre de l'enseignement primaire et l’École normale Jacques-Cartier contribua puissamment à rendre populaire les meilleures méthodes pédagogiques. Les polémiques dont elle fut parfois l'objet trouvait de l’écho dans le monde plus fermé des congrégations enseigaantes, en provoquant une émulation utile à la jeunesse, Car autour de notre École s'étaie. sroupées des œuvres complémentaires destin. :s à atteindre les instituteurs qui n'avaient pas eu l'avantage de suivre des cours pédagogiques réguliers.

k RE Life fete

———— qi mir famine

Vous savez, messieurs, le dévouement qu'il a fallu déployer pour maintenir ces œuvres qui touchent de si près à notre enseignement primaire.

L'association des instituteurs, autre théâtre de son influence, et dont le cinquantenaire a précédé le nôtre de quelques semaines, s'est réuni 65 fois au vieux château de Ramezay. Elle en est maintenant à sa 125e session. Preuve que l’École normale est son seul centre naturel, car elle aurait eu bientôt le sort de cette association ofi....2lle de 1845, à Montréal, à laquelle il fut à peine permis de voir le jour. Ici encore, on reconnaît la main bienfaisante de M. Chauveau ouvrant pour nos professeurs une source toujours féconde et jamais tarie d'instruction et d'émulation. Que de fois la voix sympathique de l'abbé Verreau et de M. Chauveau s'est fait entendre dans ces séances annuelles, encourageante et lumineuse. L'énumération seule des travaux de l'association pourrait faire croire que les congrès pédagogiques ne sont pas de fondation récente, bien qu'on n'ait jamais donné ce nom aux conférences des instituteurs. :

Les deux éditions, anglaise et française, du Journal de l'Instruction publique, en apportant tous les mois aux instituteurs et au personnel de l'enseignement, leur moisson de pédagogie, d'histoire et de science, continuaient à leur tour l'œuvre des conférences bis-annuelles, et, plus que celles-ci peut-être, maintenaient des relations étroites et cordiales entre les professeurs et le département de l'éducation. C'est là que M. Chauveau, vous vous en souvenez, manifesta les ressources d'un esprit ouvert à toutes les manifestations de la pensée, à toutes les formes de l'idéal pédagogique. Tous ceux d’entre vous qui ont un Peu vécu, se rappelient l'accueil cordial qu'ils

faisaient chaque mois à la parole toujours vivante et toujours sincère du surintendant Chauveau. Mais dans la lumière que projette cet esprit lumineux, vous apercevrez encore son insé. parable compagnon d'armes, l'abbé Verreau, toujours au Courant des meilleures méthodes de pédagogie, avide d'histoire nationale et s’attardant volontiers dans la Compagnie de nos

Vaillants ancêtres. C'est plus qu'il n’en faut pour assurer à notre institution naissaute un prestige et une autorité dont on ne perdra pas de longtemps le souvenir. s Aussi, l’École normale poursuit-elle sans froissement et sans heurt, son humble mission dans notre région de Montréal. Elle prend part aux grandes expositions internationales de Londres et de Paris, figure avec honneur sur le théâtre plus modeste et plus pratique des expositions Canadiennes, disperse ses habiles instituteurs dans nos plus belles paroisses, A tous ses enfants, elle donne une culture générale qu'on ne peut guère dépasser dans l'enseignement primaire. Chaque année, par les élèves-maîtres, elle donne l'instruction élémentaire à plus de cent enfants, dans cette école d'application qui est l'officine des véritables vocations pédagogiques. En 1879, après 22 ans de séjour au vieux château historique de la rue Notre- Dame, la munificence du gouvernement permet à notre institution de venir s'installer sur le plateau de la ferme Logan, sorte de haute ville, où elle trouve l'air et l’espace qui lui faisait depuis longtemps défaut. Changement favorable à son développement, malgré les clameurs qu'elle soulèvera sur son Passage qu'on trouva trop triomphal. Elle continus; son œuvre, recruta un nombre toujours plus considérable d'élèves en dépit des polémiques souvent acerbes qui, à cette époque de luttes, mirent plus d'une fois sun existence en péril.

np metal sn ais aa ares

nn DE TOR Pr r ner ee as

Messieurs, vous savez quelle fut l'attitude de feu l'abbé Verreau dans cette guerre opiniâtre contre son œuvre. Avec’ une logique inflexible, une parfaite sincérité, une digoité qui ne se démentit jamais et un respect très grand des personnes, il éclaira l'opinion publique et redressa les jugements erronés ou incomplets. L'École normale Jacques-Cartier sortit plus vigoureuse de la lutte, grâce à la science et à la vertu de l'abbé Verreau, au prestige dont son illustre fondateur avait entouré son berceau, grâce surtout à vous, messieurs les anciens élèves, puisque votre fidélité à la Patrie ei à l'Église reçut alors un nouveau témoignage d'approbation et d'admiration. A ceux donc qui demandent quelle est l'efficacité de cette œuvre, l'abbé Verreau répondait en 1880 que c'était “ de former de bons maîtres et de relever le niveau de l'enseignement. C'est un fait constant, ajoutait-il, que les instituteurs sont plus capables qu'ils étaient il y a 25 ans ; que les bonnes méthodes sont plus suivies et plus connues ; que la position de l'instituteur est respectée maintenant et qu’elle est recherchée. Il n'est pas jusqu'aux ordres religieux qui n’aient apporté certaines réformes dans leur enseignement. Le mouvement

. est donné et j'espère qu'il se continuera. Tout cels est dû aux

Écoles normales. Voi!\ leur véritable efficacité ”.

Depuis l'époque où éclatèrent contre l'École normale Jacques-Cartier surtout, les colères qui s'amoncelaient depuis 1857, la situation n'a pas changé, Elle reste la même au point de vue de l’enseignement primaire. Aux mêmes objections, on répond par les mêmes arguments, aux mêmes défiances, on oppose les mêmes résultats pratiques et tangibles, Non. Je me trompe ! L'œuvre normaliste a acquis ses droits de cité depuis longtemps. Depuis longtemps on lui reconnaît le droit de

DE L'ÉCOLE NORMALE JACQUES-CARTIER 295 pe ni 2

créer une noble et fructueuse émulation dans notre monde d'enseignement, d'y proposer un essai loyal de ses moyens et de ses méthodes pédagogiques ; on ne se croit plus autorisé à lui faire une concurrence impitoyable,

Depuis la fondation de Ja commission scolaire de notre ville et l'érection d'écoles spacieuses et bien aménagées, le public a pu voir à l’œuvre nos instituteurs laïques catholiques presque tous, à l'origine, anciens élèves-de cette institution. Personne n'osera prétendre que les séances de la commission sont trop secrètes, et qu’elles mettent un trop grand soin à voiler les erreurs et les fautès des professeurs et de leurs élèves. Chaque mois, les grands journaux quotidiens nous disent ce qui se passe dans nos écoles publiques, et exposent aux yeux de tous les suggestions et les observatinns des commissaires. Loin de moi la pensée de m'en plaindre. Quelle ne doit pas être l'honorabilité et la dignité des nombreux instituteurs auxuels on ne peut signaler que des erreurs de détails. Et puis, n'y a-t-il pas derrière eux, tout un personnel enseignant qui peut profiter daus le calme d'un asile jamais viclé, des conseils et des avis que leurs collègues de l’enseignement séculier reçoivent publiquement ?

Un évènement qui a fait époque dans l'histoire de l'École normale Jacques-Cartier, c'est l'établissement et l'organisation de l'École normale des élèves-maîtress:s, il y a huit ans. Les efforts Au secrétaire de la province, l'honorable Robidoux, agissant au nom du &ouvernement, ont été couronnés de succès. Mgr l'archevêque de Montréal a bien voulu désigner pour la direction de cette œuvre importante, les Sœurs de la Congrégation, lesquelles méritaient cette haute marque de confiance par le caractère national de leur institut, par leurs

traditions pédagogiques et par leur succès dans l'enseignement, 229 diplômées sont sorties de cette école normale d'institutrices ; 184 ont enseigné et 140 enseignent encore.

A l'École normale des instituieurs, après 50 ans, nous avons les étuts de services suivants : sans compter la première année, 1,503 élèves ont été admis à suivre les cours, 604 ont été diplômés (407) ; 375 des élèves diplômés ont enseigné (62.27) ;

- à ce nombre il faut ajouter 40 élèves qui, après avoir pris leur

formation à l’École normale, ont été diplômés aux bureaux des examinateurs et ont enseigné ; sur 375 professeurs, 167 ont persévéré ou persévèrent encore dans l’enseignement (44.5). Chaque diplômé a donné en moyenne 11.7 aunées à l'enseigaement.

On sait qu’un article de la loi des écoles normales exige un service de trois ans dans les écoles de la province, Or, depuis 1857, le gouvernement, qui. uvait exiger 1,802 années d’enseignement en a reçu 4,392 : il ne faut pas oublier que les carrières pédagogiques ne sont pas finies et que 109 anciens élèves enseignent encore. Pouvait-on vraiment attendre davantage d'une école normale prinaire chargée de donner une instruction longue et pénible à des jeunes gens, auxquels elle ne peut promettre qu’une situation plus ou moins avantageuse. De grâce, qu'on veuille bien se souvenir des conditions spéciales de notr* enseignement primaire quand on parlera des résultats obtenu par notre École normale. D'ailleurs, il ya. autre chose que des chiffres à signaler dans l’œuvre qui nous occupe en ce momeut. Le degré d'utilité d’un citoyen ne se mesure pas toujours aux seuls trésors qu'il accumule. Or, qui pourra faire la somme des actes de dévouement, des sacrifices, des exemples C: vertu et de fidélité au devoir,

dont nos humbles professeurs laïques se sont rendus coutumiers. Qui comptera les milliers d'entants dont l'intelligence à été éclairée et les jeunes cœurs réchautfés par les normaliens. Que de noms reviennent sur nos lèvres en ce moment, noms ignorés peut-être du grand public, mais qui méritent ici un solennel tribut de reconnaissance, les Archambault, les Corbeil, les Demers, les Guérin, les Dupuis, les Martin, les Monette, les Brennan, les Nautel, et tant d'autres.

La Patrie leur rend à tous aujourd'hui un hommege égal, comme hier, elle consacrait à la gloire commune de nos ancétres, un souvenir d'admiration et de reconnaissance, L'Église se joint à elle pour honorer tous ces hommes modestes et bons, qui ont reçu des bras de leurs mères les jeunes gens qui sont la fleu. de Ja nation, et les ont préparés à leurs devoirs de demain, Car ce n’est pas dans les rangs de nos anciens élèves que l'on trouvera des traîtres à la Patrie et à l'Église. Parmi les morts, aueun des anciens élèves n'a quitté le giron de l'Église, et parmi les vivants, tous font leur Pâques, s'ils ne sont pas fidèles à la réception mensuelle des sacrements. L'Église comme la Patrie a toujours vu dans notre institution un élément de vie, une source féconde de bien, une œuvre qu'elle n’a cessé d'encourager et de bénir.

Aussi serez-vous heureux d'entendre ce que disaient les évêques de notre province de 1894 : “ C’est pour nous un devoir et un bonheur de reconnaître les éminents services que rendent à nos populations des villes et des campagnes même les plus reculées, tant d'institutrices et d'instituteurs laïques vraiment catholiques, qui se dévouent à l'instruction des enfants avec. un zèle et une habileté dignes des plus grands éloges. Nous formons des vœux ardents pour que leurs travaux, à la fois si pénibles et si méritoires, soient mieux

menage une nue

de l'Instruction publique, exerce un droit de contrôle et de

228 LES FÊTES JUBILAÏRES

ne ane - ne

appréciés de tout le monde et plus généreusement rémunérés à l'avenir ”.

Le même esprit de fidélité anime encore notre institution, la même âme la soutient. C'est de la doctrine catholique qu'elle s'inspire, c'est d'elle qu'elle a toujou.s attendu sa direction. Et quand notre École normale demande de faire: une petite plac® à ses enfants à côté des congrégations enseignantes de notre région, on sait qu'elle ne réclame qu'une mission de sacrifices et d'abnégation.

Le jubilé d'or qui réunit pour un jour les branches du grand arbre de notre institution, imprimers à notre œuvre modeste un élan nouveau. Vous aimerdz, chers normaliens, votre Alma Mater d'un amour plus vif encore que par le passé, car vous la connaissez mieux, us goutez davantage les fruits d'une union ferme, vous sen ;: mieux le besoin d'une fraternité franche et désintéressée. Vous aimerez surtout les jeunes âmes qui seront confiées à votre esprit ot à votre cœur ; vous les entourerez d’une sollicitude de chaque jour, vous souvenant sans cesse que Ja Religion et la Patrie bénissent votre œuvre et vous conservent leur reconnaissance. Et vous continuerez ainsi de réaliser la belle devise de votre Alma Mater : “ Rendre le peuple meilleur ”.

L'hon. Boucher de La Bruère, en sa qualité de surintendant

surveillance officielle sur les écoles normales Sa grande compétence en éducation et sa parfaite dignité de vie ne pouvaient manquer de donner à sa parole, et en faveur de notre chère institution, l'autorité d'un témoignage et la valeur d’une approbation pour l'œuvre qu'elle aecomplit.

Page 1