‹ Les écoles normales primaires de la province de Québec et leurs œuvres complémentaires [microforme]Chapitre 3 sur 53 · SÉRIE LE SET IRAN TÉEETSNUIES · texte numérisé non relu

SÉRIE LE SET IRAN TÉEETSNUIES

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en 1685, par saint Jean-Baptiste de La Salle, L'Allemagne s'empara vite de cette idée féconde en faveur de ses instituteurs, et elle organisait, en:1698, par les soins de Frédéric 15: duc de Saxe-Gotha, la première école normale laïque, appelée galement du nom de séminaire. Dix instituteurs choisis parmi les plus recommandables, réunissaient, chacun dans leur maison, les jeunes gens qui se destinaient à l’enseignement élémentaire, et les faisaient étudier sous leur direction, Ce séminaire n’eut qu’une durée éphémère, et il faut attendre la première moitié du XIXe siècle pour voir les progrès défnilifs d’une institution que nous regardons de nos jours comme indispensable. Bientôt toutes les nations de l'Europe occiden-

tale voulurent avoir leurs écoles normales primaires, et après

les grandes commotions de l'époque révolutionnaire et des guerres napoléoniennes, de nombreuses fondations donnèrent à l'enseignement, des maîtres habiles en pédagogie, mais trop souvent imbus des idées subversives ou antireligieuses. La France ouvrait sa première école normale en 1810, et, en 1833, elle en comptait déjà plus de trente. L'Angleterre qui, avant le XIXe siècle, ne s'était jamais officiellement intéressée à la grande cause de l'instruction populaire, entra bientôt dans le nouveau m: 1vement. L'Amérique suivit l’exempie de l'Europe, et, en 1839, l'Etat de Massachusetts était peu à peu amené à ouvrir des séminaires pour la préparation pédagogique de ses instituteurs. Le Connecticut et le Michigan (1850),

le New-York, la Pennsylvanie, le New Jersey, etc. (13 écoles

normales pour 8 Etats en 1857), affectent une part des deniers publics à la fondation et à l'entretien de cette œuvre éminemment utile. È . Aussi longtemps que l'éducation populaire limita son programme à l’enseignement du catéchisme, de la lecture, de

l'écriture e. des premières notions du calcul, on ne songea pas,

dans notre pays, à l'établissement des écoles normales. Les instituteurs et les institutrices primaires se recrutaient parmi les anciens élèves des séminaires, des congrégations religieuses et de quelques écoles supérieures. On ne pensait pas qu'un enseignement spécial professionnel, püût simplifier et rendre plus fructueuse la tâche difficile du maître d'école. D'ailleurs, les lenteurs de la colonisation dans Ja Nouvelle France, et plus tard, les méfiances d’un pouvoir ombragenx, laissaient à peine assez de ressources et de liberté Pour que le développement de l'enseignement secondaire répondit aux besoins du pays. Les petites écoles toutefois, reçurent de tout temps, leur part d'attention et de soins, plus rarement des pouvoirs publics, mais d’une manière constante des congrégations religieuses et du dévouement de sincères amis de l'éducation.

Plusieurs de ces écoles s’ouvrirent dans beaucoup de nos paroisses les plus populeuses, et dans nos villes. Mais, en 1824, sous la poussée des évènements politiques et du développement écono. mique du pays, loligarchie anglaise accorda un commencement de liberté d'enseignement que nos pères ne devaient pas tarder à utiliser, Sous la protection de lois scolaires encore incomplètes, mais qui faisaient brèche au vieux système d’exclusivisme, les écoles populaires surgirent sur tous les points du Bas-Canada, C'est alors que le docteur Labrie ouvrait à Saint- Eustache, ce qu'on pourrait appeler notre première école normale primaire. Mais les luttes politiques, ardentes surtout dans cette partie du Pays, stérilisent son heureuse initiative. Devançant de dix ans la législature du Haut-Canada, le gounement bàs-canadien édicte, en 1836, la première loi établis: sant des écoles normales nationales. Une seconde fois, la politique intervient Pour anéantir l'œuvre, d'ailleurs bien imparfaite, élaboré à Montréal par Jacques Viger et l'abbé . Holmes. II faudra attendre vingt ans avant que des établisse.

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ments pédagogiques deviennent possibles et aient chance de donner des résultats durables.

Pendant ce temps, les progrès rapides des lettres canadiennes *

altestent que la liberté n'est pas moins féconde sur les bord du Saint-Laurent que dans les provinces voisines, En présence des travaux d’une génération vigoureuse et intelligente, la légende de l’inaptitude de nos pères à tout genre d'instruction s’évanouit peu à peu, et on commence à respecter les droits et à admirer l’activité forte des vaincus de 1760. Papineau, Lafontaine et Cartier ont fait l'éducation politique des colons anglais et des Loyalstes américains, qui s'étaient jetés sur le Canada comme sur une proie. Garneau et la brillante pléiade de nos écrivains de 1850, nous avaient révélés à nous-mêmes. Une fierté nationale sans arrogance, mais aussi sans faiblesse, avait peu à peu fait place à la timide réserve des lendemain de la Cession. Les Perreault, les Cazeau, les Meilleur, les Labrie, les Holmes, les Viger, les Chauveau, les Verreau consacrent leur vie à la multiplication des moyens d'instruction à tous les degrés, et, comptant presque uniquement encore sur les trésors du dévoue. nent des humbles instituteurs ruraux, ils rendent agréable aux enfants du peuple le chemin de l’école. Ce qu’il leur a fallu de

travail, de promesses, d'appels réitérés, pour être partiellement

entendus du peuple des Campagnes, ceux-là seuls le savent qui sont encore aux prises avec les restes de méfiance à l'égard de l'instruction populaire, Mieux compris dans les villes, nos éducateurs se sont cependant heurtés à de graves difficultés. Enfin, en 1856, l'institution normaliste se fonde sur des bases solides. Des bommes d’une grande valeur morale et intellectuelle et dun patriotisme éclairé lui assurent, dès le début, l'estime et la confiance des pouvoirs civils et religieux. Mais c'est le partage de toutes les œuvres utiles de compter, souvent même parmi les esprits les mieux intentionnés, des censeurs ou

des contradicteurs. Les écoles no n'ont pas été à l'abri des critiqu d'accomplir leur mission,

1907, a montré qu'elles Vaillants défenseurs.

recrutement des mat

les différentes ten

l'initiative privée

voilà ce que je me

Chapitres qui servent d'i

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