CHAPITRE PREMIER
Le recrutement du personnel de l'enseignement Primaire, de 1608 à 1836
Le missionnaire en Canada : il est l’apôtre et l'instituteur des aburigènes, — L'éducation des filles est confiée à des congrégations religieuses, — Une sorte d'école normale d’institutrices à Montréa}, (1684), — Les écoles de Sarçons sont plutôt paroissiales, — Les Jésuites, les Sulpiciens, les Récollets, maîtres d'école. — L'institut Charon et le recrutement des instituteurs à Montréal, — La Cession, (1763) et ses conséquences pour l'éducation populaire, — On peut constater l'existence d’nn nombre important d'écoles, = Euquête sur l’ins. truction publique, (1787). — L'Institution Royale (1801), essaie d’anglifier le Paÿs.par l’école. — Son échec. — Mgr Plessis, les sociétés d’éducation et la fondation des collèges classiques, — La loi de 1824, celle de 1829, — Les écoles se multiplient rapidement, (environ 1600 en 1835). — Deux éducateurs remarquables : le docteur Labrie et M. J.-F. Perreault.
Tous les grands navigateurs du XVIe et du XVIIe siècle rent chrétiens. La croix, surmontée des armes d8 la nation, marquait le plus souvent la prise de possession des prys décou-
verts, Tes souverains et leurs sujets avaient une même pensée en projetant l'établissement des colonies transocéaniques : C'était d'agrandir le domaine de la patrie, et d'étendre le royaume du christianisme. Presque toutes les commissions des | explorateurs qui n'ont pes un but purement mercanüile, témoignent de la noble ambition de répandre la civilisation chrétienne au milieu des peuples américains. Rien d'étonnant done qu'à côté du découvreur et de l'explorateur, on trouve le missionnaire, ce conquérant pacifique des temps modernes, Quand le colon se substitue à l'explorateur, le missionnaire s'arrête aussi, et il &roupe autour de sa modeste église, «ymbole des suprêmes espérances, les premiers habitants de la nouvelle colonie. Voilà le commencement de toutes les grandes nationalités qui ont su se faire une place au soleil du Nouveau- Monde, :
Au nord comme au sud, le missionnaire, en Amérique, a reçu une Jouble mission, l’une d'évangélisation chrétienne aüprès des Indiens, l’autre de conservation religieuse et morale, auprès des colons venus d'Europe. Il n'est pas d'historien qui n'ait rendu un hommage d’admiration aux premiers évangélisateurs de la race rouge. Tous ont loué leur abnégation, leur esprit d'apostolat, leur zèle infatigable et leur héroïsme modeste. Qui ne connait, en Canada, les noms des plus célèbres Récollets et Jésuites ? Depuis les rivages de l'Atlantique jusqu'au pied des montagnes Rocheuses, les solitudes canadiennes ont entendu leurs chants pieux, et des peuplades entières leur doivent les bienfaits du christianisme. Les Abénaquis et les Hurons, les premiers, ont accueilli les paroles de paix, ot c'est là d’abord qu’il faudrait étudier le double caractère de l'œuvre des missionnaires : dans leurs
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missions, l'instruction et la religion se sont toujours donné la main. On sait quelle a été la fidélité des Indiens à l'Église et à la France. l
instituteur et son apôtre daos la personne du Père Le Caron qui, en 1618, profite de la trait, d'hiver nonx inst ruire les bar- Lares enfants du Saguenay. Onze ans plus tard, les indigèr voyaient avec douleur s'éloigner les pères de la prière ”, Jésuites et Récollets, qui leur avaient enseigné la parole du Grand-Esprit et la langue de la Frar Le traité de Saintn-en-Laye ouvre de nouves - #pace du Saint- Laurent su zèle des missionnaires, L jésuites reviennent dès 1632, les Récollets, en 1670.
L'instruction se répand parmi les tribus les plus éloignées de l'Ouest, portée sur les ailes du christianisme. Des écoles
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L'instruction, chez les aborigènes américains, ne réussit que dans la mesure même du progrès de leur évangélisa. tion. Certes, si un zèle ardent servi par un esprit de foi qui allait jusqu'au martyre, avait suffi pour élever jusqu'au niveau intellectuel du Français, l'âme fruste de l'i ndigène de l'Amérique, nos missionnaires auraient transformé en quelques années les nations du Canada. Mais tout entier à l'observation matérielle des choses de la vie, l’aborigène canadien ne put
jamais atteindre à ces idées abstraites qui font la supériorité de la race blanche. Aussi, les missionnaires ne se faisaient pas illusion sur le résultat de leurs efforts, Les Peaux-Rouges se montrent réfractaires à toute idée de francisation, et si le nombre des coaversions donne aux Jésuites de nouvelles espérances, ce n'est pas sur le passé qu'ils s'appuient pour entreprendre, après la dispersion des Hurons, l'évangélisation de leurs pires ennemis les indomptables Iroquois. Le zèle du sut des âmes leur fait seul mépriser leurs incertitudes sur l'utilité générale de leur œuvre. Comme Champlain, ils estiment que la conquête d'une âme vaut mieux que la conquête d'un: empire, et cela suffit à leur charité évangélique.
Toutefois, ils modifient peu à peu leur plan d'action, et pour perpétuer leur œuvre de ci vilisation, ils réunissent en bourgades les nouveaux chrétiens qu'ils mettent sous la protection des armes françaises. Ils font de ces fiers enfants des bois, les égaux des colons européens, et ils leur distri buent avec la même ardeur le pain de l'intelligence et les enseignements de la morale évangélique. De pieux laïques, dont l’histoire a recueilli les noms, se sont faits les auxiliaires des missionnairesdans cetteœuvre dificile. La jeune et noble épouse de M. de Champlain, arrivée
au pays en 1620, apprit l'algonquin avec une telle perfection,
qu'elle put instruire dans leur Propre langue les enfants des indigènes. |
Devant les progrès de 1a colonisation étrangère, les Sauvages, Pour vivre comme race distincte, avaient à choisir entre deux alternatives : reculer Jusque dans les déserts de l'ouest, ou s'assimiler les coutumes et les avantages de Ja vie européenne. Ils
unique, trop près de la nature pour éviter les ruses politiques, ils maintinrent en face des envahisseurs, l'indépendance qui
Pendant que des guerres d'extermination décidaient du sort des aborigènes, la Nouvelle. France grandissait sur les rives
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l'instruction élémentaire dans les
laient tous les fruits. A quelles mains plus habiles et plus dévouées pouvait-on confier ces jernes générations, l'espoir de i, le clergé, aidé des missionnaila colonie, se chargea-t-il. de la ‘entretenir le peuple dans sa foi religieuse.
Avec le grand Mouvement de colonisation qui va de 1663 à 1680, la population française avait plus que doublé sur les rives du Saint-Laurent. Montréal, Québee et Trois-Rivières Prenaient une importance que devaient encore accroître le déve-
loppement du commerce et de l’industrie, ainsi que la découverte des terres lointaines de ]
et, comme dans la France du XVIIe siècle, l'instruction donnée aux fils des colons.
bec et des Trois-Rivières, astreintes à 1
elle dépassa parfois Les Ursulines de Qué-
a clôture monastique, se chargèrent plus volontiers de l'éducation supérieure des filles et, jusqu’en 1853, 16,000 enfan cédé dans leurs classes,
Les Religieuses de la Congrégation de Montréal, plus rap-
ement estimées, répandent
ts au moins, se sont suc-
prochées du peuple et si universel
tions modèles, qui dans nos villes et nos campagnes ont préparé à la dure existence du XVIIe et du XVIIIe siècle, les admirables mères de familles dont l'honneur, le courage et l'héroisme jettent un si pur éclat sur les origines de notre nationalité,
Nous pouvons signaler le premier essai de recrutement régulier d’institutrices laïques pour les petites écoles. C’est
colonie, où elles font le catéchisme aux enfants et des conférences très utiles aux autres Personnes de leur sexe, qui sont plus avancées en âge”. Un service en attire un autre. L'évé.
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