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que de Québec, ce zélé Promoteur de l'instruction populaire, exprime, dans un mandement, le désir “ que chaque paroisse ait une maison de cet institnt pour l'éducation des filles ”, il offre même de contribuer aux frais des constructions. C'était continuer les traditions léguées par Mgr de Laval dont la sollicitude pour la bonne éduçation des enfants apparait si souvent dans ses lettres épiscopales.
Nal doute que les autres congrégations religieuses du pays: et,en particulier, les Ursulines, aient déjà formé, à cette époque, un certain nombre de maîtresses d'école pour les classes enfantines des campagnes, Grâce surtout à la libéralité volontaire du peuple, l'éducation des filles semble avoir reçu, pendant toute la domination française, une attention qui pouvait paraître exagérée. Fränquet, l'ingénieur royal chargé, en 1752, de l'inspection des forts français, reflète peut-être l'opinion d’une partie de Ja population de Montréal, quand il parle des religieuses enseignantes et de leurs élèves Qu'on veuille bien se souvenir que le nombre des paroisses ne dépassait pas alors la centaine. “ Les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, dit-il, sont au nombre de 80, dont 30 à la ville et les autres répandues dans les Campagnes. Leur utilité semble être déraontrée, mais le mal qui en résulte est comme un poison lent qui tend à dépeupler les Campagnes, d'autant qu'une fille instruite fait la demoiselle, qu'elle est manièrée, qu'elle veut prendre un établissement à la ville, qu’il lui faut un négociant et qu'elle regarde au dessous d'elle, l'état dans lequel elle est née. Mon avis serait de ne souffrir aucun établissement nouveau de ce genre et même, s'il. est possible, de faire tomber ceux qui subsistent (!) afin d'obliger les enfants à se contanter de l'instruction de leur curé pour la roligion, et de ne pren-
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dre aucuns Principes qui les détournent du travail de leur père ”. La franchise un peu brutale de ce soldat qui ne voyait d'utilité que dans les fortifications du pays et la culture du sol, équivaut assurément au plus bel éloge en faveur de l'instruction populaire d'alors. .
Nous voudrions Pouvoir en dire autant de l'instruction des Barçons. L'état incertain du pays, de 1608 à 1701, au moins, constitue la véritable cause de la rareté des écoles, et ne crai- &nons pas de le dire, il était impossible alors d'accorder plus d'attention à la question scolaire. D'ailleurs, si l'on examine
ment élémentaire des 8arçons ait été entièrement négligé même aux époques les plus sombres de notre histoire.
Il ne faut pas oublier que la plupart des colons venus en Nouvelle-France an X VIe siècle, savaient lire et écrire. Puis à mesure que les paroisses s'organisent et que les villes se peuplent, l'instruction telle que l'entendait alors le peuple, se répandit, grâce à l'initiative du clergé, des pédagogues volontaires et des Couvents. Les Acadiens eux-mêmes n’en furent Jamais totalement dépourvus. Mais il faudrait avoir l'étonne-
continuelles ; l’une contre les farouches Indiens qui, pcndant un siècle, tiennent la Population clairsemée sous le coup d'alarmes perpétuelles ; l'autre, contre les colonies anglaises dont les nombreuses armées mettent plus d'une fois en péril
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l'indépendance de la Nouvelle-France. Les dépenses de ces guerres meurtrières qui décimaient notre plus vaillante jeunesse, absorbaient toutes les ressources de la colonie ét du ministère de la marine française, et personne n'aurait osé demander la moindre ‘subvention ou surcharge d'impôts en faveur de l'instruction. Les colons, avait dit Colbert, ne doivent pas compter sur la mère-patrie pour la fondation et l'entretien de leurs écoles.
Cependant, des travaux récents nous permettent de déter- “ainer approximativement le nombre et l'importance des ptites écoles pour garçons, dans les villes et les paroisses du Saint-Laurent. Dès la fin du XVIIe siècle, on en compte jusqu’à dix dans la seule régicu de Québec, trois ou quatre dans la ville, les autres à Saint-Joachim, à Château- Richer, à la Pointe de Lévis, à l'Ile d'Orléans, à Sainte- Foye, à Sillery, ete.
Mgr de Saint-Valier, dès son arrivée à Québec, entrevoit la possibilité, et il s'en ouvre au ministre, de pourvoir régulièrement les paroisses “ de maîtres d'écoles du pays pour éviter l'embarras et la dépense de les envoyer de France ”. L'école latine et industrielle de Saint-Joachim reçoit de l'abbé Soumande, en 1701, un don de 8,000 livres « pour fonder. un maître et engager le séminaire à faire instruire les trois élèves (boursiers) fondés en 1693, dans un commencement d'humanités afin qu'ils devinssent propres à être maîtres d’école ”. Rien n'autorise à affirmer que ce don ait reçu sa destination primitive et que cette institution ait mérité le titre d'école normale dont on l’a pompeusement décorée.
L'instruction primaire que les J ésuites, l'évêque, le séminaire et quelques particuliers se chargenient de donner à la jeunesse
de Québec, les Sulpiciens la distribuent aux enfants de Montréal. L'abbé de Belmont enseigne, en 1664, Jes fils des Français de cette ville et les petits Sauvages de la Montagne. On sait que M. Souart, qui fut supérieur à Montréal de 1661 à 1668, et qui ouvrit jes premières classes primaires de cette ville aimait à se donner le titre de « pre-aier maître d’école de ce pays ”. Les écoles de garçons, —il y en avait au moins trois en 1796 — restèrent pendant plus de 150 ans à la charge du séminaire qui les dirigea avec autant de zèle que de succès, L'instruction populaire fat plus lenie à se répandre dans les cathpagnes. Les villages y étaient rares, les habitations dispersées souvent sur de grandes étendues. Toutefois l'Institut Charon qui tenait un hôpital à Montréal depuis 1694 au moins, et qui faisait l'éducation des orphelins confiés à ses soins, élargit les cadres de son œuvre eb ouvrit vers 1715, une école de garçons à la Pointe-aux-Trembles, près Montréal. Los frères Charon s’aperçurent vite que les paroisses des deux rives du Saint-Laurent saisiraient avec empressement j'occasion de donner une éducation convenable à la jeunesse. Ils conçurent le dessein de former des maîtres d'école spécialement destinés aux villages les plus populeux. Après bien des pourparlers, le roi accorda une rente annuelle de 3,600 livres (environ $1,800.) destinées à l'entretien d’un certain nombre de maîtres d'école qui seraient envoyés ensuite dans les
paroisses de la Campagne. C'était une forte somme pour
l'époque et qui pouvait subvenir aux dépenses de vingt instituteurs au moins. N'oublions Pas, en effet, que les déclarations royales du 13 décembre 1698 et du 14 mai 1724, ne prescrivaient que des allocations de 150 livres aux maîtres, et de 100 livres aux maîtresses d'école enseignant en France.
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