‹ Les écoles primaires et l'enseignement obligatoire [microforme]Chapitre 2 sur 4 · PES · texte numérisé non relu

PES

tout le monde se ; , C’est que la fréquentation scolaire tléchit d’une manière déplorable chez les enfants ; -# ont de 11 à 14 ans parce que plus 1 CET. e la moitié d'entre eux ne poursuivent pas leurs études au delà de la quatrième année.

Monsieur C. J. Magnan, inspecteur général des écoles catholiques, dans uh discours qu’il prononçait au Congrès de la Langue française, en 1912, à Québec, constatait ce fait regrettable. Il donnait pour l'exercice scolaire 1910-1911, les chiffres suivants, et il disait que le nombre des élèves qui abandonnent la classe après la quatrième année est trop considérable:

Elèves en 1ère année. PE: 4 Elèves en 2ème année, , . . ‘ , Elèves en 3ème année. . ... 45 Elèves en 4ème année, “4,162 La cinquième année, qui conprend la première année du cours intermédiaire n’indi- QUAI AUS TS ne so 14,414 et la sixième année. . . 7,436 Elèves cn septième . . . .. 2,913 Elèves en huitième . . . . . 1,618

La statistique pour l’année scolaire 1915-1916 donnait les mêmes résultats:

Pour la première année... 155,378 soit 38.3%

Deuxième année, 97,947 ‘“ 2492, Troisième année. 75,241 “ 18.6% Quatrième année 44,045 “ 10.8% Cinquième année 17,468 “ 4,3% Sixième année . 8,972 “ 992% Septième année . 4,180 ‘“ 1.0% Huitième année. 2,117 % 065&

le nombre de ceux qui désertent l’école dès après la troisième année est déjà excessif et alarmant ?

Chez les protestants le fléchisse-

Est-ce ‘qu’il n’est pas évident “ ment après la quatrième année :

de l'instruction reçue et pour désirer mettre à profit les connaissances rudimentaires qu’ils ont acquises; | s’ils se livrent ensuite à des travaux | manuels, plusieurs d’entre eux re- |

de celui que la désertion de nos écoles est la même à la campagne qu’à la ville,

tombent dans la catégorie des illettrés avant d'avoir vingt ens.

Le docteur Parmalee, secrétaire de la section protestante du Conseil de l’Instruction publique, s'accorde sur ce point avec M M ; nan: les enfants sont retirés trop tot des écoles.

M. l'abbé Perrier, alors visiteur des écoles, £.gnalait ce mal dès 1909.

Après avoir donné la statistique de la fréquentation scolaire, dans l’une des écoles sous son contrôle, il disait :

“Ainsi qu'on peut le constater par les chiffres ci-dessus, les enfants quittent l'école bearcoup trop tôt.

Ces données prouvent que la plupart des 2nfants désertent les bancs de l’école avant la quatrième année.

C'est navrant. Il est pénible de constater combien est encore grand le nombre des parents qui semblent méconnaître les bienfaits de l’éducation.”

Dans un discours aue nrononceait M. l'abbé Dupuis, l’un des visiteurs de l’assoc'ation des commissions scolaires de Montréal, au congrès de l'association des commissions scolaires, en 1215, je retrouve la même constatation : “J'ai supplié, dit-il, les élèves de troisième de zevenir l’année suivante en quatrième, ceux de

| quatrième, de revenir en cinquième

et ainsi de suite. Il faut sc mettre aux genoux des enfants et bien souvent des parents, pour obtenir ce résultat, comme si l'instruction n’était pas le plus riche capital et le plus précieux héritage.”

M. l’abbé Maurice, visiteur des écoles du district Est de Montréal, now dunne dans son rapport de janvier 1918 la classification suivante des enfants fréquentant les classes dans son district, laquelle est à peu près celle qu’indique M. l’abbé Perrier:

un peu moins accentué, mais il est| En 1ère année. 39 % encore considérable. ” 2ème ?” 25.6%

Ces chiffres officiels indiquent| ” 3ème ” 17.4% clairement que plus de 50 p.c. des] ” 4ème ” 11.2% élèves cessent de fréquenter l’école| ” 5ème ” 3.6% après la quatrième année, à l’âge de ” 6ème ” 19% 11 ou 12 ans, alors que l’intelligencel ” 7ème ” ‘0.8% de l’enfant s’est développée et qu'ill ” 8ème ” ... 0.5% pourait bénéficier dans une plus large| Ces chiffres sont intéressants car mesure de l’enseignement qui est àlils démontrent la même défaillance sa portée. Ces enfants quittent l’école ! dans l’ensemble de la province. Il suftrop tôt pour être en état de jouir|fit en effet de rapprocher ce tableau

qui le précède pour constater

Monsieur l’abbé Dubois, visiteur des

écoles, disait égalemnt ces jours-ci

ue

qu’un trop grand nombre d'enfants quittent l'école sans avoir acquis une instruction prinaire suffisante et il exprimait cet avis très judicieux: ai est question de remanier le programme. Je doute fort toutefois que ceux ui sont chargés de ce travail puissent Jouer satisfaction. En effet,avec une fréquentation incertaine de l’école primaire, on aura la préoccupation de mettre un petit peu de tout dans le programme des premières années, noyant pent-être les matières essentielles dans les matières secondaires.

Il serait beaucoup plus facile de confectionner in programme plus sensé si on pouvait compter sur six ou sept années de fréquentation à l’école primaire. Alors, on éviterait l’erreur de vouloir faire comprendre à des petites têtes de neuf ou dix ans des questions de géographie, d’histoire sainte et d'histoire du Canada ainsi qu’un texte de cathéchisme. Ces n:atières pourraient être enseignées avec plus de profit une fois que l’enfant aurait ac-

quis un certain développement intel-!

lectuel.”

Tous nos grands quotidiens, le “Canada”, le “Devoir”, la “Presse”, la “Patrie”, ont récemment fait

entendre la même plainte ct ont!

instamment prié les parents de donner une instruction suffisante à leursy-enfants. Chaque année, au moment de l’ouverture des classes, dans toutes les églises de la province, les curés rappellent aux parents leur devoir en leur disant l'obligation morale qu’ils ont d'envoyer leurs enfants à l'école. Dans notre province, tout le monde s'accorde sur la nécessité impérieuse de donner à enfant une instruction qui fera de lui un homme utile pour sa famille et pour la société.

Tout le monde s’accurde aussi à déplorer le fait d’une trop forte pro-

portion d'enfants n’acquiert pas la!

somme nécessaire de connaissances. La

plupart des associations ouvrières de- :

mandent ‘epuis longtemps aux autorités d'intervenir.

A cet état de choses v’a-t-il un remède ? La prédicgtion dans la chaire et la prédication laique.ne semblent

as avoir porté des fruits abondants.

Les enfants désertent encore l’école à l’âge le plus fécond, insuffisamment

réparés. Les cultivateurs retirent leurs fils trop tôt de l’école afin de s'assurer leurs services sur la terre, A Montréal, les enfants des ouvriers, lorsqu'ils quittent l’école, après leur quatrième année, sont icapables de

suivre les cours des écoles techniques parce qu'ils n’ont pas une préparation suffisante. M. Macheras disait ces jours-ci dans la ‘“‘Presse”’ que les 2;0-

ammes de première année des Écoes techniques sont de plain-pied avec ceux des classes de 6ème, mais que d’après les statistiques déjà publi 119% seulement des enfants parviennent en classe de 6ème et beaucoup cessent leurs études pririaires avant ce | stage.

| Il ne faut pas non plus perdre de vue ce fait qu'une forte proportion des jeunes délinquants qui comparaissent devant nos tribunaux est composée d’illettrés.

La section pédagogique du Congrès de la Langue française, te: ue à Qué- | bec en 1912, dont M. l'abbé Perrier était le raporteur, constatait qu’un | grand nombre d'élèves cessait de fré- | quenter l’école après la 4ème année et | que cette scolarite écourtée avait pour ! cffet de nuire au progrès de l’ensei- | gnement de la langue française, Afin

| d'inciter les élèves à rester plus long- [temps à l’école, ce congrès suggérait de leur accorder de: certificats d’étu- après diverses périodes de scolarié,

La législature provinciale a déjà passé une loi prohibant l'emploi d’enfants âgés de moins de 14 ans dans les fabriques. On suggère maintenant : de modifier cette loi de manière à ce qu'aucun enfant ne puisse être employé nulle part s’il n’est pas porteur : d’un certificat établissant qu’il a suivi l'école jusqu’à l’âge de 14 ans. Une pareille législation aurait sans doute ! un certain effet bienfaisant, mais elle \présenterait aussi plusieurs inconvé- | nients, Elle priverait parfois un en- ; fant de tout emploi alors que ses pa- | rents, seuls, seraient en faute. D'autre | part, cette loi n’atteindrait aucunement les fils de cultivateurs, qui sont la majorité en cette province, et qui n’ont fas besoin de certificat d'études | pour retourner aux champs.

| N'y a-t-il pas un remède plus effi- | Cace que tous ceux qui ont été, jusqu’à | ce jour, essayés dans notre province ?

| Il y en a un, sans aucun doute, dont se | servent, à cette heure, presque tous les

peuples civilisés. Ce remède n’est pas : nouveau, Charlemagne s’en est servi let Louis XIV après lui, en France.

| C’est l'instruction obligatoire. Jusqu’à la fin du XVIllème siècle, plusieurs | états d'Europe avaient à l'instar de i Charlemagne et de Louis XIV, décrété que tout enfant d’âÂge scolaire, c’est-

ss —

à-dire de 7 à 14 ans, était tenu de fréps l'école ; mais souvent ces ornnances venaient avant leur heure et n'avaient aucun effet sérieux.

Avant d'ordonner aux enfants d'aller à l’école, il faut naturellement s’assurer qu’il y a des écoles partout et des instituteuis pou chacune de ces écoles ordonnances de Chsrlemagne et de Louis XIV devinrent bientôt lettre morte parce que ces conditions préalables et essentielles n'avaient été ni prévues ni réalisées, Il y avait, il est vrai,en France, en 1698,un très grand nombre d'écoles paroissiales, mais elles n'étaient pas à la portée d'au moins un tiers de la population rurale; et, bien que le clergé fût très zélé pour seconder les vues du Roi Soleil, ces ordonnances tombèrent en désuétude.

C'est en vain que les évêques, à plusieurs reprises, se plaigrirent au roi Fe l'obligation scolaire qu’il avait écrétée n'était pas appliquée d’une manière satisfaisante,

Avant d'imposer l'obligation scolaire, l’état doit done voir à ce qu’il y ait des écoles à la d'sposicion de toute la population. L'Angletsrre n'a voté l'obligation scolaire qu’en 1876, après avoir constaté qu’une école était partout à la portée des enfants. La France a fait de même en 1882. Aujourd’hui, à l'exception de la Russie, tous les Etats européens, catholiques comme protestants ont l'instruction oblipe Le dernier pays à l’adopter fut a Belgique qui, après avoir tenté quel-

ues demi-mesures, se rallia à une loi d'obligation au printemps de 1914. Et c'est un gouvernement appuyé exclusivement par le parti catholique de Belgique qui a fait adopter cette loi, Il est intéressant de noter que le ministre qui expliquait et défendait ce projet de loi disait que cette loi d’ob'igation avait pour seul objet de parer à l’irrégularité de la fréquentation scolaire et à l’écourtement de la période de scolarité, car les enfants en Belgique allaient généralement à l’école.

L'Amérique du Sud catholique, comme l’Amérique du Nord protestante, a unanimement adoLté le même remède | “gd gué r le mal dont nous souffrons 1 y a ns l’Amérique du Sud, huit républiques où le catholicisme est la religion officielle de j’état, qui toutes ont voté l'obligation scolaire. Ce sont:

le Pérou, l’Argentine, le Vénézuéla, l’Uruguay, le Paraguay, la Bolivie, l’Equateur et Costa-Rica. Au Canada sur les neuf provinces de la Confédération, il en est huit qui ont adopté l'obligation scolaire. Seule la province

de Québec, jusqu'à ce , s'est abstenue, et elle a cherché en vain d'autres remèdes que celui-là.

Aux quelques personnes qui font pars du Conseil de l’Instruction pu-

lique, avec lesquelles j'ai causé de cette question, je n’ai pas entendu formuler d’autre objection que l'inefficacité d’une semblable loi et la difficulté de son application, Avant de répondre à ces deux objections, je tiens à écarter des esprits les plus timorés la crainte formulée par un très prtit nombre de casuistes subtils qui se demandei.t encore si l'Etat a bien le droit de coerciser les parents en les mena- de certaines pénalités s'ils ne

onnent pas à leurs enfants un certain

minimum d'éducution. Il me suffira de leur affirmer que là où l’école n'existe pas. là où elle ne peut exister constitutionnellement, là où l'enfant a l'assurance de ne recevoir u’un enseignement conforme à sa religion, l'église catholique n'a formulé aucune doctrine ni même aucune réserve qui puisse gêner le eur dans l'adoption d’une loi d'obligation scolaire. Or la Province de Québec est dans ce cas. Lorsque la législature décrétera que les enfants de 7 à 14 ans sont tenus d'aller à l’école, el'a ne agp vouloir dire autre chose, de par a constitution qui r : "18 régit, que tout enfant catholique doit aller à l'école catholi. 1e et tout enfant protestant à l’école protestante. C'est pour ces mêmes raisons que les évêques qui entouraient Charlemagne et Louis XIV approuvèrent et appuyèrent les ordonnancez qui décrétaient des pénalités contre les parents qui n’envoyaient pas leurs enfants à l’école, De même Garcia Moreno, le grand chef catholique de la République de l’'Equateur, qui venait de faire proclamer la religion catholique, religion de l’état, faisait-il voter l'instruction primaire gratuite et obiigatoire, en 1871, aux acclamations unanimes du congrès et de la population catholiques.

En Beigique, la situation était bien autrement difficile. Là, l’école publi- - et neutre existe partout à rôté

e l’école paroissiale ou catholi ue.

Le parti catholique au Jouvoir ne se rallia à l’idée d’ane lo’ d'obligation qu'après avoir rédigé un texte de loi qui assurait aux parents catholiques 1e droit, pour leurs enfants, à la fréquentation des écoles catholiques, et qui les protégeait ainsi contre toute violence faite à leurs croyances.

Monseigneur Louis-Adolphe Paq dans son “Droit public

uet

e l'Eglise”

pose cette question et y répond ainsi: “L'Etat peut-il sans dépasser ses pouvoirs, fixer obligatoirement un minimum d'instruction, exiger, par exemple. que tous les enfants, soit sur les ancs de l’école, soit au sein de la famille, apprennent à lire, à. écrire, à compter, et se mettent ainsi en état de subir avec succès, d'après des données communes, un examen officiel fixé par la loi? Piusieurs écrivains, même catholiques le prétendent.

Et parmi eux, faut ranger, non seulement les partisans de l'enseignement par l'Etat, mais encore ceux qui se persuadent que, dans les conditions présentes de la soci.:é, il est impossible, sans instruction profane, de faire face aux nécessités de la vie et de cocpérer utilement à l’avancement nationa!. Voici en quels termes et sur quelles bases René Lavollée établit cette opirion : ‘Si le père, dit-il, est juge de la nourriture matérielle qu’il donne à son enfant, il ne peut cependant la res’reindre jusqu’à laisser celui-ci dépéri: et mourir de faim ; de même tout en ayant la haute main sur l’éducation intellectuelle de son enfant, tout en demeurant le meilleur appréciai.ur de l’étendue des connaissances qui peuvent et doivent Ini être données, il n’a pas le droit de le priver de tout enseignement; il ne saurait sevrer son esprit de l'aliment indispensable qui fera de l'enfant un homme; il ne doit pas le condamner à cette infériorité intellectuelle et morale, à ce rôle de paria, auquel se trouve voué, dans nos sociétés modernes, tout homme privé d'instruction primaire. Cette instruction peut donc être déclarée obligatoire, et le pouvant, elle doit l'être”.

L'auteur déclare ne pas partager ce sentiment. I] pense que l’Église seule peut imposer l'obligation pour l’instruction religieuse; mais il dit cependant que “si l’église le juge utile ou nécessaire pour l’éducation chrétienne de l'enfance et de la jeunesse, elle peut demander au pouvoir civil de l'aider dans -stte oeuvre capitale et d’ajouter nr "me aux ordonnances ecclésiastiques {a force comminatoire de ses sanctions.” Et il cite le P. Godts (Les droits en matière d'éducation) qui dit que l'Eglise peut forcer les parents chrétiens d’envover leurs enfants au catéchisme et même aux écoles, si elle trouve que, dans certaines circonstances l’école est le moyen unique ou au moins le plus apte à faire appren-

dre les doctrines nécessaires au salut éternel. Entore dans certains cas où l'Eglise trouvera que la fréquentation de= écoles est un moyen moralement nécessaire pour aue les enfants du a ge évitent les dangers qu'offrent

eur séjour habituel à la rue et la vie de vsgabondage, elle x ie droit de rendre la fréquentation des écoles obligatoire”,

11 est inutile de dire que je ne me | rallie pas à ces fines distinctions et |que ps reconnais à l’ensemble des pères de famille le drôit de dire, par leurs délégués au parlement, le minimum ’instruction que devront recevoir leurs enfants ainsi que leur droit d’édicter des pénalités contre les parents criminels, inconscients ou négligents qui refusent*à leurs enfants ce minimum d'inseruction, Les raisons données par le publiciste catholique René Lavollée que cite Monseigneur Paquet sont pour moi péremptoires.,

Les circonstances veulent que nous ne violenterons même pas les consciences les plus timorées puisque nous demanderons d’abord à la section catholique du Conseil de l'instruction publique, où se trouvent réunis tous Nos seigneurs les évêques, de prier la législature de vouloir bien donner une sanction à l'obligation morale que fait PEglise aux pères de familles d’envoyer leurs enfants à l’école pour y recevoir un enseignement nécessaire, religieux et profane.

Toute notre difficulté, dans la solution du problème que nous étudions, vient du fait que certaines personnes sont encore hypnotisées par trois mots qui, lorsqu'ils sunt réunis, forment une doctrine «qu’ils condamnent.

Ces trois mots sont: gratuité, obligation, neutralité. Ces personnes repoussent cette trilogie sans se rendre compte que c’est la neutralité seule qui fasse violence à ieurs principes:

La gratuité et l'obligation peuvent parfaitement s'adapter à un système d'écoles confessionnelles et catholiques ; et c’est pourquoi tous les pays catholiques, les uns après les autres, acceptent le principe de la gratuité et de l'obligation avec l’assentiment ex souvent la coopération des autorités religieuses. La confüson dans certains esprits est tellement évidente que le mot “gratuité” semble les choquer tout autant que le mot neutralité. Or nous avons décrété la gratuité pour les écoles de la viile de Mont-

nee er nenmer eme lenmemeemenmsee aÉnnanonERe

réal, et le changement est passé inarçu, tant il était anodin, De même "Etat dirait demain que tous les enfants de sept à quatorze ans doivent fréquenter l'école qu'aucun cataclysme ne s'ensuivrait, Il y aurait un peu moins de gamins dans les rues et un peu plus d'enfants à l’école, Là serait le seul changement immédiat, mais les avantages qu'en retirerait notre race seraient incalculables,

Il est indubitable que si nos élèves sont obligés de compléter leur sixième année, ils seront ensuite attirés en plus grand nomore vers nos écoles techniques et que de leurs rangs sortiront des ouvriers habiles et des chefs d'atelier qui, autrement, resteraient toute leur vie de simples manoeuvres, Que no ; de*cultivateurs s'instruisent davantage et ils seront alors en état de mieux comprendre les méthodes de culture intensive que la science agricole leur enseigne. Une meilleure instruction dirigée dans le sens de leur vocation leur donnera ie goût du travail de la terre et les sauvera de la hantise de la cité.

Je fis une conférence il y a trois ou quatre ans sur l'instruction obligatoire et je reçus d’un prêtre distingué, professeur de théologie à qui j'avais remis. mon plaidoyer, l’opinion suivante qui vient à l’appui de mon affirmation : “Je vous assurerai tout d’abord que je ne découvre dans la doctrine catholique ni dans les ir.térêts ’atholiques aucune raison de s'opposer à une loi décrétant l’ins-

truction rligatoire. Je crois que | bien

c'est notre intérêt de dissocier les deux idées : obligation et ense'gne-

ment neutre où enseignement d’Etat |

et de ne pas laisser aux partisans de la seconde le monopole des réclamations pour la première.”

Je dois sépéter ici que r’enseigne-

l'Amérique britann'que du Nord

établi un s, stème d'écoles séparées et confessionnelles à la demande des Anglo-protestants qui tiennent et tiendront toujours à garder le contrôle de leurs écoles. L'école publique ne pourrait remniacer l’école séparée qu’en vertu d’un amendement voté par le parlement de la Grande- Bretagne or, tant que l'instruction publique restera du domaine de la législature provinciale la minorité protestante verra à la conservation

de l’école séparée.

Les adversaires dé l'instruction obligatoire, à court d'arguments, rétent encore que cette loi est une vention de la Réforme et de l’esprit voltairien. La réponse à cette prétention est facile. M em n’a pas vu la Réforme et Louis XIV n’a pas subi l'influence de Voltaire.

Et puis Voltaire lui-meme, avec son ami La Chalôtais, qui fit expulser de France les Jésuites, était non seulement contre l'obligation scolaire, mais contre toute instruction, même primaire, aux classes populaires.

Mais pourquoi va-t-on chercher midi à quatorze heures et s'évertuer à trouver une pensée de derrière la tête aux avocats anciens et actuels de cette législation! Veut-on ou ne veut-on pas plus d'instruction chez le peuple? Si oui, n'est-il pas élémentaire de lui dire auel est le mini..um requis chez ses enfants? C'est le gros bon sens que Dieu nous a imparti qui dicte à tous les peuples ce raisonnement, Il nous faut ajouter que la résistsnce ue nous rencontrons dans l'adoption d’une loi d'obligation s’est fait jour aussi bien en pavs protestant qu’en pays catholique; mais toujours elle a dû céder devant la volonté opulaire, Dans plusieurs états de l'Union les arguments que nous entendons ici furent ressassés, Par deux fois, en

11891 et en 1893, le Gouverneur Patti-

son de Pensylvanie opposa son veto à cette loi parce qu’il la trouvait “monarchique, antiaméricaine et violatrice des droits des parents sur l'enfant”, On lui répondit qu'il reconnaissait à l'Etat le droit d'envoyer un jeune délinquant en pren ou à l’école de réforme; que l'Etat devait avoir en même temps le droit d'envoyer à l’école l'enfant d’un père vicieux ou déséquilibré afin Ge ne pas avoir à l’envoyer en prison plus tard. Et cette

L {loi fut promulguée en 1895.

ment neutre est hors de question dans

notre province aticrdu que l’Acte del

Il n’y a pas que les pères vicieux ou déséquilibrés contre lesquels il faille protéger les enfants. I1 y a aussi et surtout la plus grande catégorie des pères faibles qui n'ont pas l'énergie voulue pour imposer leur volonté à l'enfant qui décide à 11 ou 12 ans, et parfois plus tôt, de ne plus aller à l’école, Combien n’en rencontrons-nous pas de ces jeunes gens bien doués, débrouillards, qui sont de simples manoeuvres à 30 ans et qui vous disent leur regret de n’avoir pas été contraints par leurs parents de continuer à s’instruire, Et quels remords souvent

names à

n'attcignent pas les parents eux-mêémes! Demandez-leur, à ceux-là, pères et enfants, s'ils ne béniraient pas l'Etat de leur avoir pré : son assistance pour les guider et les affermir dans la voie du devoir.

Nous avons dit qu'en certain lieu on exprimait un doute sur la possibilité d'appliquer une loi d'obligation dans notre province et sur son efficacité Il faut admettre, dès l’aborc, que toutes les lois d’obligation,dans tous ls pays sont dans leurs termes d'une grande élasticité. Elles n’atteignent néralement pas les enfants qui su en dehors d’un certain rayon de sole, ni ceux-là qui reçoivent sous le vit paternel l'instruction voulue. Ils ne sont naturellement pas tenus de fréquenter l'unique école dans leur arrondissement si elle n’est pas de leur confessio L'enfant qui est malade peut res'e. chez lui et l’intempérie des saisons et les routes impraticables le dispensent d'aller à l’école. L'élève qui peut obtenir son certificat d'étude avant d’avoir atteint ses quatorze a1 est nécessairement libéré. Il en sera souvent ainsi pour les enfants diligents qui entrent à l’école à six ans et même à sept ans.

En Belgique, ies vacances et les jours de congés sont fixés, autant que possible, aux époques où c’est la coutume d'employer les enfants aux travaux des champs et certains élèves peuvent à cette fin, avoir des cong’ ne dépassant pas 36 jours pleins.

Une loi d'obligation ne peut s’appi quer exactement ni rigourcusement Îl ne faut pas oublier qu'il s’agit ‘’enfants qui doivent être tra:.:4 raternellement. Ce n'est qu’excer'innnellement que les ancrités sec rs ou municipales se :

voyer léurs enfants à l’école et \ a insistera sur le fait que c'est la loi,

Cette loi peut s'appliquer s bien des manièr s. Dans plusieurs pays, des inspecteurs sont chargés de voir à sa fidèle apylication. Ces inspecteurs font un recensement des enfunts d'âge srolaire ; ils se rendent compte périodiquement des absences trop prolongées des enfants ; ils en cherchent la cause et font les représentations requises aux parents négligents.

Dans un grand nombre de pays, on ne nomme aucun officier spécialement chargé de voir à l'exécution de la loi.

On laisse à l’insti : - ie devoir de rappeler aux pa + obligation et celui de fa;:: ‘tt mensuellement aux autori : * : noms des enfants qui ont été «usents durant un cextain nombre de jours.

J'ai étudié la procédure suivie en : France pour l’application de la loi { d'obligation votée en 1882. Dans les ! mairies que j’ai visitées, j'ai constaté que la méthode adoptée étuit uniformément la même: on se contentait le couvrir les murs de la municipalité de grandes affiches un mois avant la rentrée des classes, qui contenaient les termes de la loiet cii se tertai- |naient par un avis aux parents d’a- | voir à s’y conformer. On m'affirma, ‘u maints endroits, qu’on ne connaissait pas de municipal:é où des enquêtes fussent faites par des inspecteurs.

On laissait ce soin à la bonne volonté les instituteurs. On ne m'indiqua que la ville de Boulogne qui eût fait

lun véritable effort pour l'aplication

systématique et sérieuss de cet. joi:

Lors de mon dernier voyage en i France, j’eus l'avantage de causer

ituent au ère de | avec le maire de Boulogne, M. Adam,

famille et elles s'intervienrent que|le beau-frère de M. de Loynes, an-

lorsque la négligence des parents est flagrante.

Cette loi a surtout un effet moral.

Elle a pour but d’'influer sur les moeurs populaires et de faire pénétrer

dans l’esprit des pareats le sens de!

leur obligation envers leurs enfants.

JLentement peut-être, mais sûrement, la population acceptera ce principe que les enfants doivent être à l’école de sept à quatorze ans et elle s’y conformera généralement. Tous se diront et se répèteront: c’est la loi. Et quelle force nouvelle n’aura pas ac aise Monsieur le Curé lorsque, au moment de la rentrée des classes, il dira à ses paroissiens la nécessité pour eux d’en-

cien consul de France à Montréal. Il m'expliqua dans tous ses détails l’organisation qui ava:t été faite dans sa ville pour attirer à l’école tous les enfants d'âge scolaire et pour les y maintenir. Dans le recensement qui fut fait et dans l’étude des conditions de vie de chacune des familles, on découvrit des 1.isères réelles. Cette ville de Boulogne est un port de mer d’une certaine importance. Dans les faubourgs ouvriers et près des quais, on trouva plusieurs familles dont les enfants n'avaient jamais fréquenté l’école et qu’il fallut vêtir et chausser pour les riettre en état de se rendre à la classe, Si on se rendit

SE

compté des “nombreüses difficultés | L'Anigleterre adoptu sa loi d’obligaqui apparaissent a - l’éxécution sys- | tion scolaire : a La re tématique ‘de cette loi dans un cen-|tion moyenne des enfants ole tré-comme Boulogne, on.eût du moins| était alors de 2,000,000. Cinq ans la'satisfaction de recueillir des ren: | après, la présence moyenne avait douseignéments précieux pour l’amélio: | blé. Elle était de 4,000,000. ; ration du $ort de l’ouvrier et pour la Que notre conseil de l’Instruction meilleure protection de. l'enfance. publique fasse un relevé des enfants d'ateetn nn es di cie Si dMees menés de com dent LS loï d'obligation avait eu un effet| troisi . A see appréciable, plus spécialement dans | province et qu’il se fasse a les cités'et villes où s'exerce la sur-| même statistique officielle pour tous veillance des rues et ep une cer-|les Di A ont une noce are à taine mesure par tout le territoire, | et il n’hésitera pas un instant à debien ‘qu’elle n’eût pas été sérieuse-| mander à notre législature de NE ment appliquée. : cette loi, car il cor tatera qu'après la S'il est év'dent qu’une loi d’obliga- troisième année notre fréquentation a exactement et rigoureusement, est-ce Ion. J m eà dire qu’elle n’a pas sa raison d’être | vant moi les chiffres officiels de Quéa a réponse cette question estl N -Ecosse F re très simple. Demandons aux peuples| Bien qu’il n'y ait pas gr de es ee ne ou même depuis seulement un cer-|ces , Fa tain nombre Pr ra ce qu'ils en | dire dans les programmes d'étude, il pensent, Y en a-t-il un seul qui l’ait est clair que leurs enfants désertent rappelée ? Tout au contraire, la vis moins rapidement l’école. Re part des pays l’améliorent d'année en Les six années du cours élémenannée de manière à lui faire donner| taire dans Québec représentent apde meilleurs fruits. Plusieurs Etats! proximativement les huit années de

ont porté la limite d'âge de 14 à 16] cours des trois autres provinces qui

ans. Ne naît-il pas une violente pré-! ont l'obligation scolaire. L’Ontario somption en faveur de cette loi du| donne ses chiffres en quatre groupes fait que tous les parlements l’ont| de deux années chacun. La compaacceptée ? Il va sans dire que son|raison ne doit pas s'établir avec la effet est d'autant plus marqué qu’elle | première année qui comprend généraest systématiquement appliquée. Il|lement un cours ou une classe prépan’y a pas à démontrer des vérités|ratoire, mais Llutôt entre la seconde évidentes, année et les années subséquentes.

… Voici le tableau officiel pour ces quatre provinces :

lère année 2ème 3ème 4ème 5ème 6ème

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