‹ Les écoles primaires et l'enseignement obligatoire [microforme]Chapitre 3 sur 4 · QUEBEC · texte numérisé non relu

QUEBEC

ne lère et 2ème 3ème et 4ème 5ème et 6ème 7ème et 8ème CRT ARS 131,844— 72,892 102,972 100,023 90,050

NOUVELLE- A er 30,074 12,988 12,008 12,074 10,938 9,335 6,736 5,310 * 191

ie 24,939 12,835 13,894 11,819 9,533 8,275 6,012 6,138 1 ‘

1ère année 2ème 3ème 4ème 5ème 6ème 7ème Sème

M. Magnan, notre inspecteur géné- | du Canada et il affirmait que nous ral, nous disait ces jours-ci, dans nne [avons 95% de nos enfants ayant de 7 entrevue que publiait la Presse, que | à 14 ans inscrits aux écoles. la fréquentation scolaire dans notre| Je n’ai pas l'intention de discuter province vaut autant, pour ne pas dire | aujourd’hui la valeur de cette déclaramieux, que celles des autres provinces/tion. Je tiens seulement à dire que

pour établir une proportion comme celle-là, il faut d’abord avoir la base nécessaire, le total contrôlé. Or M. Magnan n’a qu'un chiffre approximatif et plutôt imaginaire car nous n'avons pas à Montréal de recensement annuel des enfants en état d'aller à l’école et Montréal représente plus d'un tiers de la population de la province. Notre cité n’est la seule dans la province où ne se fasse aucun recensement annuel. Je n’admets pas la proportion qu'indique M. Magnan, mais serait-elle exacte qu’elle n’affecterait en rien la solution de la question que j’étudie :

celle de savoir si nos enfants restent assez longtemps à l’école pour y recevoir une instruction suffisante. La statistique officielle de l’an dernier place 81% des élèves inscrits dans les trois premières années du cours ; 10.8% dans la 4ième ; 4.3% dans la 5ième et 2.2% dans la 6ième. Ces chiffres établissent positivement que M.

Magnan lui-même avait raison de dire que le nombre des élèves qui abandonnent la classe après la 4ième année est trop considérable et ils justifient l’affirmation des visiteurs de nos écoles, que les enfants quittent l’école beaucoup trop tôt, même avant la quatrième année.

La section pédagogique du Congrès de la Langue française se plaignait officiellement en 1912 de la scolarité écourtée dans notre province, après avoir entendu M. Magnan. La situation ne s’est pas améliorée depuis. Il n’y a pas à échapper à ce dilemne:

ou nos enfants abandonnent l’école vers leur douzième année, ou ils s’éternisent presque tous dans les classes inférieures puisqu'on n’en trouve que 4.3% dans la ème et 2.2% dans la 6ème. Dans cette dernière hypothèse, une autre question d’une certaine gravité devrait se poser et une autre enquête s'ouvrir, car les élèves débutant à sept ans devraient atteindre la 5ième classe à douze ans.

D'après le rapport du commissaire de l'Éducation des Etats-Unis de 1912, on constate que sur le nombre total des enfants ayant de 10 à 14 ans une proportion de 96.15% s’est enrûlée aux écoles en 1911 et dans le rap-

port de 1916, on trouve que pour 1914, cette proporticn est montée à 97.60%. M. Magnan pourrait-il en dire autant de notre province ? Certainement non, car c’est entre 10 et

14 ans que, de son propre aveu, nos enfants quittent nos écoles

Si nous voulions maintenant comparer notre situation avec les qui sara 2e sn ter 2 .

ongtemps une loi d'obligation scolaire, nos raisons d’être modestes s’accroîtraient. Pour ne citer que la Suède, la Norvège, la Suisse et le Danemark, la statistique établit qu'il n’y a pas un pour cent d'illettrés chez les recrues qui se présentent chaque année à l’armée,

C'est à la lumière de l'expérience acquise que la Belgique se décida à apoliquer aux grands maux de la scolarité écourtée et de la fréquentation irrégulière, le seul remède réellement efficace.

Alors que toutes les provinces soeurs exigent un minimum d’instruction chez leurs enfants, allons-nous nous croiser les bras et pratiquer la politique du laisser faire ? Pour en agir ainsi, il nous faudrait affirmer que notre province a raison contre le monde entier. Il nous suffit pourtant d'étudier la statistique pour admettre avec humilité que c’est nous qui retardons.

N’avons-nuos pas encore à l'oreille ce cri de détresse lancé pa: M. l’abbé Perrier, alors visiteur des écoles et répété par ses successeurs : “Les enfants quittent l'école beaucoup trop tôt, c’est navrant !”

Il n’y a pas à nier que notre province a fait des progrès sérieux dans le champ de l’enseignement primaire et que les autorités provinciales et le département de l'Instruction publique ont travaillé avec «rdeur pour mettre l'instruction à la portée de toute notre population. Nous ne serons jamais suffisamment reconnaissants envers nos hommes publies qui ont ouvert aux enfants du peuple de belles écoles techniques, parfaitement outillées et des écoles d'agriculture modernes.

Mais tout comme en Belgique, nons souffrons encore d’une scolarité écourtée et il appartient à notre conseil de l’Instruction publique de faire le pas décisif pour mener à bien l'oeuvre dont il a la charge en assurant à tous nos enfants ce degré d'instruction qui les mettra sur un pied d'égalité avec les enfants de toutes les autres provinces.

M. le séïlateur Dandurand de M. l'abbé Nazaire Dubois, en de __ DeCelles et Magnan, van H à

M. l'abbé Dubois, visiteur des Ecoles, disait hier, ce qui suit :

“On est surpris d'entendre M. C.-J. |

Magnan dire, dans son entrevue à la “Presse” en date du 21 décembre, ce qui suit : “ D’après les statistiques fournies par les inspecteurs d’écoles, il y avait dans la Province de Québec, en 1916-17, 348,323 enfants de 7 à 14 ans; sur ce nombre, pour la même année, on en retrouve 330,381 d'inscrits aux écoles, soit 95%”.

“M. Magnan qui a présidé les différents congrès d’Inspecteurs d'écoles depuis qu’il est lui-même inspecteur général, ne peut pas avoir oublié qu’un grand nombre d’Inspecteurs d’Ecoles de la campagne se sont plaints qu’il leur était difficile d'obtenir des secrétaires-trésoriers, le re:ensement des des enfants d’âge scolaire dans les municipaiités. Ces mêmes secrétairestrésoriers se contentaient de prendre, comme recensement, le nombre des enfants inscrits à l’école, supposant, ce qui restait à prouver, que tous les enfants de la localité allaient à l’école. Voilà pour la campagne.”

“M. Magnan est censé savoir que dans les villes, et en particulier à Montréal, il n’y a jamais eu de re-

censement des enfants d'âge scolaire. | Ce n’est que tout récemment, il y a |

à peine 2 ou 3 mois, que l'honorable Cyriile Delâge, surintendant de l’Instruction Pub ique, demandait aux autorités scolaires de Montréal de vouloir bien faire le recensement des en:

fants de 7 à 14 ans dans les limites de la Commission des Ecoles Catholiques de Montréal, conformément à l’article 2768 du code scolaire.”

‘A ma connaissance, il n’y a qu’une seule paroisse qui ait fait rapport de son enquête au bureau des commissaires ; or, dans cette même paroisse, il est cons-

taté que 190 petits Canadiens-fran- |

çais ne vont pas à l’école du tout.

Comment étaient donc complétées les

statistiques des villes de la province |

de Québec, statistiques déclarées toutes récentes par M. DeCelles ? Tout simplement en prenant le recensement fédéral en retard de 10 ans, d’après M. DeCelles. Pourquoi pu-

canadienne-française |

donné ensuite lecture d'un article réponse à des entrevues récentes

dont nous détachons les extraits sui-

blier des chiffres que l’on sait être | inexacts ?”’

Pourquoi se donner tant de peine pour essayer d'ignorer un mal évident dont nous souffrons : la désertion | trop hâtive des écoles d’n grand

nombre de nos enfants. M. De Celles l’admet lui-même quand il dit en pa-lant de notre système d'écoles primaires: “Ce qui l'empêche de donner | tous les résultats qu’on pourrait 2n | attendre, c’est l’apathie du public, :t {l'indifférence des parents qui négii- | gent trop souvent d'envoyer leurs en- ! fants à l’école au-delà de 4 ou 5 ans.’

‘“ Lors des derniers congrès des | Commissaires d’écoles, à la campagne, M. Magnan, avec raison, n’a cessé la reprocher aux parents leur négligence pour l'instruction de leurs enfants. A l’aïde de statistiques du département de l’Instruction publique, il leur prou- |vait que les enfants des différents |comtés de la province n’allaient pas lau-delà, en général de la troisième année. Les rapports des inspecteurs d'écoles de la campagne nous font | voir qu’il n’y a, à peu près, dans leurs | d'stricts d'inspection que des écoles | élémentaires.”

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