IL — ECOLES ANGLAISES
Nous avons reproduit plus haut, à propos des meilleurs procédés àsuivre pour l'éclairage des écoles, la conférence faite à ce sujet par le docteur Liebreich * ; nous donnons ciaprès la partie de cette conférence relative à la forme et à la disposition qu'il convient de donner aux bancs-tables-pupitres, destinés aux élèves des écoles publiques.
« Quand on aura placé les sièges dans une bonne position, et pris soin d'avoirunelumière convenable, il n'y aura pas de raison optique pour que les élèves prennent une posture funeste à leur santé, et nous n'aurons plus alors qu'à rechercher les causes mécaniques propres à éviter une telle position, c'est-à-dire à nous occuper de la forme des sièges et des pupitres.
« Les fâcheux effets que la position affaissée et courbée des enfants, dans les écoles, exerce sur leur santé, en particulier sur les poumons, les viscères abdominaux, la conformation et la vue, ont récemment beaucoup attiré l'attention des médecins et fait naître les travaux de Bernard, Schreber, Gast, Passavant, Guillaume, Coindet, Fahrner, Gohn, Heinemann, et de beaucoup d'autres. Je vous recommande spécialement l'excellent ouvrage du médecin suisse, le docteur Fahrner, intitulé : l'Enfant et le pupitre. Ces différentes
(i) Voir page 309.
recherches ont amené une opinion presque unanime quant aux causes de la pernicieuse position prise par les enfants ; et l'on est également d'accord sur les moyens à adopter pour remédier à ces maux. On supposait autrefo's qu'une mauvaise position provenait en partie de l'inattention du maître, et en partie de la négligence des enfants ; mais aujourd'hui il a été clairement prouvé par des raisons anatomiques et physiologiques, qu'il est impossible que les enfants conservent une bonne position avec des sièges et des pupitres défectueux. Les défauts du mobilier communément employé ont été soigneusement analysés et les points suivants ont été trouvés les plus importants :
i° Absence de dossiers ou dossiers mal faits ;
20 Trop grande distance entre le siège et le pupitre;
30 Disproportion (généralement trop grande différence) entre la hauteur du siège et celle du pupitre ;
40 Mauvaise forme et mauvaise inclinaison du pupitre.
« Si le dossier manque, ou s'il n'est pas bien disposé, la force des muscles qui maintiennent droite l'épine dorsale n'est pas suffisante pour lui faire garder longtemps une position verticale ; le corps se penche, la partie inférieure de la colonne vertébrale se courbe en avant, comprime les viscères et les poumons, et empêche la libre action de ces organes. Si l'enfant doit lire un livre placé sur une table à trop grande distance , il s'assied sur le bord du siège, position très malsaine et très fatigante, et le corps repose sur les deux bras ; si la disproportion entre le pupitre et le siège est exagérée, ce sont les épaules projetées en avant qui soutiennent la poitrine au lieu d'être soutenues par le thorax ; bientôt la position devient trop fatigante ; la tête, inclinée en avant, s'alourdit et a besoin d'être supportée par
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une main ou par les deux mains appliquées aux tempes, ou bien le menton s'appuie sur les deux bras. Les enfants adoptent ainsi toutes les modifications possibles des deux positions immortalisées par Raphaël dans les deux anges, aux pieds de la Madone sixtine ; mais tandis que les anges regardent l'infini, les enfants regardent un livre qui, dans une de ces positions, n'est qu'à deux ou trois pouces de leur œil, et, dans l'autre, est placé de côté par rapport à la tête, et par conséquent à inégale distance des deux yeux. « C'est encore pis quand il s'agit pour l'enfant d'écrire assis sur des sièges et des pupitres de la forme ordinaire ; un seul bras repose sur la table, — c'est généralement le bras droit, — tandis que l'autre est suspendu de telle sorte que le coude touche le genou gauche, et que les bouts des doigts seuls tiennent le cahier sur la table. Le bord du papier n'est plus parallèle à celui de la table, mais oblique ou même perpendiculaire. En observant la position que prend la partie supérieure du corps, on trouve que les vertèbres lombaires s'inclinent en avant, les dorsales à gauche, et les cervicales en avant avec une inclinaison à droite ; en même temps la partie inférieure de l'omoplate se tient trop éloignée des côtes, est trop élevée vers la droite, et l'articulation de l'épaule est élevée et portée en avant. Être dans une telle position pendant plusieurs heures par jour, quand le corps plein de jeunesse se développe rapidemant, doit naturellement produire d'une manière permanente de mauvais effets. La statistique prouve la vérité de cette assertion. En Suisse, par exemple, 20 pour 100 de tous les écoliers, et 40 pour 100 des jeunes filles qui fréquentent les écoles, ont une épaule plus haute que l'autre. M. Eulenburg dit aussi que 90 pour 100 des déviations de la colonne verté-
brale ne provenant pas de maladies spéciales se développent pendant le temps d'école. Ces' assertions m'ont particulièrement frappé comme coïncidant exactement avec la période de développement de la myopie, et j'ai prêté une attention d'autant plus grande à cette relation entre la déviation vertébrale et la myopie, qu'elles semblent former un cercle vicieux, la myopie produisant la déviation, et la déviation favorisant la myopie ; il est évident que la mauvaise organisation est le point de départ de ces deux anomalies.
« Comment peut-on remédier à ces grands maux ? — Avant tout, les bancs doivent avoir des dossiers, et ceux-ci ne doivent être ni trop hauts, ni penchés en arrière, comme je les ai trouvés dans quelques écoles. De tels bancs ne font que favoriser une position négligemment inclinée du corps, qui glisse en avant ; cette position devient incommode pour lire, et impossible pour écrire. Le dossier doit au contraire être droit, et consister seulement en une pièce de bois de om, 10 environ de large. S'il est fixé à la hauteur convenable, c'est-à-dire juste au-dessus des hanches, il supporte assez les reins pour rendre facile et commode, même aux enfants les plus délicats, l'obligation de se tenir tout à fait droits. Le siège doit être assez large pour supporter presque toute la longueur de la cuisse, et sa hauteur doit permettre à la plante des pieds de reposer dans si position naturelle sur la planche destinée à les soutenir. Le rebord du pupitre doit être placé perpsndiculairemsnt au-dessus de celui du siège et juste assez haut pour permettre à l'avant-bras de s'y appuyer sans déplacer l'épaule. Je pense que tous ceux qui ont sérieusement examiné la question partageront mon opi-
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nion. J'ajouterai une autre condition qui est d'importance spéciale pour l'œil, c'est que les pupitres doivent avoir une inclinaison d'environ 40 degrés pour lire, de 20 degrés pour écrire. Cette nécessité tient à une loi physiologique qui n'est pas aussi généralement connue que la plupart des autres lois relatives à l'œil. Cette loi n'a pas été prise en considération, même par des médecins qui ont fait du perfectionnement des installationsd'écolesl'objet spécial de leurs études. M. Heinemann, qui a parlé des sièges des écoles, a déduit la nécessité d'avoir des tables inclinées de 1 sur 3, du raccourcissement des lettres placées sur une table plane, ce qui réduit l'image de ces lettres sur la rétine, et oblige ainsi l'œil à un plus grand effort. Ceci n'a cependant que peu d'importance, et n'a guère besoin d'être pris en considération ; la raison véritable de la nécessité d'avoir un pupitre incliné est celle-ci :
« Les yeux sont mus dans les différentes directions par six muscles. Les muscles des deux yeux ne peuvent être amenés à une action simultanée que dans certaines conditions : par exemple, nous pouvons élever ou abaisser les deux yeux en même temps, les ramener du parallélisme à la convergence, et vice versa, mais pas du parallélisme à la divergence. Parmi les combinaisons possibles des muscles, quelques-unes peuvent durer un certain temps, d'autres seulement quelques secondes ; ainsi nous ne pouvons voir qu'avec effort un objet rapproché s'il est plus haut que l'œil ; nous pouvons, au contraire, regarder aisément un objet placé à la même distance s'il est au-dessous de l'œil. Pour voir distinctsment des deux yeux à la fois, non un point seulement, mais une ligne ou une surface entière, il nous faut, pour chaque position de l'objet, une rotation
toute spéciale des deux rétines. C'est seulement quand ce mouvement résulte de combinaisons musculaires faciles et durables que nous pouvons regarder l'objet longtemps sans fatigue. Il ne faut donc pas croire que la position naturelle du livre, quand on lit, dépende du hasard. C'est une nécessité physiologique ; si nous luttons contre elle, l'œil se fatigue, et si l'effort se prolonge et se répète régulièrement, il en résulte un dérangement dans l'harmonie de l'action des muscles de l'œil.
« Telle est la raison pour laquelle il est si fatigant de regarder, dans un musée, les tableaux suspendus au haut d'un mur vertical, tandis que nous pourrions voir sans fatigue le même nombre de tableaux placés devant nous l'un après l'autre sur des chevalets inclinés. C'est pour le même motif qu'il est si nuisible de lire couché, et cette habitude produit, comme nous avons eu souvent occasion de l'observer, une grande faiblesse de la vue (asthénopie) chez ceux qui sont obligés de rester étendus. Il est donc nécessaire, si nous voulons regarder longtemps une surface plane, par exemple un livre, de le placer de telle sorte que la position moyenne de l'axe visuel, au-dessous de l'horizon, forme un angle d'environ 4$ degrés, et nous devons en conséquence, donner au livre une inclinaison qui le rende à peu près perpendiculaire à notre axe visuel, c'est-à-dire lui fasse former un angle de 45 degrés avec le plan horizontal.
€ Pour écrire, la même inclinaison serait avantageuse, mais des raisons mécaniques s'y opposent, et il faut nous contenter d'un angle d'environ 20 degrés.
« Pour répondre à ces deux nécessités, j'ai fait faire un pupitre (fig. 181) qui, par un moyen très simple, donne la position désirable, soit pour lire, soit pour écrire. Il est
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muni d'un clapet qui peut se relever ou s'abaisser. Par la forme donnée au clapet, et par quelques autres petits détails dans la construction, j'ai réussi à obtenir, sans inconvénient mécanique, l'inclinaison de 20 degrés pour écrire et de 40 degrés pour lire. Pour écrire, la distance entre le
pupitre et le siège est zéro; pour lire, elle est de $ pouces *, ce qui n'a pas d'inconvénient et permet aux enfants de changer de place plus aisément.
« Si je devais me borner à proposer un tel pupitre, je serais déçu dans mon espérance de le voir introduire dans les écoles anglaises. La grande difficulté de donner aux enfants
(1) Environ om, 125.
de différentes tailles un ameublement scolaire convenable ne serait pas diminuée de cette façon. Vous recommanderai-je alors le système américain, dans lequel chaque enfant a son siège et son pupitre faits sur sa mesure, ou le système suisse dans lequel on fait des sièges et des pupitres de sept différentes dimensions pour convenir aux différentes classes? Je ne le ferai pas plus que je ne prescrirais à l'un de mes malades un remède que je saurais d'avance qu'il ne prendrait pas. Je préférerais un traitement moins efficace, mais qui aurait la chance d'être suivi. Je me suis donc efforcé de trouver une méthode qui pût améliorer beaucoup le mobilier scolaire anglais, sans heurter trop violemment les arrangements et les méthodes d'enseignement en usage, et en satisfaisant autant que possible aux exigences de l'hygiène.
« Je ferai, en conséquence, les propositions suivantes :
« i° On emploierait un même modèle et un pupitre de même dimension pour les enfants et les grandes personnes des deux sexes ;
« 2° La hauteur du siège et celle du marchepied varieraient en les adaptant à la taille de chaque enfant ;
« 3° Le bord de la table serait toujours perpendiculaire au-dessus du siège ;
« 4° Pas de siège sans dossier, et le haut de celui-ci toujours à la hauteur du bord de la table pour les garçons, et 5 centimètres plus haut que ce bord pour les filles ;
« $° Dans toutes les classes où les garçons changent de place, lahautsur du siège serait réglée proportionnellement à la moyenne de la taille des élèves.
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« La figure 182 indique les moyens à employer pour satisfaire ces diverses exigences.
Fig. 182.
« Enfin dans les écoles de filles, dans les écoles de garçons où les places ne changent pas, dans les pensions, dans les
classes particulières , le siège de chaque enfant serait exactement réglé selon sa taille.
« Pour rendre pratique cetarrangement important, j'ai inventé une chaise (fig.
183) dont le siège peut s'élever et s'abaisser au moyen d'une vis, pendant qu'en même temps le dossier s'avance ou recule en proportion. Une chaise de ce genre sera un siège convenable pour un enfant ou pour une grande personne devant le même pupitre, elle suivra la croissance de l'enfant et lui permettra d'être, soitpour lire,
Fig. 183.
soit pour écrire, dans une position commode et saine, ce qui facilitera l'instruction et l'observation de la discipline. »
L'extrait suivant d'un travail publié par un journal anglais ' sur le même sujet montrera quelle importance on accorde en Angleterre à cette question du mobilier scolaire, et fera comprendre l'intérêt dont elle est l'objet, la préoccupation qu'elle cause.
Deux éléments composent l'ensemble d'une école : les enfants et les maîtres ; ils méritent tous deux un examen approfondi et sont unis par un lien qui les rend solidaires. C'est ainsi que s'il est prescrit de placer le livre ou le cahier des élèves de façon à former avec l'œil un angle de vision ne dépassant pas 4$°, ce n'est pas seulement dans l'intérêt de ceux qui travaillent, mais aussi dans celui des maîtres, afin de leur permettre d'examiner rapidement l'œuvre de chaque enfant sans déranger les autres ; il en est de même de la forme et de la dimension des classes, qui doivent permettre aux élèves d'entendre le maître et à celui-ci d'être "entendu de tous sans qu'il en résulte pour lui ni trouble ni fatigue, car dans le cas où il se verrait obligé d'élever la voix, de s'imposer une gêne ou des efforts pénibles, il est certain que ses leçons perdraient de leur valeur et de leur durée. C'est par suite des mêmes considérations que les enfants doivent avoir des sièges commodes, également propres à favoriser le repos et le travail, et à ce sujet se
(1) Building news and Engineering, septembre 1 87 j, Londres.
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présente une difficulté aussi grave que celle dont nous avons précédemment parlé à propos de la réunion et de l'isolement facultatif des classes. Les bancs et lss pupitres doivent être commodes pour les enfants quand ils sont assis et assez stables pour ne pas se renverser quand ils se lèvent. Il faut aussi remarquer que si l'espace entre le banc et le pupitre est assez grand pour leur permettre de se tenir debout (disposition généralement adoptée), cette distance exagérée entre le banc et le pupitre les gêne pour s'asseoir à une distance convenable de la table. Les bancs, lorsqu'ils contiennent des places pour 4, 5 ou 6 enfants, ne doivent pas avoir une de leurs extrémités fixée au mur, car, dans ce cas, le maître et les élèves n'auraient d'accès que par l'extrémité laissée libre entre chaque rang. En voulant éviter l'inconvénient qu'offrent les bancs trop longs, on a été amené à en placer un plus grand nombre les uns derrière les autres, disposition vicieuse, car les bancs ne doivent jamais avoir plus de 3, 4 ou au plus $ rangs de profondeur ; si ce nombre est plus considérable, l'angle de vision du maître dépasse 4$°, et une telle condition est essentiellement mauvaise. C'est à cette difficulté, jointe à la forme exigée pour les bancs et au défaut provenant de l'excès de longueur des passages intermédiaires, qu'il faut attribuer l'avis du département de l'instruction publique demandant de ne pas placer plus de trois rangs de sièges les uns devant les autres. Mais .avec le nouveau modèle de bancs que nous donnons (fig. 184), cinq rangs de bancs de ce modèle n'occupent pas plus de place que trois rangs de l'ancien ; la profondeur de la classe est ainsi réduite et se trouve mieux réunie sous l'œil du maître.
Cette question du mobilier scolaire a, pendant des années,
été l'objet des constantes études des constructeurs d'écoles et des fabricants de bancs ou pupitres. Le résultat atteint est jusqu'à présent celui d'avoir donné aux plus simples objets du matériel scolaire l'aspect d'un habit d'arlequin ; c'est seulement en cherchant à faire un matériel réellement
Fig. I
destiné à une école sans se préoccuper des résultats précédents, qu'ont été obtenus de réels perfectionnements. Les avantages réalisés dans la construction des écoles consistent en grande partie dans l'isolement des classes, placées chacune dans une pièce distincte, sans être pour cela séparées de l'ensemble général. Il en est de même des perfectionnements apportés dans le matériel scolaire ; leur
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point de départ a été le désir d'isoler chaque écolier de son voisin, tout en conservant à la classe une forme convenable. Ce double programme avait pour but d'appeler l'attention des enfants sur la leçon qui leur était faite, et de les détourner des distractions nuisibles.
Les Américains emploient un siège et un pupitre distinct pour chaque enfant ; parfois le banc seul est séparé, formant ainsi un siège à part, tandis que le pupitre est une table continue. En Allemagne et en Suisse, les bancs et les pupitres contiennent la place nécessaire à quatre enfants ; en Hollande, les enfants sont groupés deux à deux, et c'est l'adoption de cette méthode qui constitue le plus réel perfectionnement apporté au mobilier de nos écoles anglaises, car si nous avons pu, en théorie, proposer l'adoption du système d'isolement pour chaque élève, il est clair que les élèves, séparés de deux en deux par un passage, sont dans de bonnes conditions, tandis que l'établissement d'un banc et d'un pupitre distinct pour chacun d'eux constituerait une dépense inabordable par suite du trop grand nombre de meubles devenus nécessaires. On peut reconnaître que dans les écoles supérieures, où uneexcessive attention est donnée à l'étude, l'isolement de chaque élève est préférable, mais dans les écoles élémentaires le groupement par paire est suffisant.
Certains bancs, comme ceux du modèle Dutch, ont six et jusqu'à sept rangs de profondeur, en outre ils sont scellés au parquet. Un examen sérieux et les expériences faites dans celles de nos écoles les plus récemment construites ont montré qu'ave: un nombre de bancs supérieur à cinq, les efforts du maître sont trop grands pour pouvoir longtemps se maintenir et que les derniers rangs cessent bientôt d'en-
tendre sa voix. Le matériel Dutch est en outre construit de façon à ce que la face d'un pupitre contienne le banc du pupitre précédent, disposition qui a été l'objet de vives critiques, basées sur le trouble et les oscillations que causent aux élèves occupés sur leur pupitre les mouvements de ceux assis sur le siège en avant.
Les meubles représentés sur les figures 1 60 et 1 83 ont pris les qualités mais non les défauts des différents systèmes qui les ont précédés. Ils sont soigneusement étudiés dans toutes leurs parties afin de s'adapter à la construction anatomique des enfants. Trois types ont une partie du pupitre mobile de façon à se lever ou se baisser à volonté ; ils sont destinés aux écoles élémentaires : le dossier est placé à une hauteur différente suivant qu'ils doivent servir aux garçons ou aux filles. Deux autres modèles ont le pupitre horizontal et sont destinés aux écoles des petits enfants (fig. 1 16), la différence la plus essentielle réside naturellement dans la hauteur du dossier et la fixité du pupitre.
Remarquons au sujet des pupitres dont la partie antérieure est mobile, que sans cette combinaison un enfant ne pourrait gagner sa place, puisque l'extrémité du pupitre et celle du siège sont sur la même perpendiculaire; il faut dans la méthode Dutch que les enfants, obligés de quitter leurs bancs pour une cause quelconque, sortent dans l'allée intermédiaire, l'un à droite l'autre à gauche, et se tiennent les uns derrière les autres en file indienne. Le pupitre à partie antérieure mobile présente bien des améliorations qu'a pu apprécier l'expérience des maîtres ; ainsi, après le travail la partie mobile est levée, les enfants peuvent se tenir debout et se livrer à un exercice physique quelconque sans même être obligés de quitter leur place.
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Ces perfectionnements résolvent la difficulté que présentait l'établissement de bancs, également bien disposés, pour les exercices et l'étude ; le bruit causé par le mouvement des pupitres, qui est le grand reproche adressé aux meubles construits d'après ce système, devient presque nul quand les bancs n'ont qu'une longueur restreinte, et l'emploi de charnières perfectionnées sur lesquelles tourne doucement la partie mobile le rend presque insensible. La partie moSile prend ainsi à volonté une position dans laquelle elle forme avec la table un angle de 400, favorable à la lecture ou aux leçons de chant, par exemple.
Un des plus réels avantages de ce mobilier est également son extrême simplicité ; ce n'est pas un appareil compliqué, une machine délicate qu'un enfant peut déranger, détériorer, et dont les réparations sont fréquentes ; chaque enfant a un rayon pour ses livres, une ardoise, une case pour ses plumes et ses crayons, et enfin un encrier placé à droite. Les plans donnés précédemment indiquent assez clairement la manière dont sont groupés les bancs dans les écoles et les classes, pour qu'il soit inutile d'entrer dans quelques explications à ce sujet. Il faut toutefois remarquer que dans les grandes salles, les groupes doivent être séparés par un passage ayant une largeur double de la largeur ordinaire et qu'autant que possible les enfants doivent être placés de façon à recevoir la lumière du côté gauche.
Ily aquelque temps l'administration des Écoles de Londres a adopté le principe qui consiste à placer les enfants deux à deux; les dessins (fig. 160 et 184) indiquent la forme des sièges adoptés dans les nouvelles écoles. Dans toutes celles où fut introduit le nouveau système, une expérience de
trois ou quatre mois amena l'approbation complète des administrateurs et des maîtres.
Quelques esprits superficiels ont pu croire que cette question du mobilier scolaire ne présentait pas assez d'intérêt pour justifier une longue discussion, c'est une grave erreur, et en dehors des considérations spéciales aux architectes, ce problème est, si nous nous en rapportons aux appréciations des autorités médicales, un de ceux dont la solution importe le plus à notre époque. Il résulte, en effet, d'observations faites en Suisse, en Allemagne, par exemple, que par suite des mauvaises combinaisons des bancs et des pupitres, 20 % des garçons et 40 % des filles avaient une épaule plus haute que l'autre et que certaines maladies des yeux, la myopie, la vue trop courte ou prématurément trop faible, ont pour origine la forme défectueuse du mobilier des écoles populaires.
Modèle Redmayne.
Dans certaines villes d'Angleterre, dans certaines paroisses de Londres, les écoles servent non-seulement à l'enseignement de la jeunesse, mais aussi de lieu de réunion pour des lectures publiques, des conférences ou des banquets populaires. Les établissements scolaires de ce genre sont des fondations purement privées ; car une condition rigoureusement imposée à toutes les écoles régies par le School Board oblige ces dernières à ne pas changer de destination.
C'est afin de satisfaire à la variété de services que nous venons de signaler, qu'a été construit le mobilier Redmayne. Les points d'appui sont en fonte ornée et les tablettes en chêne ; par une combinaison particulière le pupitre est
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mobile et prend la position horizontale pour former une table ou une inclinaison suffisante pour former un dossier.
Fig. ii
Fig. "i 86.
La figure 1 85 représente le meuble dans la position qu'il doit occuper pour être utilisé à l'occasion d'une assemblée ;
la tablette est relevée et sert dans ce cas de dossier à la personne assise sur le banc.
La figure 1 86 représente le meuble dans la position qu'il doit occuper pour servir de banc-table d'école, malheureusement alors l'élève n'a ni dossier ni barre d'appui pour les pieds ; enfin la figure 187 représente le meuble converti en table de salle à manger : deux bancs sont rapprochés, les tablettes placées horizontalement et maintenues en équilibre par une cheville *,
Table à dessiner.
Cette table (fig. 188) est en chêne, la tablette supérieure
Fig. 188.
s'incline à volonté au moyen d'une crémaillère placée audessous ; elle peut ainsi arriver jusqu'à la position horizontale. La tablette inférieure sert au dépôt des instruments,
(1) Ce mobilier semble plus original que susceptible d'applications pratiques dans les écoles élémentaires.
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crayons et couleurs. Le modèle est placé sur un chevalet isolé.
Bureau de maître.
Le plus souvent ces bureaux sont en chêne ciré recouvert de cuir dans la partie supérieure. La tablette est in-
Fig. 1S9.
Fig. 190
clinée et les deux parties latérales sont occupées par des tiroirs ou des cases à registres (fig. 189).
Un autre bureau également en usage (fig. 190) ressemble à une table ordinaire ; il est recouvert d'une sorte de boîte fermant à clef et rappelle de loin, nos vieux bureaux à cylindre.
Pupitre de pupil teacher.
C'est devant un meuble de ce genre (fig. 191) que se placent \espupils teachers pour faire leur leçon; ce meuble
Fig. 19».
est assez élevé pour leur permettre de travailler debout. Le pupitre se soulève et l'intérieur forme une caisse. Le fond est occupé par une petite armoire.
Tableau noir.
Ce tableau mobile (fig. 192) est formé d'une grande ardoise encadrée dans des traverses de chêne. Il se place en avant des tables des élèves, dans la partie de la classe restée libre, et sert aux explications du maître.
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Fig. 192.
Fig. 193-
Boîte cf instruments.
Cette boîte fig. (193) contient des modèles réduits de poids et mesures, de treuils, de poulies, d'instruments di
vers, etc Il en existe un ou plusieurs par école suivant
leur importance. Aux heures de leçon le maître emploie ces exemples pour aider ses démonstrations pratiques, de façon à frapper l'esprit des enfants et à attirer leur attention.