‹ Les économistes, les socialistes, et le christianisme [microform]Chapitre 10 sur 15 · LES ECOINOMISTES , LES SOCIALISTES · texte numérisé non relu

LES ECOINOMISTES , LES SOCIALISTES

laquelle il voue sa race, parce qu’il y a été voué

lui-même L’excès de population serait-il à

craindre, lorsque , assuré d’un revenu , tout travailleur aurait acquis nécessairement des idées d’ordre et des habitudes de prévoyance! »

Le système de M. Proudhon, infiniment plus conséquent et plus complet que celui deM. Louis Blanc, présente, quant aux principes fondamentaux, des analogies frappantes avec les théories des économistes sensualistes. Seulement il remonte plus haut qu’eux; il est, dans ses erreurs, plus profond et plus logique. C’est le panthéisme qui fait le fond de sa doctrine : tout son Système des contradictions économiques n’est que l’application de l’idée panthéiste à l’organisation de la société. C’est du panthéisme que vient directement la pensée qui domine tout le système de M. Proudhon, l’indissoluble union de la matière et de l’esprit. De ce principe sort toute une théorie matérialiste de la civilisation. Après avoir lu ce livre , où éclatent à chaque page l’erreur et le blasphème, on reste douloureusement frappé du cynisme avec lequel l’auteur mêle constamment les noms des choses les plus saintes aux conceptions d’un sensualisme repoussant. A chaque instant la vertu y est invoquée, mais l’auteur ne se prosterne devant elle que pour l’outrager. La vertu , pour M. Proudhon, n’est plus cette victoire de l’homme sur

ses passions, dans laquelle tous les siècles ont vu la véritable grandeur de l’humanité; la vertu, pour M. Proudhon, est fille du bien-être; elle ne peut exister là où règne la misère. « Que le prêtre, dit-il, se mette enfin dans l’esprit que le péché c’est la misère, et que la véritable vertu , celle qui nous rend dignes de la vie éternelle , c’est de lutter contre la religion et contre Dieu (i). » Un peu plus haut il disait : « La vie de l’homme, affirme la philosophie, est un affranchissement perpétuel de l’animalité et de la nature, une lutte contre Dieu. Dans la pratique religieuse , la vie est la lutte de l’homme contre lui-même, la soumission absolue de la société à un être supérieur : Aimez Dieu de tout votre cœur, nous dit l’Évangile, et haïssez votre à me pour la vie éternelle, précisément le contraire de ce que nous commande la raison. »

Est-il étonnant, après une pareille profession de foi , que l’économie sociale soit pour M. Proudhon, comme pour les économistes de l’école sensualiste, tout entière dans les limites de l’économie politique. « L’économie politique, dit-il, n’est point la science de la société, mais elle contient les matériaux de cette science , de la même manière que le chaos, avant la création, contenait les éléments de l’univers. » Cette con-

(i) Système des contradictions économiques y t. II, p. Sag.

fusion était une conséquence de ses prémisses à laquelle rauteur ne pouvait échapper. Les sens et l’esprit étant inséparables, tout le progrès social s’opérera par la diffusion du bien-être ; tout le monde sera vertueux quand , par l’effet de la nouvelle organisation économique de la société, tout le monde sera riche.

De ces doctrines suit nécessairement le principe du développement indéfini des besoins. Aussi tout le système des contradictions éconoiiiques vient-il aboutir à cette proposition : « Le travail ayant synthétisé et réglé tous ses organes, possède en lui-même la faculté de multiplier nos moyens d’existence en quantité toujours supérieure à nos besoins , et par conséquent d’accroître nécessairement notre bien-être, quel que soit d’ailleurs l’accroissement de la population. » Chercher quelle est cette organisation du travail qui répondra à l’application du principe du développement indéfini des besoins, tel est le but de l’audacieux réformateur.

D’abord M. Proudhon se demande d’où provient la misère, source de tous les maux dont souffre la société. Suivant lui, il y a, dans la misère de l’homme, une part que l’on ne peut évidemment pas rejeter sur la nature, et qui provient exclusivement de l’inertie de l’homme: c’est la misère du sauvage. C’est ce qu’il appelle la misère prématurée, c’est-à-dire celle qui arrive

ET LE CHBISTIANISME.

longtemps avant que l’homme, s’emparant des forces naturelles, leur ait fait rendre tout ce qu’elles sont susceptibles de donner. Mais la misère qui saisit le civilisé n’est-elle pas aussi , comme la misère du sauvage, nécessairement et toujours prématurée? Cette recherche est du plus haut intérêt; car, s’il était vrai que la misère du civilisé eût pour cause unique un défaut d’ordre, il se pourrait que, dans un état d’organisation parfaite, non-seulement la misère fut ajournée de nouveau pour un temps, mais quil existât une vertu spécifique qui rétablirait le niveau entre la population et la production, sans que la prudence humaine eût besoin d’intervenir d’aucune autre manière, et, par un artifice quelconque , de rétablir l équilibré. On sent , ajoute l’auteur, de quelle importance il est pour l’humanité de vérifier cette hypothèse. Si une telle hypothèse devenait vérité, la misère se trouverait indéfiniment écartée, et le problème de notre destinée, le problème de la destinée du monde, se présenterait sous une tout autre

face.

Voici , en résumé, comment procède l’auteur pour vérifier cette hypothèse; cette courte analyse nous donnera une idée nette des principes qui forment la base de tout le système.

leurs. Mesurer et proportionner, c’est encore distribuer. Le travail porte donc en soi une puissance d équilibre en même temps que de fécondité , qui paraît devoir assurer l’homme contre toutes les chances de dénûment. Mais , pour devenir efficace, le travail a besoin de se définir, c’est-àdire de s’organiser. Tant que son organisation n’a pas reçu la dernière main , c’est une force vague et stérile, une idée inintelligible. Quels sont les organes du travail , quelles sont les formes par lesquelles le travail humain produit et constitue la valeur et chasse la misère? Les formes catégoriques du travail sont : la division du travail, les machines , la concurrence , le monopole , l’Etat ou la centralisation , le libre échange , le crédit, la propriété et la communauté. Nous n avons pas besoin , pour le but que nous nous proposons, d’examiner en détail comment l’auteur cherche à prouver que, dans l’organisation actuelle des sociétés , chacune de ces formes du travail ne fait qu’accroître la misère. Il nous suffit d’appliquer les principes de l’auteur sur l’accroissement dans la puissance productive du travail au problème capital de la science économique, au problème de la population.

« C’est, dit-il, par la concurrence que la production des richesses prend décidément le devant sur la procréation des hommes. Par la concurrence, chaque producteur est forcé tle

yrM

ET LE CHBISTIANISVIE.

produire toujours à meilleur marché, ce qui veut dire toujours plus que le consommateur ne demande; par conséquent, de fournir, chaque soir, garantie à la société de la subsistance du lendemain. Comment donc, dans un semblable système , est-il possible que la somme des subsistances tombe au-dessous des besoins de la population?

« Je suppose que deux hommes isolés, sans instruments , disputant aux bétes leur chétive nourriture , rendent une valeur égale à a , que ces deux misérables changent de régime et unissent leurs efforts par la division, par la mécanique qui en résulte, et par l’émulation qui vient à la suite; leur produit ne sera donc plus comme 2 , il sera comme 4 > puisque chacun ne produit plus seulement pour lui , mais aussi pour son compagnon. Si le nombie des travailleurs est doublé, la division devenant, en raison de ce doublement, plus profonde qu’auparavant, les machines plus puissantes, la concurrence plus active, ils produiront 16; si leur nombre est quadruplé, 64. Donc, si la puissance de reproduction génitale de l’espèce humaine s’exprime par la progression i, 2, 4? 8, 16, 32, 64, etc., la puissance de reproduction industrielle devra s’exprimer par la progression i, 4> *6» f>4> 2 56, 1024» 4096. Eu autres termes, dans une société

organisée , la production s’accroît comme le carré du nombre des travailleurs.

« Ainsi la concurrence, par son côté positif et social, a bien pour but de réduire indéfiniment le prix des choses , conséquemment d’augmenter sans cesse la somme des valeurs et de mettre la production en avance de la population ; mais, par son côté négatif et égoïste, la concurrence tourne de richesse à pauvreté, puisque la réduction de prix qu’elle entraîne, d’un côté ne profite qu’aux vainqueurs, de l’autre laisse les vaincus sans travail et sans ressources. La concurrence, dit la théorie, doit enrichir tout le monde. Mais, par l’imperfection de l’organisme social, la pratique prouve que là où la concurrence est devenue générale, il y a juste autant de malheureux que d’enrichis.

« Ce qu’il faut accuser ici est donc le vice propre de l’institution : l’insuffisance de l’idée. Il est prouvé désormais que cette nécessité de la misère qui tout à l’heure nous a plongés dans la consternation n’est point absolue; c’est, comme dit l’école, une nécessité de contingence. Contre toute probabilité, la société souffre de ce qui devrait faire son salut. Toujours la misère est prématurée, toujours le paupérisme anticipe ; à l’encontre du sauvage , à qui la disette vient par l’inertie, elle nous vient à nous par l’action.

ET LE CHBISTIANISME.

et notre travail ajoute sans cesse à notre indi

I gence. »

I Quel sera le moyen de sortir de ces contra-

[ dictions entre la puissance des formes du tra-

vail et leurs effets sur la société dans l’ordre 1 actuel ? Quelle sera, pour nous servir de la langue

I de M. Proudhon, la formule qui renfermera l’é-

I quation de ces contradictions? « Ce doit être,

i répond M. Proudhon , une loi d échangé , une

théorie de mutualité , un système de garanties qui résolve les formes anciennes de nos sociétés I civiles et commerciales et satisfasse à toutes les

conditions d’efficacité, de progrès et de justice qu’a signalées la critique; une société non plus seulement conventionnelle mais réelle, qui abolisse la servitude des machines, et prévienne les ! crises de leur apparition ; qui fasse de la con-

I currence un bénéfice, et du monopole un gage

j de sécurité pour tous ; qui , par la puissance de

i son principe, au lieu de demander crédit au

1 capital et protection à l’État, soumette au travail

le capital et l’État; qui, par la sincérité de l’é- ' change , crée une véritable solidarité entre les

^ peuples; qui, sans interdire l’initiative indivi-

; duelle, sans prohiber l’épargne domestique, ra-

j' mène incessamment à la société les richesses que

l’appropriation en détourne ; qui , par ce mouvement de sortie et de rentrée des capitaux, assure l’égalité politique et industrielle du citoyen,

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et, par un vaste système (réducation publique, procure, en élevant toujours leur niveau, l’égalité (les fonctions et l’équivalence des aptitudes ; qui, parla justice, le bien-être et la vertu, renouvelle la conscience humaine, assure l’harmonie et l’équilibre des générations; une société, en un mot, qui, étant tout à la fois organisation et transition, échappe au provisoire, garantisse tout et n’engage rien. »

On le voit, c’est la réforme de la société dans tous ses éléments qui sortira du système de mutualité; la loi d’échange contient en germe la science sociale tout entière; avec la réduction du revenu et la banque d’échange, le vice et la misère auront pour jamais disparu du monde; le principe du développement indéfini des besoins aura trouvé sa légitime satisfaction, et par lui l’ordre social aura été replacé dans ses conditions naturelles d’harmonie et de progrès. Si M. Proiidhon se trompe grossièrement, il a du moins le mérite d’être conséquent dans ses erreurs. Le principe du développement indéfini des besoins étant la règle suprême de l’humanité, il est évident que l’organisme social doit répondre à cette loi et que l’humanité doit être placée dans des conditions qui la mettent à même de donner carrière à ses irrésistibles et légitimes instincts. Si la société, telle qu’elle existe présentement, ne satisfait point à cette nécessité, c’est

ET LE CHBISÏIANISME.

que les hommes ont corrompu la nature des choses; il faut se hâter d’y revenir, et la mission des réformateurs comme M. Proudhon, c est d y ramener l’humanité.

Tout en affirmant que la production s’accroît comme le carré du nombre des travailleurs , M. Proudhon est trop sagace pour n’avoir point aperçu la loi qui pose des limites de plus en plus resserrées à la puissance de produire de l'industrie agricole. Il reconnaît que, dans une société organisée, c’est-a-dire , dans une société formi.c d’après le principe de mutualité, « la somme de travail , bien quelle semble toujours diminuer par la division du travail, les machines, etc., augmente continuellement aucontraiie pour le travailleur collectif et pour chaque individu, en sorte que, plus l’industrie se perfectionne, plus le travail augmente pour tout le monde en intensité et en durée, plus, par conséquent, la production relative diminue. Et l’on arrive à cette conséquence : dans la société multiplicité de produits est synonyme de multiplication de travail.»

C’est dans cette nécessité toujours croissante d’un travail plus considérable en intensité ou en durée, qu’il trouve le principe (F équilibre que tout organisme doit porter en lui-méme et la loi supérieure dé oh résulte V harmonie du globe et de F humanité. La même force, le même principe de vie qui préside à la création des valeurs, préside

aussi à la reproduction de l’espèce. La faculté industrielle ne s’exerce qu’aux dépens de la puissance procréatrice; suivant M. Proudhon , cela peut passer pour un aphorisme de physiologie, aussi bien que de morale. Il suit de là qu’à mesure que l’humanité sera obligée, pour se conserver une somme égale de bien-être, d’augmenter son travail , par là même l’accroissement de la population se ralentira , de sorte que l’équilibre entre la population et le globe, comme dit M. Proudhon, ou, ce qui revient en définitive au même, entre la population et les subsistances, sera constamment maintenu. M. Proudhon reconnaît que le progrès de la chasteté est une condition indispensable du progrès des sociétés; mais, au lieu de considérer avec tous les siècles la chasteté comme la plus sublime victoire de l’homme sur lui-même, il n’y voit que la conséquence des lois suivant lesquelles s’opèrent les progrès de l’humanité dans l’ordre des jouissances matérielles.

Que Fourier et toute son école embrassent également le principe du développement indéfini des besoins, c’est ce qui résulte, avec la dernière éviilence, de la donnée principale et de tout l’ensemble du système phalanstérien. C’est ce principe, suivi dans ses conséquences avec une imperturbable logique, qui a précipité Fourier dans les extravagances qui ont tant amusé le

public aux dépens de ses disciples. L’axiome qui sert de point de départ à la théorie sociétaire, Les destinées sont proportionnelles aux attractions, n’est que la traduction en langage harinonien du principe du développement indéfini des besoins. L’homme est possédé d’une soif inextinguible de jouissances; mais, pour parvenir à la possession des objets de ses convoitises, il faut qu il travaille. Or, le travail le fatigue et le rebute; comment expliquer cette contradiction , comment concilier ce désir inné de félicité indéfinie avec cette loi de contrainte et de souffrance? Pour qui n’admet pas le dogme chrétien de la déchéance et la loi du sacrifice, qui en est la conséquence, tout doit etre légitimé dans les inclinations de l’homme. La philosophie du bien-être qui fait du penchant des hommes aux jouissances matérielles une loi providentielle de l’humanité, qui trouve dans ce penchant la source du progrès des sociétés et qui se résume dans la formule du développement indéfini des besoins, est un premier pas dans la voie où conduit invinciblement le mépris de la vérité chrétienne ; c’est un essai timide et irrésolu de réhabilitation des penchants que condamne la sévérité de la loi chrétienne. Les écrivains qui le tentent, retenus par la puissance du sens commun, cherchent à se dissimuler à eux-mêmes la portée de leur principe; ils s’efforcent de le concilier avec

rf

! 1 Il '

i2S LES ECONOMISTES 5 LES SOCIALISTES

1 idée du juste et de l’honnéte , telle que la foi religieuse 1 a imprimée dans la conscience univeisellej mais, comme au fond il y a incompatibilité radicale entre leur juste et leur honnête, et le juste et 1 honnête de la loi divine, l’illusion ne peut pas être longue. Tôt ou tard, il se renconlie des esprits audacieux, que le sens commun n arrête pas, et qui, avec une impitoyable rigueur de déduction, poussent l’idée fausse dont ils s emparent jusqu’à ses dernières conséquences , c’est-à-dire jusqu’à l’absurde. Fourier est de ceux-là; sa théorie n’est autre chose que la réhabilitation de tous les instincts de l’homme, même des plus dépravés; tous ses efforts tendent à relaiie la société à laide des passions rendues à leur cours naturel ; la civilisation comprime les instincts de 1 humanité en les détournant de leur véritable fin, elle les déprave; l’harmonie sociétaire remet toutes choses à leur place; à chacun des attraits qui sollicitent la volonté de l’homme, correspond un exercice utile et légitime de ses facultés, tout ce qui flatte les penchants de 1 homme, tout ce qui satisfait ses passions, est bon. Pour les doctrines qui placent la fin de 1 homme plus haut que ce monde , la mesure de futile véritable c’est le bien absolu; pour Fourier, au contraire, l’utile est la mesure du bien. Suivez-le dans tous les détails d’application de son système, et vous n’y trouverez pas autre chose.

EX LE CHRiSXUMSlVlE.

Le travail, condition nécessaire de l’existence humaine, est fatigant, repoussant parfois; la loi naturelle du genre humain , fharmonie, le rendra attrayant ; on l’organisera dans le phalanstère par groupes et par séries, sous l’empire de trois passions : la papillonne, la cabaliste et la composite. Par cette combinaison , le besoin de changement qui tourmente le cœur de l’homme étant satisfait, l’émulation et l’entraînement qui agissent sur les hommes réunis au point de les enlever à eux-mémes et de les pousser en commun vers un hiit unique, feront fin travail un plaisir qui ne s’épuisera jamais. Sous ce régime, la puissance productive du travail étant indéfinie, elle assurera aux hommes des jouissances matérielles dont les civilisés ne peuvent concevoir aucune idée. Ainsi sera comblé ce désir de bonheur matériel, qui est une des propensions les plus fortes, et, par conséquent, suivant B'ourier, une des propensions les plus légitimes de l’homme. Dans l’ordre moral, l’harmonie s’établira d’après les mêmes principes; on fera régner partout la vei’tu en supprimant la notion du mal. Le mal est une conception fausse de la civilisation; il n’existe que dans les institutions des civilisés. La corruption de fhomme le rend inconstant dans ses affections, impatient des liens qui retiennent la mobilité de ses passions dans les limites du devoir et de l’intérêt social; le fouriérisme rom-

pra ces liens ; la promiscuité remplacera le mariage ; la règle de conduite des hommes dans cet ordre sera le caprice de leurs passions déchaînées ; dans ce système , plus de paternité certaine, éducation en commun de tous les enfants du phalanstère : en un mot, destruction radicale de la famille, dont les lois douces et sévères à la fois ne peuvent plus s’accorder avec les inclinations dépravées dont le fouriérisme fait la règle suprême de la sociabilité.

Quiconque suivra attentivement la déduction des idées de Fouricr, trouvera que son système est à la fois le plus conséquent et le plus extravagant de tous les systèmes sociaux non chrétiens. Le raisonnement par lequel les économistes sensualistes établissent la légitimité du penchant des hommes aux jouissances matérielles, et à l’aide duquel ils frappent de réprobation le principe chrétien du sacrifice, il en fait , lui , une rigoureuse application à l’ordre social tout entier; le fouriérisme est, dans son principe et dans toutes ses applications, la négation la plus complète de la loi chrétienne et de l’ordre social sorti de cette loi. Dans le christianisme est renfermée toute vérité sociale; dans le fouriérisme sont accumulées et systématisées toutes les erreurs qui jamais aient tenté d’usurper dans la société la place de la vérité. Le fouriérisme, c’est la réfutation par l’absurde de tous les es-

BT LE GURISTIAMSMË.

sais faits dans ces derniers temps pour constituer la science sociale sur des principes en opposition avec la loi chrétienne. La conscience humaine se révolte à la vue des coupables folies où conduisent des principes qui longtemps n’avaient passé que sous la protection des inconséquences de leurs propagateurs ; l’erreur ainsi dévoilée, il ne reste plus de refuge que dans la vérité.

LtS KCONüAllSTKS , LES SOCIALISTES

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