‹ Les économistes, les socialistes, et le christianisme [microform]Chapitre 11 sur 15 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

llu principe chrétien dans l’ordre économhpie.

^olls venons de voir ce que peuvent, pour la société, les doctrines qui flattent le plus les penchants dépravés de l’homme. A mesure que pénètrt; plus avant dans le monde le ■ principe sensualiste, même avec les tempéraments qu’y apporte l’économie politique anglaise, la misère gagne insensiblement de proche en proche dans les classes ouvrières. Le mal qui ronge le corps social n’est point de ces maux qui, apparaissant totit à coup, épouvantent les regards par la rapidité de leurs progrès, mais il n’en est pas moins destructeur dans ses effets; c’est un poison lent qui donne la mort aussi sûrement que les plus prompts. Le socialisme est plus impatient clans ses aspirations vers les jouissances matérielles, plus résolu dans ses moyens. Pour lui , les faits, les traditions ne sont rien : il a hâte d’en finir avec un passé où l’homme n’a vécu que sous la loi d’une perpétuelle con-

ET LE CHBISTIANISMK.

trainte. Livrez-lui la société, et bientôt il aura établi sa domination sur des ruines.

Mais Dieu n’a pas abandonné le monde social au hasard des conceptions humaines. Il lui a donné une loi que l’homme peut méconnaître, mais dont il ne secoue pas impunément le joug : c’est la loi du sacrifice, du renoncement à soi. C’est par la vertu de cette loi, source et fin de toute la doctrine chrétienne, que, depuis dixhuit siècles , le monde a été transformé ; c’est elle qui a, par degrés, émancipé l’esclave pour l’élever à la dignité de travailleur libre; qui, en restituant à la famille sa sainteté, a fondé l’ordre social sur de nouvelles bases; qui, enfin, a rendu possible la liberté sans licence et l’ordre sans despotisme. C’est par l’application incessante de la loi du sacrifice que, du mélange d’une société qui se mourait de corruption et d’une autre société encore plongée dans la barbarie , le christianisme a fait sortir cette société moderne, si grande, si forte encore, malgré les cruelles épreuves auxquelles la soumet l’oubli du principe qui avait été, pendant des siècles, la source de ses prospérités. C’est dans ce principe, qui heureusement vit encore au fond du cœur des peuples chrétiens, que nos sociétés puiseront la force de vaincre le mal auquel il semble parfois qu’elles vont succomber. L’excès même (les souffrances quelles endurent finira

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