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OBSERVATION XII

(M. le Docteur Courtin, chirurgien des hôpitaux).

Amputation traumatique de jambe par écrasement sous roun de wagon. — Embaumement, -- Gangrène $azeuse. — Mort.

Le 13 août 1903, on amène à l’hopital des enfants, service du Dr Courtin, un enfant de douze ans qui vient d’avoir les deux jambes prises sous les roues d’un wagon. L’hémorragie a été insignifiante.

Le petit blessé arrive choqué. Il est pâle, refroidi, les mains glacées, il demande à boire avec insistance; il délire un peu. Température: 3606. L'état général somme toute est mauvais. On constate à Ia jambe droite, un peu au-dessus des malléoles un broiement des parties molles mais le squelette et les vaisseaux sont respectés. A gauche, par contre, la jambe est complètement écrasée en son milieu et ne tient plus au segment sous-jacent que par quelques bribes musculaires et tendineuses. On achève la séparation, d'un coup de ciseaux puis on lave soigneusement à l’eau oxygénée le moignon résultant et on l’entoure d’un pansement humide. On attendra que l'élimination spontanée des parties mortifiées se soit faite pour régulariser le moignon.

Les jours suivants, l’état général semble se relever. Le délire disparaît. Pansement humide quotidien.

Le 19 août au malin, l'enfant accuse des douleurs intolérables à son moignon. L'enfant s’agite et crie, le délire reparaît. Le pansement défait, on se trouve en présence de tissus de très mauvais aspect. Ils sont tendus, mais sans coloration bronzée apparente et sans sonorité à la chiquenaude.

Toute la journée se passe ainsi, c’est-à-dire mal, le délire s'accusant et le facies s’altérant.

Le 20 août au matin, on constate une coloration foncée caractéristique de la peau avec crépitation et odeur sui generis. L’invasion des la peau avec crépitation et odeur sui generis. L’invasion des gaz se fait avec uine rapidité extraordinaire et l’on peut pour ainsi dire suivre leur progression de minute en minute puisque moins d'une demi-heure après, la moitié de la cuisse est envahie par eux; les douleurs sont intolérables, le délire très grand. M. le Dr Verdelet est appelé d'urgence mais en raison de la gravité de l’état général, et du'pouls défaillant, il ne peut intervenir. |

Peu à peu la torpeur succède à l’agitation et le soir le blessé

meurt dans le coma.

OBSERVATION XIII (M. le Docteur Charrier. — Thèse de Bordeaux 1905-1906)

Ecrasement de jambe par roue de tombereau. — Essai de conservation. — Septicémie. —- Amputation 11 jours après l’accident. — Mort de tétanos.

Le 3 mars 1905, L... Jean, charretier, 46 ans, qui a des habitudes d'intempérance, glisse sur le pavé humide en voulant retenir son cheval et la roue du tombereau lourdement chargé lui passe sur la jambe gauche. Il ne perd pas connaissance malgré une assez forte hémorragie et on l’amène à St-André, service du Dr Monod.

Le blessé est très choqué. Par moments, il est abattu, à d’autres, il parle avec volubilité. Les extrémités sont froides, le pouls est mou à 90. Localement, la jambe gauche est écrasée. Les deux os sont broyés, les parties molles réduites en bouillie. On ne sent pas batlre la tibiale antérieure et le pied est froid. On désinfecte soigneusement la plaie puis le membre est placé dans une gouttière métallique

matelassée d’ouate.

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