B. — CAS OU LE MEMBRE À CONSERVÉ SA VITALITÉ
On peut conserver. --- Importance des premiers pansements.
Mais dans tous les écrasements, le membre ne s'impose pas comme irrévocablement perdu. A côté des cas où il est littéralement æmputé par le traumatisme, à côté de ceux où le broiement des vaisseaux et des nerfs ne laisse plus qu'un cadavre local, il existe toute la gamme des formes intermédiaires entre la fracture ouverte grave et le grand écrasement. Dans ces cas, le segment sous-jacent a conservé sa vitalité et l’on est par suite en droit d'en espérer la restauration. +
Quel sera pour le chirurgien le signe de certitude qui viendra lui permettre de tenter cette conservation? Il Paura Icrsque explorant du doigt les artères du membre, il reconnaîtra que ce membre a conservé sa chaleur et sa' sensibilité. Dans ces cas, le paquet vasculonerveux a été épargné par le traumatisme, lécrasement est incomplet. Dans e?s cas, le chirurgien est autorisé à risquer la vie pour cssaver de
conserver le membre.
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Conservation d’ailleurs n’est point du tout synonyme d'abstention et nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici les paroles de M. Nimier au Congrès de chirurgie de 1905 (1).
« Conserver un membre traumatisé pour le chirurgien moderne, ce nest plus seulement ne pas Famputer et faire simplement que ce membre ne périsse pas, c’est poursuivre la restauration de la forme de ce membre et, plus encore, le rétablissement de la fonction, ou, à son défaut, une suppléance fonctionnelle du segment traumatisé. Ce serait donc une grosse erreur que de confondre la conservation avec l'expectation pure et simple. En réalité, la conservation réclame plus d'activité chirurgicale que lamputation; pansements, interventions, opérations fort variées, soins orthopédiques et soins médicaux. Voilà tout ce que doit éveiller l'idée de conservation. »
La désinfection du foyer traumatique qui avait déjà été minutieusement faite lors de l’arrivée du blessé, sera reprise «mil der pedantischten Sorgfalt», avec la plus pédantesque minutie, dit Volkmann (2); avec autant de soin que s’il s'agissait d’une laparotomie, dit Stefani dans sa thèse: « car les premiers pansements ont ici une importance capitale. Ce sont eux qui tranchent le sort du blessé et décident de la marche ultérieure de la plaie ». Nous ne redirons pas les différentes manœuvres qu'elle comporte, nous les avons suffisamment développées précédemment. La teinture diode, l’eau oxygénée, l'eau chaude à 400 devront être employées larga manu.
A ce moment, il faudra pratiquer tous les débridements et contre-ouvertures nécessaires pour drainer largement les clapiers que guette l'infection. Le chirurgien. pourra même dans certains cas avoir recours à quelques interventions dites conservatrices, lelles qu’esquillotomie, suture osseuse, résection
(1) Nimier, 1905 (117-118).
(2) Volkmann-Die Behandlung der complicirten Fracturen-chirurgie Leipzick 1877.
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L'esquillotomie consiste en l'ablation des fragments osseux résultant du braiement du squelette. Ils agissent en effet comme corps étrangers, irritent la plaie et entretiennent par leur nécrose d'interminables suppurations. On supprimera délibérément les esquilles libres, dont les connexions avec le périoste sont rompues et qui se trouvent fatalement vouées à la carie. Par contre, on pourra laisser les esquilles volumineuses qui adhèrant encore largement au périoste pourront plus tard reprendre place dans la continuité des os, mais il faudra pour cela être sûr que les fragments osseux n'ont point été souillés.
La suture osseuse aussi peut se trouver de mise. Elle a pour but d'assurer le maintien en contact des fragments déplacés. On peut la réaliser de différentes façons: par l’enchevillement, par la ligature osseuse ou bien et c’est le procédé le plus employé à l’aide d’agrafes. Quelques agrafes de Jacoel-Dujarier peuvent compter dans l'arsenal chirurgical le plus modeste. Un vilebrequin et un marteau complètent l’outillage. On enfonce les deux bouts de lagrafe dans los en frappant à petits coups avec le marteau et la suture est faite. Malheureusement, dans la plupart des Cas, elle ne peut être employée. Il est rare qu’elle puisse être efficace dans les écrasements à fragments. osseux multiples. En second lieu, appliquée en un foyer infeclé, comme c’est le cas ici, elle aboutit, la plupart du temps àun échec complet. L'introduction dans la profondeur d’un corps étranger tel que fil d'argent ou agrafe favorise l'infection. La nécrose apparaît et la suture tombe lorsque la douleur n’oblige pas de la faire sauter. Roux de Brignoles a publié, il y a quelques années, un travail très documenté sur les sutures osseuses. Sur 100 sutures, toutes celles faites pour fractures ouvertes ne lui ont fourni que déboires. Aussi il y a complètement renoncé dans ces cas. L'observation XXXVII de notre travail relate un échec
semblable.
La résection peut aussi devenir dans certains cas une