LE PRIX DE ROME
Depuis trois ans les contorsions épileptiques de M. D. s'exaspèrent : culbutes triboulinesques sans nom, prurit de Turlupin exaspéré, agonie bavocheuse et rancunière, bagarres fielleuses, foudres de ^inc, épistoles de mauvais aloi, etc. etc.
Le Prix de Rome ajoute un complément singulier à ce vacarme superficiel. Depuis, le tapage a dépassé les limites connues. A grands coups de casserole, M. D. a brûlé ses vaisseaux, sa phalange fracassante croit tracer dans la lavasse symbolique un sillage immaculé. M. D. s'y mire en Narcisse ambré éjaculant la violente céruse ennemie du colon, le vert de 2;inc, l'ambroisie au soufre, la gelée de momie scatologiquement bistrée, la sienne brûlée, le bleu minéral, les antinomies rebelles, le stil de grain jaune et autres casse-rétines des plus violents.
Composé bi2;arre, M. D. semble plutôt joaillier clinquant ou orfèvre creux ; la moindre chiquenaude le fait résonner comme une cloche fêlée. A l'inverse du chat, M. D. retombe sur le crâne ; ses culbutes témoignent surtout une grande souplesse, et nous voyons sans étonnement le peintre de « la Terre » et de « V Accouchée »
baiser la robe des vierges botticelliennes^ s'attacher à la queue des mages ou se creuser le cervelet pour en tirer^ à rinstar de Jupin, quelque Minerve en fer raillée, portant sur régide, non Toiseau de la sagesse, mais la pie jacassant follement, éprise de clinquant.
Certes, les plaisants symbolistes se gorgeant de fiente botticellienne, ce n'est pas à M. D. que Ton pourrait reprocher cet esprit de suite. C'est de Bertholet Flemalle qu'il s'inspire ; son concours de Rome le prouve évidemment. Personnages boursoufflés, négation absolue de coloris, manque complet de qualités flamandes, etc., etc.
Disons-le en peu de mots : la banalité suinte de sa composition; du Christ gonflé aux larges pieds plats; des prêtres blindés, enclumeux, grinçants comme scie ébréchée ; des juifs au jus de chique ; des enfants à bedaine matronesque. Population métallique; vraie mine de zinc. Le coloris ne surpasse pas celui de M. van P., classé second. Ce drolatique concurrent détient le record du jaune safran et Isabelle et surpasse M. D. dans la confection des christs de bas étage, bons à déshonorer un calvaire de village.
M. J. leur est hautement supérieur : c'est le troisième. Les qualités de coloriste manqueront toujours à M. D. M. Gogo, comme son nom l'indique, est naïf — et intéressant.
A remarquer parmi les envois une composition peu académique, aux figures enlevées sur fond très clair. Pour en revenir à M. D., son cas est exceptionnel.
Le bienveillant éclectisme philosohique s'efface devant lui»
Il appelle les roides vérités»
M* D., portant sur son écu une vesse d'azur sur champ d'asperges^ nous laisse indifférents»
Mais ses gigotements et danses systématiques et ses récentes pétarades de pur fiel idéaliste lancées intempestivement à la figure de nos beaux peintres^ c'est une grosse affaire; les suffisances matamoresques appellent la finale crevaison grenouillère»
M» D» goûtera peu cette appréciation, bien qu'elle soit sincère et spontanée»
Elle est d'ailleurs sans appel»
N'agaçons pas trop M» D»
L^agitation stérile aiguise les mauvais sentiments»