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Il existe encore une catégorie d’inscriptions que nous ne pouvons pas passer sous silence Nous avons signalé certains monuments qui ont attiré, dès l'origine, l’attention des philologues, et qui ont offert une grande résistance à leur interprétation. Ce sont ces petits monuments en pierre dure, jaspe, marbre, serpentine, de forme cylindrique, de trois à cinq centimètres de hauteur sur quinze à vingt millimètres de diamètre ; ils sont percés suivant l’axe du cylindre. On les a pris pendant long-temps pour des cachets, parce qu’on les croyait destinés à former des empreintes. C’était, du moins, ce qui semblait résulter de la direction des clous qui affectent en général un sens opposé à celui des caractères des inscriptions. Cette opinion a été fort contestée; et depuis, on a été plus disposé à y voir des amulettes qu'on suspendait probablement au cou. Quelle qu'ait été la destination de ces objets, les courtes légendes qui les couvrent présentent des difficultés sérieuses. Sur quelques-uns, les caractères offrent, non-seulement une disposition opposée au sens général de l’écriture , mais de plus une disposition symétrique , ainsi qu’on peut le remarquer dans l'inscription de celui que nous reproduisons plus loin : les tètes de clous des lignes extrêmes sont opposées les unes aux autres. Le sujet qui est gravé sur ces monuments parait être, en général, une scène religieuse, dans laquelle figurent souvent plusieurs personnages, et quelquefois un coq ou une chèvre destinés, sans doute, à un pieux sacrifice. Ils représentent encore la lutte d’un personnage vigoureux contre un animal fantastique.
Le plus connu de tous ces monuments est celui qu’on désigne sous le nom de Cachet de Darius. La scène représente un roi sur son cbar, traîné par deux chevaux, lançant des flèches sur un lion qui sc dresse devant lui. L’n autre lion est déjà étendu par terre sous les pieds des chevaux. La figure d’Ormusd domine
ECRITURES CtNEIFORRES
telle scène encadrée par deux palmiers, qui encadrent également, sur la face opposée du cylindre, trois lignes perpendiculaires, dans l'intervalle desquelles sont tracés des caractères cunéiformes. Ces caractères répètent le nom de Darius, qu’on peut lire, en mettant les lignes dans un sens horizontal, dans les trois langues des inscriptions achéménidcs : le perse ail sommet et l'assyrien à la ligne inférieure , suivant la disposition de toutes les inscriptions trilingues.
Mais, en général , les monuments de ce genre sont unilingues ; ils appartiennent à tous les royaumes de la haute Asie et sont de toutes les époques; il en est résulté une grande variété dans les sujets, dans les caractères et dans la manière de les tracer.
Il n'y a plus à songer à les lire perpendiculairement comme les caractères chinois, avec lesquels ils n'ont aucun rapport : il faut donner aux clous ou coins la direction qu’ils auraient sur les inscriptions murales, puisqu'il est possible de retrouver sur ces textes les caractères des cylindres. Ce sont des lettres cunéiformes ordinaires qui doivent céder aux mêmes principes de lecture et d’interprétation. Ces inscriptions n'oITrent de difficultés que par la brièveté de leurs textes , et on saura en triompher dès qu'on pourra les soumettre à l’analyse, dans un travail d’ensemble dont les éléments sont encore trop épars.
En' réunissant un certain nombre de ces documents , d est • facile de voir que quelques-uns reproduisent la même formule; il est surtout facile de s'en convaincre en considérant les cylindres qui portent une inscription en trois lignes.
La première ligne, en général, contient un nom propre.
La deuxième commence par le signe c* (fils), suivi d'un nom propre.
La troisième contient une invocation à une divinité quelconque.
ECRITURES ANARIENMES.
Les noms propres seuls offrent une certaine difficulté, à cause de la valeur idéographique des signes qui les composent. Nous hasarderons toutefois, sous ces réserves, la traduction de l’un de ces monuments publié par Monter et reproduit par M. Félix Lajard dans les planches qu'il avait réunies pour servir à l’histoire du culte de Mitbra (1).
L’inscription se lit ainsi